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ALICE aux pays des merveilles s’est confiée à Ophélie...

Histoire d’outre rêve...
 
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    Bonjour à tous et bienvenue dans le pays imaginaire d’Alice. Ce pays est celui du rêve, de la poésie, de l’imagination et de l’enfance, au premier abord ! C’est pourquoi mon aide vous sera très précieuse pour déceler toutes ces bizarreries de l’imaginaire, celles de son imaginaire, celles de Lewis Carroll. Oh pardon j’allais continuer sur ma lancée sans me présenter. Je suis Alice Liddell, tout du moins ce qu’il en reste, c’est à dire son esprit...

    HISTOIRE D’OUTRE RÊVE...

    Une invitation à remonter le temps !

    Pas d’inquiétude à avoir, je ne suis pas revenue dans le seul but de vous hanter, mais tout simplement pour vous apporter des informations sur cette fabuleuse aventure. Pourquoi moi c’est vrai ! Eh bien, lorsque je n’étais encore qu’une magnifique petite

    Comme toute bonne narratrice je commencerai par me présenter, puis j’aborderai ma rencontre avec Lewis. J’enchaînerai ensuite sur sa biographie, afin de mieux cerner cet étrange et mystérieux personnage. Un bref arrêt sera fait sur le roman et nous redécouvrirons ou découvrirons l’histoire d’Alice ensemble. J’insisterai particulièrement sur la portée philosophique du conte pour mettre en relief sa richesse et les nombreux messages qui s’en dégagent. A titre d’information et pour montrer l’impact de cette œuvre j’énumérerai les différents illustrateurs et les différentes éditions qui ont été faites de ce livre ! Et enfin pour terminer et s’arrêter un instant sur son succès je parlerai des influences que le livre a eues sur l’Art tout entier !

    Beaucoup de travail pour un si petit personnage, qui est cependant devenu une héroïne de la littérature enfantine.

    Et bien c’est parti, on respire un grand coup et on entre dans le pays... des merveilles ????

    1) QUI SUIS-JE ? (mon autobiographie)

    (JPG)

    Je me nomme Alice Pleasance Liddell, née à Westminster le 4 mai 1855 et décédée le 16 novembre 1934 dans le Kent. Je suis la quatrième des dix enfants de Henry George et Lorina Hannah Liddell, mes chers parents. En juin 1855 Henry George Liddell est nommé doyen du Christ Church College (Université d’Oxford en Angleterre) où Charles Dogson, de son vrai nom (Lewis Caroll) enseigne les mathématiques.

    Parmi mes autres frères et sœurs Charles Dogson s’inspire de deux de mes sœurs : Lorina Charlotte Liddell (âgée de 13ans), Edith Liddell (âgée de 8 ans), et de moi-même (âgée de 10ans à l’époque).

    (JPG)
    Charles Dodgson

    Charles Dodgson connaît d’abord Harry, l’aîné de la famille, à qui il donne des cours de mathématiques. Puis, le 25 avril 1856, alors qu’il aide son ami Reginald Southey à prendre des photographies de la cathédrale, mes sœurs et moi, qui jouions dans le jardin, sommes invitées à poser au premier plan. Six jours plus tard, Dodgson reçoit à Christ Church un tout nouvel appareil photographique et le 3 juin il commence à prendre les premières photographies où nous figurerons mes frères, mes sœurs et moi. Par la suite, il fera plusieurs autres séances de pose. Nous adorions ça ! Ensemble nous faisions des balades en barque, il nous dessinait, nous photographiait ou nous racontait des histoires.

    Voici une de mes lettres écrite pour The Cornhill Magasine en juillet 1932 et dans laquelle j’évoque brièvement le contenu de nos entrevues :

    « Nous allions chez lui escortées de notre gouvernante. Nous prenions place sur un grand sofa. Il s’installait entre nous et, tout en nous racontant des histoires, il dessinait avec un crayon ou une plume. Quand il nous avait bien amusées, il nous faisait poser et il prenait ses photographies avant que nos expressions aient eu le temps de changer. II semblait avoir une réserve inépuisable d’histoires fantastiques qu’il inventait au fur et à mesure tout en dessinant sans arrêt sur une grande feuille de papier. Ses histoires n’étaient pas toujours complètement inédites. Parfois, il nous donnait une variante d’une histoire déjà racontée, parfois il débutait sur quelque chose que nous connaissions mais, en se développant, l’histoire, fréquemment interrompue, changeait du tout au tout et de façon inattendue. Quand nous allions en excursion sur la rivière avec Mr. Dodgson, ce que nous faisions tout au plus quatre ou cinq fois au cours du trimestre d’été, il emportait toujours un panier plein de gâteaux et une bouilloire qu’il faisait chauffer sur un feu de brindilles. Plus rarement nous partions pour une journée entière, et alors, il emportait toutes sortes de provisions : du poulet froid, de la salade et des tas de bonnes choses. Ce que nous aimions le mieux, c’était remonter à la rame jusqu’à Nuneham et de pique-niquer sous bois dans l’une des huttes construites à cet effet par Mr. Harcourt. Mr. Dodgson, à Oxford, était toujours vêtu de noir, comme un pasteur, mais, quand il nous emmenait sur la rivière, il portait des pantalons de flanelle blanche. Il remplaçait son chapeau noir par un chapeau de paille, mais, naturellement, gardait ses chaussures noires, parce qu’à cette époque les tennis blanches n’avaient pas été inventées. Il se tenait toujours très droit. Plus que cela, il avait l’air d’avoir avalé un manche à balai... »

    Plus tard je deviens une artiste aidée par John Ruskin ( qui est un écrivain, poète, peintre et critique d’art).Je fais le tour de l’Europe avec mes sœurs Lorina et Edith, un magnifique souvenir ! De mes souvenirs de voyages en France et en Italie entre 1872 et 1877, je fais une série d’aquarelles et de croquis qui séduisent beaucoup. Un de mes petits secrets : j’ai entretenu une liaison avec le prince Leopold, fils de la reine Victoria (qui vient étudier à Christ Church en 1872). Mais le 15 septembre 1880, c’est Reginald Hargreaves, lui aussi étudiant a Oxford, que j’épouse à l’abbaye de Westminster. Nous aurons trois fils : Alan Knyveton Hargreaves, Leopold Reginal Hargreaves (surnommé “Rex”) tous deux morts pendant la Première Guerre mondiale) et Caryl Lidell Hargreaves qui survit et aura lui-même une magnifique petite fille.

    Je n’assiste malheureusement pas à l’enterrement de Charles Dodgson, mort le 14 janvier 1898.

    La suite de ma vie est une série de deuils : mon père meurt quatre jours après Dodgson, ma mère en 1910 et enfin mon mari en 1926. Je reporte alors mon affection sur mon fils Caryl et vis à Cuffnells, dans notre maison familiale dans le Hampshire (en Angleterre).

