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L’infante de Vélasquez, de Marie Brantôme

 
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    Une petite fille capricieuse, un tableau vivant et une malédiction tout droit sortie d’un conte : voici les ingrédients de ce roman qui nous raconte une histoire résolument à part. Un conte pour grands.

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    Inès est une de ces petites filles jamais satisfaites, capricieuse et têtue pour qui rien n’est jamais assez. « Je veux, je veux ! », répète-t-elle à l’encan. Sa mère, désemparée, ne sait comment la contenter et ne voit d’autre solution que de lui céder. A l’école, Inès ne s’entoure que d’amis à sa « hauteur », une cour triée sur le volet. Parmi eux et pourtant un peu à part, il y a Alice, la fille de la narratrice de cette histoire qui ne voit pas d’un bon œil cette amitié. Inès lui rappelle un personnage d’un conte de son enfance, Coufi-Coufou. Elle se souvient qu’il arrivait malheur à cette terrible capricieuse, et qu’à force de dire « je veux, je veux », elle avait été bien punie.

    Un jour que la classe d’Alice et d’Inès fait une visite au Louvre, cette dernière s’éloigne du groupe pour aller dans la salle où sont exposés les chefs-d’œuvre du maître espagnol Vélasquez. Inès se plante devant l’immense et non moins célèbre toile des Ménines qui représente l’infante Marguerite, entourée de ses deux demoiselles de compagnie, d’une naine, du peintre lui-même qui s’est représenté la palette à la main et un homme dans le fond du tableau, dans l’encadrement d’une porte, l’aposentador. Alice voit qu’Inès est subjuguée par le tableau et elle remarque soudain que les lèvres de l’homme du fond bougent ! Il parle à Inès ! Il lui présente les différents personnages du tableau et c’est doña Maria Sarmiento, l’une des demoiselles, qui fascine le plus Inès : c’est la plus belle, celle qui a la plus belle robe ; c’est elle qu’elle voudrait être, échanger sa vie contre la sienne. L’aposentador, ayant reconnu en Inès une Coufi-Coufou, aura beau la prévenir et lui décrire la réalité de la condition de doña Sarmiento, Inès veut être cette jeune fille. Alice n’a pas le temps d’agir, une brume épaisse semble sortir du tableau et les envelopper. Et le mystère d’agir...

    Un voyage dans le temps et dans l’art

    Le tableau vivant, le voyage dans le temps, l’échange d’identité, la référence à ce mystérieux personnage de Coufi-Coufou... ces éléments, qui semblent sortis tout droit du roman gothique, créent une atmosphère de mystère et rendent l’intrigue, fort bien construite, captivante. C’est également fascinant d’apprendre toutes ces choses sur ce célèbre tableau de 1656 et les personnages qui y sont représentés (saluons la généreuse idée de l’éditeur d’avoir insérer au livre une reproduction légendée des Ménines sur un joli petit carton). L’on passe donc du Paris d’aujourd’hui à la cour d’Espagne au XVIIème. De conversations de mère à fille sur la différence entre l’être et l’avoir au sort de doña Sarmiento promise à un homme bien plus âgée qu’elle. Marie Brantôme offre avec L’infante de Vélasquez une histoire passionnante et originale, un voyage dans le temps et au cœur d’une œuvre, à lire à partir de 14 ans.

    Par Marine Dormion 11/2003

    Brantôme, Marie. L’infante de Vélasquez. Seuil, 2003. (fictions ados). 112 p. ISBN 2020562545