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Le Dernier défi, d’Isabelle Chaillou

 
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    Petits jeux de cours de récréation

    (BMP)

    Que font les collégiens quand ils s’ennuient ? Ils se lancent des défis pour se montrer qu’ils sont devenus grands, à moins que ce ne soit pour se prouver qu’ils sont encore enfants. Ces petits jeux sont à la fois cruels et tendres, et c’est ce qui fait leur attrait. Ils apportent parfois la gloire, parfois la honte et se transforment parfois en cauchemar. Pour son premier livre, Isabelle Chaillou a posé son regard d’enseignante sur une cours de récréation. Un groupe de collégiens joue à se lancer des défis. L’un d’entre eux se terminera par la mort. Mais comment fait-elle pour voir si juste ?

    Ça commence plutôt mal, par l’enterrement d’un collégien. À en juger à la mine des gens présents aux obsèques, cette mort ne s’explique pas de manière naturelle. Face à la violence qui sévit au collège, les professeurs semblent dépassés, tout comme les parents et l’administration. Certains enseignants s’en sortent par le détachement, d’autres par le cynisme, d’autres ne s’en sortent pas. Pour faire bonne mesure, il reste bien sûr la petite prof de français qui essaie de comprendre. Elle a pris le parti d’éveiller les enfants à la poésie en étudiant le rap. Il y faudra un classique : M.C. Solar. Pour les collégiens, c’est toujours mieux que Corneille.

    Petits jeux de collégiens

    Donc, un groupe de collégiens qui s’ennuient et qui se livrent à ces petits jeux de cours de recréation ou de fond d’autocar. Sauf que là, c’est pour se venger de la médiocrité de la vie quotidienne et pour le grand frisson. Six paris pour six garçons, avec tirage au sort. Le premier consiste à couvrir de tags les murs du collège. L’opération réussit et c’est la gloire pour le premier garçon. Pour les autres, ce n’est pas nuire au suspense que de révéler que l’un des défis va se terminer de manière tragique. Une leçon pour les enfants, pour les enseignants et pour la prof de français qui se pensait hors du lot.

    Un regard nouveau ?

    Lorsqu’un auteur publie un premier roman, c’est le cas pour Isabelle Chaillou, c’est, on peut l’imaginer, pour apporter quelque chose de nouveau : un témoignage, un cri, une manière nouvelle de regarder le monde. On a déjà vu dans l’édition jeunesse des élèves qui chahutent, des parents et des profs qui démissionnent et des profs de français qui essaient de comprendre. L’idée des paris entre collégiens n’est pas non plus une innovation. Comment se fait-il alors que l’on ne lâche pas le livre avant de l’avoir terminé ? Une maîtrise du récit tout d’abord, qui tient le lecteur en haleine malgré la révélation du dénouement dès les premières lignes. Sachant que le premier pari consiste à couvrir les murs du collège de tags, quel sera le dernier ? Le premier, le deuxième, le troisième, .... le sixième ?

    Une justesse du regard ensuite, qui fait que toute personne qui a vécu l’atmosphère des collèges s’y retrouve, du langage des adolescents à la justesse des notations sur le système éducatif. Un esprit d’enfance enfin, qui imprègne l’ensemble du livre et qui fait que la violence se trouve transplantée dans le monde de la fiction. Même si le jeu est cruel, le lecteur n’oublie jamais qu’il est dans la fiction.

    Isabelle Chaillou, l’écrivain mystère ?

    Mais qui est donc Isabelle Chaillou ? Un jeune auteur du Nord qui en est à son premier roman, nous avait dit Caroline Westberg, son éditrice. Faute d’en savoir davantage, on se prenait au jeu des hypothèses ... Comment s’y prenait-elle pour connaître aussi bien l’univers des collèges, pour poser un regard si juste sur le monde de l’adolescence ? Une jeune prof de français, comme le personnage du livre ? Une surveillante, une aide-éducatrice très proche des enfants ? Pourquoi pas une ancienne élève, une jeune mère d’élève ? Ou tout simplement un écrivain capable de recréer un univers imaginaire à partir de quelques bribes d’information ? On aurait aimé maintenir le suspense. Le voile est levé en partie. Isabelle Chaillou est enseignante dans la région lilloise.

    J’ai été tout à fait séduite par ce roman si fort, si poignant. Dès les premières pages, c’est le choc : la langue et la tension dramatique happent le lecteur. L’alternance des points de vue et des niveaux de langue renforcent la dynamique du récit. Les personnages sont bien campés, l’intrigue menée tambour battant, la " haine " sous-jacente presque palpable...

    Ce qui m’a sans doute le plus frappée, c’est le sentiment d’authenticité qui se dégage du récit. Le sentiment de révolte des jeunes héros contre "le système" est patent, tellement vrai et sincère.

    Incontestablement, un roman efficace qui devrait trouver de nombreux lecteurs, sans doute au désespoir des enseignants.

    Marine Dormion (assistante de documentation, Lille 3)


    Avis de jeunes lecteurs

    " Cette histoire était très bien, mais à faire lire par un adulte car il y a énormément de gros mots. Il est bien parce qu’il montre ce qui se passe dans les banlieues, qu’ils ne travaillent vraiment pas, qu’ils n’ont rien à faire, que tout ce qu’ils veulent c’est emm... les profs. À lire par un adulte. "

    William, 13 ans.

    " J’ai bien aimé ce livre. Réaliste dans l’ensemble et peu difficile à comprendre, il nous guide vers une bande de copains qui ont créé un club de défis. Le vocabulaire vulgaire est compréhensible et on accepte sa présence dans ce livre. Je ne pense pas que les jeunes voudront imiter les héros même si certains peuvent être influencés par les idées de défi."

    Émilie Dubus (13 ans, Ronchin)

    " J’ai adoré ce livre, sûrement parce qu’il est très réel : le vocabulaire employé et les faits contés pourraient presque faire une scène de la vie de tous les jours dans un collège, surtout de banlieue. Mais c’est cette trop grande réalité qui peut pousser les lecteurs (surtout s’ils sont jeunes) à s’identifier aux ados de l’histoire. Ce livre ne doit donc pas être pris au premier degré mais ne doit pas non plus être interdit."

    Camille Dubus (15 ans, Ronchin)

    Post-scriptum

    CHAILLOU, Isabelle.Le Dernier défi. Rageot, 2001. (Cascade). 119 p. ISBN 2700227069

    Forum de l'article : 1 contribution(s) au forum

    Le Dernier défi, d’Isabelle Chaillou, Par : lola, 28 novembre 2008
    Moi,a 13 ans j’ai enormement apprécier ce livre car il est pleins de suspens, peu a peu que l’on le lit on a envie de continuer sans sareter il est envoutant. De plus On rentre très facilement dans l’histoire et il est très réel grace au vocabulaire que se soit un personne de l’histoire qui raconte....
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