    En 1928, devant les difficultés financières, je dois me résoudre à vendre l’exemplaire que Dodgson m’a donné d’Alice’s Adventures under Ground (Les Aventures d’Alice sous Terre). La vente se fait à Sotheby’s et me rapporte £15 400 de l’époque. En 1932, pour fêter le centenaire de la naissance de Charles Dodgson, je suis invitée aux États-Unis pour recevoir le diplôme honorifique de docteur ès-lettres à l’université de Columbia (à New York). En décembre 1933, peu avant ma mort, j’ai l’honneur d’assister à la projection d’Alice réalisée par la Paramount.

    2) QUI EST-IL ? (sa biographie)

    Enfin voici l’histoire du génie...

    Lewis Carroll, Charles Lutwidge Dodgson de son vrai nom, est né à Daresbury (près de Manchester, Angleterre) en 1832. Fils d’un prêtre de l’Église anglicane ministre de sa paroisse, il est le troisième d’une famille de onze enfants. Son enfance, qui se déroule à Daresbury puis, à partir de 1843, à Croft dans le Yorkshire, est ponctuée de diverses activités à vocation artistique, telles que les spectacles de marionnettes, ou plus tard la création d’un journal satirique, The Rectory Magazine, à usage familial, qu’il crée vers 1850 avec ses frères et sœurs. Envoyé en pension à Richmond à l’âge de douze ans, Charles Lutwidge Dodgson entre peu après à la célèbre public school de Rugby. Là, malgré les difficultés que représentent pour lui le régime des punitions et la vie collective, il réussit de brillantes études qui le conduisent au Christ Church College d’Oxford en janvier 1851. Il ne conserva aucun ami véritable, il était mal aimé à Oxford. Un de ses collègues note que son bégaiement le rendait peu causeur.

    Cette même année, Charles est très affecté par la mort de sa mère, ce qui contribue à rendre très difficiles des relations paternelles déjà peu favorables. Il se plonge néanmoins dans le travail, et obtient son diplôme de mathématiques en décembre 1854. Dès lors, il devient très vite un « membre du collège », c’est-à-dire l’équivalent d’un assistant de faculté aujourd’hui : ce nouveau rôle, qui le contraint à devenir prêtre et à rester, du moins provisoirement, célibataire, ne fait que renforcer un isolement qui le caractérise déjà fortement.

    Il commence à écrire sérieusement : d’abord des poèmes, mais aussi des nouvelles qui paraissent dans un petit magazine, The Train. C’est d’ailleurs le directeur de cette revue qui l’aide à lui trouver un pseudonyme, celui de Lewis Carroll en 1856. Parallèlement, il se passionne pour la photographie, une technique encore balbutiante : c’est ainsi qu’il commence à réaliser ses premiers portraits. Notamment ceux de célébrités de l’époque et de leurs enfants, comme les peintres Dante Gabriel Rossetti et John Everett Millais, l’actrice Ellen Terry, la photographe Julia Margaret Cameron et le poète Alfred Tennyson. Lewis Carroll arrête brutalement ce passe-temps dans lequel il excelle en 1880.

    Parallèlement, nous pouvons évoquer les activités de Carroll en tant que professeur et mathématicien : dans ce domaine son enseignement ne plaît guère, et ses ouvrages n’ont pas la réussite de ses œuvres littéraires. Sa timidité et son bégaiement lui servent de prétexte pour refuser le titre de prêtre, après qu’il eût été ordonné diacre en 1861. Ceci dit, un bégaiement complètement disparu en notre présence, certainement plus à l’aise en présence de petits monstres comme nous . Même s’il parvient à rester à Christ Church, où sa vie se déroulait calmement, un violent conflit l’oppose désormais à notre cher père, d’une part inquiet de son attachement pour moi (qui ai vingt ans en 1872), et d’autre part exaspéré par ses pamphlets virulents envers plusieurs autorités d’Oxford (1874) qui attaquent sévèrement Carroll.

    Carroll renonce finalement à tout type d’enseignement en 1881 et abandonne également la photographie, peut-être sous l’influence de reproches adressés à son goût pour les portraits de petites filles en déshabillé. La logique devient dès lors son passe-temps favori et l’objet de la plupart de ses livres, si l’on excepte Sylvie et Bruno, œuvre de fiction parue en deux parties (en 1889 et 1893).

    Enfin, pour signaler quelques traits caractéristiques de la personnalité de Lewis Carroll, il faut noter qu’il refusa constamment l’identification Dodgson-Carroll : pour lui en effet, il existait l’homme privé Dodgson et l’homme public Carroll. Néanmoins, c’est sous ce dernier nom qu’il se présentait à nous. Nous étions l’essentiel de ses amitiés, et sans doute les êtres les plus affectés lorsqu’il mourut dans sa famille le 14 janvier 1898 à l’âge de soixante-six ans.

    3) AMI OU AMANT ? (la rencontre)

    Le voyage commence, nous embarquons...

    Le 4 juillet 1862, profitant d’une promenade dans un bateau à rames sur la Tamise, Lorina (13ans), Edith (8ans), le révérend Robinson Duckworth et moi-même, embarquons pour une aventure pas comme les autres avec notre cher ami Charles Dodgson. Je demande alors à Charles enfin de me raconter une histoire. L’excursion débute au pont Folly près d’Oxford et finit une dizaine de kilomètres plus loin dans le village de Godstow. Alors que le révérend Robinson Duckworth se charge de ramer, Charles s’exécute en nous racontons l’histoire fantastique d’une petite fille justement appelée « Alice » après qu’elle fut tombée dans le terrier d’un lapin. Quand il eut fini, je lui demande s’il peut coucher l’histoire sur le papier, insistant encore et encore, ce qu’il fait finalement. Mais en réalité notre toute première rencontre remonte au 25 avril 1856 comme je vous l‘ai dit quelques pages auparavant, devant la cathédrale de Westminster ou nous avons posé pour lui. Il est également vrai qu’au collège, son cabinet de travail donnait sur le jardin de mon père, auquel il avait accès, ce que de nombreuses personnes ont supposé après sa mort en lisant son journal à la date du 25 avril 1856 : « les trois petites filles ont été dans le jardin la plupart du temps et nous sommes devenus d’excellents amis » et c’est donc à compter de ce jour que commence notre étrange et extraordinaire aventure, qui culminera le 4juillet 1862 lors de la promenade en barque.

