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Le ROMAN HISTORIQUE pour la jeunesse (mini thèse)

Par AD
 
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    Le roman historique pour la jeunesse est un genre qui marche. Il ne s’agit pas que d’un phénomène de mode, même si parfois la mode passagère pèse sur le choix des lecteurs (exemple avec Harry Potter) car le temps réservé à la lecture n’est pas extensible. Mais l’intérêt ne faiblit pas et il n’y a pas de raison pour que cela cesse. C’est à partir du XVIIIème siècle en France que le roman historique pour la jeunesse existe. Mais c’est véritablement à partir de l’année 1968 que celui-ci a commencé à se libérer du carcan qui les emprisonnait. Les tabous ont été levés, les auteurs anciens, et surtout nouveaux ont pu parler plus librement de tous les sujets, aborder des faits historiques jusqu’alors interdits. Nous pouvons dire que l’évolution ne cesse depuis d’évoluer.

    Dans une première partie, je commencerai par une définition du roman historique pour la jeunesse puis, je déboucherai sur l’histoire de la naissance du roman historique pour les jeunes. En seconde partie, je tenterai d’expliquer en quoi le roman historique est important et quelles sont les préoccupations de l’auteur de son écriture. Nous terminerons pour une troisième partie qui sera axée sur la représentation de l’histoire dans d’autres types d’ouvrages tel que les albums.

    I/ Définition et Histoire de la naissance du roman historique pour les jeunes

    A- Qu’est ce qu’un roman historique ?

    Le roman historique pour la jeunesse pourrait se définir comme une fiction ayant le passé pour cadre, passé lointain ou proche car l’histoire va vite. Beaucoup d’ouvrages s’inscrivent dans cette définition, mais pour certains, l’histoire n’est que prétexte à décor ou bien anecdote. Il n’est pas question de remettre en cause la liberté de créer, d’inventer lorsque la démarche est claire. Force est de constater seulement que le roman historique pour la jeunesse traduit est d’autant plus authentique qu’il respecte non seulement la vérité historique mais le type dans cette vérité, qu’il s’agisse de l’action, des personnages ou du cadre. Il n’est pas seulement un prétexte à décor et à dépaysement. Il est un genre en lui-même mais peut se classer en différentes catégories qui souvent se regroupent. Je vais donc en présenter quatre, celles qui me semblent les plus courantes.

    1. Le roman d’aventure :

    La catégorie la plus courante dans les romans historiques pour la jeunesse est celle des romans d’aventures (amour, voyages, trésor ...). Elle peut permettre au lecteur de puiser, de multiplier des informations sur le passé, d’en saisir l’esprit. En voici deux exemples :

    Né dans une famille de "manants", Martin n’a pas le droit d’avoir un faucon, privilège réservé au seigneur. Il décide d’enfermer son oiseau dans une cage qu’il dissimule dans une maison abandonnée. Mais, un soir, démasqué par le fauconnier, il se retrouve en prison...

    Centré sur la relation entre l’enfant et l’oiseau, le livre met en scène à la fois une question propre à la société médiévale celle du privilège de la chasse, et une question intemporelle : doit-on respecter une loi inique ?

    NOGUÈS, Jean-Côme. Le faucon déniché. Paris : Hachette Jeunesse, 2001. (Le livre de Poche, roman historique, n°60). ISBN : 2-01-321876-1. 4,50 euros. Le faucon déniché

    " Yvain de Bréa, dit le Félin, est sûrement l’agent secret médiéval le plus sympathique ! Il dispose de toute une panoplie de gadgets sophistiqués, qui auraient été parfaits pour James Bond, si celui-ci avait vécu au Moyen âge. On évoque ici l’alchimie, les chevaliers, la torture - dont l’usage n’est pas réservé à cette époque - dans un cadre historique qui reste assez vague pour être irréel. Les sentiments des personnages sont décrits avec précision, les mots choisis avec soin, jusque dans les jeux de mots au travers desquels l’on découvre l’humour de l’auteur. Le suspense est dosé avec soin, afin de conserver l’attention du lecteur. "

