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Une grenade dans le crâne, de Stéphane Marchand

 
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    Blessure de guerre

    (BMP)

    Le commandant Hofmann, ancien combattant au Viêt-nam, a gardé de graves séquelles psychologiques de la guerre. Il se montre autoritaire dans sa famille et contraint Lucas, son fils de 14 ans, à une discipline militaire très dure. Celui-ci ne supporte plus cette situation qui l’empêche de vivre normalement son adolescence. Depuis la mort de sa mère il ne trouve plus aucun soutien autour de lui. C’est l’arrivée de la nouvelle concierge qui va l’aider à retrouver une existence heureuse.

    Six expressions rythment le quotidien de Lucas : " garde à vous ", " repos ", " affirmatif ", " négatif ", " R.A.S. " et " terminé ". Comment à quatorze ans peut-on vivre une adolescence normale avec un père qui ne s’est jamais remis de la guerre du Viêt-nam ? Est-ce à cause des éclats de grenade placés tout près de son cerveau qu’il donne des ordres et se comporte ainsi avec son fils et sa femme ? Depuis la mort de sa mère il y a un an, Lucas n’a plus aucun soutien moral. Celle-ci était la seule à garder l’espoir de voir son mari redevenir prévenant comme avant. Le miracle n’a pas eu lieu. Désormais Lucas est seul face à l’autoritarisme de son père. Des idées de suicide et de fugue lui ont évidemment traversé l’esprit. Quant à se rebeller, il y songe bien sûr, mais il ne lui reste que son père au monde.

    Lucas finit par trouver un soutien en la personne de madame Wong, la nouvelle concierge. Elle est toute petite et pratique le Kung-fu. Sa philosophie et sa sérénité sont une source de réconfort pour Lucas. Même si elle ne peut pas résoudre ses problèmes, elle prête une oreille attentive à ses angoisses. Pour son père c’est une " niakoué ", c’est à dire une vietnamienne, donc une ennemie du bon américain qu’il est.

    Ce qui devait arriver arrive un jour avec une querelle entre le commandant et la " niak ". Le père de Lucas est blessé et emmené à l’hôpital et c’est là que se produit le miracle. Lorsque Lucas entre dans la chambre, il surprend le commandant en train de pleurer. Lucas peut pour la première fois de sa vie serrer son père dans ses bras et l’appeler " papa ".

    Une lueur d’espoir

    Ce roman est traversé d’une grande tendresse : celle du souvenir d’une mère et d’une épouse aimante, celle d’un fils en quête de l’affection de son papa, celle d’un père qui ne sait plus s’émouvoir et celle d’une niakoué qui permet que tout se finisse bien. En achevant ce récit, le lecteur comprendra combien le souvenir de la guerre peut traumatiser un homme, au point de lui faire perdre totalement le sens des réalités et de plonger sa famille dans la détresse et l’infortune. La deuxième leçon est que l’espoir peut venir d’ailleurs et redonner tout son sens à la vie. Toutes ses années de sévérité vont être oubliées en quelques instants et laisser place à une effusion de joie entre le père et le fils.

    Par Charline Collet

    Marchand, Stéphane. Une grenade dans le crâne. Flammarion, 1999 (Castor Poche Senior). 70 p. ISBN 2081645912