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Tous les garçons et les filles, de Jérôme Lambert

 
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    Mots-clés

    Julien Lemeur est élève dans la seconde D du lycée, c’est le jour de la rentrée. Un nouvel endroit, une nouvelle classe, de nouveaux élèves. De nouveaux amis ? Peut-être ce garçon « au col blanc »...

    (GIF)

    Jour après jour, de rituels scolaires en discussions banales, Julien s’intègre avec prudence dans un groupe d’amis, mais celui dont fait partie Clément l’interpelle. En fait il souhaite devenir son ami, mais lorsque l’occasion se présente il la saborde. C’est au cours d’un repas avec son père que l’on apprend que les parents de Julien sont divorcés. Un trimestre passe, et c’est en cours d’allemand que Julien est le plus à l’aise, ses efforts sont appréciés par M.Wahl ; c’est pour lui que Julien fait des efforts mais peut-être aussi parce que c’est le seul cours où Clément est avec lui. D’ailleurs ils se retrouvent régulièrement au café avec les autres membres du groupe d’amis qui s’est constitués ; entre eux les échanges sont particuliers, d’ailleurs un lexique silencieux a été mis au point pour commenter en silence les conversations en cours des autres. Julien apprend à décoder les expressions de Clément, mais est-ce parce que ses propres expressions disent des choses qu’il vaudrait mieux taire qu’un jour Stéphane Roussier les considèrent comme amoureux ? Quoi de plus dramatique que de ne pas dire à l’être que l’on chérit en silence qu’on l’aime ? Alors Julien fait le ménage. Dans sa chambre, il ne classe pas, il jette des chemises cartonnées dont le coin droit est estampillé par un prénom... Clément. Il fait de la place...

    Julien est invité avec les autres dans la maison de campagne des parents de Clément. C’est très angoissant pour lui, mais la mère de Clément est charmante. Julien reste distant avec ses camarades, il ne souhaite pas se baigner, ne saisit pas toujours toutes les blagues. Heureusement le week end s’achève. Et les rendez-vous avec son père autour d’un bon repas continuent. Au cours de l’un d’eux, le père de Julien comprend que son fils est amoureux, d’ailleurs Julien l’avoue... Un jour de pluie Julien rencontre Clément, son malaise est grandissant, décidément Clément ne comprend pas. Un voyage scolaire de deux semaines n’arrange rien... Pourtant, naturellement, il annonce dans une lettre à sa mère qu’il est amoureux d’un garçon... Mais la typographie est en italique. Clément et lui ont repris leur dialogues silencieux parmi les autres, ce qu’a remarqué Stéphane qui, menaçant, s’empresse de les mettre en garde : une rumeur, ça court vite ....

    C’est un livre écrit à la première personne comme pour se reconnaître. Ecrit dans un style très dépouillé comme pour dire l’essentiel. Un ton léger, parfois ironique, comme pour faire sourire. Tout cela pour révéler un monde intérieur envahi par les émotions et les réflexions qui interférent dans le récit et se matérialise à travers une typographie en italique, déjà une scission entre le dit et le non-dit. Doté d’une intuition masculine, Julien est peu sûr de lui ; il se définit comme un garçon qui fait l’inverse de ce qu’il veut vraiment. Julien est tendu, et cette tension, il doit l’évacuer en faisant des pompes et des abdos, avec des douches chaudes. Déjà enfant il n’avait pas envie d’être avec les autres, par peur ; il se sent « monté à l’envers », c’est lui qui sonne faux, alors pourquoi en vouloir aux autres s’ils l’excluent ? Il est décalé et forge ses propres armes contre lui-même. Alors Julien erre, il décide de se laisser porter par les événements, s’il est réellement perdu quelqu’un finira par le retrouver. D’émotions en sentiments c’est un livre troublant par sa sobriété.

    Mots-clés : homosexualité - différence - tolérance

    Par Nacéra Babrih, documentaliste, Club lecture Léonard de Vinci Carvin (07/2003)

    Avis de lecteurs

    Un roman qui aborde avec finesse, tact et sincérité le thème de l’homosexualité masculine sans pour autant que l’on sente à un quelconque moment que le livre est un prétexte pour en parler. Au contraire, c’est un texte plein de poésie et de pudeur qui évoque la découverte de la singularité, la sienne propre et celle des autres, dont l’homosexualité fait partie, ni plus ni moins.

    Marine Dormion (07/2003)

    Aujourd’hui, c’est la rentrée en seconde pour Julien, il devrait être plutôt content de pouvoir trouver de nouveaux ami(e)s mais quelque chose ne va pas. Cette classe est pourtant tout à fait normale : il y a des crâneurs, des premiers de la classe, des filles aux agendas de stars et des paresseux collés aux radiateurs... Mais il y a Clément, celui qui est assis juste en face de lui avec son long cou et son col de chemise impeccable. D’ailleurs dés le premier jour, Julien avait décidé que Clément serait son meilleur ami. Mais au fil de l’année scolaire, Julien doit admettre qu’il tombe amoureux de ce meilleur ami. Et, à cet âge, comment oser aimer un garçon ? comment être sûr de ses ou de ces sentiments que l’on éprouve ? Comment se l’avouer et comment l’avouer aux autres ?

    Ce livre est très bien écrit, il est très prenant et on croit côtoyer ces personnages. Ce livre est très émouvant même si je trouve que l’écriture est trop petite.

    Jonathan Legrand. Club lecture Léonard de Vinci Carvin (07/2003)

    Lambert, Jérôme. Tous les garçons et les filles. Ecole des loisirs, 2003. (Médium).111 p. ISBN 2211068863

    Post-scriptum

    Sur ce site, voir les autres articles sur l’homosexualité :

    http://jeunet.univ-lille3.fr/mot.php3 ?id_mot=118