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On ira voir la mer, d’Olivier Adam

 
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    Lorette se promène toujours avec un cutter, au cas où elle rencontrerait un coussin à crever, un sac à taillader, un camarade à menacer. Lorette trimballe toujours une bouteille de vodka, pour oublier, ou de white-spirit, pour mettre le feu. C’est comme cela que l’on vit dans les banlieues. Lorette ne se sépare jamais d’Olivier, qu’elle aime, mais seulement comme un frère jumeau, parce que c’est ce qui lui manque le plus.

    (GIF)

    Olivier est un garçon trop solitaire et cela ne s’est pas arrangé depuis qu’il a connu Lorette au CM2, il y a cinq ans. Olivier suit Lorette partout, dans tous ses déplacements et dans tous ses égarements, comme un petit chien. C’est comme si elle était une partie de lui-même, celle qui lui permet d’être un peu dans le monde. Comment vivre le monde sans Lorette ?

    Le rêve de Lorette, c’est d’aller voir la mer avec Olivier. Pour " mater les goélands ", pour " oublier les cons ", pour " dire qu’il sont chez eux ". Olivier ira à la mer, mais sans Lorette ; avec Léa et Samir, ses copains d’infortune, et la photo de Lorette serrée au fond de sa poche.

    Olivier et Lorette auraient pu vivre une vie tranquille, lui si timide, elle si blessée. Leur révolte va les meurtrir, puis les séparer. Leurs souffrances ne trouvent pas leurs origines dans la situation sociale des banlieues. Ce serait trop simple. On ira voir la mer n’est pas un livre politique. Pour Lorette, un instinct de destruction qui lui vient d’une blessure d’enfance qui ne s’est pas refermée, du moins peut-on le penser. Pour Olivier, un sentiment de vacuité qui tient peut-être en cette phrase : " Je me sentais si minable et je voyais Lorette si belle ". Pour lui la vie continue, et l’entrée dans la vie adulte. Pour elle, on aura deviné que la vie ne continue pas.

    Bien que construit sur la toile de fond du monde d’aujourd’hui, on n’imagine pas les lecteurs adolescents se précipiter sur ce livre douloureux. Il faudrait pour cela qu’ils acceptent de s’interroger sur ce qui les empêche de vivre. Peut-être les casseurs auxquels Olivier et Lorette se mêlent parfois connaissent-ils la même vacuité, mais comment les aider à sortir du cercle de la violence ?

    Un beau livre donc, écrit dans une langue limpide et contemporaine, et qui pourra amener à réfléchir aux tourments de l’adolescence, aux raisons de la violence et à ce besoin irrépressible que connaissent les hommes d’aller vers la mer quand tout va mal.

    Par Christian Loock (03/2002)

    Avis d’un autre lecteur

    Olivier et Lorette, deux ados à la dérive

    Olivier est un garçon très solitaire. Lorette est une rebelle insaisissable. Ils se connaissent depuis les bancs de l’école, depuis le CM2 où tous deux, exclus, ont fini par s’apprécier. Ils ont 14 ans et ne se séparent jamais. Ils s’aiment comme des jumeaux. Lorette surtout, qui a perdu le sien, son petit frère mort encore bébé. Olivier lui, cache des sentiments plus profonds, obsédé par cette jeune fille mystérieuse, si belle à ses yeux et pourtant si paumée. Elle fugue, vole de l’alcool, se saoule, use avec zèle de son cutter et Olivier la suit, fasciné. Ils se répètent qu’ils iront voir la mer car " C’est là-bas qu’il faut vivre ", seulement Lorette ne sera pas du voyage.

    C’est la faute de Romain, un jeune garçon qui pourrait être son ami, si Olivier se remémore cette " putain d’histoire ".

    La mer comme échappatoire

    La mer comme échappatoire pour ces deux adolescents qui ne trouvent pas leur place dans la société. Si Lorette et Olivier se mettent à hurler parfois, leurs souffrances restent muettes. Révoltés contre tout et contre rien, lancés dans une amitié destructrice, tout va basculer pour eux, et Olivier devra avancer seul.

    On ira voir la mer est un livre douloureux et mélancolique.

    Nous sommes loin des problèmes d’acné des adolescents, d’ailleurs l’auteur ne sombre jamais dans les clichés. Et même si l’histoire se déroule sur fond d’émeutes de banlieue, le livre n’a pas pour de vocation de revenir sur le thème de la vie dans les cités. Il aborde la difficulté d’être à cet âge, les blessures profondes de la vie mais aussi la peur et le rejet des autres.

    Le destin de Lorette est tragique. Olivier est conscient de cette douleur qui est inscrite en lui à jamais. C’est avec Samir et Léa, les seules personnes avec lesquelles il communique qu’Olivier ira à la mer. Et c’est cette sorte de pèlerinage en hommage à Lorette qui marquera le début de son retour à la vie.

    Ce livre est à l’image du souvenir de Lorette pour Olivier, il est triste et beau. A partir de 14 ans.

    Mots clés : Amitié, mort, délinquance

    Par Nathalie Toussaert (07/2003)

    Adam, Olivier. On ira voir la mer. Ecole des loisirs, 2002. (Médium).152 p. ISBN 2211065538