    En novembre 1864, soit deux ans et demi après l’avoir prié d’écrire le livre, il achève une version intitulée Alice’s Adventures under Ground (Les Aventures d’Alice sous terre). Il me l’offre comme cadeau pour le Noël de l’an 1864 et le fait lire à son ami et mentor George MacDonald ainsi qu’à ses enfants, qui apprécient le livre. Une « cristallisation » s’était opérée entre lui et moi. Mais au fur et à mesure que le livre est élaboré et obtient du succès, les relations entre Charles et moi ne vont qu’en se détériorant, ceci en grande partie à cause de ma mère : Mme Liddell, grande ennemie de Carroll, qui nous tient en permanence à l’écart de l’écrivain. En 1864 elle refusa net que nous nous fréquentions. En 1865 Charles me croise et me trouve changée à mon désavantage. Je ne suis plus la petite Alice qu’il avait connue et tant aimée. Ce sera ensuite le parcours du souvenir et du sentiment. Sachant qu’il continue à me faire héroïne de ses livres avec un simple souvenir de moi ! L’image éternelle qu’il s’était faite de moi et qui restera à tout jamais dans sa mémoire, telle une photographie !

    Le 30 juin 1863, notre famille part à Llandudno, Charles et moi cessons toutes relations d’amitié. Il m’écrira en 1885 pour me demander l’autorisation de publier le manuscrit de la première version d’Alice chez Macmillan (Les Aventures d’Alice sous terre). Notre dernière rencontre a lieu le 1er novembre 1888. Dodgson, qui rencontre mon mari, écrit suite à cette rencontre : « Il n’est pas facile de relier ce nouveau visage avec l’ancien souvenir, cet étranger avec l’« Alice » connue si intimement et tant aimée et dont je me souviendrai toujours mieux comme d’une petite fille de sept ans absolument fascinante ».

    4) MAIS QUE SE PASSE T-IL ? (le roman)

    Résumé du conte

    Pour qui ne sait plus exactement ce qu’attend Alice dans le terrier du lapin ou ne l’a tout simplement jamais su, un résumé du livre s’impose. Le texte de Lewis Carroll (basé sur la traduction française d’Henri Parisot) est divisé en 12 chapitres. Il raconte les aventures d’une petite fille dans un pays peuplé de créatures étranges, dont voici le détail chapitre par chapitre :

    • Chapitre 1 : Descente dans le terrier du lapin

    La grande sœur d’Alice lui lit un livre ennuyeux, quand soudain passe en courant un lapin blanc : Alice le poursuit dans son terrier et après une longue chute se retrouve dans une pièce souterraine. Là, sur une table, elle trouve un petit flacon avec l’indication « bois-moi ». Alice boit le contenu du flacon et rétrécit. Elle mange ensuite un gâteau qui se trouve sous la table, dans une boîte avec l’indication « mange-moi ». Elle s’attend à grandir, mais il ne se passe rien.

    • Chapitre 2 : La mare aux larmes

    Le gâteau fait son effet, et Alice grandit. Elle se met à pleurer, voit repasser le Lapin, puis rapetisse à nouveau. Elle se retrouve alors dans ses larmes, qui forment une véritable mare. Là, elle voit passer plusieurs types d’animaux qui nagent avec elle : d’abord une souris, avec qui elle regagne la terre ferme, puis plusieurs autres animaux directement inspirés des personnes présents lorsque Carroll nous raconta l’histoire : un Canard (duck, pour Robinson Duckworth), un Dodo (pour Dodgson), un Lori (pour Lorina) et un Aiglon (« eaglet » pour Edith).

    • Chapitre 3 : Une course à la Comitarde et une longue histoire

    Alice et l’assemblée d’animaux se concertent afin de se sécher, ce qui fait penser à une parodie de réunion politique, puis le Dodo propose une course à la Comitarde ; lorsque tout le monde a suffisamment couru et que tout le monde est sec, le Dodo déclare que tout le monde a gagné. Il prend alors un dé à coudre dans la poche d’Alice pour lui remettre solennellement en guise de prix. Ensuite, la Souris raconte une longue histoire qui apparaît dans le livre comme un Calligramme en forme de queue de souris, et dont le corps des caractères se rétrécit progressivement. Ceci a pour effet d’engourdir le lecteur qui ne lit pas l’histoire jusqu’au « bout » : cette sensation d’inattention est rapportée à Alice, quand la Souris croit qu’elle ne l’écoute plus. La Souris, vexée, s’en va, ainsi que tous les autres animaux : Alice se retrouve toute seule.

    • Chapitre 4 : Le Lapin fait donner le petit Bill

    Le Lapin Blanc revient et interpelle Alice sous le nom de « Marianne » : Alice entre alors dans la maison du Lapin, boit une seconde bouteille et se remet à grandir. Alice, coincée dans la maison, entend ensuite le Lapin envoyer l’un des ses domestiques, Bill, dans la cheminée : lorsqu’il est dedans, Alice lui donne un coup de pied qui le fait sortir de la cheminée et voler dans les airs. Les autres lui jettent ensuite des cailloux qui se transforment en gâteaux. Alice en mange un et rétrécit : elle s’enfuit, rencontre un petit chiot puis plus tard un ver à soie fumant un narguilé sur un champignon.

    • Chapitre 5 : Les conseils du Ver à soie

    Alice parle avec le Ver à soie, puis lui récite le poème « Vous êtes vieux, Père William », qu’elle déforme complètement. Le Ver disparu, elle découpe ensuite deux bouts de champignon, espérant retrouver sa taille normale en les mangeant : avec le premier, sa tête se retrouve au niveau de ses chaussures (son corps disparaît), et avec le second, son cou s’allonge terriblement et sa tête se retrouve au-dessus des arbres. Là, elle discute avec un pigeon qui la prend pour un serpent (nouveau problème d’identité), puis se décide à grignoter progressivement ce qui lui reste de morceaux de champignon, jusqu’à retrouver une taille de vingt centimètres (« pour ne pas effrayer les gens qui habitent ici »).

    • Chapitre 6 : Cochon et poivre

    Dans ce chapitre, Alice entend pour la première fois parler de la Reine, et rentre chez la Duchesse. Dans la maison, il y a un chat du comté de Chester, une cuisinière et la Duchesse qui berce (en le secouant violemment) un bébé qu’elle appelle « Cochon » : au bout d’un moment, Alice se voit confier le bébé, s’en va avec lui, et celui-ci se transforme en cochon. Elle le laisse sur sa route, puis rencontre le chat du comté de Chester (qui possède un sourire figé) sur une branche, parle avec lui et demande son chemin. Le Chat lui explique les différentes routes et disparaît : Alice s’avance ensuite vers la maison du Lièvre de Mars.

