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Mes enfants, c’est la guerre, de Jean-Jacques Greif

 
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    Jacob, jeune juif de 14 ans, attend ses parents qu’il n’a pas revus depuis le début de la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’il avait 7 ans. Il va alors se remémorer les sept années passées dans ce qui était au départ une colonie de vacances, devenu un centre de la Croix Rouge cachant de nombreux enfants dont la vie était menacée, des enfants que leurs parents avaient laissé en toute confiance à la directrice du lieu, Madame Christiane.

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    Mes enfants, c’est la guerre est avant tout un livre hommage à cette Madame Christiane qui a réellement existé. On la voit, riante, vivante, courageuse, extraordinaire, sachant tout faire et surtout aimant follement la vie. Le lecteur ne peut que s’attacher à cette femme hors du commun qui mange du chien et des champignons vénéneux mais qui a su protéger de nombreux enfants de la mort et leur épargner les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Savoir que Madame Christiane a réellement existé et qu’elle était telle qu’elle nous est dépeinte ici par les yeux du petit Jacob donne une autre dimension à l’ouvrage en augmentant le respect, la tendresse et l’attachement du lecteur à son égard.

    Du point de vue de l’écriture, ce roman présente néanmoins des lacunes. L’auteur se mettant dans la peau de Jacob que l’on suit de 7 à 14 ans a oublié de faire évoluer son personnage. En effet, il n’y a aucune évolution notoire dans le langage du garçon et dans le regard qu’il porte sur le monde. Un enfant évolue forcément en 7 ans, surtout dans de telles conditions... Malgré tout, cette absence d’évolution ne risque pas d’être un frein à la lecture ou même une raison de rejet de ce roman, les jeunes lecteurs n’y prêteront pas attention.

    Le livre est truffé de dialogues bourrés d’humour, ce qui donne vie et dynamisme au récit. Cependant, ces dialogues sont fortement empreints d’ironie, ce qui continue à créer un décalage entre l’âge des personnages et leurs pensées. D’ailleurs ces personnages, et en particulier les enfants de la colonie, sont tous affublés d’un surnom. Il est parfois difficile de s’y retrouver dans le récit et cela devient véritablement problématique au cours des dialogues.

    La lecture de ce roman n’a été en aucun cas décevante. Les quelques problèmes évoqués précédemment ne sont que des détails qui ne choqueront en rien le public visé. Ce qu’on retiendra c’est que c’est un livre bourré d’humour et de joie de vivre, d’espoir et d’amour, et tout çà grâce à Madame Christiane. Ses idées, tant farfelues qu’ingénieuses, font que la guerre n’est plus vraiment la guerre. L’auteur a réussi à faire passer dans son livre l’admiration qu’il avait pour Madame Christiane, devenue un personnage exemplaire et quasi-mythique.

    Les jeunes enfants se régaleront très certainement de ce livre plein d’humour, duquel ils retiendront les idées un peu folles de Madame Christiane et les bêtises des enfants de la colonie, tout en oubliant la guerre en arrière-plan.

    A partir de 12 ans.

    Mots-clés : Guerre 39-45 / Juif

    Par Gwendoline Mercier (04/2002)

    Greif,Jean-Jacques. Mes enfants, c’est la guerre. L’Ecole des Loisirs, 2002. (Médium). 163 p. ISBN 2211065678