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BECASSINE : confidences à Angélique

Ma vie, mes aventures
 
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    Bonjour à vous ! Je me présente Annaïck Labornez, je suis née... Oh ! Pourquoi avez-vous l’air si étonné ? Vous ne me connaissez pas... ?! Ah j’oubliais, je suis plus connue sous le nom de Bécassine. Parfait ! Maintenant que les présentations sont faites, je peux continuer.

    Ma vie, mes aventures, par Bécassine

    MA NAISSANCE LITTÉRAIRE

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    La Semaine de Suzette

    Donc, comme je vous le disais, je suis née un peu par hasard le 2 février 1905, sous la plume de Caumery et Pinchon, dans le journal La Semaine de Suzette, après un imprévu de dernière minute. Par la suite, mes aventures ont été contées dans plusieurs albums, parus chez la maison d’édition Gautier-Languereau.

    En effet, le jour de la sortie du premier numéro de La Semaine de Suzette il restait une page blanche suite au faux-bond d’un illustrateur ayant attrappé un rhume. Donc la rédactrice en chef, Jacqueline Rivière, improvisa dans l’urgence l’histoire d’un personnage inspiré par sa bonne, un peu naïve : j’étais née, mais seulement dans son imagination. Encore fallait-il me trouver un auteur et surtout un illustrateur pour me mettre en forme... Elle fit appel à Maurice Languereau comme co-auteur pour inventer ma première aventure et à Émile-Joseph Porchyre-Pinchon pour me dessiner (que j’appellerai Pinchon par la suite sinon c’est vraiment trop long à lire et surtout à écrire). Ah ! Enfin un corps et des aventures en perspective.

    Pour commencer, je vais vous parler du journal qui m’a vue naître et sans qui, je ne serais peut-être pas là pour vous raconter mon histoire : La Semaine de Suzette . Ce journal a été créé par Henri Gautier en 1905, année de la séparation entre l’État et l’Église. Il était destiné aux fillettes de bonne famille catholique de 8 à 14 ans. Son prix de vente était de 10 centimes, ce qui était très abordable pour l’époque. Le premier numéro a été tiré à 100 000 exemplaires, puis distribué gratuitement avec la promesse de recevoir la fameuse poupée Bleuette si vous vous abonniez pour la durée d’un an. C’est ce journal qui a fait que j’existe aujourd’hui et c’est lui qui m’a fait connaître auprès de toutes les petites filles que j’adore.

    C’est à partir de 1913 qu’on me retrouve conjointement en album et dans le journal La Semaine de Suzette.

    MES PAPAS DE PAPIER

    Je vais vous parler de mes deux « papas » qui m’ont fait vivre de superbes aventures sous leur plume. Tout d’abord, M. Pinchon est né en 1871 et a obtenu son dîplome de lettres ; puis on lui a proposé de me dessiner mais il a dû abandonner quelques temps sa tâche puisqu’il a été appelé sous les drapeaux en 1914 pour défendre notre cher pays. Il a arrêté d’illustrer mes aventures lorsque la déclaration de guerre de 1939 fut établie.

    Ensuite, M. Maurice Languereau, plus connu sous l’anagramme de son prénom : Caumery, et né en 1885 entra à la bibliothèque de Paris, rachetée par son oncle, puis il en devint l’administrateur. C’était un catholique prêt à tout pour défendre l’originalité de nos belles provinces françaises. Entre temps, il écrivait les scénarios de mes aventures jusqu’en 1939, Bécassine en roulotte étantle dernier album imaginé par lui. Il excelle dans son art quand je suis à Paris puisqu’il connaît bien l’endroit, et les personnages sont vivants et pleins de bonne volonté.

    Voilà, je pense sincérement que c’est grâce à eux deux que j’ai pu traverser des décennies et passionner des générations entières : je leur envoie pleins de baisers, là où ils reposent, afin de les remercier.

    Mais attention, d’autres personnes m’ont illustrée, je les considère un peu comme mes "papas de substitution" : René de la Nézières, Henri Avelot et Edouard Zier.

    MA FAMILLE

    Voilà ! Assez parlé des autres pour l’instant, c’est quand même moi l’héroïne, non ?!? Je vais donc pouvoir vous parler de ma naissance et de ma tendre enfance dans mon village natal de Clocher-les-Bécasses.

    Je suis née dans le désormais célébre petit village de Clocher-les-Bécasses. Ah flûte ! Ca je vous l’avait déjà dit : quelle étourdie que je suis ! J’ai vécu mes plus jeunes années dans la métairie de mes parents, qui élevaient des porcs et cultivaient des pommes de terre, afin de subvenir à nos besoins ; ils n’étaient pas très riches mais m’apportaient assez d’amour et de tendresse pour me sentir bien. Ma maman s’appelle Yvonne, et mon papa, Conan Labornez. Ma maman est vêtue tout comme moi d’un costume breton avec d’élégants souliers à boucles ; mais ce qui m’intéresse leplus chez elle est le nombre de qualités qu’elle possède : pleine de bon sens et d’équilibre, tendre, des principes d’éducation mais surtout une fierté envers moi, qui remplacerait presque toutes les preuves d’amour qu’une maman aurait envers sa fille. Quant à mon papa, qui porte lui aussi l’habit traditionnel breton, il travaille dur et c’est pour cela qu’il est parfois bougon ; mais il s’est bien occupé de moi et ne désire que mon bonheur.