    TÉNOR, Arthur. Le Félin = agent secret médiéval : Le trésor des Templiers. Paris : J’ai lu, 2003. (J’ai lu Jeunesse. Aventure, n° 6811). ISBN : 2-290-33736-6. 4,50 euros. Le Félin : agent secret médiéval

    2. Les romans ou récits bibliographiques et évènementiels :

    Il s’agit là de romans construits autour d’un personnage ou d’un événement réel. Leur production diminue au profit du documentaire, ce qui peut être dommage. Ses sujets peuvent être divers. En voici l’exemple avec deux romans :

    Dans toutes les histoires de Jeanne d’Arc (Darc, selon l’auteur), on commence par entendre des voix : de saints, d’archanges, de son maître... Dans cette biographie, c’est la sienne qu’on entend.

    GREIF, Jean-Jacques. Jeanne Darc. Paris : École des Loisirs, 1999. (Médium). ISBN : 2-211-05356-4. 10,40 euros. Jeanne Darc

    Arthur Ténor a eu l’idée d’inventer une vie au soldat inconnu... Avec beaucoup d’émotion et de sensibilité, il donne un visage, un nom, des parents, une fiancée, des amis à celui qui partira à la guerre et qui jamais ne reviendra sur la terre de son enfance... Dans cette biographie imaginaire, il retrace l’histoire de la première guerre mondiale. Toute l’horreur des tranchées est à fleur de pages... Une boucherie qui entraînera la mort de milliers de soldats... François, cet inconnu un peu moins inconnu, devient le porte-drapeau de tous ces hommes tombés dans la boue pour sauver la France. En écrivant cette histoire, Arthur Ténor a rendu hommage à toutes ces vies sacrifiées, pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli... TÉNOR, Arthur. Il s’appelait ... le soldat inconnu. Paris : Gallimard Jeunesse, 2004. (Folio Junior, n°1313). ISBN : 2-07-055867-3. 4,50 euros. Il s’appelait ... le soldat inconnu

    3. Le roman de société :

    Il s’agit d’un roman qui illustre une époque donnée, la caractérise d’une certaine manière ou bien qui marque un changement important qui survient. En voici l’exemple avec ce roman :

    A onze ans, Claudine a déjà le dos voûté des canuts car elle doit se pencher pour lancer la navette..., dix heures par jour, pour tisser de la soie unie, dans l’atelier de son père. Ceci se passait-il y a cent ans, à Lyon, dans le quartier de la Croix Rousse. Claudine refuse l’existence de tristesse et de pauvreté à laquelle elle semble promise. Ce qu’elle veut, c’est aller à l’école pour apprendre, c’est choisir elle-même son métier... Ses parents la laisseront-ils libre de son choix ? Saura-t-elle les convaincre ?

    HELGERSON, Marie-Christine. Claudine de Lyon. Paris : Castor Poche-Flammarion, 1998. (Castor poche. Junior, n°100). ISBN : 2-08-164346-4. 5,00 euros. Claudine de Lyon

    4. Le roman policier :

    Ce sont des romans porteurs d’énigmes à résoudre, concernant un vol, un crime, une disparition. La catégorie est bien fournie, hier comme aujourd’hui. L’exemple avec ce roman :

    Printemps 1917, la guerre s’est enlisée dans la boue des tranchées. Or, ce matin-là, ce ne sont ni la pénurie, ni les mutineries, qui agitent les ébénistes du faubourg Saint-Antoine, mais des lettres anonymes avec menaces d’enlèvement. Seule Marthe semble s’en désintéresser... Ce qu’elle veut, c’est partir pour le front retrouver Jacques, son fiancé. Mais Jacques a déserté ! De retour à Paris, il recherche Marthe, mais leurs destins semblent se croiser. Traqué par les forces de police, Jacques est caché par des amis, et se trouve malgré lui mêlé aux enlèvements qui sévissent dans le quartier.

