Site littérature jeunesse de lille 3

C’est loin d’aller où ? de Sébastien Joanniez

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    Mathieu suit à contre cœur son copain Rico dans un feu de poubelles. Comment expliquer la brûlure sur la manche de son blouson ? Rico a une solution : « t’as qu’à dire qu’on te l’a chouré ». Oui, seulement Mathieu ne porte nulle marque d’agression. Il finit alors par accepter que Rico lui « tape sur la gueule ». Un coup qui l’emmène dans un monde étrange où des types aux grands manteaux se baladent sans but comme des fantômes, et où il rencontre Anna. (GIF) Dans C’est loin d’aller où, Sébastien Joanniez nous livre toute une série d’inquiétudes et d’interrogations liées au passage de l’adolescence, dans un récit au style très libre.

    Une vie fragile

    Ca commence par un feu de poubelle dans lequel Mathieu s’embarque « presqu’en fermant les yeux ». Même s’il suit son copain Rico dans ce jeu dangereux, sa crainte révèle à la fois qu’il a conscience des risques encourus et sans doute qu’il doit craindre davantage encore de ne pas se montrer à la hauteur. Ce sentiment se précise lorsque sont présentées les premières paroles de Rico : « Rico m’a tout de suite dit de fermer ma gueule et que si je parlais, il s’occuperait de moi comme il s’était occupé d’Ahmed quand il lui a défoncé le crâne à coups de pieds ». Sa peur est également mise en exergue par sa réaction, alors qu’il sort du local à poubelles, le blouson brûlé : il accepte de se faire « taper sur la gueule » par Rico, pour dissimuler son acte. Le comportement des personnages met ici en scène avec force et démesure la panique intérieure des adolescents, pas tout à fait conscients des conséquences de leurs actes, et capables de risquer la mort pour se protéger. Incipit où la vie est fragile parce que les ados ne savent pas trouver de solutions raisonnées à leurs problèmes, et surtout parce que la violence semble être l’ultime recours.

    Un univers étrange

    La mort ne semble pas faire peur. Règne une atmosphère d’indifférence entre vivre et mourir. Jusqu’à ce que Mathieu, sonné par le coup trop violent administré par son copain, se retrouve plongé dans un coma. Il erre dans un immense labyrinthe. Où est-il ? Rêve-t-il ? S’agit-il vraiment du royaume des morts ? Toujours est-il qu’il se retrouve dans un univers étrange, bien illustré par la première de couverture, où la veste permet à l’adolescent d’être reconnu, alors que lui-même ne sait se reconnaître tant ses pensées se révèlent être dédaléennes. Univers tellement étrange qu’il se refuse d’abord à y croire, mais dans lequel il finit néanmoins par se plonger afin d’en trouver une issue. Il réalise qu’il se situe entre la vie et la mort lorsqu’il y croise Anna qui lui raconte avoir sauté du troisième étage. Et puis lorsqu’elle interroge Mathieu : « On est morts ? » s’affrontent deux perceptions. Anna préfère rester dans ce monde souterrain afin d’échapper à ses cauchemars, alors que Mathieu se refuse à la mort. Anna est représentée comme une adolescente fragile qui a choisi la mort d’elle-même, après un cheminement psychologique, tandis que Mathieu se trouve dans ces couloirs sombres à la suite d’un coup indépendant de sa volonté personnelle. Anna a l’esprit meurtri, Mathieu le corps.

    L’union fait la force

    Leur rencontre apparaît alors comme si chacun des deux personnages venait se compléter à l’autre. Ainsi Mathieu communique-t-il sa hargne et son désir de se vivre à Anna, et elle lui permet d’accéder à un tunnel situé à trois ou quatre mètres de hauteur : « Faut monter. Et pour monter, faut être deux » Leur lutte s’inscrit alors comme un véritable combat pour la vie. Plus que le passage entre la vie et la mort, ce labyrinthe marque la fin de l’enfance. La preuve en est donnée avec l’excipit du roman, où les deux personnages se réveillent dans une chambre d’hôpital, et s’échangent un baiser. Début de la vie d’adulte ?

    A partir de 12 ans.

    par Christelle Lefebvre

    Avis d’un autre lecteur

    Après un mauvais coup donné par Rico : le noir total... Mathieu se retrouve dans un monde étrange où des types vêtus de grands manteaux noirs déambulent sans véritable but, comme des fantômes.

    Au milieu de ce monde bizarre, Mathieu rencontre Anna, une fille bouleversante qui gémit derrière un mur. Elle se souvient qu’elle a sauté par une fenêtre à cause d’horribles cauchemars qui l’empêchaient de dormir, puis plus rien...Sont-ils morts ? En plein rêve ? Une porte s’ouvre et un garde leur fait signe de sortir. Un homme apparaît et martèle le garçon de questions existentielles.

    Je veux vivre, lui répond Mathieu...

    C’est loin d’aller où est un voyage au frontière du réel qui laisse beaucoup de place à l’imaginaire. Les cauchemars, les rêves, la mort, le suicide, les angoisses chez les enfants sont abordés simplement, sans détours avec justesse et émotion.

    Un délicat baiser clôture cette étrange aventure...

    par David Houdelet [01/2004]

    Joanniez, Sébastien. C’est loin d’aller où ? Ed. du Rouergue, 2003. (Do A Do). ISBN 2841564940