    Je n’ai malheureusement pas eu la chance d’avoir des frères et soeurs : quelles parties de rigolades aurions-nous eu tous ensemble... Mais heureusement, j’ai eu de fidèles amis dans le village que je n’oublierai jamais, et mes petits compagnons comme mon chat Poulet et mon chien Turc pour m’accompagner dans de folles aventures. J’ai aussi mon oncle Corentin, qui fait partie de la famille, et qui assume la fonction de maire du village de Clocher-les-Bécasses. C’est un être que j’affectionne particulièrement tant il est gai et généreux, avec toujours le mot pour faire rire ; c’est pour cela que je suis triste qu’il soit resté célibataire. Il porte le costume breton ancien, il aime la chasse et l’agriculture. Il a souvent joué avec moi, m’a conté des histoires, m’a emmenée à la foire et m’a même défendu des petits garnements du village, il m’a payé le médecin, m’a fait des cadeaux. Que de choses il a fait pour moi ! Je l’appelle tout naturellement « mon cher oncle » même s’il a été désigné comme mon parrain. Sa dernière apparition a été dans « Bécassine cherche un emploi » en 1937 où il apparaît déjà vieilli et fatigué mais toujours aussi soucieux des autres. Il faut que je vous parle maintenant de la famille Quillouch, famille paysanne et pauvre tout comme la mienne mais je n’ai jamais pu trouver le lien de parenté entre ma famille et la sienne. Si quelqu’un pourrait m’expliquer clairement, cela m’aiderait... Reprenons ! Les Quillouch et ma famille se disputaient souvent pour des pécadilles mais le point de revendication le plus important était sans aucun doute leurs filles respectives, nées en même temps, et dont je fais bien évidemment partie : moi, Bécassine de la famille Labornez et, Marie de la famille Quillouch, au nom de famille plus qu’évocateur concernant son petit souci personnel. Cependant nos baptêmes furent célébrés à la même date et c’est à cette occasion que l’oncle Corentin trouva mon prénom usuel : Bécassine, en référence à la petitesse de mon nez en opposition totale avec le long bec de la bécasse, qu’il venait de rapporter de la chasse. Ma mère rechigna un peu au début mais accepta vite ma nouvelle identité. Je reparlerai de ma cousine Marie Quillouch un peu plus tard.

    MA NAISSANCE ET MES DÉBUTS

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    Mes parents m’ont également raconté une chose qui m’a bien fait rire la première fois que je l’ai entendue. Il paraît que le jour de ma naissance, on remarqua qu’un grand nombre d’oiseaux sauvages traversa la ciel : oies, canards et bécasses... J’étais donc un joli poupon rose, née avec une bouche et des yeux minuscules, mais ce qui frappa le plus de gens était la taille désiroire qu’occupait mon nez au milieu de ma figure : c’était même devenu un souci quotidien pour mes parents qui redoutaient les moqueries et qui s’inquiétaient surtout pour mon avenir « intellectuel ». Car il faut que je vous explique qu’à Clocher-les-Bécasses, l’intelligence se mesure par rapport à la longueur du nez de la personne ; d’où l’inquiétude de mes parents. Petite, j’étais d’un caractère doux et agréable mais je voulais boire seulement du lait (mon seul entêtement), qui était du lait d’ânesse. J’adorais également mon chat Poulet, surtout quand il venait me lécher le visage lorsque j’étais dans mon berceau. J’ai très vite réussi à marcher, bien avant ma cousine Marie, ce qui rendait mes parents plus que fiers. J’avais tout de même un corps lourdaud avec de larges pieds et chevilles. J’avais un bonnet blanc qui cachait mes cheveux et je portais des chaussettes rayées de rouge, une jupe jaune à poids rouges, un vaste tablier à carreaux bleus et un fichu rouge. Quand mes parents n’étaient pas là, ils m’accrochaient au mur sur un piton pour que je me retrouve en toute sécurité. Une fois, j’ai même réussi à faire fuir un voleur grâce à mes petits gazouillis ! Lors d’un défilé de Mi-Carême, mon parrain me choisissait avec Marie Quillouch pour faire partie du cortége : je représentais la Bretagne et Marie, un genêt. Mais la fête tourna vite au drame et ma maman me raconta que ce jour-là, l’oncle Corentin était fou de rage car Marie se battait avec une petite fille qui représentait la bruyère ; et moi, je prenais la pipe en terre de l’oncle Corentin et le chapeau représentant celui de Charles VII sans vouloir les lui rendre.