    BELLET, Alain. Les mutins du faubourg. Paris : Magnard Jeunesse, 1999. (Les policiers). ISBN : 2-210-97796-7. 6,90 euros. Les mutins du faubourg

    B- L’histoire de la naissance du roman historique pour la jeunesse :

    La naissance du roman historique pour la jeunesse en France coïncide avec celle de la littérature jeunesse en général si l’on considère que la légende peut contenir une part d’histoire véridique. Il s’agit là d’une allusion aux Aventures de Télémaque : un ouvrage en dix-huit volumes que l’abbé Fénélon écrivit en 1699 pour l’édification d’un seul lecteur, le duc de Bourgogne. C’est à partir de cet ouvrage que le développement du roman historique pour la jeunesse sera plus laborieux que celui de la littérature jeunesse en général même si ce développement est conditionné comme celui par l’instauration progressive de l’école publique obligatoire et par les progrès dans l’industrie du livre qui permettront d’aboutir à une production notable, à un prix de revient plus ou moins acceptable.

    Au niveau de la jeunesse, on notera bien plus tard quelques tentatives révolutionnaires comme les crimes des rois de France distribués aux élèves des écoles publiques de la République, ouvrages par adultes mais dont les échos parviennent aux enfants. Aussi, les contes historiques comme Jean de Paris ou Histoires chevaleresques de Florian, le neveu de Voltaire surtout connu pour ses fables.

    Au XIXème siècle (et jusqu’après la guerre de 1914), la production de romans historiques dans les collections jeunesses se caractérise par une certaine médiocrité, morale et conventionnelle. Cette médiocrité se complètera dans la seconde partie du siècle par des créations réactionnaires et revanchardes. Pourtant, elle va vivre une période éclatante durant vingt ans de 1850 à 1870 grâce à quatre auteurs emblématiques : la comtesse de Ségur, Jules Verne (auteur du roman historique Michel Strogoff se déroulant en Russie sous le règne d’Alexandre II), Hector Malo et Erckmann-Chatrian.

    Le XXème siècle : entre la première et la seconde guerre mondiale, il semble que le roman historique pour la jeunesse n’ait produit que des oeuvres sans relief. C’est seulement vers les années 1960 qu’une production plus riche en qualité se développe et trouve sa place dans les collections lancées par Nathan, la « Bibliothèque de l’amitié » ... Vraisemblablement, on fait encore aujourd’hui le reproche aux ouvrages de cette période de pêcher par manque de légèreté et d’humour, d’imposer un trop plein d’information afin d’être jugés dignes d’enter dans la catégorie naissante des romans « d’accompagnement de la classe ».

    II/ L’importance du roman historique en jeunesse et les préoccupations de l’auteur lors de son écriture

    A- Le rôle du roman historique pour la jeunesse

    Le roman historique pour la jeunesse est avant tout un livre ; la fonction du livre est double : d’abord donner du plaisir au lecteur, ensuite lui apporter quelque chose de neuf et d’enrichissant. Il est aimé par les jeunes sans même qu’il s’en rend compte car le plaisir vient de l’aventure qui provoque l’émotion, la joie, la peur ... Mais le plaisir est fait aussi de la découverte du passé, même si on le situe mal. Le passé inconnu, mystérieux, attachant dans lequel on trouve tant de différent et de semblable, sujets d’étonnement et de comparaison. Il répond également bien ou mal au désir profond que le jeune a de connaître son propre passé, ses racines, de se faufiler en eux au travers des héros qu’on lui présente. La connaissance de son passé, celui de son groupe, amène tout naturellement à la réflexion, qui permet de juger et de se construire. Puis, dans une autre étape, d’assumer et de transformer. Le passé connu éclaire le présent et l’avenir. On mesure là la responsabilité de celui-ci. Il est réjouissant de constater que les jeunes ont aujourd’hui à leur disposition de nombreux ouvrages qui peuvent contribuer à une évolution positive de leur personnalité.

