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Le cirque dans les albums de jeunesse

Par Pauline Clérin
 
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    Bref historique du cirque

    Les documents les plus anciens représentent des scènes de cirque remontant à 3500 ans avant notre ère. Il y a 3000 ans, les Egyptiens organisaient des défilés de bêtes sauvages venues de toute l’Afrique : lions, chameaux, éléphants. C’est en Grèce qu’apparaissent les premiers théâtres en plein air, mais c’est sous les Romains que le stade prit le nom de CIRQUE. Sur les gradins, les spectateurs pouvaient parier sur des combats entre hommes (les gladiateurs) ou contre les animaux sauvages. Ceux qui affrontent les animaux sont les "bestiaires" : ils luttent contre des taureaux, des fauves ou des ours. Au Moyen Age, les curieux se basculent à la foire pour apercevoir les jongleurs, les montreurs d’ours, les singes savants. Tous les grands rois de France et d’Europe possèdent des ménageries avec des lions, des ours, des lynx ou des panthères. Le cirque tel qu’on le connaît aujourd’hui, est né en 1770 à Londres, en Angleterre. C’est un écuyer, Philip Astley qui a eu l’idée d’organiser un spectacle de chevaux sur une piste ronde. Le public était assis sur des gradins tout autour de cette piste. Lorsqu’on allait au cirque c’était donc pour voir des chevaux et de périlleuses acrobaties équestres. Environ 60 ans plus tard, vers 1830 on commence à ajouter au spectacle de chevaux d’autres animaux sur la piste du cirque. Le dressage de fauves, en particulier de lions, vient peu à peu compléter le spectacle. 1840 à 1850 sont les années d’or du cirque français, elles furent les témoins de l’ouverture de nombreux cirques parisiens. En 1860, Jules Léotard décide d’ajouter encore un numéro au spectacle mais au lieu de changer ou d’ajouter un animal, il préfère ajouter un spectacle dans l’air. Il invente les acrobaties aériennes au trapèze. Le cirque, art populaire, s’identifie très vite : le cirque annonce son arrivée par une parade et par un appel public. Une fois sous le chapiteau, rayé rouge et blanc ou encore rouge et jaune, Mr Loyal accueille le public et présente les numéros :les animaux domptés, les jongleurs virtuoses, les trapézistes intrépides, l’écuyère gracieuse, les contorsionnistes scintillants et la jolie funambule. Sans oublier, le clown blanc, plein d’humour et de bon sens, et son compère ridicule et un peu idiot, l’Auguste. De nos jours, le cirque dit "traditionnel" évolue vers ce qu’on appelle le "nouveau" cirque et les numéros changent. Dans ces nouveaux cirques, le spectacle raconte souvent une histoire, mêlant souvent danse, musique et théâtre. Certaines troupes se spécialisent et créent leur identité. On peut penser notamment au cirque du soleil et son fameux chapiteau blanc et ses artistes colorés, acteurs et athlètes. . Si le cirque traditionnel a toujours ses adeptes, surtout des enfants qui y emmènent leurs parents, le nouveau cirque séduit un autre public, surtout des adultes qui y emmènent (parfois) leurs enfants.

    Bref historique de la littérature de jeunesse

    Les premiers écrits destinés à un jeune public sont apparus à travers les contes de Charles Perrault au XVIIe siècle. Ce n’est qu’avec la vulgarisation de la scolarisation obligatoire et le développement des techniques d’impression dans la seconde moitié du XIXe siècle que naît une véritable littérature de jeunesse promue par des éditeurs tels que Hetzel qui publie les œuvres de Jules Verne et Hachette, éditeur de la Comtesse de Ségur. La création des " Albums du Père Castor " dans les années 1930 va apporter une véritable révolution dans la manière de présenter la littérature de jeunesse. La maison Flammarion innove en proposant un nouveau concept moderne d’albums pour enfants à la fois maniables, peu onéreux et dont les sujets sont proches des centres d’intérêt des enfants (vie animale, contes, activités manuelles, découverte du monde...). Ces albums du Père Castor vont restés la référence dans le domaine de la littérature de jeunesse jusque dans les années 1970.

