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Pas de pitié pour les crapauds, de Nina Schindler

 
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    Petites contrariétés familiales

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    Si le titre du livre, Pas de pitié pour les crapauds, peut nous amuser et attirer notre attention, l’enthousiasme premier est vite oublié. Le schéma classique de construction du récit est tellement visible qu’il gâche le plaisir du lecteur.

    La situation initiale : Côté famille, Paul vit seul avec sa mère et tout se passe à merveille : ils dévorent des chips devant la télévision, ils dansent à pieds nus, ils prennent le petit-déjeuner à deux, ils ont de grandes discussions sur des sujets d’actualité... Côté amitié, Paul peut toujours compter sur son amie d’enfance, Riki.

    L’élément perturbateur : Un jour, un Crapaud vient tout bouleverser... Un crapaud, oui, avec des grosses pattes et une bouche énorme : le nouveau fiancé de la mère de Paul, Bernd. Toutes leurs habitudes sont alors bouleversées, sa mère n’a plus une minute pour lui. Quant à Riki, son amie d’enfance, elle, c’est son petit frère Klaas qui lui gâche l’existence. Il pleure tout le temps et elle doit sans cesse faire la baby-sitter. Et bien évidemment sa mère n’a plus de temps à lui accorder avec le " braillard ".

    La rupture de la communication : Tous les deux en colère, ils décident un jour de partir vivre en Amérique chez le père de Riki, Ben. Ils font une liste de toutes les choses à faire avant d’embarquer : vendre leurs jouets pour avoir de l’argent pour les billets de train et de bateau, donner le hamster de Riki, préparer leurs sacs, écrire une lettre d’adieu pour leurs parents... Dans une semaine ils seront prêts.

    Renversement de situation : Entre temps Riki change d’avis, elle tombe amoureuse de Manuel, un nouveau dans la classe et Klaas commence à moins pleurer, sans compter qu’il prononce désormais son nom. Paul vexé rentre chez lui où il trouve sa mère en larmes, elle a lu la lettre d’adieu qu’il avait préparée avec Riki.

    Happy end : Ils s’expliquent alors tous les deux et décident de passer une semaine entière sans le crapaud, mais voyant qu’il manque beaucoup à sa mère, Paul lui téléphone et lui propose de les accompagner à la piscine. Finalement il ne ressemble pas vraiment à un crapaud et il semble plutôt sympathique !

    Aucun suspens, aucune véritable intrigue, je n’ai rien trouvé de motivant en réalité pour m’inciter à poursuivre ma lecture. Trop de clichés sont présents dans ce livre : le petit ami est un " loser ", le petit frère braillard, le grand amour, et l’inattendue fugue en Amérique, ah ! ah ! ah !

    Si l’objectif de cette collection est juste de présenter " une scène de vie ", c’est réussi ! Si l’auteur a écrit cette histoire et si un éditeur l’a publiée, c’est sans doute qu’ils estiment qu’elle peut plaire. Mais à qui ? je ne vois pas comment elle pourrait passionner un enfant de dix ans ne vivant pas une situation analogue à celle de Paul, et encore, même dans ce cas, va-t-il réussir à se projeter dans l’histoire et comprendre que sa situation familiale peut s’améliorer ? J’en doute. Autre question : cet enfant, à qui la lecture de ce roman pourrait être bénéfique, va-t-il avoir la chance de tenir ce livre entre les mains ? Je reste perplexe.

    Mais peut-être est-ce moi qui me suis braquée sur ce livre... J’attends votre avis.

    Par Charline Collet (01/2003)

    Schindler, Nina. Pas de pitié pour les crapauds. J’ai lu Jeunesse, 2002. (Scènes de vie...). 92 p. ISBN 2290317594