    MON ENFANCE

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    L’Enfance de Bécassine

    Vers 3 ou 4 ans, j’ai souvent passé mon temps avec Joël, le fils ,des voisins, qui m’a fait faire de belles bêtises. Une fois, le matin du Samedi Saint, il m’a raconté des choses sur les cloches et les oeufs en chocolat, et je l’ai cru. Ce jour-là, il m’a fait passer pour une parfaite petite idiote dans tout le village mais je ne lui en veux pas : j’ai même partagé mes oeufs en chocolat avec lui. Par contre, ma cousine Marie Quillouch s’intéressait souvent à moi, non pas par gentillesse mais au contraire, pour trouver à tout prix une situation qui me mettrait dans l’embarras, la gêne ou la bêtise. Par exemple, me faire croire qu’on attrappait une pie en mettant un bol de fromage blanc sur l’appui de fenêtre, mais cela n’a jamais marché puisqu’elle avalait en cachette plus de la moitié du fromage blanc...

    J’étais très innocente quand j’étais enfant. Je vais vous raconter quelques anecdotes qui maintenant me font rire : je m’étais fait arracher une dent et j’avais eu très mal, je voyais ma grand-mère enlever toutes ses dents chaque soir et elle devait souffrir. Le lendemain, un dentiste était au village avec de la musique pour diminuer le mal lors de l’arrachage de dents ; le soir, je fis du vacarme extraordinaire quand ma grand-mère enlevait ses dents. Quelle fut la surprise de mes parents et de ma grand-mère lorsque je leur racontais la cause de mon vacarme... ! Une autre fois, lorsque je rendis visite à la marquise de Grand-Air, je pris le tableau de cette dernière pour une de ces jumelles pas très aimables... Je portais alors le costume breton classique (robe verte avec une large bordure noire) avec un tablier à carreaux et un bonnet rouge.

    A l’âge de 6 ans, j’ai dû commencer à apprendre à écrire et lire pour assurer mon instruction : j’ai eu bien des difficultés mais j’y suis parvenue. Heureusement d’ailleurs car sinon je ne pourrai pas vous conter mes aventures ! Par la suite, je reçus de mes parents mon fameux parapluie rouge et mon mouchoir à carreaux, qui se transmettaient dans la famille.

    Un peu plus tard, j’apprenais par mes parents que le prix des porcs dégringolaient et que le prix des pommes de terre grimpaient mais je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Après explications de ma maman, je comprenais que je ne pouvais plus rester une charge pour mes parents et j’ai donc décidé de partir : on m’envoya alors en apprentissage à Quimper et je fis des adieux émouvants à tous ceux que j’aimais à Clocher-les-Bécasses. Par la suite, le fait que je parte à Paris pour ne plus être une charge pour ma famille et que j’y arrive comme nombre d’autres servantes démontre clairement les mutations sociales du début du XX e siècle. Si vous voulez en savoir plus sur mon enfance, je vous conseille de lire L’enfance de Bécassine, écrit par Caumery, dessiné par Pinchon et paru en 1913 aux éditions Gautier-Languereau : c’est le tout premier album dédié à ma personne.

    MES PREMIÈRES AVENTURES

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    Moi en apprentissage

    Maintenant, je vais vous expliquer ma première réelle apparition, celle dans le journal La Semaine de Suzette en février 1905. Lors de ma première aventure de la série, je me rendais d’un pas décidé chez ma future maîtresse (c’est-à-dire Mme La Marquise de Grand-Air). A peine arrivée chez elle, je me voyais confier le soin des homards commandés pour une réception et je devais veiller à ce qu’ils soient bien rouges et frais. Mais Madame de Grand-Air découvrit ses invités à l’office, des spahis effectivement bien rouges, mais dont le colonel n’était pas aussi frais que je le souhaitais ; puisque je confondis les militaires en question avec les homards dont je devais m’occuper : je n’avais jamais vu de homards de vie...

    A environ 10 ans, je deviens apprentie couturière au Palais des Dames mais j’échoue dans ma tâche et je deviens bonne à tout faire chez le restaurateur Bogozier. Ensuite, je raconte mon apprentissage chez la marquise de Grand-Air dans l’album Bécassine en apprentissage paru en 1919, toujours dans la même maison d’édition.

    LA MARQUISE DE GRAND AIR ET SON ENTOURAGE

    Je vais donc vous parler un peu de la Marquise de Grand-Air qui a joué un rôle très important dans ma vie. C’est elle qui m’a appris mon métier et je lui voue une forte admiration. Elle a assisté à mon baptême et c’est pour moi un très grand honneur ; elle est bienveillante envers moi, me fait la plupart du temps confiance et me pardonne mes sottises. Je ne me souviens que d’une seule fois où elle m’a vraiment crié dessus parce que j’avais cassé une pile entière d’assiettes. La Marquise représente vraiment les femmes du monde et elle est une châtelaine exemplaire. Ah oui ! C’est vrai, j’oubliais de vous dire qu’elle possédait une maison, deux châteaux et un hôtel particulier même si elle est toujours restée une femme simple. Elle est d’une allure coquette, d’une forte corpulence et d’un tempérament ferme mais aussi vulnérable. Je l’appelle « Madame ».