    •Chapitre 7 : Un thé chez les fous

    Dans ce chapitre, Alice boit une tasse de thé en compagnie du Chapelier, du Lièvre de Mars et du Loir : les explications absurdes et insensées s’enchaînent (« Pas du tout la même chose ! protesta le Chapelier. Tant que vous y êtes, vous pourriez aussi bien dire que " Je vois ce que je mange ", c’est la même chose que " Je mange ce que je vois ! " ») et Alice finit par s’en aller, tandis que le Lièvre et le Chapelier tente de rentrer le Loir dans la théière. Alice retrouve ensuite la pièce du Chapitre 1, prend la clé qui est sur la table et ouvre une petite porte de vingt centimètres : en mangeant du champignon, elle rétrécit encore et passe par la porte pour arriver dans un grand jardin lumineux.

    • Chapitre 8 : Le terrain de croquet de la Reine

    Alice est confrontée à trois jardiniers en forme de cartes à jouer peignant des roses blanches en rouge : la Reine les surprend et ordonne qu’on leur coupe la tête. Ensuite, une partie de croquet est engagée, dans laquelle les maillets sont des flamands vivants, les boules des hérissons et les arceaux des soldats courbés en deux. Pendant la partie, où la Reine gagne en trichant, la tête du Chat réapparaît. S’en suit une controverse entre le Roi, la Reine et le bourreau quant à la manière de couper une tête sans corps (celle du Chat).

    • Chapitre 9 : Histoire de la Tortue « Fantaisie ».

    Alice rencontre pour la deuxième fois la Duchesse, puis la Reine présente à Alice le Griffon (tête et corps d’aigle, pattes de chien et oreilles de renard) et la Tortue « Fantaisie » (tortue à tête de veau, pieds de cochon et queue de vache) : Alice engage avec eux une conversation truffée de jeux de mots - par exemple : « He taught Laughing and Grief. » (« Il enseignait le Rire et le Chagrin. »), où il faut substituer d’autres mots dont la prononciation est analogue, à savoir : « He taught Latin and Greek. » (« Il enseignait le Latin et le Grec. ») -.

    • Chapitre 10 : Le quadrille des homards

    La Tortue « Fantaisie » et le Griffon raconte ensuite à Alice comment se danse le quadrille des homards, puis Alice propose de leur raconter son histoire depuis sa chute dans le terrier du Lapin. Arrivée à l’anecdote de la poésie transformée « Vous êtes vieux, Père William », elle essaie de réciter d’autres poésies qui sont une fois de plus transformées par sa bouche. La Tortue « Fantaisie » décide de lui réciter une vraie poésie, mais elle est interrompue par l’annonce du début d’un procès.

    • Chapitre 11 : Qui a dérobé les tartes ?

    Alice assiste au procès, où réapparaissent plusieurs personnages rencontrés au fil de son aventure : le Lapin Blanc ; le Roi (qui fait le juge) ; la Reine ; Bill le lézard (qui fait parti du jury) ; Le Chapelier, Le Loir et le Lièvre de Mars (tous les trois témoins) ; la cuisinière. Soudain, Alice se remet à grandir, puis le Lapin Blanc la cite comme témoin.

    • Chapitre 12 : La déposition d’Alice

    Alice, qui a grandi, commence par renverser le banc des jurés, puis est accusée par le Tribunal. Une discussion est commencée pour savoir si oui ou non Alice est coupable : la Reine finit par ordonner qu’on lui coupe la tête, au moment où Alice a retrouvé sa taille normale. Les cartes à jouer se jettent néanmoins sur elle, et Alice se réveille couchée sur un talus, la tête sur les genoux de sa sœur. Le texte se termine par l’évocation d’une « vision » de la grande sœur qui imagine les personnages du rêve d’Alice et retombe ainsi en quelque sorte dans l’enfance.

    Il faut savoir qu’ Alice aux pays des merveilles est rarement publié et adapté seul. Alice sous terre et De l’autre côté du miroir sont indissociables. Deux poèmes de Lewis les accompagnent, un au tout début et un second qui clôture l’aventure. (Prima étant Lorina, Secunda moi et Tertia Edith).Le poème de clôture met dédié sous forme d’acrostiche reflétant mon nom.

    Voyez en note ces deux poèmes  [1]

    5) PAYS DES MERVEILLES OU PAYS DES CAUCHEMARS ? (conte philosophique)

    C’est sans doute le sort des ouvrages de génie, mais beaucoup plus que d’autres, par suite de son ambiguïté et de sa polyvalence, Alice a été l’objet de récupérations et de détournements multiples, non seulement divers mais divergents.

    Les générations romantiques, puis les Victoriens, eurent le culte de l’enfance, dans son idéal plutôt que dans la vérité. Dès la première apparition d’Alice en 1865 Lewis Carroll devint le grand maître de la littérature enfantine.

    Vinrent les surréalistes, et de ces merveilles ils firent non plus un refuge mais un refus, celui du rationnel et même du raisonnable. Vinrent les psychanalystes et ils n’eurent aucune peine à démontrer que l’affaire tournait autour des traumatismes de la naissance. Vinrent alors les doctes et les scientifiques qui virent en Lewis l’ingénieux exploiteur des connaissances et de marottes du porteur de son patronyme légitime, le mathématicien-logicien Charles Lutwidge Dodgson, qui savait bien que si Alice tombait en chute libre et laissait aller un pot de confiture il resterait a son niveau, qui, plus jeune de deux ou trois générations, aurait vu que les changements de taille d’Alice correspondent aux théories de l’univers en expansion ou en contradiction, que le lait d’outre miroir, faisant partie d’un système général d’inversions, avait une signification plus importante que le soupçonnait Lewis, il s’agissait d’un anti-lait qui serait ainsi qu’Alice elle-même, annihilé par leur contact. Ailleurs encore, aurions nous songé à la théorie des quanta, ou aurions nous pensé que la suite des rencontres et des aventures d’Alice reflétait les conflits politiques et les controverses religieuses à l’Université et dans le pays. On trouve dans le texte de Carroll une expérience du rêve qui permet peu à peu au lecteur de quitter le terrain de l’expérience et de la « réalité » et ce, grâce à des invraisemblances touchant au temps et à l’espace, ainsi qu’à la logique Il s’agissait de dépayser absolument une imagination enfantine. Cette œuvre n’a cessé d’évoluer et ce, à mon époque déjà, laissant derrière elle le propos conscient de son auteur. Après le passage d’Alice au-delà du miroir, l’inversion l’emporte sur la perversion.

    Pour mettre en valeur les richesses de cette œuvre nous nous attarderons sur les personnages créés par Lewis, dont le mien !

    Une critique de « l’ âge » adulte !

