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Il rêvait de faire le cirque, de Christophe Renault

 
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    Mots-clés

    Le titre pouvant avoir plusieurs interprétations possibles, on ne s’étonnera pas du fait que le roman nous offre plusieurs histoires en une. Et ce pour notre plus grand plaisir.

    Leçon n°1 : La prise d’otages

    (GIF)

    Ce jour-là, comme chaque semaine, les huit élèves de la classe de Philippe sont en cours de latin. Ils s’y ennuient à mourir ... pas étonnant pour un cours de langue morte. Puis soudain, l’insolence de trop, un élève qui fait un peu trop le cirque, la goutte d’eau qui fait déborder le vase de Monsieur Beauregard, le prof. Un coup de feu. Et oui, il faut le comprendre, les élèves lui en font voir de toutes les couleurs. Alors lui, il décide de les prendre en otages. Il faut qu’ils comprennent à la fin. Il faut que cela leur serve de leçon. Mais quelle sera l’issue de cette prise d’otages ? Que doivent comprendre les élèves ?...

    Leçon n°2 : C’est quoi un prof ?

    Et oui, c’est pour ça qu’il a fondu un câble le prof, c’est pour ça qu’il fait son cirque. Parce que les élèves croient tous qu’un prof n’est rien d’autre qu’une machine à réciter un cours, juste bonne à les noter, à les humilier. Bref un prof c’est tout sauf un être humain, surtout s’il enseigne le latin !... Monsieur Beauregard, lui, va leur démontrer qu’un prof c’est avant tout et surtout un être humain. Capable de sentiments, qui aime ses élèves mais qui peut aussi les détester. Un prof ça souffre, ça peut même être malade. Un homme quoi. Mais surtout un prof, ça peut être intéressant. Lui, avant, il était passionnant, ses élèves l’aimaient. Puis tout a basculé, il est devenu ennuyeux, les élèves se sont mis à le détester. Pourquoi ? Quelle est l’autre leçon ?

    Leçon n°3 : Sois toi-même

    C’est parce qu’à un moment Léo-Paul n’a pas su être lui-même, parce qu’il n’a pas su s’affirmer, qu’il est devenu d’un ennui mortel pour ses élèves. Et c’est précisément ce qu’il ne veut pas que ses élèves vivent, car il les aime. Après tout, qui aime bien châtie bien ! Pendant sa prise d’otages il va donc les forcer, de façon très persuasive, à oser s’affirmer, dire qui ils sont réellement. Et ils lui en seront tous peut-être un jour redevables. Mais Philippe plus que les autres. En effet, Léo-Paul s’est reconnu en lui. Tous deux sont des artistes, l’un pianiste l’autre trapéziste qui veut faire le cirque. Le musicien a raté sa vocation parce qu’il n’a pas su s’affirmer. Qu’adviendra-t-il du trapéziste ? Pourra-t-il mettre en pratique la leçon ? Aura-t-il le courage d’être lui-même ?

    Conclusion

    À travers cette histoire touchante d’un prof qui s’ouvre à ses élèves et des élèves qui essaient de s’affirmer c’est surtout le problème de l’acceptation qui est posé. Acceptation de soi tel que l’on est, mais aussi acceptation de l’autre avec toutes ses particularités. En effet, on ne peut vivre pleinement si on ne s’accepte pas et si on ne reconnaît pas aux autres le droit à la différence. C’est là le contenu de l’ultime leçon de ce professeur de langue morte mordu de la vie.

    Enfin pour ne rien gâcher, cette histoire passionnante est écrite dans un style digne des plus grands virtuoses. Les jeux avec les mots de Queneau, les expressions imagées rappelant Dard, une légèreté dans le style alliée à la force des mots justes. Bref un réel bonheur que de lire cet auteur qui manie si bien la langue de Molière, qu’une fois ouvert, on ne peut que finir ce livre.

    A mettre entre toutes les mains, à partir de 13 ans.

    Mots clés : prise d’otages / acceptation de soi / différence / affirmation de soi

    Delphine Cotton (11/02)


    Avis d’autres lecteurs

    Bouleversant

    À travers l’histoire de ce prof qui pète un plomb, c’est tout le système scolaire qui en prend un coup. Un peu comme Le dernier défi d’Isabelle Chaillou, Il rêvait de faire le cirque est un livre qui nous parle de l’école. Le discours d’Isabelle Chaillou porte davantage sur la violence. Elle dit que "la violence est un problème de point de vue", qu’elle découle de l’incapacité à écouter le point de vue d’autrui. C’est une question de manque de respect pour autrui et pour soi. Pour Christophe Renault, ce qui cloche à l’école, c’est l’hypocrisie, celle des profs, des parents, des élèves même qui se conforment aux règles et ont peur de s’affirmer. Léo-Paul Beauregard en a ras le bol des masques et fait voler le sien et celui de ses élèves. Pour Beauregard, l’école doit donner les moyens aux élèves de vivre une vie heureuse. Pour lui le bonheur réside d’abord et avant tout dans l’affirmation et l’estime de soi. Alors, un soir, il déraille et prend ses élèves en otages. Il est armé mais il ne leur veut aucun mal. C’est tout le contraire : il ne veut que leur bonheur. Et en une soirée, il leur aura sans doute autant appris que dans toute leur scolarité en leur légant sa devise magique : "se trouver, s’énoncer, s’accomplir, s’estimer".

    C’est un roman tragique, drôle, poignant, émouvant, très fort que devrait lire tout élève et tout enseignant. Et c’est aussi un bijou de style : de la prose poétique, un texte rythmé, des images heureuses, fraîches et drôles. Un pur bonheur à lire à partir de 15 ans.

    Marine Dormion (01/2003)


    Pas d’accord

    Cette histoire de professeur de latin qui retient en otage ses élèves pour leur apprendre à se découvrir est un beau sujet. Le vocabulaire recherché ne peut qu’amener à la découverte de nouveaux mots. A l’inverse, les jeux de mots et figures de style sont parfois, et même souvent, trop complexes.

    De plus, ce récit est un peu long, on peut éprouver des difficultés à entrer dans l’histoire et surtout à la finir. De surcroît, la fin semble précipitée, trop rapide et tranche avec le rythme plutôt lent du reste de l’histoire. Bref, un sujet intéressant gâché par une narration décevante.

    Fabrice Obaton (01/2003)

    Post-scriptum

    RENAULT, Christophe. Il rêvait de faire le cirque. Petit à petit, 2003. 171 p. ISBN 2914401159