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Ce jeudi-là, d’Amélie Cantin

 
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    Alex vit dans la banlieue de Paris. Son père et sa mère ne s’entendent plus, il ne supporte plus le collège et surtout sa prof de français. En plus, il est le souffre-douleur de la bande qui contrôle le quartier. Un jour, il croise trois skinheads, Stéphane, Ludo et Éric, qui le prennent sous leurs ailes. Alex se sent beaucoup mieux avec ses nouveaux amis. Un jeudi, dans le hall d’entrée de son immeuble, ils agressent une vieille dame juive, Mme Rosemberg.

    Qu’est-ce que ce jeudi va changer dans la vie d’Alex ?

    Ce livre s’attaque à un problème d’actualité : la séduction qu’exercent sur certains jeunes les groupes d’extrême-droite. L’intention est louable, la chute d’Alex vers ce groupe de skinheads est très réaliste, les activités de cette bande sont proches des faits divers qu’on leur attribue. Surtout, le retour d’Alex vers le droit chemin n’est pas un miracle salutaire mais est issu d’un réel travail de conscience de l’enfant. Malheureusement, les personnages sont presque caricaturaux. S’il est clair qu’il existe des groupes skinheads dans la mouvance d’extrême droite, il ne faut pas oublier qu’ils ne sont pas les seuls à tenter de séduire et attirer les jeunes vers leurs idées. Le personnage le plus caricatural reste néanmoins Alex. En effet, il semble accablé de toutes les misères du monde et cela peut donner le sentiment que seuls les enfants les plus désœuvrés, ou les plus solitaires, chutent vers l’extrême-droite, ce qui est loin d’être le cas.

    Il n’en reste pas moins que ce livre met bien en reflet ce qui peut attirer nombre d’adolescents vers ces mouvances : le sentiment de ne plus être seul et d’être enfin compris.

    A partir de 10 ans.

    Mots-clés : Extrême droite

    Par Fabrice Obaton (11/02).

    Avis d’un autre lecteur

    Alex vit dans une banlieue, entouré de parents qui ne cessent de se disputer et poursuivi par un groupe de voyous. Il entre, par hasard, dans la bande de Ludo, Stéphane et Eric, des skinheads à la solde d’un parti d’extrême droite. Sa vie change et bascule finalement, ce jeudi-là, lorsqu’ils croisent Mme Rosemberg, une vieille dame d’origine juive, qu’ils agressent.

    Un sujet d’actualité

    Amélie Cantin, habituée des romans policiers, nous offre une véritable tranche de vie derrière laquelle se cache une réflexion sur un thème de société d’actualité. La volonté d’Amélie Cantin est de voir ce qui se passe dans la vie de tous les jours et d’en faire un récit de fiction.

    Inspirée par les récents événements de la vie politique et de la montée des partis d’extrême droite, elle nous livre ce récit. L’expérience d’Alex nous permet de comprendre un des processus qui mènent les jeunes à adhérer à des partis d’extrême droite et de voir comment le racisme parvient à s’installer, sans que nous nous en rendions vraiment compte.

    L’actualité est très présente dans le texte : le nom du personnage de M. Migrault n’est pas sans nous rappeler un certain leader d’un parti d’extrême-droite et l’un des trois skinheads fait allusion au jeune maghrébin, mort noyé dans la seine, où il avait été poussé par des partisans d’un parti d’extrême-droite bien connu.

    Cette notion d’actualité est renforcée par des références à une des périodes les plus troubles de l’Histoire, à savoir les juifs et leur déportation : Mme Rosemberg, déportée à l’âge de 10 ans, la chanson de Louis Chedid qui fait référence à Anne Frank dont journal est des plus célèbres et le texte de Inge Auerbacher, Je suis une étoile.

    Tous ces éléments permettent de donner du poids au récit et de l’ancrer un peu plus dans la réalité.

    L’évolution d’Alex

    Alex, contrairement aux apparences, reste maître de ses actes et de son avenir. Certes, il semble au départ embrigadé dans une expérience sans vraiment l’avoir voulu, mais du début à la fin, il fait des choix qui l’amène à évoluer et à prendre des décisions capitales. Il fait ses premiers pas dans la vie d’adulte. L’agression de Mme Rosemberg est un déclic pour lui : il n’intervient pas immédiatement pour la défendre, mais il ne participe pas aux violences. C’est de lui-même qu’il prend la décision de revenir à son secours ou encore d’intervenir lorsque la manifestation tourne mal. Il vit une semaine dans l’angoisse de savoir comment va "la vieille dame du jeudi " et c’est durant ce cours laps de temps que la transformation se produise. Alex prend conscience de ses actes, mûrit, réfléchit, ... Alex devient un adulte à part entière. Lui, si seul et désœuvré, s’engage dans la vie et affirme ses opinions. Il aura fallu tous ces événements pour que le jeune garçon ait le courage de s’affirmer et devienne un adulte à part entière.

    Un récit stéréotypé et caricatural

    L’intérêt de ce récit est cependant altéré par un aspect trop caricatural.

    Les trois skinheads, qui apparaissent sur la couverture du livre, correspondent à l’image type du crâne rasé, du bombers et des doc marteen’s. Quant à Alex, il vit dans une banlieue, se sent désœuvré et suit la mauvaise voie : c’est le stéréotype du jeune de banlieue. Même si ensuite Alex revient sur la "bonne voie", ce n’est pas parce qu’on est jeune et qu’on habite une banlieue qu’on passe forcément, à un moment de sa vie, du mauvais côté.

    En voulant dénoncer un point noir de notre société, Amélie Cantin entretient donc des stéréotypes tout aussi dommageables pour notre société.

    Cet ouvrage nous permet d’avoir une approche et un point de vue sur l’embrigadement des jeunes, et également des adultes, dans les partis d’extrême-droite. Les stéréotypes qu’il entretient le desservent un peu, mais il peut être intéressant, notamment grâce au parcours d’Alex.

    Cet ouvrage est accessible aux bons lecteurs dès 10 ans, mais il n’est pas certain que tous les enfants de cet âge en comprennent tous les aspects.

    Mots clés : Extrême droite - Discrimination raciale

    Par Audrey Meersman (07/2003)

    Cantin, Amélie. Ce jeudi-là. Milan Poche Junior, 2002 (Tranche de vie). 157 p. ISBN 274590504X