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La déroute, de Melvin Burgess

 
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    Mots-clés

    Londres, à une époque indéterminée mais qui ne semble pas si lointaine, est devenue une ville « bunker » réservée aux riches. A la périphérie les miséreux et les orphelins survivent dans d’immenses bidonvilles où les plus forts font la loi. Les enfants abandonnés ou orphelins, rejetés de la ville sont obligés de travailler dans les décharges pour trier les ordures sous les ordres de « Mère » qui leur apporte un semblant de sécurité.

    (BMP)

    C’est dans ce climat d’extrême violence que vivent trois gosses des ordures : Sham le malin, Davey dit « Gâteau-Mouche » et sa sœur Jane qui travaillent sous les ordres de la redoutable Mère Shelley. Un jour Sham et Davey découvrent au milieu des ordures un gangster mourant avec un bébé. Celui-ci a été kidnappé à une famille très aisée. Pour les trois enfants ce bébé devient le moyen d’échapper à la criminalité pour les garçons, et à la prostitution pour Jane. Ils décident de prendre le bébé et de le rendre à sa famille pour « faire le bien », pour une fois, mais aussi dans l’espoir de recevoir une récompense qui les sortira de la misère.

    Ils se sauvent de la Décharge pour aller à Londres en ayant aux trousses les sbires de Mère Shelley qui veut les récupérer. Bientôt c’est toute la ville qui est à leur recherche car leur tête est mise à prix. C’est le début d’une cavale désespérée pour les trois enfants qui seront traqués comme des criminels.

    Un plaidoyer pour les exclus

    Melvin Burgess, auteur anglais controversé pour les jeunes adultes, n’est pas un adepte des « happy-end ». Il dépeint dans ce roman une société particulièrement violente où les notions d’humanité et de solidarité ont disparu. Dans ce monde les enfants mal nés sont considérés par les adultes comme des criminels en puissance et ils n’hésitent pas à payer des « Escadrons » pour les éliminer. Les enfants ne sont plus des êtres humains, on leur a enlevé toute l’innocence et la naïveté qui caractérise habituellement l’enfance.

    Ce texte est bouleversant car le lecteur comprend au cours de la lecture que la cavale des trois personnages est désespérée. C’est d’autant plus tragique que les héros se rendent compte qu’il n’y a plus d’espoir : leur bonne action les a transformés en criminels pour la société.

    A travers ce roman, l’auteur dénonce les dysfonctionnements d’une société capitaliste où les faibles et les pauvres n’ont aucune chance de s’en sortir. Une réflexion qui trouve un écho dans notre société actuelle.

    Un roman à conseiller à partir de 15 ans réservé à des lecteurs avertis car le texte peut troubler par sa dureté.

    Mots-clés : Liberté / Société / Lutte pour la survie / Orphelins / Cavale

    par Peggy Bricart (01/2004)

    Burgess, Melvin. La déroute. Gallimard, 1999. (Frontières). 289 p. ISBN 2070527816