Site littérature jeunesse de lille 3

Le loup dans la littérature de jeunesse

par Anne-Lise Hainaut
 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    Aujourd’hui en voie de disparition, le loup qui a marqué notre histoire, hante encore les livres pour enfants.

    1 Le loup dans les légendes

    1.1 Des mythologies convergentes

    Inspirant crainte et respect, le loup incarne le bien et le mal selon les pays, les époques et les croyances. C’est le christianisme qui a associé le loup au diable, bras vengeur de Dieu punissant les populations locales pour leur manque de foi. Autrefois, les civilisations de chasseurs s’identifiaient au loup en s’inspirant de ses structures sociales et de ses techniques de chasse. Kaïla, dieu du ciel chez les Esquimaux, leur offrit le caribou pour gibier. Puis, il leur envoya l’esprit du loup, pour régulariser sa carence. Turcs et Mongols lui donnent un caractère céleste en vénérant le loup bleu. Chez les Iroquois, il fait figure de passeur d’âmes.

    Le loup est associé à l’image de la fertilité en dévoilant la véritable nature de la femme chez les Grecs et les Romains. Les femmes stériles l’invoquent pour procréer (en Anatolie : nom souvent donné à l’Asie Mineure, désignant aujourd’hui l’ensemble de la Turquie d’Asie) et il stimule la virilité. Le loup représente la lumière en Chine et en Egypte. Mais en France, le loup avale la caille, symbole de soleil.

    Du loup, on retient aussi la gueule. En France, être avalé par le loup n’est pas une horreur : en ressortir, c’est avoir subi une initiation vers la lumière.

    1.2. Une autre image mythique : le loup-garou

    • la lycanthropie : n.f. 1.Le terme « lycanthrope » vient du grec lycos (« loup ») et anthropos (« homme »).Métamorphose supposée d’un homme en loup-garou 2.Délire consistant à se croire transformé en loup. (Larousse 2005)

    NOTE : On ne peut pas assimiler les loups-garous aux lycanthropes. La lycanthropie désigne une maladie mentale où le sujet se croit, à tous égards, transformé en loup, mais ne subit aucune transformation physique. Ses vêtements se changent en poils, ses bras en jambes devenu un loup il conserve encore des vestiges de son ancienne forme.

    Il a toujours le même poil gris, le même air farouche, les mêmes yeux ardents ; il est toujours l’image de la férocité. Ovide (-43-17)

    Les origines du mythe du loup-garou (la possibilité pour un être humain de se transformer en loup) n’ont jamais été clairement démontrées : elles sont pourtant de toute évidence fort anciennes et communes à de nombreux peuples. Le loup-garou relève de la tradition fantastique. Il s’agit d’un homme qui, grâce à des pouvoirs particuliers, se transforme en loup et qui assume donc tous les caractères que l’on attribue à cet animal : puissance musculaire, agilité, ruse et férocité. Cette forme peut être temporaire ou définitive.

    La tradition veut qu’ils conservent, après leur métamorphose, deux de leurs caractéristiques : leurs voix et leurs yeux. Par ailleurs, certains indices trahissent le loup-garou qui a repris son apparence humaine : ses sourcils se rejoignent au-dessus de son nez, ses ongles présentent une teinture rougeâtre, le majeur est particulièrement long et ses oreilles sont implantées assez bas et en arrière sur la tête. Restent les mains et les pieds velus à signaler.

    -  Quelques légendes issues de la mythologie gréco-latine Au Vème siècle avant notre ère, Hérodote relate que les Grecs qui s’établirent sur les bords de la mer Noire considéraient les habitants de ces contrées comme des magiciens forts habiles, capables de se métamorphoser à volonté. L’historien grec parle d’une race d’hommes ayant le pouvoir de se transformer en loups et de reprendre, lorsqu’ils le désirent, leur apparence humaine. Les Anciens disaient que cette métamorphose permettait d’acquérir la force et la ruse d’une bête sauvage, mais que le loup-garou conservait voix et regard humains. Les Romains, eux aussi, attribuaient ces métamorphoses à la magie. Grecs et Romains considéraient le fait d’être transformé en loup comme un châtiment divin, et qu’il frappait toujours les mortels qui avaient sacrifié des victimes humaines.

    En ce qui concerne le contexte historique, il faut savoir que les Grecs entretenaient une peur respectueuse envers les loups, puisque la population était très effrayée et surtout concentrée sur les côtes. Par conséquent, les loups pouvaient vivre en paix, sans la crainte d’une hypothétique agression humaine.