    B- Quelques préoccupations de l’auteur lors de son écriture

    L’idée existe selon laquelle les auteurs de roman historique pour la jeunesse sont des privilégiés, bénéficiant à l’avance d’un cadre, d’un sujet voire même de personnages : il ne resterait plus qu’à broder un peu pour que naisse un roman. Cette façon de voir les choses s’applique sûrement à certains, mais en fait sourire d’autres. En réalité, l’histoire est une contrainte qui bride l’imagination de l’auteur autant qu’elle l’inspire. L’auteur préfère souvent s’en tenir à la stricte vérité historique, aussi complexe soit-elle, à partir de laquelle il y a tant à montrer, à faire revivre, à inventer sur la base du possible ... Cela sans transformer pour autant son roman en leçons d’histoire et de morale déguisée, comme cela fut trop souvent le cas pendant quelques années. Le problème fondamental posé à l’auteur est sans doute de bien connaître son sujet, dans ses moindres détails ; mais il doit aussi le situer dans l’histoire de façon naturelle. Il faut en expliquer les tenants et les aboutissants quant il s’agit de la guerre, de la terreur ... De même lorsqu’il s’agit de relater un événement historique, il m’a toujours semblé préférable que les héros d’un roman participent directement à l’histoire, au lieu seulement de la traverser d’un témoin ou victime. Il faut savoir que l’histoire n’est pas seulement quelque chose d’évènementiel, beaucoup de romans actuels choisissent de la présenter au travers de la vie quotidienne, d’une simple aventure individuelle, quelque fois débridée. Le lecteur est amené à juger le passé, à établir des comparaisons. Il n’est pas innocent de montrer des conditions de vie anciennes, l’atmosphère d’une quelconque terreur ou de traiter telle période historique au lieu d’une autre.

     Le problème du temps :

    Toutes les dimensions du temps sont présentes dans le roman historique : les datations, les durées, les chronologies. Ce qui fonde ce genre c’est l’ancrage d’une histoire somme toute courante (récit d’amour, de voyage, d’amitié, roman policier..) dans une époque identifiable par des indicateurs précis. Pour aider à la lecture des récits historiques, il est important de faire repérer le temps du récit, et conduire les jeunes à en découvrir le découpage. Il faut aider les lecteurs à identifier quand est racontée l’histoire par rapport au moment où elle se déroule dans le passé. Par exemple, le narrateur peut signaler ce qui s’est passé auparavant, raconter des évènements qui sont en train ou qui se sont passés sous ses yeux ou alors faire un mélange de ces deux procédés : dans ce cas, nous aurons un journal intime.

     Le problème du langage :

    C’est une question qui revient souvent pour l’auteur. Il lui paraît impossible de conserver le langage correspondant à l’époque où se déroule l’ouvrage qu’il écrit. Mais la tentation est forte d’employer des mots qui font plus vrais. Quoi qu’il en soit, le parler naturel utilisé de nos jours semble préférable à tout autre choix.

    III/ La représentation de l’histoire dans les albums :

    J’ai choisi pour cela de prendre comme principal exemple : Pef qui est reconnu pour son humour et ses personnages fantastiques allant du Prince de Motordu aux poux domestiques ... Mais nous pouvons dire qu’il raconte aussi des histoires directement inspirées de la réalité et aborde alors des thèmes plus tragiques comme les mines (« Une si jolie poupée »), ou encore les camps de la mort (« Je m’appelle Adolphe »).

    Exemple n°1 :

    Une si jolie poupée

    Une poupée raconte l’histoire de sa fabrication jusqu’à son remplissage par un « gros cœur froid ». Puis elle relate son transport en avion et son arrivée dans un lieu délabré où il fait nuit. Là, un homme habillé de vêtements sombres la dépose sur un mur en ruines et de nombreux autres jouets sont posés ici et là. Puis elle attend jusqu’à ce qu’une petite fille s’approche d’elle, tende le bras pour l’attraper et qu’un éclair arrache la tête de la poupée dans une gerbe de sang.

    PEF. Une si jolie poupée. Paris : Gallimard Jeunesse, 2001. ISBN : 2-07-054944-5. 9,75 euros. On remarque qu’avec Une si jolie poupée, Pef écrit comme écrirait une petite fille, il voit le monde comme le verrait un jouet né pour l’amour et la tendresse. Or les illustrations disent l’inverse du texte : les papas ne sont que de terribles ingénieurs de l’armement, les landaus sont des camions militaires, et la boîte à secrets ne sera que le réceptacle d’une grenade explosive. Cette histoire est tirée de faits réels qui se sont déroulés dans un pays en guerre en novembre 2000. On peut faire le parallèle avec les mines anti-personnel.

