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Fil d’or et bottes blanches, de Irène Cohen-Janca

 
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    Marie, comme tant d’autres petites filles de son âge, rêve de devenir majorette et de défiler au son de la fanfare. À la maison, l’ambiance est loin d’être aussi festive car la mère de Marie vient de perdre son travail. Muche, la grand-mère, soutient Marie dans son projet.

    (GIF)

    L’histoire est racontée du point de vue de Marie et ne met en scène pratiquement que des personnages féminins. Le père biologique est absent, habilement suggéré en illustration par une ombre. L’auteur ne nous en dévoile pas la raison, sans doute pour se focaliser sur les trois personnages féminins et le lien très fort qui les unira pour exaucer le vœu de Marie. Muche, surnommée également « Mémé mirabelles », est le stéréotype même de la grand-mère qui affectionne gâter ses petits-enfants de gâteaux.

    Au-delà de ces considérations, l’histoire aborde les thèmes de la chaleur des gens du Nord, qui auraient un soleil dans leur cœur, mais aussi les fermetures d’usine et le traumatisme des licenciés pour qui l’usine représentait toute leur vie. D’ailleurs, c’est lorsque la mère de Marie rachète sa machine à coudre à la vente aux enchères des outils de l’usine qu’elle surmonte sa dépression. Elle apporte une aide capitale dans la réalisation du costume de majorette. La machine comme chaînon manquant, la machine, élément fédérateur entre les trois personnages.

    Les illustrations de Candice Hayat, bien que très schématiques, ne servent pas qu’à la description. Elles ont leur propre rôle, voire empiètent sur la bonne lecture du texte. C’est le cas de la trompette de fanfare qui fend le texte et crache un flot de notes de musique ou la pluie de mirabelles, plus ou moins grosses, qui casse à intervalles irréguliers le texte de la page, juste au moment où Marie évoque les nombreuses recettes que sa grand-mère a l’habitude de préparer avec ces fruits. Ce genre de dessins rend très bien les impressions de musique assourdissante de la fanfare, ainsi que de la profusion des mirabelles.

    Mais l’illustration peut aussi se révéler indissociable à la lecture du texte, telle la bulle d’un des personnages en dessin, qu’on est contraint de lire au milieu de la phrase d’un paragraphe pour en comprendre tout le sens. Enfin, deux doubles pages sont en négatif, c’est-à-dire le fond noir et le texte et les dessins en blanc. Justement lorsque la mère de Marie vient dans la chambre de sa fille, la nuit, pour pleurer et s’excuser. C’est donc une collaboration fructueuse, un jeu intelligent entre le récit et l’image.

    L’optimisme est de rigueur pour la fin du récit : la mère de Marie retrouve du travail et rencontre quelqu’un. D’ailleurs, ce polonais d’origine apporte à la famille une nouvelle recette pour utiliser des mirabelles. La boucle est bouclée ! De plus, celui-ci aime parler des bouleaux qui, « pour bien se porter, doivent toujours être plantés en bouquets, au moins par trois ». L’analogie est vite faite avec cette famille nouvellement constituée, où la figure du père est désormais plus présente.

    FRETIN Isabelle, Deust2, novembre 2005.

    COHEN-JANCA, Irène. Fil d’or et bottes blanches. Rodez : Éd. du Rouergue, 2005.(Zig-zag). 88p. ISBN 2-84156-657-9 .