    Chez les Romains, le loup était tout aussi respecté et presque considéré comme un membre de la famille. Les médecins latins connaissaient une maladie qu’ils nommaient insania lupina (folie louvière ou rage lupine). Plus tard, quand les Chrétiens dominèrent la région, le loup devint très rapidement l’allié de Satan.

    D’après Pline le Jeune, la métamorphose s’opérait alors que le « coupable » traversait à la nage les eaux d’un lac : en abordant à la rive opposée, il était devenu un loup. Dès lors, il était condamné à errer dans la campagne, avec d’autres loups-garous, pour une période de neuf ans. Si, pendant tout ce temps, il s’était abstenu de manger de la chair humaine, il lui était permis de recouvrer sa forme antérieure, marquée toutefois par les ravages du temps. Au début de l’ère chrétienne, Ovide présente également la transformation en loup comme une punition infligée par les dieux.

    Dès cette époque il y avait une croyance au fait que des êtres humains anthropophages, par la pratique de la magie, prenaient l’apparence d’un loup pour satisfaire plus facilement leurs appétits monstrueux.

    Ovide, rapporte aussi que Lycaon roi d’Arcadie et ses cinquante fils qui étaient réputés pour leur impiété, servirent à Zeus qui était venu leur rendre visite sous l’apparence d’un pauvre misérable, un plat à base de chair humaine qui s’avéra être celle d’un enfant. Zeus, indigné, repoussa au loin la table du festin, foudroya tous les fils du roi, sauf Nyctimos, qui monta sur le trône et changea Lycaon en loup : Au Ier siècle, Arétée de Cappadoce explique que certains hommes qui se sentent transformés en loup sont travaillés par les appétits et les affres de cet animal féroce, se jettent sur les troupeaux et les hommes pour les dévorer, sortent la nuit de préférence, hantent les cimetières et les monuments, hurlant à la mort, les yeux enfoncés et hagards, ne voyant qu’obscurément comme s’il était entouré de ténèbres, les jambes meurtries par les égratignures et les morsures de chiens.

    -  Le loup-garou comme construction psychologique La figure du loup, depuis la plus haute Antiquité jusqu’à nos jours, évoque la fascination de l’homme pour sa face sombre, pour sa cruauté naturelle qui peut revenir lorsqu’il se libère des contraintes que la civilisation lui impose. Le loup-garou fascine par sa force et son audace, il peut être le miroir déformant d’êtres mal à l’aise dans la société et qui ne parviennent pas à se présenter sous leur meilleur aspect. Dans ses pires moments, l’homme est un loup pour l’homme, à tel point qui lui arrive de se dévorer lui-même.

    CONCLUSION

    Le loup, exerçant déjà une crainte mêlée de fascination sur l’homme, s’est insidieusement et tout naturellement logé dans les folklores des peuples sous la forme d’un loup-garou. Il fait partie de ces êtres de légende qui nourriront encore longtemps notre imaginaire depuis notre tendre enfance (voir l’histoire du petit chaperon rouge). Quant à notre triste réalité, elle se cantonne à rechercher dans ces multiples légendes du loup-garou une source originelle fantastique tout en souhaitant aux loups, avant qu’ils ne soient totalement en voie d’extinction, de se refaire une bonne réputation.

    2 Le loup dans les contes

    2. 1. Le petit chaperon rouge

    -   Les différentes interprétations du Petit Chaperon rouge

    Il semblerait qu’à l’origine, il existait en Chine un vieux conte populaire nommé La vieille femme tigre. Il raconte l’histoire de deux fillettes amenant de la nourriture à leur grand-mère dévorée par un tigre prenant sa place pour manger les enfants à leur tour. Ce motif sera repris ensuite de façon quasi universelle par beaucoup de conteurs qui le feront varier selon les époques et les lieux. Plus tard, à la fin du 19e siècle et jusqu’au milieu du 20e, des ethnologues et des folkloristes ont recherché dans les campagnes françaises les contes populaires courants. Leur travail a permis de retrouver le conte tel qu’il était avant que Charles Perrault ne lui donne ses lettres de noblesse.

    En 1697, paraît Histoires ou contes du temps passé avec des moralitez, recueil de huit contes orné de gravures. L’auteur donne sa couleur au Petit Chaperon rouge et réécrit son histoire dans un français très élégant et stylé, en introduisant une morale finale destinée à mettre en garde les enfants contre les dangers de la forêt. Le succès du conte est immédiat et des exemplaires circulent très rapidement en France comme à l’étranger. Dorénavant, la forme littéraire du conte prend le dessus sur la tradition orale.

