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La reine du mercredi, de Jean-Côme Noguès

 
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    Adélaïde a 11 ans et elle est mal dans sa peau. D’abord, elle déteste son prénom. Et puis, elle se trouve laide. En plus, elle va devoir déménager dans un autre village. Elle appréhende de devoir se trouver une petite place dans sa nouvelle école. Et les choses vont plutôt mal se passer. Le cancre de la classe, Sébastien Mauréas, la prend en grippe et c’est toute la classe qui va la rejeter. Ils se moquent de son prénom et lors d’une dictée, Sébastien va avoir la brillante idée de l’appeler "Adélaïdeuse" pour faire rire la galerie et blesser la petite fille. Celle-ci reste à l’écart et va même jusqu’à se battre avec la forte tête.

    (GIF)

    Un jour, elle part se promener dans les garrigues et va faire la connaissance d’un petit garçon de 8 ans, Louis, atteint d’une maladie qui lui a ôté la vue. Adélaïde va profiter de la cécité de son ami pour se cacher, s’inventer une autre identité, une autre image, celle de l’héroïne de son livre préféré, celle d’une petite fille blonde aux yeux clairs habillée de bleu qui vit dans un château entouré de loups quelque part à l’Est. Elle lui dit qu’elle s’appelle Manon. Elle lui rend visite tous les mercredis et le petit Louis, qui vit coupé du monde avec sa mère et sa grand-mère, l’attend avec impatience et lui voue une grande admiration.

    Mais, un jour où elle vient de subir une humiliation dans la classe, elle se sauve et part rejoindre Louis. Elle l’emmène en promenade et ils montent ensemble en haut d’une falaise. Quand Louis lui apprend qu’il va être opéré, Adélaïde panique : elle lui a tellement menti qu’elle craint qu’il ne soit déçu en le voyant. L’espace d’un instant, elle le laisse même s’approcher dangereusement du bord... se disant qu’ainsi, il ne la verrait pas. Mais, l’instinct de protection reprend le dessus. Cependant, un drame tout aussi grave se prépare : la garrigue est en feu, les enfants sont encerclés... Mais Adélaïde va se surpasser pour sauver le petit Louis.

    C’est une histoire qui laisse un peu perplexe pour deux raisons. Tout d’abord, le personnage d’Adélaïde. C’est une petite fille très intrigante dont on pourrait penser qu’elle peut craquer à tout moment. Elle est livrée à elle-même, son malaise et sa mise à l’écart sont évidents et on se demande pourquoi les parents et la maîtresse n’interviennent pas. Les adultes ne sont que des présences dans le récit, ils ne jouent pas véritablement de rôle. Cependant - et c’est la deuxième chose qui dérange -, l’auteur lui est très présent. Les pensées, réactions et sentiments qu’il attribue à Adélaïde semblent détachés de la réalité et contribuent à en faire une petite fille étrange. Le style, parfois elliptique, souvent pompeux, ne "colle" pas avec le personnage d’Adélaïde. Je ne suis pas pour des textes sciemment "adaptés" en fonction du lectorat mais ici, le style contribue à rendre l’héroïne peu vraisemblable en lui attribuant des propos et des modes de pensée en décalage avec son âge. Toutefois, cela n’enlève rien à la qualité d’écriture de Jean-Côme Noguès. C’est juste une question d’adéquation.

    Bref, un avis mitigé pour ce récit d’amitié et de construction de soi qui vise les lecteurs de 10 ans.

    Mots-clés : amitié / maladie / mal-être / identité / mensonge / construction de soi /

    par Marine Dormion (12/2002)

    Nogues, Jean-Côme. La reine du mercredi. Nathan, 2002. (Pleine Lune. C’est ma vie, 155). 151 p. ISBN 2092501232