    Les vertus de la petite héroïne tel que Lewis les décrira dans l’évocation plus tardive et mélancolique d’Alice à la scène sont « une folle curiosité », une vigueur intrépide, l’esprit de décision. Ce n’est pas seulement parce que le premier personnage qu’elle rencontre est le lapin blanc qu’aussitôt après le portrait d’une Alice énergique et brave vient celui d’une créature tout à l’opposé, un être timide, inquiet, indécis, vieillissant.(un adulte ? cet être conscient de tout et qui par conséquent perd une grande partie de sa spontanéité et de sa sensibilité). Ceci serait juste un clin d’œil car Alice n’en est pas encore à ce stade. Mais Alice est un personnage lucide, le seul de cette aventure d’ailleurs.

    Cette œuvre est à la fois un franchissement du réel, parce que Lewis y tend de sa nature, et satire de l’éducation pour m’amuser. Contre les institutions des adultes, celles de la justice, ou de la justice royale, on voit constamment Lewis prendre parti de l’enfance, et pas seulement d’Alice.

    En fin de compte il atteint un objectif double et contradictoire : ridiculiser cet « établissement » des adultes qu’on entonne aux enfants et à laquelle le rêve restitue par ses déformations toute

    Quant au Vers à soie fumeur de houka, il s’agit là d’un des personnages les plus antipathiques qu’Alice rencontre. Très malpoli, il a réponse à tout, prend facilement la mouche et remet Alice en place systématiquement. Par lui, Carroll épingle toutes ces paroles creuses qui font nos conversations : "Vous voyez ce que je veux dire ?" demande Alice."Non, je ne vois pas ce que vous voulez dire.".

    Enfin, Humpty Dumpty , célèbre héros d’une comptine, est assis sur un mur avec un équilibre précaire lorsque Alice le rencontre. Très fier de sa personne, il explique ce qu’est un non-anniversaire à Alice, lui explique le poème Bredoulocheux ("jabberwocky" en anglais).ça ne l’empêche pas, lui aussi, d’épingler Alice sur ses tics de langage :"je ne chante pas ce poème" dit-il ; "je le vois bien" répond Alice."Si vous êtes capable de voir si je chante ou non, c’est que vous avez un regard plus perçant que ne l’ont la plupart des êtres humains".

    Le cavalier blanc, quant à lui, présente dans le livre d’étranges similitudes avec Lewis lui-même : il y a mis toute sa crédulité, sa manie pour inventer des petites choses amusantes ses doux yeux bleus et son sourire, sa nostalgie presque pathétique de voir la petite Alice s’en aller vers la case où elle sera reine/ou deviendra femme ?

    Le Chapelier et le Lièvre de Mars

    Les deux célèbres personnages amateurs de thé donnent du fil à retordre à une Alice pleine de bon sens : un chapitre haut en couleur, et haut en verbe surtout. Les célèbres buveurs de thé. Des hystériques. Des farfelus qui ont arrêté leur montre à six heures car ils se sont fâchés avec le temps.

    Et ils tournent inlassablement autour de la grande table en se racontant toutes sortes d’histoires sans fin et de devinettes sans réponse. Un loir qui dort toujours leurs sert d’arbitre et d’accoudoir (Certains critiques parlent d’un Wombat, c’est à dire un petit hamster, qui aurait appartenu à un ami de Carroll (Rosetti), et qui dormait sur la table pendant les repas). Ce sont les rois des jeux de mots bien placés et des absurdités en tout genre. Alice en est écœurée.

    "Reprenez donc un peu de thé" propose le Lièvre de Mars."Je n’ai rien pris du tout, répond Alice, je ne saurai donc reprendre de rien !". "Vous voulez dire que vous ne sauriez reprendre de quelque chose, repartit le Chapelier. Quand il n’y a rien, ce n’est pas facile d’en reprendre" .

    À savoir que ces deux personnages ne sont pas là par hasard. Dans le monde anglo-saxon, il est courant de dire "il est fou comme un chapelier" ("he is mad as a Hatter"). Peut-être que l’équivalent français est "travailler du chapeau" ? (il semblerait que l’expression soit due aux cas fréquents de folie dans l’industrie du chapeau, car les ouvriers utilisaient du mercure pour traiter les feutres).

    De même, "il est fou comme un lièvre en mars" (période de reproduction de l’animal) ("he is mad as a march hare") est une expression typiquement anglaise. En utilisant des personnages directement issus de l’imaginaire anglo-saxon, Carroll met un peu à l’écart les Français. En effet, les héros de comptines anglaises comme Humpty Dumpty, Tweedle Dee et Tweedle Dum ne sont guère connus en France, si ce n’est par le biais, justement, de Carroll.

    Dans le second épisode, Tenniel les sort de leur table pour en faire des messagers du Roi, que Carroll a rebaptisé "Haigha" (prononciation proche de "hare" qui veut dire lièvre en anglais) et "Hatta" (proche de "hatter", chapelier en anglais). Le Chapelier aurait entre temps, suite au procès du Valet de Cœur, passé un séjour en prison. Évidemment, quand Alice rencontre ces deux messagers du Roi, c’est à l’heure de la pause Thé. Remise en place par ces deux insolents, Alice décrète qu’elle n’a jamais assistait à un thé plus désagréable. C’est bien la première fois qu’on n’est pas d’accord avec elle.

    Les reines

    La figure de reine est omniprésente dans les deux épisodes d’Alice : d’abord la reine du jeu de cartes, puis les reines blanche et rouge de l’échiquier, et enfin Alice elle-même... Le rouge, c’est la couleur de la violence, du sexe, de l’autorité. Carroll a également horreur du rouge, le rouge est en effet pour lui la couleur de la colère, plus généralement de l’agression La reine de cœur veut trancher la tête à tout le monde. Devenue la reine rouge dans le miroir, elle se civilise et laisse sa pulsion sanglante au placard pour marrainer Alice sans oublier de la noyer de réprimandes sur le savoir-vivre. Carroll a mis dans le rouge tout ce qu’il abhorre. Et dans le blanc la faiblesse, la crédulité et même la stupidité. C’est dans cette couleur qu’il se reconnaît. Le cavalier blanc, cette bécasse de reine blanche, c’est lui.

    Évidemment pour les psychanalystes, comme dans tout conte, les reines c’est l’autorité parentale qui étouffe l’enfant. La reine de cœur est une menace apparente pour Alice. Elle est cruelle et insupportable, mais Alice est reçue avec égards par la méchante reine. Elle est bien plus terrifiante chez Disney ! A sa manière, la reine Blanche, bien qu’idiote, est très inquiétante. Si sa jumelle dans le premier épisode est la duchesse, alors elle est sénile, assommant Alice de proverbes lors d’une promenade. Devenue reine Blanche, elle est encore pire, courant après son châle, dans une robe et une coiffure débraillées. La reine de cœur est violente, la reine blanche est un déchet.