    J’ai également cotoyé quelques temps son mari, qui était lui aussi d’un naturel très gentil. Après sa mort, seul a subsisté un de ces portraits dans le salon de la Marquise. Par la même occasion, je me dois d’évoquer Loulotte. Ah ! Ma chère Loulotte, que d’agréables moments passés en sa compagnie... En réalité, elle s’appelle Louise-Charlotte mais il faut bien avouer que Loulotte sonne mieux pour une jolie petite fille. Madame la Marquise l’a recueillie chez elle alors qu’elle était bébé afin de l’éduquer de bonne manière ; et c’est donc à moi qu’est revenue cette tâche. Loulotte a un lien de parenté avec elle mais je ne saurais plus vous dire lequel... Cette chère petite m’a accompagné dans mes aventures durant 17 albums. Elle a été inspirée de la petite fille d’un de mes papas de papier : Maurice Languereau.

    Maintenant, il faut que je vous parle de M. Adalbert Proey-Minans, grand ami de la Marquise. Il est célibataire, touche-à-tout, myope, passionné par les costumes et occupe successivement diffèrentes fonctions selon mes diffèrents albums. Parfois, je l’avoue, il frôle le ridicule mais il est si gentil et drôle. Sa première apparition a été en 1915 dans un épisode publié dans « La Semaine de Suzette » et il apparaissait déjà comme un petit monsieur vieillissant avec des moustaches blanches.

    LES DOMESTIQUES CHEZ LA MARQUISE

    J’ai rencontré de nombreux compagnons et collègues de travail durant mes années passées chez madame la Marquise ; et tous ne sont pas restés aussi longtemps que ceux dont je vais vous parler. Je ne vais m’intéresser ici qu’aux plus fidèles.

    D’abord, il y a Marie qui était femme de chambre avec un caractère bougon et pleine de bonté à la fois : cela dépendait des jours...

    Puis, j’ai connu Hilarion qui était lui valet de chambre alors qu’il souhaitait de tout coeur devenir acteur, il était très discret et je le considère comme le plus fidèle à « madame ». Il est présent dans toutes mes aventures se déroulant à Paris.

    Enfin, j’ai cotoyé le fameux Cyprien, chauffeur de la marquise, qui à l’époque m’impressionnait énormément par un aspect assez colérique et sa tenue toujours impeccable qu’était l’uniforme.

    Voilà, j’en ai fini du côté des domestiques.

    QUELQUES AMIS ET COMPAGNONS

    Maintenant, je passe aux amis : enfin, à certaines personnes avec qui j’ai eu affaire losque j’étais adulte...

    Je vous l’avais promis : voilà le retour de Marie Quillouch, mais attention : adulte ! Elle s’est mariée avec un contremaître étranger et a eu un garçon et deux jumelles aux noms aussi très évocateurs : Louchon, Louchonne et Louchette. Quelques années plus tard, son mari la quittait pour trouver du travail et elle se rendait à Paris où elle est devenue ouvreuse de cinéma mais elle est vite revenue dans son petit village natal de Clocher-les-Bécasses. Elle avait beaucoup d’ambition et elle a même osé quitté le costume breton ! En réalité, elle a eu une vie très peu enviable. A travers ce personnage, M. Pinchon et M. Caumery voulaient adresser un message aux petites filles : il faut se contenter de ce que l’on a. J’ai également connu Léonie et Zidore lorsque j’étais au service de la Marquise de Grand-Air. Léonie était bonne de Madame Tatillon mais m’entraînait souvent dans ses malversations ; heureusement, « Madame » la marquise m’aidait souvent à me sortir de ses sottises. Cela donnait une occasion de donner une leçon moralisatrice aux fillettes quant au choix de ses amis. Zidore était un jeune mitron avec un physique prometteur et il me suggérait de nombreuses bêtises : il a même été jusqu’à mettre en péril ma vie...

    J’ai aussi fait une belle rencontre en la personne de Virginie, quand je travaillais comme receveuse de tramways, et je la surnommais Patate. Je l’ai retrouvée plus tard dans Les 100 métiers de Bécassine : elle avait enfin sa ferme, ce qui était son rêve, et un mari nommé Colas. Je les aidais parfois dans l’intendance lorsqu’ils avaient quelques petits problèmes.

    D’autres individus ont participé à mes aventures : le major Tacy Turn, Archibald Davis aux Etats-Unis ; l’Arbi Ben Kadour, Mourad, Stentor, le capitaine Bourlingue en Turquie ; Madame de Kercoz, pour qui j’ai travaillé ; Bertrand de Grand-Air, qui une fois était déguisé en médecin et m’a fait passé un faux examen médical ; Pierre Kiroul, qui était le neveu de la comtesse et encore bien d’autres que j’ai dû oublier... Il faut noter que les personnages sont plus simples après que je me sois rendue à Paris : avant, ils étaient artificiels et cocasses ; tandis qu’aprés, ils sont plus légers et sont dotés d’une agréable fantaisie.

    MOI, ADULTE ET MES TRAITS DE CARACTÈRE

    Me revoilà après deux albums, pour la première fois personnifiée en adulte. Enfin, moi je vais vous dire que ça ne change pas grand chose pour moi : j’ai toujours le même caractère... Je deviens par la même occasion un sujet d’amusement, devenant ainsi la « préférée » des fillettes de bonne famille qui rient gentiment de mes sottises. Je suis devenue plus robuste et plus fine que lorsque j’étais enfant.