    -  Les versions du Petit Chaperon rouge dans le monde Le Petit Chaperon rouge de Charles Perrault dans les Contes de ma Mère l’Oye est ainsi nommé à cause de son capuchon pourpre, va porter à sa grand-mère un petit pot de beurre et une galette. Elle rencontre le loup dans la forêt qui lui propose de la rejoindre au lieu-dit. Il la précède et ne fait qu’une bouchée de la vieille femme. A son arrivée, tout paraît étrange au Petit Chaperon rouge : en effet, le méchant loup a pris la place de la grand-mère et s’apprête à manger la fillette à son tour. Ainsi, l’histoire se termine : l’enfant est mangée et le loup est vainqueur. Ce conte découle directement de la tradition orale française. D’après Marc Soriano, dans son livre Les contes de Perrault, ce conte a été rédigé la première fois en 1697 par Charles Perrault pour la petite nièce de Louis XIV en pensant qu’elle prendra plaisir à ces histoires pleines de moralité. L’auteur invente l’image célébrissime de l’enfant au pardessus écarlate et ajoute à l’histoire d’origine une morale finale. Si à l’inverse de la version de Grimm, le conte se termine mal, c’est aussi pour prévenir les enfants des dangers encourus dans les bois à cause des animaux sauvages et des hommes. Les frères Grimm s’inspirent du conte de Perrault mais modifient la fin qui leur semble inappropriée. Malgré la pérennité de Perrault, c’est la version de Grimm qui est la plus répandue dans les pays anglo-saxons et qui sert de base à toutes les interprétations scientifiques.

    Le Petit Chaperon rouge des frères Grimm, un bûcheron passant par-là ouvre le ventre du loup et sauve la fillette et sa grand-mère. Un peu plus tard, un autre loup essaie de détourner la jeune fille. Mais cette fois ci, la fillette avertie va tout droit chez sa grand-mère pour tout lui raconter. Lorsque le loup essaie de pénétrer dans la maison, tout est fermé : il passe par le toit, tombe dans une auge remplie d’eau et se noie. Une différence fondamentale réside dans la fin du conte. Ils ajoutent, en effet, à l’histoire une variante, un additif. La variation finale du conte puiserait sa source dans les histoires d’une conteuse française que les frères Grimm écoutaient lorsqu’ils étaient petits. Cette dame mêlait dans sa mémoire les traditions allemandes et françaises. La fin heureuse du petit chaperon rouge serait née de la confusion qu’elle faisait avec la fin de La chèvre et des chevreaux. Notons au passage que Le Petit Chaperon rouge n’existe pas à l’origine dans la tradition orale allemande et qu’il n’apparaît qu’avec le conte des frères Grimm. Autre raison à cette variation : à l’époque, les enfants trop sensibles ne supportaient pas ce genre d’histoires et les Grimm auraient pris ce facteur en compte. La fin imaginée par les deux frères laisse présager l’avenir de l’enfant nous explique Bruno Bettelheim dans son livre Psychanalyse des contes de fées. Le petit chaperon rouge rentre tranquillement chez lui, l’esprit serein. A présent, il est capable de percevoir le danger, la fillette a grandie et est devenue une jeune fille. Cette expérience est une étape à franchir pour atteindre l’âge adulte.

    -  Détournements du conte du Petit Chaperon rouge Le Petit Chaperon vert de Grégoire Solotareff est une fille très sympathique et courageuse. Elle n’a qu’une ennemie, cette sale menteuse de Petit Chaperon rouge. La voici en chemin, elle traverse la forêt pour aller voir sa grand-mère, lui porter des médicaments. Elle rencontre le loup qui court à toute vitesse et le Petit Chaperon rouge qui ferait mieux de faire attention à la bête qui rôde. Quand elle revient, elle aperçoit le loup tué et la fillette en rouge qui lui dit que le loup l’a engloutie, elle et sa grand-mère. Mais, le Petit Chaperon vert n’est pas dupe. La vie de Petit Chaperon n’est pas facile tous les jours... Solotareff nous raconte l’histoire de petite fille triste parce qu’une camarade l’embête. Tout le monde a vécu cette histoire dans la cour de récréation. Mais, là, Solotareff fait preuve d’originalité en l’adaptant au conte si célèbre. Imaginez un monde où se côtoieraient des Chaperons de toutes les couleurs...

