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Le regard des enfants et adolescents sur le monde des adultes dans la littérature jeunesse (mini thèse)

Par GERMAIN Aline
 
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    SOMMAIRE

    Introduction

    1. Les adultes à la maison

    1.1 Maman douceur

    1.2 Mon père ce héros

    1.2.1 Un éternel absent... 1.2.2 Mais un éternel héros !

    2. Les adultes dans la famille

    2.1 L’oncle et la tante

    2.1.1 La double personnalité 2.1.2 Les parents de substitution

    2.2 Les grands-parents

    2.2.1 Mamie complice 2.2.2 Grand-papi

    3. Les adultes à l’école

    3.1 La maîtresse d’école

    3.1.1 La seconde nounou 3.1.2 La « vieille sorcière »

    3.2 Les personnages secondaires

    3.2.1 L’infirmière de l’école

    Conclusion

    INTRODUCTION

    On parle souvent de la place des adultes dans le monde de la littérature jeunesse, leurs importance, leurs caractéristiques, leurs représentations...mais tout cela du point de vue des auteurs. Cependant, ce n’est pas parce que les adultes sont représentés d’un certaine façon définie par l’auteur que le personnage de l’enfant eux aussi définis par l’auteur, porte le même regard sur ces adultes. Qu’ils soient à la maison, à l’école ou en famille, les adultes subissent indirectement le regard critique des enfants, un regard dans lequel on retrouve des jugements semblables, récurrent d’une œuvre de littérature jeunesse à une autre. Cette étude proposera donc une analyse en trois temps : d’abord, l’on s’attardera sur le regard porté sur les parents. Même si ce sont deux êtres qui font figure d’autorité à la maison, ils jouent chacun leur propre rôle et sont par conséquent vus de manière différente par les enfants. Toujours en restant dans la famille, le couple oncle et tante et grands-parents, ont eux aussi souvent leur place bien définie en littérature jeunesse. On verra que d’une œuvre à l’autre, la vision des enfants peut varier du tout au rien. Et enfin, à l’école...comment les enfants voient ces adultes étrangers au cocon familial, ces adultes qui malgré leur relation extérieure à la famille doivent faire eux aussi figure d’autorité, mais pour des raisons différentes. 1. Les adultes à la maison

    1.1 Maman douceur

    Le personnage de la mère est dans la majorité des œuvres de littérature jeunesse représentée de la même façon. C’est l’adulte référent, la personne qui est toujours là pour l’enfant pour le rassurer et l’encourager à chaque nouvelle étape de sa vie. La maman est pour la plupart du temps une femme qui ne travaille pas et reste à la maison pour s’occuper de son ou ses enfant(s), et c’est pour cette raison que l’enfant voit en sa mère, l’être rassurant, pour eux, rien ne pourra leur arriver tant que leur mère sera à leurs côtés, la mère n’abandonnera jamais son enfant. Si la mère remplit son rôle à la perfection et que pour cela, les enfants voient en elle une personne parfaite, il arrive cependant que l’enfant s’en prenne à elle lorsque le père est trop absent par exemple. La mère qui doit tout surmonter et selon l’enfant avoir réponse à tout, n’a pas le droit. Il serait inutile de citer une œuvre de littérature jeunesse pour illustrer ce propos puisque rare sont celles qui en donnent pas cette représentation. Les seules œuvres de littérature jeunesse qui marquent une différence quant à la vision de la mère : les contes merveilleux. En effet, dans les contes, la mère est souvent absente, partie ou morte à la naissance de l’enfant qui se retrouve entre les mains d’un beau-père ou une belle-mère.

    1.2 Mon père ce héros

    1.2.1 Un éternel absent...

    Le regard que portent les enfants sur le personnage du père est particulièrement intéressant. Le père représente aux yeux des enfants, deux personnes à part entière. En effet, dans la plupart des romans, albums ou bandes dessinées jeunesse, le père est absent. Cependant, il fascine. Dans les albums de Mireille D’Allancé, l’enfant considère que le papa ne remplit pas son rôle de papa. L’enfant en veut à son père pour cet effacement. Il l’exprime par des colères et un renfermement sur soi en présence de la mère, qui essaie tant bien que mal de le rassurer. Et pourtant...Dès le retour du père, le personnage de PtitBout oublie toute sa rancœur et se réfugie dans les bras de son père.