    Dans toutes mes aventures, je suis en mouvement perpétuel : je déteste rester à ne rien faire. Je suis robuste d’énergie, d’un enthousiasme inépuisable ; je n’ai peur de rien car la peur ne nous apporte rien de bon ; j’aime les changements, les rebondissements. Il faut que je vous avoue tout de même une chose, mais ne le dîtes à personne, j’avais quand même une ou deux angoisses : la peur de peser sur ceux que j’aime et la peur que Loulotte aille mal. Lorsque l’auteure était Madame Rivière, je ne prenais jamais d’initiatives et chaque début d’aventure était donné sous ordre de madame la Marquise de Grand-Air : je n’étais alors qu’une exécutante maladroite.

    Vous pouvez aussi remarquer si vous avez lu mes albums que j’ai choisi le célibat, où dominent les femmes et où les hommes ne sont que de passage, que je déplore absolument le relâchement du langage et de l’éducation de mon époque, et que je suis très patriotique envers la France, que j’aime mon pays. Je n’ai aucun désir propre mais je suis tout de même attirée par le cinéma ; et contrairement à ce que l’on pourrait croire je posséde une réelle connaissance de la culture et de la campagne, de l’économie domestique, de la couture, de la puériculture... En ce qui concerne le cinéma, j’apparais dans la publicité pour le cirage « Léblouissant » de Mr Petrus ; puis j’obtiens un rôle dans le film Le mariage de Mlle Irma mais qui ne sera jamais projeté. Tout ça dans Bécassine cherche un emploi.

    Je vous accorde que je commets souvent des fautes de logique et de bon sens, que je suis parfois inquiète ; mais je suis pleine de bonté et de gentillesse, que j’ai beaucoup de volonté. Je ne suis pas très habile avec les objets que je manipule mais en ce qui concerne Loulotte, il n’y a jamais eu aucun problème. Vers la fin de mes aventures, je deviens plus fataliste, à relier au fait que M.Caumery prend de l’âge.

    LES FAITS MARQUANTS DE MON HISTOIRE

    En 1922, dans Bécassine nourrice, j’exprime pour la première fois mes sentiments personnels et je renonce à la découverte du monde pour m’occuper de ma petite Loulotte. Jusqu’à cet album, j’étais insouciante, peu soucieuse du confort et de la sécurité ; alors qu’à partir de cet instant, je suis attentive, minutieuse et inquiète puisque j’ai la responsabilité vis-à-vis de Loulotte. Dans Bécassine fait de la politique , je possède une forte personnalité, très éloignée de l’image pleurnicharde que je pouvais donner. Et surtout je parle pour la première fois ! Dans Les bonnes idées de Bécassine paru en 1924, c’est la première fois où je ne bouge pas du tout car je suis consignée à l’hôtel puisque tous les autres sont partis à un mariage. Que j’étais triste ce jour-là ! Je m’en souviens encore.

    Je n’ai malheureusement pas fréquenté assez longtemps l’école pour « réparer » mes lacunes provenant de mon milieu modeste et paysan, mais au fil des ans, j’ai fait des progrès en orthographe. Par exemple dans Bécassine à Clocher-les-Bécasses, j’écris une lettre à ma maman en commençant par « ma chaire maman » mais aprés la suite est plus prometteuse. En 1939, dans Bécassine en roulotte , j écris parfaitement des lettres à Cyprien sans fautes et avec des figures de style pour lui raconter mon voyage.

    M.Caumery ne renonce pas à inclure l’avancée technologique dans mes aventures . Notamment dans le domaine des transports, on connaît la voiture à chevaux en 1922 dans Bécassine nourrice , l’aviation, le métro dans Les petits ennuis de Bécassine en 1948, le téléphone...

    M.Caumery et M.Pinchon se sont tous deux mis en abîme dans mes albums. Par exemple dans Bécassine chez les Turcs , une page entière est consacrée au lieutenant Pinchon qui est mon portraitiste habituel , rappelé de l’armée d’Orient en France et qui fait escale dans un port italien. Il se représente comme un petit homme assez rond, plus très jeune, dans un uniforme réglementaire. Je vante même la notoriété de M.Pinchon.

    Enfin, la narration, c’est-à-dire qui raconte mes péripéties, dépend des albums. A ma naissance, dans L’enfance de Bécassine, le récit se fait à la troisième personne où M.Caumery prend ses distances vis-à-vis de mon personnage trop naïf ; on retrouve cette configuration dans Bécassine en apprentissage paru en 1919, Bécassine voyage de 1921 ou encore dans Les Cents métiers de Bécassine de 1920. Puis, la responsabilité de l’histoire m’est confiée pour plusieurs albums ; et M.Caumery s’épanouit et s’amuse plus lorsqu’il me fait parler, il laisse aller son imagination. Prenons pour exemple Les petits ennuis de Bécassine de 1948 où le récit est gai, alerte et malicieux ; contrairement à « Bécassine au studio » de 1950, où l’auteur des textes est le narrateur avec un récit figé et terne. Parfois, on trouve un mélange de mes récits personnels avec les remarques pertinentes de M.Caumery ; ce sont surtout les récits parus avant la seconde guerre mondiale.

