Site littérature jeunesse de lille 3

Y a qu’à, de Claire Laroussinie

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    Les effets magiques d’un message brodé !

    (GIF)

    La mère de Gabrielle a décidé de partir bénévolement au Kosovo pour aider les victimes de la guerre. Mais Gabrielle ne comprend pas pourquoi sa mère tient tant à aller s’occuper d’enfants dans un pays étranger, alors qu’elle a une fille qui l’aime et qui a besoin d’elle à la maison. Pour la faire revenir, Gabrielle fera tous les jours des vœux plutôt farfelus et n’hésitera pas en dernier recours à invoquer " la fée des robes " !

    La maman de Gabrielle est femme au foyer. Elle travaille par ailleurs pour des associations humanitaires. Elle a donc toujours été là pour sa fille et son mari . Tout allait donc pour le mieux ! C’est pour cela que Gabrielle ne comprend pas que sa mère décide tout d’un coup de partir comme bénévole au Kosovo. Là-bas, elle aidera les enfants et leurs parents séparés par les ravages de la guerre, à se retrouver. Tout son entourage trouve cette acte courageux et d’une grande générosité. Gabrielle ne souhaite qu’une chose : avoir sa maman le jour de son anniversaire. Les semaines passent et elle n’est toujours pas rentrée. Elle lui manque beaucoup et ses conversations avec ses amis ne la réconfortent pas. Désemparée, Gabrielle décide de s’en remettre à la chance, aux anges et aux fées. Elle commence à faire vœu sur vœu, mais rien n’y fait. Le soir, lorsqu’elle rentre de l’école sa maman n’est toujours pas là.

    Un soir au téléphone, sa mère lui demande de faire une chose importante : collecter des jouets à l’école pour les enfants du Kosovo qui ont tout perdu. Elle décide de donner la jolie robe que sa mère lui a envoyée pour ses neuf ans, et qu’elle n’a encore jamais portée. Sur cette robe tant aimée, elle brode un message : " je donne cette robe pour que ma mère revienne ". Trois semaines plus tard, sa mère est de retour. Il ne faut pas négliger le pouvoir de " la fée des robes " !

    Prêter sa maman

    A travers les conversations de Gabrielle avec ses amis, Claire Laroussinie évoque de façon simple les angoisses de la petite fille : la guerre, les bombardements, les morts, les familles séparées, les orphelins... A ces situations dramatiques, la société occidentale ne peut répondre que par le bénévolat, la charité, la compassion et l’amour. Partagée entre l’envie d’aider les victimes de la guerre et le désir d’avoir sa maman près d’elle, la petite fille est troublée. Elle est terrifiée à la pensée que sa mère l’abandonne ou qu’elle se fasse tuer. La superstition à laquelle s’adonne Gabrielle durant toute cette période montre son désarroi : rien n’est plus authentique que ses vœux prononcés avec une grande tendresse.

    Cette séparation représente une étape dans la vie de Gabrielle : on pourrait presque parler de " premier cordon coupé " entre la mère et la fille, comme il y en a tant entre l’enfance et l’adolescence. La relation mère-fille évolue, la relation père-fille se renforce car tous deux se soutiennent mutuellement dans cette épreuve. Le père est aussi perdu que la fille sans sa femme ! Il ressort également de ce petit roman une grande détresse du côté de la mère. Comme mère, elle est certes accomplie, mais il lui manque quelque chose dans sa vie de femme. Elle ressent tout d’un coup le besoin d’échapper au quotidien et de trouver un nouveau sens à sa vie. Elle veut se sentir utile, c’est pour cela qu’elle prend cette décision de partir comme bénévole au Kosovo, une démarche lui demande un grand courage. Toutefois on la sent partagée entre l’enrichissement que lui procure cette nouvelle tâche et l’envie d’être près des siens.

    Les enfants ne percevront sans doute pas toutes ces problématiques d’ordre psychologique, mais ils se retrouveront sans aucun doute dans cette relation mère-fille évoquée avec beaucoup de tendresse.

    Par Charline Collet

    Laroussinie, Claire. Y a qu’à. Ecole des Loisirs, 2000. (Neuf). 83p. ISBN 2211055699