    Alice gagne t-elle à la comparaison avec ses deux rivales ? Lors de l’examen pour devenir reine, les reines l’accablent et l’humilient. On se rend compte que, aussi pure et lucide soit-elle, Alice est piégée par l’autorité dépravée de son rêve. Lorsque enfin Alice devient reine, c’est en reine rouge qu’elle se comporte : hautaine et autoritaire.

    Ironie du sort ? C’est à chaque fois en se révoltant contre la Reine Rouge/de Cœur avec colère qu’elle s’échappe du pays des Merveilles. Se laisser corrompre par la colère, est-ce la clef de la porte de sortie ?

    6) RESSEMBLANCE OU IMAGINATION ? (les principaux illustrateurs)

    Les illustrations de John Tenniel semblent aujourd’hui inséparables du texte de Lewis Carroll. Je tiens a préciser que Monsieur Tenniel ne m’ayant jamais vu, le personnage d’Alice sort tout droit de son imagination et ne me ressemble donc pas du tout !

    Cependant, d’autres artistes de talent ont illustré les aventures d’Alice, à commencer par Carroll lui-même et qu’il m’offrit en 1864, orné de trente-sept dessins à la plume.

    On peut également mentionner le magnifique travail d’Arthur Rackham.

    Autres illustrateurs

    Mabel Lucie Attwell, Bessie Pease Gutmann, Gwynedd M. Hudson, A.E. Jackson, Maria L. Kirk.......

    7) MAIS COMBIEN DONC ? (Les différentes éditions d’Alice

    Parlons tout d’abord de sa première parution :

    Un premier manuscrit intitulé Alice’s adventures under ground (Les aventures d’Alice sous terre, parfois traduit Les aventures souterraines d’Alice) voit le jour, agrémenté de 37 illustrations de Carroll. Devant l’enthousiasme de ses amis Robinson Duckworth (qui était présent lors des promenades en barque) et Georges MacDonald, poète et romancier à qui il en avait offert un exemplaire également, Carroll songe de plus en plus sérieusement à faire éditer ce conte de manière « professionnelle ». Il entre donc en contact avec l’éditeur Macmillan, et passe une douzaine de mois à arranger son premier texte, qui passe de 18 000 à 35 000 mots. Courant 1864, Macmillan accepte de le publier, mais Carroll prend en charge les frais d’illustrations : c’est ainsi qu’il choisit John Tenniel, avec qui il sera d’une rigueur draconienne, l’accablant de directives très strictes, illustrant pratiquement le livre par procuration...

    L’ouvrage, qui s’intitule désormais Alice au pays des merveilles, est d’abord tiré à 2000 exemplaires en juin 1865, puis, sous la demande de Tenniel qui trouve l’impression de ses illustrations déplorable, un deuxième tirage à 5000 exemplaires est effectué au moment de Noël. Le livre connaît un succès presque immédiat, et les critiques sont dans l’ensemble positives. Ainsi, « The Spectator » écrit : « les grandes personnes qui l’offriront à leur progéniture se retrouveront en train d’en lire davantage qu’elles n’en avaient l’intention et de rire plus qu’elles n’étaient en droit de s’y attendre » ; de même, le 25 mai 1866, The Sunderland Herlad s’enthousiasme : « Ce livre joli et drôle devrait obtenir un grand succès auprès des enfants. Il a l’avantage d’être dépourvu de tout aspect moralisateur ou didactique. C’est, en somme, du sucre d’un bout à l’autre, sans rien de ce goût amer qui, pour certains, devrait être à la base de tous les livres pour enfants. »

    À titre anecdotique, il est intéressant de remarquer l’attachement particulier que Carroll avait pour son éditeur Macmillan, allant jusqu’à demander ouvertement un avantage pécuniaire plus important pour l’éditeur que pour le libraire, estimant que « la contribution de l’éditeur est aussi importante que celle du libraire en matière de temps et d’effort physique, mais l’effort et le souci intellectuels sont infiniment plus grands. » En 1998, un exemplaire de la première édition a été vendu 1,5 million de dollars américains, ce qui est une vente record pour un livre pour enfants. Seuls vingt-deux exemplaires de la première édition de 1865 auraient survécu. Dix-sept d’entre eux se trouvent dans des bibliothèques et cinq chez des particuliers.

    Lewis Carroll, auteur d’ouvrages illustrés

    Les aventures d’Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Aurélia Grandin Roman à partir de 9 ans Rue du Monde, Coll. Pas comme les autres - 2006

    Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Dusan Kallay Gründ, Coll. Légendes et Contes - 2005

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Robert Sabuda Livre animé. Seuil jeunesse, - 2004

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Anne Herbauts Casterman, - 2002

    Le carrousel d’Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Alex Vinning Gallimard jeunesse, - 2001

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Helen Oxenbury Père Castor Flammarion, - 2000

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Helen Oxenbury Père Castor Flammarion, - 2000

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Lisbeth Zwerger Nord-Sud, - 2000

    Une visite au pays des chiens Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Laurence Moussel Lire c’est partir, - 2000

    Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Arthur Rackham Editions Corentin, Coll. Belles Images - 1995

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Dagmar Berkova .Hatier, - 1994

    Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Tony Ross Hachette jeunesse, - 1993

    De l’Autre côté du miroir Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Tony Ross Hachette jeunesse, - 1993

    Alice racontée aux enfants Auteur : Lewis Carroll, d’après - Illustrateur : Monique Gorde Nouvelle adaptation d’Alice au pays des merveilles Fleurus Editions, - 1992

    Alice racontée aux enfants Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Marthe Seguin-Fontès Gautier-Languereau, - 1992

    Alice au pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Alain Gauthier Rageot, - 1991

    Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Dusan Kallay Gründ, - 1991

    Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Anthony Browne Kaléidoscope, - 1989 Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Rico Lins La Farandole, - 1982

    Lettre d’Anniversaire Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Henri Galeron Gallimard jeunesse, Coll. Lettre d’anniversaire - 1982

    Alice aux Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Nicolas Guilbert G.P., - 1979

    La storia del giardiniere pazzo Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Letizia Galli Emme, - 1979

    Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Jocelyne Pache Flammarion, - 1975

    De l’Autre Côté du Miroir et de ce qu’Alice y trouva Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Jocelyne Pache Flammarion, - 1975

    Les aventures d’Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Nicole Claveloux Conte à partir de 9 ans Grasset/Ruy Vidal, - 1974

    Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Sir John Tenniel Père Castor Flammarion, - 1972

    Alice’s Adventures Under Ground Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Lewis Carroll Fac-similé, (Londres, Macmillan, 1886), New York, Dover, 1965, 13x21, 128 p. Crayon plume, encre de chine, 39 dessins en noir dans le texte. Pour la traduction française : Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles, ill. de Lewis Carroll, traduction de Henri Parisot, collection bilingue Aubier-Flammarion, 1976. Dover, - 1965