    MES PÉRIPÉTIES

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    Moi, pendant la guerre

    Dès mon entrée dans le monde adulte, mes « papas » de papier me confrontent à la dure réalité de l’époque : la première guerre mondiale. Trois albums se déroulent pendant cet événement historique : Bécassine pendant la grande guerre, Bécassine chez les Alliés et Bécassine mobilisée. Dans ce dernier, je dois trouver du travail sur Paris et je deviens receveuse de tramways, où je rencontre Virginie. Mais çà, je crois que je vous l’avais déjà dit ; je commence à fatiguer ! Et rassurez-vous, le thème de la guerre n’est jamais traité sous un aspect violent.

    En 1922, je deviens nourrice de Loulotte et je restreins mes voyages tout en apprenant à connaître le peuple parisien et ses habitudes. En 1923, dans Bécassine alpiniste, je me rends dans un petit village de Suisse, avec Loulotte, madame la marquise et l’oncle Corentin ; et où je pratique l’escalade. Ce petit bourg suisse est tout droit sorti de l’imagination de mes « papas de papier ».

    Dans Les mésaventures de Bécassine de 1939, je retourne à Sablefin-sur-mer où tout a vieilli et rien n’est plus pareil. Il subsiste dans cet album un climat d’inquiétude et c’est la première fois où M.Caumery m’inflige une douleur physique (je me fais douloureusement pincer par un crabe) : je ne reconnais plus les endroits, le château de la Marquise est en mauvais état, puis je suis emmenée au commissariat puis à l’hopital psychiatrique. Que d’émotions vécues ! Ce pessimisme ambiant refléte le sentiment d’inquiétude de la guerre proche. Il faut remarquer que la même génération qui m’a vu naître a du subir les méfaits de la seconde guerre mondiale de plein fouet. Le retour de mes aventures après cette guerre rassure les fillettes de l’ époque : c’est en quelque sorte un symbole de la vie qui reprend son cours normal. Je suis même devenue résistante dans Les petits ennuis de Bécassine de 1948. En 1950 est paru mon dernier album officiel avec Bécassine au studio, mais certains disent que j’y suis plate et inintéressante.

    J’ai fait de l’alpinisme, j’ai visité la grande Expo-parisienne, j’ai obtenu mon permis de conduire, j’ai appris à jouer à la pelote basque, j’ai effectué une croisière... Qui de Clocher-les-Bécasses aurait pu croire que j’allais faire tout ça ?

    Comme vous avez pu le constater, j’ai beaucoup voyagé : l’Angleterre, les Etats-Unis, la Turquie, la Suisse, l’Alsace, la Normandie ... Et j’ai effectué nombre de métiers : couturière, cuisinière, bonne, nourrice, receveuse de tramways...

    MES DIFFÉRENTES TENUES

    Tout d’abord, je vais vous parler de ma chevelure. Quand j’étais enfant, elle était cachée par un bonnet, puis en vieillissant, M.Pinchon m’a accordé la coiffe bretonne. Il faut que je vous dise que je suis blonde. Maintenant, je vais vous expliquer mes costumes. Mon tout premier était une jupe jaune à poids rouges, un vaste tablier à carreaux bleus, un fichu rouge et des chaussettes rayées de rouge ; je vous l’ai déjà dit mais c’est pour que vous m’imaginiez parfaitement lorsque j’étais bébé. Vers 3 ou 4 ans, je portais le costume breton avec un tablier à carreaux et avec un bonnet rouge ; puis vers 7 ou 8 ans j’apparais telle que vous me connaissez.

    Dans Bécassine chez les Turcs, je suis voilée de noir jusqu’à la taille avec un parapluie rouge. Dans Bécassine voyage, je porte une veste jaune élégante en plus de mon costume habituel. Dans Bécassine alpiniste, j’ai mon costume habituel, une veste à carreaux noir et blanc et un chapeau de feutre. Une fois lorsque je fais ma toilette, on me voit en camisole blanche et jupe rouge . C’était dans Bécassine, son oncle et leurs amis.

    TÉMOIN D’UN SIECLE EN PLEINE MUTATION

    Dans mes aventures, on ne rencontre jamais de prêtre, d’institutrice, de père ou de mère - à part mes parents, ce qui est bien normal - et on peut en conclure qu’il n’y a pas de véritable leçon de morale et de religion. Les aventuriers blancs, noirs, rouges ne manquent pas alors que les orientaux sont totalement absents.Les « figures exotiques » ont le droit à une reconnaissance vis-à-vis des français seulement s’ils les imitent par l’instruction ou le comportement. On remarque que les Noirs relèvent d’un certain comique et d’un burlesque gesticulant, ce qui était pratique courante au début du siècle. Beaucoup de personnages drôles sont présents avec une volontaire exagération d’un trait de caractère. M.Caumery s’amuse des domestiques, de la société paysanne - exemple de la famille Quillouch- de l’aristocratie, de la bourgeoisie grâce à des quiproquos, des situations, des réactions, des propos... Mais aujourd’hui, certaines sont dérangeantes : comique fondé sur la différence de race, l’ignorance ou l’infériorité supposée d’un milieu social. Par contre ce qui fait toujours rire est la réécriture de l’Histoire par moi-même avec la déformation de noms propres, mes idées saugrenues comme par exemple créer le parquet à ressort qui renvoie à bébé les jouets qu’il vient de jeter, et les noms de personnages (le maharadjah de Kekparparla).