    1.2.2 Mais un éternel héros !

    Le personnage du père fascine de par son côté mystérieux. Il est l’autorité, il impressionne, il est autant source de joie que source de peine. Il arrive parfois qu’il perde ce statut d’adulte fort, par exemple dans la bande dessinée Titeuf, lorsque le père perd son emploi. L’emploi est LA raison pour laquelle l’enfant pardonne à son père son absence. L’emploi est ce qui constitue l’image du père chez son enfant. Ainsi, lorsque le père de Titeuf perd son travail, il n’en perd en rien son image d’adulte référent. Titeuf voit toujours son père comme son papa, le plus fort des papas.

    2. Les adultes de la famille

    2.1 L’oncle et la tante

    2.1.1 La double personnalité

    Il n’est pas rare que les enfants voient leurs oncles et leurs tantes comme des adultes qui n’en sont pas vraiment. Généralement, la rencontre entre l’enfant et son oncle ou sa tante est explosive. La tante par exemple, intervient très souvent à l’initiative des parents. On remarque deux comportements qui se répètent en littérature jeunesse. D’abord, celui de la tante ennuyeuse, toujours caractérisé de la même façon : vieille et forte ou petite et énergique, elle tyrannise l’enfant en l’obligeant à faire des activités qu’ils n’ont pas forcément envie de faire. Elle est aussi la personne qui fait office de tuteur quand les parents sortent...pourquoi appeler une nounou quand Tatie est là pour s’en occuper ! A l’inverse, la tante est vue par l’enfant ou l’adolescent comme une personne envahissante, le genre d’adulte qui n’assume pas son rôle de « tante » et qui tient à tout prix à être la tatie cool que les enfants rêvent d’avoir. Cependant, l’enfant ne réagit pas trop de manière positive à ce comportement comme la tata Monique de Titeuf, qui cherche par tous les moyens à être la meilleure amie de son cher neveu en l’emmenant au cinéma, qui fait tout pour se faire remarquer mais qui finira par se ridiculiser mettant dans l’embarras Titeuf.

    2.2.2 Les parents de substitution

    A l’inverse, l’oncle et la tante jouent un rôle de parents fort peu apprécié par l’enfant ou l’adolescent. L’exemple de Harry Potter est le plus significatif. Harry ayant perdu ses parents alors qu’il n’était encore qu’un bébé, aurait pu voir en son oncle et sa tante, de nouveaux parents et un nouveau départ. Mais à l’inverse, ses membres de la familles soudainement tuteurs légaux se révèlent être tyranniques et rejettent leur neveu hors de leur cocoon familial. L’adolescent, ici Harry Potter en l’occurrence, les voient comme des êtres horribles dépourvus de sentiment humains et pour cela, il les déteste, les ignore ou finit par les tourner en ridicule comme lorsqu’il « gonfle » sa tante Marthe comme un ballon sans aucun remords.

    2.2 Les grands-parents

    Même si le grand-père et la grand-mère forment un couple, on remarque qu’ils agissent très souvent séparément dans les œuvres de littérature jeunesse. Ils jouent chacun un rôle particulier et différent l’un de l’autre. Les enfants voient leurs grands-parents comme des êtres merveilleux, des adultes avec lesquels ils ont une relation encore plus intimes qu’avec leurs parents. Ce sont des enseignants de la vie qui racontent des histoires, souvent leurs propres histoires qui commencent par « de mon temps... ».

    2.2.1 Mamie complice

    Dans la littérature jeunesse, l’enfant voit sa propre mamie comme une seconde mère. Elle est souvent considérée comme la personne qui écoute, console, encourage mais aussi gâte l’enfant. Dans Le destin de Linus Hoppe de Anne Laure Bondoux, la grand-mère est ce personnage précisément. Alors que Linus décide de prendre une décision importante dans sa vie qui demande réflexion, sa grand-mère est là pour le supporter, l’encourager dans sa démarche. C’est une mamie présente mais discrète. Elle agit délicatement, prenant le soin de ne pas révéler à son petit fils qu’elle le comprend, qu’elle a senti qu’un changement se préparait dans la vie de Linus. Ce n’est que quand il le découvrira, qu’une relation de complicité s’installera entre eux . Elle sera prête à se sacrifier pour aider son petit fils à accomplir son destin. De même, dans Sacrées Sorcières de Roald Dahl, la grand-mère est le substitut de la mère. C’est elle que son petit fils écoute lorsqu’elle le met en garde contre les sorcières et c’est elle qui sera là pour faire face à la catastrophe qui arrivera quand son petit fils sera transformé en souris par les sorcières. La grand-mère est donc vu par son petit fils comme un personnage salvateur et indispensable à sa survie.