    L’album de jeunesse tel que nous le connaissons actuellement est né dans les années 1960. Dès 1965 les éditions scolaires de " L’Ecole " proposent une nouvelle collection " L’Ecole des Loisirs " se présentant sous la forme d’albums permettant une lecture ouverte et imaginative à l’opposé de la lecture fermée et rationnelle des manuels scolaires. Dans les années 1960 apparait une génération d’auteurs illustrateurs, véritables créateurs qui bousculent toutes les conventions de la littérature de jeunesse et s’adressent directement aux attentes des enfants.

    Dans le courant des années 1970, la littérature de jeunesse ose aborder à des fins pédagogiques des thèmes jusqu’alors tabous comme l’identité sexuelle, la mésentente parentale, la sensualité enfantine. Les styles et les thèmes se sont encore diversifiés depuis les années 1970. Avec le temps sont apparus les albums animés (albums d’image pourvus de petites animations : dessins qui bougent lorsque l’on tourne les pages ou que l’enfant peut faire apparaître)

    Désormais les auteurs d’albums deviennent des artistes à part entière. Les genres d’illustrations se diversifient, les textes deviennent de plus en plus poétique. Ces nouveaux albums séduisent de plus en plus, à l’image du cirque, un public adulte, qui apprécient la beauté des images et des mots. Selon Henriette Zoughebi , "le cirque comme la littérature de jeunesse sont des arts populaires qui croisent le monde de l’enfance et sont en plein renouvellement." En effet, la récente et profonde évolution de ces deux disciplines leur a ouvert une dimension artistique.

    La représentation du cirque dans les albums jeunesse

    En m’appuyant sur 5 albums de jeunesse, une histoire tirée d’un CD à destination des jeunes et d’un colloque sur l’image du cirque dans la littérature jeunesse , j’en ai extrait plusieurs thèmes récurrents. Il est a noter que les auteurs des albums ont mis en avant la représentation du cirque "traditionnel".

    L’univers iconographique

    Ce qui fait la spécificité du cirque, ce sont ses couleurs, et toujours, quoi qu’il arrive, du rouge. Le rouge du chapiteau, de la piste, du rideau, du nez de l’auguste... on peut imaginer que dans cette structure le rouge est le symbole du danger qui pèse sur les artistes à chaque seconde de leurs numéros, ou encore le symbole de la passion qui anime les artistes pour leur art, et des spectateurs qui viennent les admirer. Peut-être tout cela, mais plus simplement, il me semble que le rouge est la couleur qui attire le regard. Le rouge tout simplement pour être vu.

    Dans les albums, le rouge est la couleur prédominante, à tel point (et cela m’est arrivé) que lors d’une recherche d’albums dans lesquels figure un cirque, le regard ne s’arrête que sur les albums aux tons rouges, au risque qu’ils n’abordent pas le thème du cirque, ou de passer à côté d’albums sur cet art qui n’auraient pas mis en avant cette spécificité. Bien sûr l’univers décrit dans les albums n’est pas monochrome, et heureusement, les artistes utilisent toutes les couleurs possibles et inimaginables. Le vert prairie, le bleu céruléen, le jaune d’or, le violet lilas, le blanc éclatant et le noir inquiétant... des couleurs flamboyantes qui en donnent plein les yeux et qui contribuent à l’image du cirque "monde fantastique".

    Outre les couleurs, l’étoile est un des symboles qui reviennent régulièrement dans l’image du cirque. Elle se trouve sur le chapiteau, sur les poteaux, souvent dans le décor mais également comme une allégorie de la magie, magie des lieux, de la situation, des artistes...

    Notion de passage et d’ailleurs

    Lorsque le cirque fait son apparition, il se présente aussitôt aux autochtones dans une fabuleuse parade qui invite le public à découvrir un spectacle qui revient "d’une tournée triomphale, pour un spectacle exceptionnel !" la parade. Les caravanes appellent la notion de déplacement, l’éphémère. La vie de bohème fait rêver : de l’insouciance, pas d’obligations. Les personnages, souvent des enfants, rêvent de suivre le cirque de voyager d’aller de ville en ville et parfois suivent leur rêvent et décident de suivre ce chemin de vie qui leur semble idéal. Le lendemain de la représentation, lorsqu’il ne reste rien du cirque, il y a toujours un sentiment d’irréalité. Le personnage se demande s’il n’a pas rêvé de toute la magie qu’il a vue, si le cirque était bien réel. Puis ensuite vient le sentiment d’exotisme, l’envie de bouger, de sillonner le monde " de Paris à Novossibirsk". Le cirque inculque la notion qu’il existe d’autres pays à visiter, à voir. Le thème du cirque peut donner l’envie de découvrir.