    Les enfants peuvent facilement s’identifier aux personnages de cette histoire qui se déroule dans un univers qui leur est proche (jouets, enfance ...). De plus, ils pourront anticiper l’histoire en voyant un homme mettre une bombe dans le corps de la poupée.

    Exemple n°2 :

    Je m’appelle Adolphe

    Un enfant est né avec une mèche et une moustache. Malgré cette ressemblance avec Hitler une ancienne déportée va le recueillir et lui transmettre la mémoire d’un crime contre l’Humanité. Mais l’esprit de l’enfant est en friche, déjà disponible à toutes les interprétations.

    Cette grand-mère... ce petit garçon en rouge... encore un conte ? Non, mais les grands méchants loups courent encore, préparateurs de crimes en tous genres.

    PEF. Je m’appelle Adolphe. Ed. De la Nacelle, 1994. ISBN : 2-88393-025-2. 13,57 euros.

    Cet album permet de classer les personnes en trois catégories :

     Tout d’abord, les indifférents : parents avachis dans leur canapé, fascinés par l’image de leur écran de télévision, rêvant de la fille qu’ils n’ont pas eue (Barbie, c’est tellement mieux... mais Barbie n’est pas que le nom d’une poupée !) La fascination de l’image cathodique leur enlève tout désir de partager un peu de tendresse avec leurs fils.  Ensuite, nous avons les agressifs : Dans ce village relié au monde entier (les antennes TV et les paraboles ornent tous les toits), le manque d’acceptation de l’autre et de sa différence renvoie à une préhistoire de l’homme. Richesse technologique et archéologie de l’humanité ! Agressivité verbale, également, des hommes de la forêt réunis autour d’un grand feu et qui se proclament "les plus forts, les plus chefs" et qui veulent être "Ies plus costauds pour balayer tous les minables du monde". Agressivité physique quand ils chassent Adolphe qualifié d’imposteur.  Pour terminer, il y a les souffrants : cette vieille femme retirée du monde dans sa petite maison au mil leu de la clairière, ne voulant plus voir les autres après avoir été meurtrie dans un camp de concentration. Vieille blessure qui marque encore son cœur et son souvenir... Face à eux, face à nous, l’enfant Adolphe traverse l’histoire avec son désir de vivre, sa naïveté corrosive, son amour de la nature, son désir de comprendre et d’être aimé. Mais avec aussi l’affirmation de son indépendance. Parce qu’il n’obtient pas de marque d’amour de ses parents, parce qu’il est rejeté par les gens du village qui se moquent de son corps, Adolphe trouvera refuge dans la forêt. A l’approche de la nuit, il regrettera néanmoins la chaleur de sa maison et le goût exquis de ses repas.

    Nous pouvons dire que beaucoup d’albums permettent de répondre à une question que beaucoup de parents ont l’occasion de se poser : Comment parler d’Hitler aux enfants ? ou tout simplement : Comment évoquer la guerre avec les enfants ? Pour conclure, nous pouvons dire que la guerre est un thème qui n’est pas facile à aborder avec les plus jeunes. Surtout lorsqu’on s’intéresse plus particulièrement à la Seconde Guerre Mondiale. Certains épisodes sont très douloureux mais pour autant faut-il en préserver les enfants ? Les albums de jeunesse sont un bon moyen pour commencer à aborder les moments difficiles qui ont jalonné le XXème siècle et tenter d’expliquer aux enfants ce qui a pu se passer. Il est ainsi recommandé d’accompagner l’enfant lors de sa lecture afin de répondre à ces questions car les enfants ont le droit à la vérité, même quand elle fait mal.

    Autre source : Solet, Bertrand. Le roman historique : invention ou vérité ? Paris : Editions du Sorbier, 2003. (La littérature de jeunesse, pour qui, pour quoi ?). ISBN : 2-7320-3774-5. 10 euros.

    Par AD, Deust STID