    2.2.2 Grand papi

    Tout comme la grand-mère, le grand-père joue un rôle important dans la vie de l’enfant. Lui aussi est vu comme un adulte rassurant, sur qui on peut toujours compter. Les enfants se réfugient très souvent chez papi pour y trouver un réconfort et un soutien dans les rêves qu’ils peuvent avoir et que leurs parents, dans leur souci de leur faire garder les pieds sur terre, ne peuvent pas toujours encourager. Les papis laissent croire au rêve en racontant leurs histoires de l’ancien temps, émerveillant leurs petits-enfants et allant même jusqu’à les aider comme ils le peuvent à les réaliser. Nous retrouvons ce profil type de grand-père dans Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl. En effet, alors que les parents et grands-mères de Charlie semblent ne plus y croire, son grand-père, lui, pousse Charlie à aller au bout de son rêve, ne le laissant pas se décourager dans sa quête au ticket d’or des chocolats Wonka. Le grand-père qui aura eu raison de l’encourager, sera choisi par Charlie, pour l’accompagner jusqu’à la chocolaterie et restera à ses côtés durant cette aventure merveilleuse.

    3. Les adultes à l’école

    3.1 La maîtresse d’école

    Le personnage de la maîtresse d’école se situe à deux niveaux dans le cœur des enfants. Si elle est vue comme une gentille dame que les enfants peuvent identifier à une nounou. Pour les pré-adolescents, elle est vue comme l’ennemi, la « sorcière » qui donne des devoirs et des punitions.

    3.1.1 La seconde nounou

    Chez les plus petits, l’école est une étape de la vie et la maîtresse est là pour les aider à la franchir. Elle est généralement vue comme une femme douce qui n’est pas maman, ce qui permet à la fois d’être brigand mais aussi d’être plus méfiant, puisque c’est une personne que l’enfant ne connaît pas et qui lui inspire donc le respect.

    3.1.2 La « vieille sorcière »

    A l’opposé de cette vision de la maîtresse d’école toute douce, nous avons la « maîtresse-sorcière ». Un personnage récemment apparu chez Titeuf, qui la voit comme l’ennemi : une vieille madame pas belle et grincheuse qui persécute les élèves. Titeuf qui est sa cible préférée lui attribute donc tous les noms possibles et la transforme en toutes sortes de monstres lorsqu’il laisse libre cours à son imagination débordante. Mais malgré tout, très souvent se cache derrière cette image exagérée se cache une maîtresse proche de ses élèves qui veut tout faire pour qu’ils réussissent.

    3.2 Les personnages secondaires

    3.2.1 L’infirmière de l ‘école

    L’infirmière de l’école se caractérise bien souvent par une femme rondelette, la bonne maman, qui elle aussi se sent très proche de ses patients mais qui reste souvent incomprise de ces derniers. Les enfants voient son trop plein d’attention comme un étouffement même si dans le fond, cela leur plait bien d’avoir quelqu’un en dehors de leurs parents qui sont là pour s’occuper d’eux. Dans Harry Potter, madame Pomfresh, l’infirmière de l’école de magie Poudlard est une vraie mère poule. Elle dramatise à la moindre situation et exige le repos complet de ses patients, n’hésitant pas à mettre professeurs et directeurs de l’école à ma porte de son infirmerie. A de nombreuses reprises, Harry et ses amis se sentent accablés par tant d’attention.

    CONCLUSION

    Il résulte de cette analyse que le regard porté par les enfants sur le monde des adultes est différent pour chacun d’entre eux. Les jugements sont bien souvent les mêmes, cependant, on remarque que deux types de vision sont portés pour les adultes qui joue un rôle secondaire pour l’enfant. Le personnage qui bénéficie du plus d’admiration et du plus de tolérance de la part des enfants est le père qui malgré ses erreurs et ses maladresses que la mère ne peut se permettre d’avoir, garde cette image de prestige, intouchable.