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Quand j’avais peur du noir, de Mireille d’Allancé

 
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    Revoici notre petit Robert qui, quand vient l’heure d’aller dormir, traîne des pieds dans les escaliers, car chaque nuit malgré la lumière allumée sur le palier et la porte entrouverte, les monstres envahissent sa chambre. Heureusement Nounours est là pour veiller sur Robert.

    (JPG)
    © L’École des loisirs, 2005

    La peur du noir

    La peur de Robert transforme chaque meuble de sa chambre en monstre affreux. Le monstre n’est jamais illustré entièrement mais il est évoqué par une partie d’un meuble se transformant : les pieds de l’armoire en pattes griffues, le dossier de la chaise en gros yeux et les pans de rideaux en serpents. Ces monstres ont des contours flous ce qui suggère le monde imaginaire. Les illustrations claires et rassurantes lorsque la maman est présente deviennent sombres et inquiétantes dès qu’elle est partie, On passe à des illustrations en double page où la dominance du bleu nuit rend l’univers inquiétant. Le premier rempart contre les monstres est la couverture que Robert remonte jusqu’au visage et qu’il serre avec angoisse. Celle-ci va crescendo d’abord l’armoire puis la chaise et enfin les rideaux encerclent Robert. Cette prise au piège est évoquée par une illustration de taille réduite au centre de laquelle se trouve Robert. Le deuxième rempart est Nounours, qui, lui a de la chance car il dort déjà échappant ainsi aux monstres. Mais pour l’atteindre Robert va devoir traverser une mare infestée de serpents. On se demande qui va sauver qui : Nounours va-t-il sauver Robert ou Robert va-t-il sauver Nounours ?

    Le petit garçon fait preuve de bravoure en surmontant sa peur pour aller chercher Nounours. D’ailleurs Nounours est humanisé : il est doté de la parole et de raison et il sait faire la distinction entre le réel et l’irréel, c’est lui qui donne la solution pour mettre fin à ces apparitions monstrueuses : serrer très fort Robert et lui demander de fermer les yeux.

    La concordance entre le texte et la force des images fait de ce livre un excellent exutoire contre la peur que connaissent nombre d’enfants. J’ai apprécié le fait que les monstres ne soient pas illustrés pleinement mais seulement évoqués ce qui permet aux enfants de ne pas être effrayé. Cet album parle d’une peur sans faire peur. Cet album a été lu à deux petits garçons qui ont pris plaisir à l’écouter, le plus petit des deux a été un peu effrayé, il a fallu le rassurer. Néanmoins, il m’a dit que lui n’avait pas peur en me demandant tout de même ou étaient partis les monstres.

    L’Angoisse, la peur, la crainte chez Mireille d’Allancé : des albums pour grandir

    Dans les œuvres de Mireille d’Allancé, le thème des petites peurs et des craintes est récurrent (Et Moi ? Enfin tranquille !). Ces petites angoisses sont toujours abordées de façon tendre et drôle. Le personnage de Robert était déjà apparu dans l’album Grosse Colère : ce personnage permet aux petits lecteurs de s’identifier à lui. De plus le personnage de l’ours est aussi un personnage récurrent dans le sens ou il apparaît soit comme le héros (Papa Exagère, Non, non et non !, Couché Papa, Je suis un grand chef) soit comme personnage secondaire (Igor et Natacha, C’est l’heure de dormir). Ce personnage doit sans doute permettre à Mireille d’Allancé de toucher les tout petits.

    Nawel Hammadou (07/2003)


    Avis d’une autre lectrice

    Lorsque l’on prononce le mot "noir", automatiquement nos pensées vont vers des images sinistres et tristes. Le mot "noir" renvoie presque toujours à la peur. Une pièce noire, nous terrifie car on ne voit pas ce qu’il y a à l’intérieur et cela laisse place à une psychose incontrôlable...

    La maman de Robert vient le prévenir qu’il est l’heure d’aller se coucher mais ce dernier traîne des pieds dans les escaliers, comme si il appréhendait quelque chose ou qu’il ne voulait pas tout simplement entrer dans sa sombre chambre...

    Une histoire à dormir... avec la lumière allumée !

    Quand j’avais peur du noir montre aux plus jeunes, qui ont peur d’aller dormir seul dans leur chambre, que les bruits et les "monstres" qui surviennent ne sont que le fruit de leur imagination. Dans cet album, une intrigue se cache, en effet comment Robert va faire pour se sortir de cette chambre qui est devenue l’antre de "monstres" et de serpents ?

    Cet album a une structure en gigogne qui laisse place à un suspense. Le personnage principal est tout d’abord avec sa mère puis livré à lui même et trouve du soutien chez un ours en peluche qu’il surnomme Nounours. La mère de Robert, laisse la lumière du palier pour rassurer son fils croyant que cette source de lumière va éviter à son fils d’’avoir peur. Mais l’imagination du petit garçon est sans limites...

    Seul l’ours en peluche arrive à le rassurer, l’imagination de Robert est tellement grande qu’il arrive à donner vie à un jouet. Chez l’enfant le "doudou" détient une grande place, pour lui cela représente une protection, un certain équilibre que les parents n’arrivent pas à produire. Le narrateur reste ici neutre, il ne fait que décrire les faits. Le récit de cet album, nous raconte une réalité qui arrive à beaucoup d’enfants avec un ton et un langage simple.

    Des couleurs qui font peur...

    Les dessins de l’album sont en peinture à huile qui donne un contraste aux couleurs. Utilisation de couleurs au début chaudes et dès que Robert entre dans sa chambre, elles deviennent plus sombres : noir, bleu foncé et vert foncé... Les couleurs traduisent l’état d’esprit de l’enfant. Les images sont très explicite, même sans texte, les images nous racontent l’histoire.

    Les images nous montrent , en grossissant un peu le trait, comment Robert voit la pièce dans le noir. Donc l’image tire sur l’imaginaire car l’histoire en elle même nous montre jusqu’où peut aller l’imagination d’un enfant...Les serpents sont immenses, l’armoire se transforme en une chose que nous ne pouvons caractériser et le milieu de la pièce devient une marre visqueuse, l’enfant est au milieu seul, sans défenses. Le mélange de couleurs tournent au vinaigre...Sa taille est minime par rapport a celle des "monstres".

    Les couleurs sombres prennent toute la place dans certaines pages laissant une petite place au protagoniste, qui est sous un fuseau de lumière...

    Texte et Image : un couple parfait !

    Dans Quand j’avais peur du noir, l’image est en osmose avec le texte. L’ image traduit ce que veut dire le texte et vice et versa, en effet le texte complète l’image. L’image et le texte sont tout simplement synchronisés. L’image renforce l’atmosphère, l’image nous montre qu’au début l’atmosphère est paisible et calme grâce aux couleurs chaudes et lumineuses et retournement de situation lorsque les images s’assombrissent, l’histoire va connaître une situation difficile.

    Cet album nous montre la peur d’un enfant, que chaque personne a eu un jour, celle du noir. l’auteur nous montre tout simplement un enfant qui grâce à son courage a réussit à la surmonter. C’est ces petites peurs qui font grandir un enfant...

    Safa Majouli, L1 HSI, Langues et Culture Antiques, 2008

    Post-scriptum

    Allancé, Mireille d’. Quand j’avais peur du noir. L’École des loisirs, 2005. (Lutins Poche). ISBN 2211081525

    À partir de 3 ans

    Thèmes : peur, cauchemars, monstres, nuit, nounours