    Un monde fantastique : rêve mais inhumanité

    On l’a vu, les auteurs pour la jeunesse mettent en avant le côté magique, mystérieux, hors norme du cirque. Mais ils développent également un aspect qui peut être ressenti : celui de voyeurisme. C’est-à-dire que le cirque devient l’endroit où l’on vient voir ce qui est considéré comme monstrueux dans la société. Par exemple, les auteurs mettent souvent en avant un personnage qui a une particularité qui dérange, un personnage qui n’est pas comme tout le monde et qui finalement trouve sa place et son succès dans un cirque. On se met alors dans la peau du personnage qui doit se sentir comme une bête de foire et alors un sentiment négatif né par rapport au cirque. Les plus pessimistes diront que le cirque peut devenir un univers cruel où on observer les bêtes de foire. Les plus optimistes en concluront que malgré tout il existe une place, pourquoi pas le cirque, pour quiconque dans le monde.

    Que ce soit par des sentiments d’évasion, de rêves, et de magie ou au contraire par des sentiments d’inhumanité, le thème du cirque crée un fond imaginaire quasi inépuisable pour les auteurs de littérature de jeunesse.

    Quelques albums sur le thème du cirque...

    Fontan, Anne-Lise ; Karluksovska, Irine. Un tutu pour M. Loyal. Albin Michel jeunesse, 2001. L’enfant doit reconstituer comptines et portraits en retrouvant les rimes, le sens et le rythme de chaque texte. Il se familiarise aussi avec des jeux de poésie surréaliste en mélangeant textes et illustrations pour former de surprenantes associations poétiques, et ainsi inventer ses propres comptines...

    Jauzé, Marie-Aude ; Grandin, Aurélia. La terrible histoire du boucher. Les éditions du Rouergue, 2002.

    Un boucher aigri d’être trop petit, si petit que les vaches rient de lui, décide de prendre sa vie en main : des cours au cirque l’aideront à développer son adresse pour sauter à bras raccourci sur les bêtes. Mais, à travailler avec les animaux, il a de moins en moins envie de les tuer et finira par opter pour la vie.

    Lévy, Didier ; Chatellard Isabelle. Sur le fil. Nathan, 2005.

    Au Bingo Circus, Joachim l’accordéoniste et Flora la funambule sont inséparables. Mais un soir, Flora doit faire son numéro sans son compagnon et au bout de quelques mesures, elle commence à vaciller. Heureusement, Joachim arrive juste à temps et Flora retrouve l’équilibre. Et quand c’est Joachim qui, à son tour, perd l’équilibre sur le fil, Flora se met à chanter pour l’empêcher de tomber.

    Norac, Carl ; Dautremer RébK. Sentimento.Bilboquet, 2005

    Sentimento est une marionnette vivante qui peut, par la parole, exprimer ses sentiments. Mais son créateur ne l’aime pas. Sa marionnette devait lui ressembler, il l’a créée en se regardant dans un miroir. Le résultat n’est pas conforme à ses espérances, la marionnette ratée n’est que le reflet de sa mauvaise nature. Sentimento sera rejeté de façon très violente par Monsieur Stein. Avec sa seule écharpe pour se protéger du froid, il part, malgré tout, à la découverte du monde, à la rencontre des autres...

    Schuiten, François ; Peeters, Benoît. Mary, la penchée. Casterman, 1995. Un matin Mary se lève penchée et parle penché sans raison apparente. Famille et médecin pensent résoudre le problème par la pension. Moqueries et sarcasmes en font fuir Mary. Après un temps de répit et de gloire dans un cirque, elle découvre sa voie et sa vraie famille.

    Cette histoire est tirée d’un CD des Ogres de Barback : La pittoresque histoire de Pitt Ocha.

    Lorsque Pitt est né, sa maman en est morte et son père s’est muré dans le silence. Les seuls sons qu’entendent se sont les bruits. Un jour il fait la rencontre de gens du voyage et se découvre une passion : jongler avec les bruits. Il fera le tour du monde acclamé par la foule. L’histoire raconte comment Pitt Ocha est devenu chapiteau.. ;

    Forum de l'article : 1 contribution(s) au forum

    > Le cirque dans les albums de jeunesse, 5 avril 2006
    Sa va mais il a des mot que je connait pas ...
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