    Le Petit Bonnet d’Elisabeth Hartmann, ainsi nommée à cause de son bonnet rouge, s’en va par la forêt apporter une galette et un petit pot de beurre à sa grand-mère malade. En route, elle rencontre le loup et lui indique où elle se rend. Le loup se précipite chez l’aïeule qui se méfie de la voix du loup et se cache derrière le lit avec un rouleau à pâtisserie. L’animal ne se méfie de rien. Quand le petit bonnet arrive, lui aussi démasque tout de suite le loup. A peine a-t-il la gueule ouverte, prêt à dévorer l’enfant que la grand-mère surgit pour l’assommer. Elle jette le loup aux orties et confie son rouleau à pâtisserie à la fillette pour le chemin du retour.

    Le conte original du Petit Chaperon rouge, est à peine modifié, seuls les surnoms de l’héroïne et la fin varient. Le petit Bonnet et son aïeule sont méfiantes et beaucoup moins naïves que ne l’étaient l’héroïne initiale et sa grand-mère. Ainsi, l’histoire se termine bien contrairement à celle de Perrault. Leur courage et leur ingéniosité ne modifient pas l’esprit du conte. Une morale en incipit met les enfants en garde contre les dangers qui les menacent à l’extérieur : « On voit ici que de jeunes enfants, surtout des jeunes filles, belles, bien faites et gentilles, font très mal d’écouter toutes sortes de gens, et ce n’est pas chose étrange, s’il en est tant que le loup mange ».

    Dans John Chatterton détective, d’Yvan Pommaux, une dame de la haute bourgeoisie arrive très paniquée au bureau du détective Chatterton : son enfant, une petite fille habillée toute en rouge a disparue. Le détective se lance sans hésiter sur les traces de l’enfant. Les affaires laissées par la fillette dans la rue le mènent tout droit au domicile du loup. Grand amateur d’art, il exige une rançon : le fameux tableau « Le loup bleu sur fond blanc » contre la fillette. Le détective réussit à sauver la petite fille des griffes du grand méchant loup. Le détective Chatterton est un chat, la victime, une petite fille habillée de rouge et l’histoire se déroule dans les années soixante. Le Petit Chaperon rouge n’apparaît que par transparence dans ce drôle de décor. L’histoire originale du conte a complètement été effacée. L’auteur n’utilise que quelques éléments qui ont rendu célèbre l’héroïne. La couleur rouge par exemple donne de l’effet à l’album car elle est le symbole des indices laissés par la fillette et elle se répand tout au long des pages comme une traînée de poudre. Même si tout n’est pas dit, les enfants reconnaîtront facilement Le Petit Chaperon rouge par dessous l’histoire policière.

    Dans Le Petit Chaperon rouge de Jean Claverie, Mamma Gina, arrière-arrière-petite fille de bûcheron, avait l’habitude de garer son camion-pizzeria derrière la casse de monsieur Woolf. Un jour, elle demande à sa fillette que l’on appelait Le Petit Chaperon rouge (parce qu’on la disait au colis de tomate) d’apporter à sa grand-mère une bonne pizza. Sur la route, le loup lui propose de prendre un raccourci par la casse. Ce que fait la fillette tandis que le loup s’empresse d’aller chez la grand-mère pour la dévorer. Il fait de même pour la petite fille. Mamma Gina, inquiète pour sa famille, prend la hache de son arrière-arrière grand-père et menace le loup de le tuer s’il ne recrache pas sur les champs sa fille et son aïeule. Le loup repart penaud et décide fermement de plus manger les gens. Il sera désormais un pizzaïolo averti. Jean Claverie respecte le thème et la construction du récit premier tout en y insérant des motifs qui rendent le conte plus actuel. Son Petit Chaperon rouge est très personnalisé et réadapté à nos mœurs : le loup porte des baskets et la grand-mère est fan de cassettes vidéo. Ce qui est frappant, c’est la fidélité que porte l’auteur à la version de Perrault. Pas de pitié pour la grand-mère et l’enfant, elles seront englouties chacune à leur tour par le loup gourmand.

    Mademoiselle Sauve-qui-peut de Philippe Corentin est une fillette maligne et espiègle. Partout où elle passe, tout le monde fuit tant elle est infatigable. Sa mère, excédée, l’envoie chez sa grand-mère porter une galette et un petit pot de beurre. Mais sa grand-mère ne s’y trouve pas. Seul, le loup est là dans son lit à attendre. Mademoiselle Sauve-qui-peut est loin d’être bête. Elle connaît l’histoire du petit Chaperon Rouge et jette le loup dehors. La grand-mère intervient et demande à la fillette d’arrêter d’embêter l’animal. Ce loup est un gentil loup qu’elle héberge pour la nuit. La fillette s’excuse et s’en va ravie. L’auteur crée un personnage au tempérament fort qui va à l’encontre du personnage initial. Le Petit Chaperon rouge de Perrault, plutôt naïf, se fait piégé facilement par le loup. Ici, les rôles sont inversés. C’est le loup et tous les animaux de la forêt qui sont inquiets de l’attitude effrayante de Mademoiselle Sauve-qui-peut.