    De l’Autre Côté du Miroir et de ce qu’Alice y trouva Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Henri Morin Nelson, - 1949

    Alice au Pays des Merveilles et de l’autre côté du miroir Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Sir John Tenniel Fernand Hazan, - 1948

    Alice au Pays des merveilles Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Henri Morin Nelson, - 1935

    Alice in Wonderland Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Marie Lucie Attwell
    -  1910

    Alice’s Adventures in Wonderland Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Arthur Rackham Hachette, - 1907

    Alice’s Adventures in Wonderland Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Charles Robinson Cassel, - 1907

    Alice’s Adventures in Wonderland Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Harper, - 1901

    The Nursery Alice Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Sir John Tenniel 20 ill. de John Tenniel agrandies et colorées à partir des dessins, par Gertrude Thomson, aquarelle, plume, gouache. MacMillan, - 1889

    Through The Looking-glass and What Alice Found There Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Sir John Tenniel MacMillan, - 1887

    Alice’s Adventures in Wonderland Auteur : Lewis Carroll - Illustrateur : Sir John Tenniel MacMillan, - 1865

    8) LES AUTRES OUVRAGES DE LEWIS CARROLL

    De l’autre côté du miroir

    de son titre original Through the Looking-Glass, est écrit en 1871 et fait suite à Alice au pays des merveilles. La différence fondamentale entre Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir est que cette dernière œuvre montre chez l’héroïne une évolution incontestable : de Pion, elle devient Reine. A l’inverse, l’Alice du Pays des merveilles arrive inchangée à la fin du récit, en dépit des distorsions physiques qu’elle a subies en consommant diverses boissons et nourritures. Alice au pays des merveilles ressemble, en fait, plus à notre promenade en bateau : une rêverie sans but précis. En cela, l’œuvre de Carroll était, à l’heure victorienne, une véritable révolution dans une littérature enfantine visant avant tout à former l’enfant.

    Jabberwocky

    (récit épique des plus difficile à traduire à cause de ses nombres jeux de mots et néologismes un régal cependant pour nous petits anglais.)

    Sylvie et Bruno

    Roman écrit à partir de 1867 dans lequel, Lewis explore à peu près toutes les combinaisons d’humour et de non-sens à l’anglaise, tout en traitant de ses thèmes favoris : la logique et ses paradoxes, l’écart entre signifiants et signifiés. Deux histoires se croisent : l’une centrée sur les fantasmes de l’enfance et l’autre sur les intrigues amoureuses ou politiques. Les situations et les événements s’enchaînent dans de nombreux procédés d’une grande originalité : parcours du temps vers le passé, pièges logiques, inventions farfelues minutieusement décrites.

    La logique sans peine

    Première traduction française des écrits de mathématique et de philosophie, pleins d’humour, tirée de The Game of Logic, 1887, et de Symbolic Logic, 1896. L’ouvrage s’inscrit dans la ligne des recherches de ceux qui, d’Edgar Poe à Paul Valéry, ont tenté de démonter et de suivre les minutieux rouages de l’intelligence. Cet art de penser prend place dans le domaine privilégié de la littérature où l’imagination et la fantaisie se mêlent harmonieusement aux travaux les plus sérieux.(texte plus sérieux qui fait du bien à l’image de Lewis ).

    9) LES INFLUENCES ARTISTIQUES

    Eh oui depuis ma disparition l’influence d’Alice au pays des merveilles n’a cessé de croître, touchant à la fois la littérature grâce aux nombreuses réflexions que cette œuvre apporte, le cinéma (dessin animé, film, pub...), la peinture et l’Art graphique en général ainsi que la musique !

    Comme beaucoup de contes porteurs de messages Alice inspire et fascine de nombreux artistes. Son côté étrange, inquiétant voir loufoque intrigue et séduit. Enfants comme adultes peuvent s’y identifier en décodant l’œuvre chacun à leur rythme. Le conte est une source d’éveille chez l’enfant et suscite la réflexion chez l’adulte il peut faire l’objet d’un retour à l’enfance chez ce dernier, ce qui était cher à Lewis, il ne se démode pas et traverse ainsi les générations.

    Alice a connu plusieurs adaptations cinématographiques dont voici les principales :

    · Alice Comedies (dessins animés muets), (studio Walt Disney), 1924-1927

    · Alice in Wonderland (film), Norman Z. McLeod, 1933 (pas de distribution francophone)

    · Alice au pays des merveilles (long métrage d’animation franco-britannique), 1949

    · Alice au pays des merveilles (dessin animé), Clyde Geronimi, Wilfred Jackson, Hamilton Luske (studio Walt Disney), 1951

    · Alice au pays des merveilles (film), Harry Harris, 1985

    · Alice (film), Jan Švankmajer, 1988

    · Alice au pays des merveilles (série télévisée), Nick Willing, 1999

    Les autres inspirations

    · Les Beatles développent de semblables idées surréelles dans des chansons comme Lucy in the Sky with Diamonds et I am the Walrus (Je suis le Morse) (le Morse étant celui de De l’autre côté du miroir).

    · Alice a récemment été adaptée dans deux séries de bandes dessinées d’Alan Moore : la Ligue des gentlemen extraordinaires, et Lost Girl ; également dans un sombre et sanglant jeu vidéo : American McGee’s Alice et un album de Tom Waits.

    · On trouve des allusions aux aventures d’Alice - le lapin blanc, les pilules bleue et rouge - dans le film Matrix. Le film Donnie Darko met également en scène un lapin qui, derrière un miroir, guide le jeune Donnie à travers ses rêves. · CLAMP, groupe de mangakas, a écrit Miyuki-chan in Wonderland, manga inspiré des aventures d’Alice avec une touche d’érotisme.

    · J’apparais également comme l’un des principaux personnages de la série en cinq volumes : « Le Fleuve de l’Éternité » de Philip José Farmer, notamment dans le dernier livre, Les Dieux du Fleuve, où je recrée l’univers d’ Alice au Pays des Merveilles.

    · Chaque chapitre du pamphlet Le Monde comme si de Françoise Morvan comporte un extrait d’Alice en épigraphe (ce livre conte les tribulations de l’auteur dans les milieux autonomistes bretons).

    · Dans la trilogie cinématographique de Matrix, les frères Wachowskis utilisent dans le premier film le lapin blanc comme vecteur de changement.

    · Alice in Wonderland est le nom d’une sculpture l’artiste José de Creeft datant de 1959. Elle se trouve à Central Park (USA) et est directement inspirée du conte de Lewis Carroll.