    Pendant la grande guerre, je clame haut et fort mon amour pour la patrie puisque je ne me gêne pas pour traiter les « Boches » et je figure en couverture entre deux petits alsaciens en costume régional, porteurs de bouquets tricolores . M. Pinchon a volontairement emprunté le style de Hansi. Mes albums portant sur la guerre ont même été censurés par les allemands qui réquisitionnent les albums et font stopper la parution pendant la durée de l’occupation.

    Ma méthode éducative s’oppose aux modèles d’éducation traditionnels. Totalement dévouée aux enfants, à la fois complice et confidente, je suis la première nourrice qui s’intéresse à l’enfant en tant que personne en devenir et non en tant que simple « tube digestif ».

    On a reproché à M.Caumery et M.Pinchon leur conservatisme social : le portrait de Lerouge et Lenoir, les deux cheminots butés à l’allure de bolcheviks dans Les Cent Métiers de Bécassine de 1920, évoque les grandes grèves de 1919 et offre une image peu avenante du syndicalisme. Mais on peut aussi voir, en ma personne la figure de l’employée de maison qui parvient à s’élever socialement au-dessus de sa condition. En femme libre, j’ai choisi ma vie.

    Par conséquent, mon regard sur le monde se révéle être un étonnant document sur les mutations du début du 19éme siècle.

    CE QU’ON PENSE ET CE QU’ON DIT SUR MOI, BÉCASSINE

    Mon succès a fait réagir beaucoup de personnes, qu’elles soient connues ou non. Dans un premier temps, je vais vous exposer les propos positifs sur ma personne puis les propos pas très gentils, voire péjoratifs à mon égard. Eh oui ! Je préfére commencer par les bonnes choses.

    Francis Lacassin estime que j’ai « triomphé avec bonheur et sagesse de l’épreuve du temps » et « qu’il émane de sa personne une philosophie simple, du bon sens ». Plus généralement, on considère que je suis l’emblème d’une maternité généreuse, que je suis la complicité du coeur et de la nature dans le « paradis des bonnes familles ». Enfin, on dit de moi que je suis une femme qui s’est libérée malgré l’aliénation apparente de mon personnage sous les sarcasmes de la domination bourgeoise.

    Maintenant, je vais aborder les critiques fâcheuses. Certaines personnes m’ont perçues comme mi-poupée mi-pantin ; voire trop catholique. Selon G.Blanchard, je suis un « clown asexué, solitaire ». Isabelle Jan, plus révoltée et amère, dit que j’ai été ridiculisée et exploitée : « Bécassine se range parmi les plus grandes supplicités de la littérature ». Un groupe de Bretons a même agi le 18 juin 1939 au Musée Grévin à Paris pour détruire ma statue de cire. Il faut dire que les Bretons ne me portent pas vraiment dans leur coeur : je suis selon leurs propres dires « un modèle déplaisant de leur région » car je suis « trop naïve et sotte ».

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    Ils devaient certainement être extrêmement jaloux pour faire ça. Pour Jean Cévaër, le film Bécassine de Pierre Caron est raciste.

    MON ACTUALITÉ, MON DEVENIR

    De nos jours, la maison d’édition Gautier-Languereau continue de rééditer les albums originaux et d’adapter les textes pour enfants de tous âges : elle n’a jamais cessé d’entretenir la publication de la série, à intervalles réguliers.

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    En avant Bécassine, 1998

    Beaucoup de petits ouvrages ont été inspirés par mon personnage de Bécassine. Je vais vous donner quelques exemples :

    -  le livre Histoires de Bécassine en 1998 où les éditeurs ont remanié le texte et ont sélectionné quelques images pour que mes aventures soient abordable aux enfants d’aujourd’hui ;
    -  le dernier paru En avant Bécassine en 1998 est dessiné par Anne Joly et le texte rédigé pas Brigitte Delpech. Une nouvelle image de Bécassine est née de nos jours : une aventurière maladroite, déterminée, téméraire ;
    -  en 1921 et 1961, des alphabets ont été inventés ; le dernier paru avec un texte de Vaubant ;
    -  en 1959, il y a une tentative de relance de la série de Bécassine avec Bécassine revient : c’est une Bande Dessinée où Trubert la modernise avec des bulles (texte : Camille François, dessin : Jean Trubert) mais avec l’abandon des personnages classiques tels Loulotte, la Marquise de Grand-Air, etc...
    -  entretemps, La Semaine de Suzette a presque oublié Bécassine et 1960 fut la dernière année de publication de ce journal pour fillettes.
    -  en 1974, il y a même un pastiche érotique de Bécassine : quelle idée saugrenue !

