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Peur au musée Grévin, de Martine Delerm

 
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    La curiosité est un bien vilain défaut

    (GIF)

    Chloé est une petite fille bien curieuse. Ainsi, lorsque son gand-père est chargé de résoudre l’énigme des phénomènes paranormaux qui se produisent au Musée Grévin, elle n’hésite pas à demander à son grand-père, de l’emmener. Mais elle le regrette bientôt. Après avoir perdu son chien, elle va devoir affronter les effrayants mannequins de cire et s’enfoncer de plus en plus dans les dédales obscurs du musée pour aller le chercher. Mais grâce à la présence réconfortante de son grand-père, elle va pouvoir participer non sans sueurs froides, à la résolution de l’énigme qui avait plongé le Musée dans l’effroi.

    Un livre qui fait froid dans le dos

    Le ton est donné dès la première page du roman ; le but est de faire peur au lecteur. Le choix du lieu de l’action n’est d’ailleurs pas anodin. Le Musée Grévin est un lieu où se mélangent la réalité et le fantasme, la réalité et le rêve et l’on ne sait plus si ce que l’on voit est vrai ou faux. Chloé est sans cesse en train de se rassurer lorsqu’elle croise un mannequin, parce qu’elle les connaît tous, en habituée qu’elle est du Musée. Elle essaie de garder un pied dans la réalité, tandis que le lecteur se demande de plus en plus si la fillette n’est pas en train de rêver. Ce parcours à travers les différentes galeries est l’occasion de revivre des épisodes angoissants qui appartiennent à notre histoire ou à notre culture à tous. Ainsi on peut croiser Louis XI qui jette un regard sadique sur un prisonnier ou encore la célèbre scène de l’attaque des corbeaux inspirée du film Les Oiseaux du cinéaste Alfred Hitchcock.

    L’auteur, qui enseigne le français dans un collège, sait tenir le lecteur en haleine grâce à un style qui utilise le registre lexical de la peur (" je retenais mon souffle ", " bravai ", " s’assombrit "...) et à un rythme haletant ponctué par les virgules qui jalonnent le texte. Les aquarelles aux tons pastel, qui sont signées également par l’auteur du livre, jouent un rôle d’apaisement dans la montée de l’angoisse chez le lecteur, même si Martine Delerm n’hésite pas à mettre en couleur l’assassinat du Duc de Guise.

    Un roman un peu trop classique

    Sans être un chef d’œuvre du genre, Peur au Musée Grévin est un bon petit roman pour les enfants qui aiment se faire peur. La fin peut paraître un peu décevante, du point de vue de l’adulte ; il y a un décalage entre le début du roman qui annonce au lecteur que ce qu’il va lire est absolument terrifiant, et le dénouement qui replace les événements dans la réalité. L’intérêt et l’originalité de l’œuvre résident surtout dans le choix de situer l’action à l’intérieur du Musée Grévin.

    A partir de 7 ans

    Mots clés : peur, cauchemar, musée

    Par Marine Chauveau (07/2003)

    Avis d’un autre lecteur

    Une enquête surnaturelle ?

    La curiosité est un vilain défaut et Chloé le sait. Pourtant, en vacances avec son grand-père, gardien de nuit au Musée Grévin où se déroule des faits étranges, elle ne peut y résister. Attirée dans les méandres du Musée, elle se trouve confrontée à des faits surnaturels face auxquels elle va devoir se défendre.

    Un récit très réaliste

    Martine Delerm, habituée des récits policiers, propose ici une petite variante ; même si l’aspect "enquête" apparaît toujours, elle nous emmène dans l’univers inquiétant du musée Grévin et son récit tend plutôt vers le fantastique. Le paratexte entraîne chez le lecteur des attentes : le titre de l’ouvrage et de la collection laisse penser que nous avons affaire à un ouvrage de frisson, de peur. L’illustration de la couverture sème les mêmes indices : Chloé qui fuit, une impression de peur et des gouttes de sang. Tous ces éléments intriguent le lecteur et lui donnent envie de découvrir ce qui se trame.

    Le pacte de lecture promet une intrigue, du frisson, des phénomènes étranges, avec une héroïne curieuse de tout et appréciant particulièrement l’atmosphère étrange du musée vide de ses visiteurs. Et cet écho au fantôme du Louvre tient ses promesses. L’histoire commence de manière très calme, mais le rythme devient rapidement plus soutenu et certaines scènes laissent parfois au lecteur la sensation d’être à bout de souffle.

    De nombreuses descriptions donnent du réalisme au récit, à commencer par celle du Musée et de son ambiance. Martine Delerm rend le Musée accessible aux jeunes lecteurs pour les besoins du récit, tout en gardant l’aspect historique intact, comme elle le précise dans une note préliminaire. Les parents apprécieront, de même que d’autres références dont celle au célèbre film de Hitchcock, Les oiseaux.

    Les illustrations, discrètes, se mêlent parfaitement au texte et permettent au lecteur d’imager un peu plus certains éléments ou certaines scènes. De plus, leur contour flou rappelle le rêve ou plutôt ici, le cauchemar.

    Le jeune lecteur ne s’ennuiera pas et s’identifiera facilement à l’héroïne, du fait de la proximité d’âge et ce qu’il soit fille ou garçon. Ce rapprochement avec l’héroïne du récit est d’autant plus fort qu’elle est le narrateur et s’adresse au lecteur par le "je"

    Cet ouvrage présente donc une excellente transition entre les lectures enfantines et des lectures plus "poussées" ; il peut être mis entre les mains des enfants dès sept ans, lorsque la lecture est maîtrisée. Le jeune lecteur ne sera pas rebuté par ce livre dont la lecture se fait rapidement (45 pages) mais au thème attrayant.

    par Audrey Meersman (07/2003)

    Delerm, Martine. Peur au musée Grévin. Magnard Jeunesse, 2001. (Les P’tits fantastiques).45 p. ISBN 2-210-98050-X