    · En 2005, le groupe de rock français Indochine sort un double album Alice & June. Les disques s’appellent respectivement Alice - Au pays des Cauchemars - La promesse et June - Au pays des Merveilles - Le Pacte. Avec une magnifique pochette d’une artiste américaine Anna Bagayan .S’inscrivant dans le même courant que Marc Ryden ou Ray caesar, reprenant le thème de l’enfant en le détournant c’est à dire en l’inscrivant dans la réalité des choses. L’enfant de nos jours à des rêves mais le monde auquel il appartient est une sorte de petit cauchemar, le pays des merveilles n’est accessible qu’en rêve.

    · La chanson White Rabbit de Jefferson Airplane s’inspire clairement de l’histoire d’Alice.

    · Jorane, dans sa chanson Jinx, se réfère au lapin blanc : "The only thing I did was trust the rabbit to open the right doors".

    · Le nouvel album de Jewel s’intitule Goodbye, Alice in Wonderland

    · Le livre Aliss de Patrick Sénécal est complètement basé sur Alice au pays des merveilles mais est plus associé au genre de l’horreur.

    · Le film québécois Les tumultueuse aventure d’Alice Trembley se base entre autre sur l’histoire d’ Alice au pays des merveilles.

    · Les jeux vidéo Super Mario Bros s’inspirent clairement d’Alice. Mario doit en effet "manger" des champignons pour changer de taille.

    · En 2005, le titre du deuxième épisode de la saison 8 de Charmed s’intitule Malice in Wonderland et l’histoire principale y fait référence puisque des Démons se servent du conte pour s’en prendre à des adolescents.

    Alice au pays des merveilles donne lieu également à des manifestations culturelles

    Des Expositions : Le Musée Hôtel Le Vergeur, à Reims, a présenté Alice aux pays des merveilles, de Lewis Carroll. 140 ans d’illustration. Une exposition de livres sur le thème d’Alice, illustrés par les dessinateurs anglais, Tenniel et Rackam, et par le français, Jean Hee en 1930, sans oublier une vingtaine d’artistes anciens et contemporains. Cette exposition était visible du 15 novembre au 21 décembre 2005.

    Ou encore le Salon du livre de Montreuil, durant lequel Alice a partagé l’affiche avec Peter Pan autour d’un thème symbolique, celui du temps.

    Tout ceci montre l’impact de ce roman sur des générations entières et ce pour ma plus grande fierté !

    Aujourd’hui encore de nombreuses références y sont faites, les parents continuent et continueront de lire ce conte à leurs enfants car désormais c’est un classique, un incontournable. L’héroïne que j’incarne est devenue une légende.

    Post-scriptum

    Révélations d’Alice à Ophélie SURELLE, décembre 2006

    L1 HSI, Langues et Culture Antiques

    Forum de l'article : 1 contribution(s) au forum

    ALICE AUX PAYS DES MERVEILLES à Ophélie, 11 novembre 2007

    À consulter :

    Si loin, si proche : voyages imaginaires en littérature de jeunesse et alentour, Actes de la journée d’études 3 mai 2007 à la BM de Valenciennes, de Liliane Cheilan, Isabelle Chevrel, Danièle Dubois-Marcoin, Jean-Yves Loude, François Place , introduction de Sophie Van der Linden.

    Valenciennes, capitale régionale de la culture.

    http://win1.valenciennes.fr/BIB/pdf/siloinsiproche.pdf

    Lien signalé par Yann

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    Notes de bas de page

    [1] Dans l’éclat doré de l’été, indolemment,

    Nous dérivons sous les saulaies,

    Car nos deux avirons

    Sans force sont tirés,

    Et de moins enfantines

    S’imaginent guider notre errance.

    — 

    Ah ! cruel trio ! Alors même

    Que le ciel invite tant à rêver,

    Réclamer un conte à qui n’a de souffle

    Pour soulever la plus légère des plumes !

    Mais que peut une pauvre voix

    Contre trois langues à la fois ?

    — 

    L’impérieuse Prima exige :

    « Que l’on commence ! »

    Segunda demande plus gentiment :

    « Que cela n’ait ni queue ni tête ! »

    Tertia, elle, n’interrompra le conteur »

    Pas plus d’une fois par minute

    — 

    Bientôt, réduites au silence,

    En imagination elles suivent

    Notre héroïne en ce pays

    Aux merveilles surprenantes

    Aux bêtes douées de la parole,

    Et finissent par croire à son existence.

    — 

    Et comme les puits de l’imagination

    Se tarissent à mesure du récit,

    Et que le conteur cherche à rompre

    D’un faible : « la suite, à demain. »

    « C ‘est maintenant, demain ! »

    Lui font écho trois joyeuses voix.

    — 

    Ainsi se fit l’histoire du Pays des Merveilles,

    Ainsi, une à une, ses étranges aventures se forgèrent

    Et maintenant le conte est fini,

    Et l’équipage, ravi,

    Au soleil couchant, vogue vers le logis.

    — 

    Alice ! prends cette histoire enfantine,

    Et de ta douce main,

    Dépose-la parmi les rêves d’enfance,

    Mêlés au souvenir de nos vénérées équipées,

    Telle la guirlande de fleurs,

    Que d’un pays lointain ramène le pèlerin.

    — 

    L’esquif, sous le ciel radieux,

    Glisse sur l’onde paresseuse

    Par un bel après-midi de juillet.

    — 

    Trois fillette blotties,

    Œil ravi et oreille impatiente,

    Réclament au conteur son récit.

    — 

    Depuis longtemps le soleil a pâli.

    D’échos assourdis en souvenir défunts,

    Aux premières gelées, juillet est long.

    — 

    Me hante encore ce regard d’Alice,

    S’aventurant sous des cieux

    Que jamais œil vigile ne vit.

    — 

    Et les fillettes, pour écouter

    Le conteur,

    Se rapprochent,

    Yeux ravis et oreilles impatientes.

    Les voici dans le Pays des Merveilles,

    Rêvant tandis que les jours passent,

    Rêvant tandis que meurt l’été.

    — 

    Toujours à dériver au fil de l’eau,

    A contempler les couchants dorés,

    La vie ne serait-elle qu’un rêve ?

    — -

    A boat beneath a sunny sky,

    Lingering onward dreamily

    In an evening of July

    — 

    Children three that nestle near,

    Eager eye and willing ear,

    Pleased a simple tale to hear

    — 

    Long has paled that sunny sky :

    Echoes fade and memories die.

    Autumn frosts have slain July.

    — 

    Still she haunts me, phantomwise,

    Alice moving under skies

    Never seen by waking eyes.

    — 

    Children yet, the tale to hear,

    Eager eye and willing ear,

    Lovingly shall nestle near.

    — 

    In a Wonderland they lie,

    Dreaming as the days go by,

    Dreaming as the summers die :

    — 

    Ever drifting down the stream

    Lingering in the golden gleam

    Life, what is it but a dream ?