    Dans Le petit Chaperon rouge à Manhattan de Carmen Martin Gaite, la petite Sara vit à Manhattan entourée de toute sa famille, ses parents, monsieur et madame Allen et sa grand-mère, la grande Gloria Star, reine de music-hall. La mère de Sara, très bonne cuisinière, confectionne la plus exquise des tartes. Un jour, Sarah décide de porter seule une tarte à sa grand-mère. En chemin, elle rencontre monsieur Woolf, un pâtissier célébrissime et multimilliardaire, désespéré de ne pas trouver la recette idéale de la tarte aux fraises. Ce roman, dédié aux jeunes de plus de dix ans, insère l’histoire du Petit Chaperon rouge dans le cadre de la ville de New York. Seulement voilà, Le Petit Chaperon Rouge de Carmen Martin Gaite, n’est pas prête à se faire piégée par le loup comme l’héroïne de Perrault.

    Le Petit Napperon rouge d’Hector Hugo est l’histoire d’une petite fille chargée d’amener à sa grand mère une galette et un grand pot de beurre. En chemin, elle tombe nez à nez avec un loup, mais voilà, ce loup est un peu particulier, il est douillet, végétarien (il adore les fraises des bois), dépourvu de sens de l’orientation et fumeur de surcroît ! Elle décide alors de l’emmener avec elle chez sa grand-mère pour le remettre sur « patte ». Cette histoire inspirée du Petit Chaperon rouge est une reprise très amusante, bourrée d’anecdotes drôles. Hector Hugo s’amuse à tourner en dérision le conte original, la fillette parle à la première personne du singulier et raconte ce qui lui arrive comme si elle était l’auteur d’un journal intime. De plus des éléments rappelant l’histoire originale sont suggérés puis détournés avec talent. Le loup n’est plus du tout méchant, au contraire, il fait presque pitié tant il est fourbu. La grand-mère n’est pas chétive, elle possède une santé à tout rompre et le petit Chaperon Rouge que l’on ne nomme à aucun moment est presque déçu de ne pas rencontrer un loup.

    Dans Méfiez-vous des loups ! de Lauren Child, chaque soir, la maman d’Albert lui raconte une histoire, celle du Petit Chaperon rouge et autres contes. Une nuit, elle oublie le livre sur la table. C’est alors qu’apparaissent deux méchants loups qui veulent le manger en dessert. Mais Albert est malin, il leur propose à la place un gâteau en gelée qu’il fait sortir du livre de la Belle au Bois Dormant. Entre les loups et la sorcière, Albert est assez effrayé. Heureusement, d’un coup de baguette magique, la bonne fée-marraine transforme le grand méchant loup en une toute petite chenille gentille. Puis, Albert éteint la lumière et se remet à rêver. Ce livre a pour début et fin la célèbre scène de la rencontre du Petit Chaperon rouge et du grand méchant loup. L’histoire naît de la peur que produit le terrible loup sur les enfants. Quoi de plus banal finalement ! Et pourtant, les enfants verront peut-être leurs propres cauchemars dans ceux d’Albert et pourront comme lui les combattre. En tous cas, ce livre plein de couleurs et très animé fera la joie des petits et des grands.

    Bibliographie

    - les monographies

    RAGACHE, Claude-Catherine ; PHILLIPPS, Francis (ill.). Loups : mythes et légendes. Paris : Hachette Jeunesse, 2001. (Mythes et légendes). ISBN : 2-01-013166-5 Bibliothèque municipale de Lezennes : DE 398.2 RAG L

    PHILIBERT, Myriam. Dictionnaire des mythologies : celtique, égyptienne, gréco-latine, germano-scandinave, iranienne, mésopotamienne. S. l. : Maxi-livres, 2000. (Collection Maxi poche référence). ISBN : 2-7434-0966-5

    PERRAULT, Charles. Contes de ma Mère l’Oye. Paris : Flammarion, 1994. (Collection Librio : ISSN 1255-0337, n°32). ISBN : 2-277-30032-2

    - les sites web

    Lille 3 jeunesse : http://jeunet.univ-lille3.fr//themes/fr_theme.htm L’encyclopédie libre : http://fr.wikipedia.org