    Ce n’est pas pour me vanter mais on peut tout de même dire qu’aujourd’hui, je suis un mythe.

    Je suis déclinée sous forme de poupées portant mon costume, de poupées et quilles de tissu bourrées par Reine Degrais, puis en une multitude d’objets à mon image : manches de parapluie, lampes, jouets, cendriers, bols, assiettes, porte-clefs, réveil, papeterie, figurines... J’ai également inspiré le personnage d’un film, une célébre chanson interprétée par Chantal Goya que vous pouvez aller écouter aux adresses sur coucoucircus et sur paroles.net plus récemment un dessin animé.

    À l’occasion de mes 100 ans, des grands couturiers - Karl Lagerfeld, Chantal Thomass, Paco Rabanne ou encore Louis Féraud - ont osé me « relooker ». Suprême honneur, La Poste me consacre une série de timbres à mon effigie en 2005. À l’heure d’entamer mon deuxième centenaire, Bécassine l’étourdie fait incontestablement partie du patrimoine français.

    En post scriptum, vous allez trouver les paroles de la chanson qui m’est dédiée, ainsi que ma bibliographie.

    Voilà, j’ai terminé de vous raconter ma petite vie. J’espère que ces quelques minutes passées en ma compagnie vous ont été agréables ; pour ma part, ce fut un réel plaisir de me confier à vous. Donc, à bientôt et si je vous manque, ne vous privez de lire et de relire mes aventures !!!!

    Je vous embrasse affectueusement,

    Bécassine

    © Imaginé par Angélique DUTRY, novembre 2007

    L1 HSI, Langues et culture antiques

    Petit message de Bécassine en cette année 2015

    Pour mes 110 ans et ceux de mon amie la poupée Bleuette, le Musée de la Poupée de Paris et le Musée de la Poupée et du jouet ancien de Wambrechies nous consacrent des expositions : « 110 ans de Bécassine » dimanche 27 septembre 2015 à Wambrechies (Nord) - « Bécassine dévoile les trésors de Loulotte » jusqu’au 26 septembre 2015 à Paris. Si vous voulez tout savoir, c’est à lire sur Lille3jeunesse ici !

    Bécassine

    Post-scriptum

    Sur Lille3jeunesse, vous pouvez aussi lire mes confidences à Fatima et Farida

    Si vous voulez en savoir plus, découvrez mon éditeur Gautier Languereau

    Vous pouvez aussi nous voir avec mon amie Bleuette, sur le site du Musée de la poupée de Paris

    Et découvrir le site consacré à l’un de mes deux papas, Pinchon

    Les paroles de ma chanson !

    Elle est née un beau matin dans un berceau de bois

    Son père et sa mère n’en revenaient pas

    De voir cet enfant rose dodue à la fois

    Avec un nez qu’on ne voyait pas

    Aussitôt le village se préparait déjà

    Pour venir fêter ce baptême, mais voilà

    Il fallait un nom, elle n’en avait pas

    Mais son papa qui se trouvait là

    A dit : "puisqu’elle ira en classe,

    A Clocher les Bécasses

    Moi j’ai trouvé comment il faut l’appeler"

    Refrain :

    Bécassine, c’est ma cousine

    Bécassine, on est voisine

    Quand je m’en vais voir ma grand-mère

    Qui habite au bord de la mer

    Je retrouve ma Bécassine

    Qui m’emmène au bout de la terre

    Bécassine, c’est ma cousine

    Bécassine, eh là cousine !

    Marie-qui-louche m’amuse beaucoup

    Ensemble on fait les quatre cents coups

    Bécassine, tu nous rends fous

    Un soir Bécassine est parti pour le pensionnat

    Aider les enfants pour les vacances à Etretat

    Je m’ennuyais d’elle, on s’écrivait, oui mais voilà

    Ce n’était plus du tout comme autrefois

    Quand je partais avec elle à la ville, dans son automobile

    Dans son avion, faire des loopings au-dessus des îles

    Documents

    , 14 décembre 2006, JPG 34.4 ko, 400 x 550 pixels

    , 7 décembre 2006, JPG 31.3 ko, 351 x 550 pixels

    Moi bébé, 7 décembre 2006, TIFF 222.3 ko, 351 x 550 pixels

    Forum de l'article : 3 contribution(s) au forum

    BECASSINE à Angélique, 4 juin 2007

    Bonjour Une bien belle histoire qui s’apparente à lidiot-du-village. Histoire qui reste à écrire.

    "Toujours est-il que notre brave Idiot du Village, mine de rien, venait de faire un pas de géant dans le monde de la connaissance. Il commençait à savoir qu’il ne savait pas. Sa nouvelle force était de savoir qu’il ne savait pas. Bien souvent, ces gens qui parlent toujours trop, n’ont pas la chance de savoir comme notre brave Idiot qu’il ne savent pas." Ils ont nombreux.

    Voir en ligne :
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    BECASSINE à Angélique, Par : Moi, 5 avril 2007
    Bel article smiley ! J’ai beaucoup apprécie la lecture de votre oeuvre smiley
    BECASSINE à Angélique, par Anonyme, 21 janvier 2008

     smiley

    Belle biographie

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