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Samir et Jonathan, de Daniella Carmi

 
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    Samir, petit enfant palestinien, doit entrer à l’hôpital juif pour se faire opérer du genou. A cause du bouclage des Territoires occupés, ses parents ne pourront pas lui rendre visite. Dans sa chambre, il est entouré de quatre enfants juifs, Ludmilla, Razia, le très remuant Tsahi et Jonathan, toujours plongé dans ses livres d’astronomie.

    (GIF)

    Samir, très intimidé au début, se réfugie dans ses souvenirs et pense souvent à son jeune frère tué par l’armée israélienne. Samir reste longtemps en marge du groupe car Tsahi, le chef de la bande, ne l’aime pas. Cependant, une nuit, Jonathan lui adresse la parole. Comment l’amitié va naître entre Samir et Jonathan ? Comment va se faire accepter par le reste du groupe ?

    Samir et Jonathan est un livre bien construit. La tolérance entre Palestiniens et Juifs ne tombe pas du ciel mais se construit très patiemment, très humainement, elle doit repousser un à un tous les préjugés, toutes les peurs. Néanmoins, elle semble, tout le long du roman, fragile et éphémère. On a le sentiment que, sorti de cet hôpital, elle disparaîtra aussitôt.

    Style et écriture de ce livre sont fluides. Il n’y a guère que la partie centrale de l’œuvre qui est un peu lassante. La tolérance stagne, les relations entre les enfants n’évoluent plus, le style s’englue. L’économie de ces pages n’en aurait rendu ce livre que plus agréable.

    Une dernière critique concerne plus particulièrement l’éditeur, Hachette. Un œil attentif remarquera que ce livre fut écrit et publié en Israël en 1994, c’est-à-dire peu de temps après les accords Israëlo-palestiniens de septembre 1993 qui ouvraient, pensions-nous, une longue période de paix. Or le livre est traduit et publié en France en 2002 en plein cœur de la Seconde Intifada rendant cette histoire soudainement utopique alors qu’en 1994, elle était une réalité. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de publier ce beau livre qui fut pourtant primé par l’UNESCO (Prix de la littérature de jeunesse au service de la tolérance 1997) ?

    A partir de 11 ans.

    Par Fabrice Obaton (10/2002)

    Carmi, Daniella. Samir et Jonathan. Le livre de Poche Jeunesse, 2002. (Mon Bel oranger). 219 p. ISBN 2013219105