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MARTINE à Machenka

Une atmosphère de rêve...
 
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    Bonjour !

    Je me présente, je m’appelle Martine ! Je pense que vous me connaissez tous, vous avez sans doute déjà lu une de mes aventures ou une petite soeur vous les a racontées ?! Si je ne vous reviens pas à l’esprit ne vous inquiétez pas, je vais tout vous raconter de ma vie depuis le début !!

    MARTINE

    Tout d’abord je vais vous parler de celui qui a eu l’idée de m’inventer : mon éditeur ! Il se nomme CASTERMAN. C’est une maison d’édition qui a été créée en 1780 par Donat Casterman, ce qui signifie que cette entreprise d’imprimerie et d’édition se succède depuis plus de deux siècles !  [1]Cest donc cette maison d’édition qui a confié à Gilbert Delahaye, mon papa-auteur, une mission. Il s’agissait de donner vie à une fillette enthousiaste dont les aventures seraient publiées en une série d’albums.

    C’est très naturellement que les éditeurs s’adressent à Gibert Delahaye car ils connaissent déjà ses talents d’écrivain. En effet, il est employé depuis 1944 par la maison d’édition et avant tout, Gilbert Delahaye est un poète. Il a même reçu le Prix Prévert en 1985 ! C’est ainsi que chaque 1er Janvier de 1954 jusqu’à sa mort en 1997 , il me créera une nouvelle aventure.

    Maintenant, je vais vous parler de mon papa-illustrateur.

    C’est Pierre Servais, un des responsables du département édition chez Casterman, qui proposa, en 1951, à Marcel Marlier d’illustrer mes aventures. Pierre Servais avait, en effet, été séduit par l’aisance du trait de Marcel Marlier.

    C’est ainsi qu’en 1953 débuta la collaboration de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, mes créateurs !

    Mes débuts

    (JPG)
    Mon premier album

    Mon premier album fut publié en 1954, il s’appelle Martine à la ferme, j’étais enfin découverte par mon public qui m’adopta rapidement. Le prénom choisi par mes créateurs était très à la mode à cette époque, ce qui attira les lecteurs. En effet, bien que Martine ne soit plus un prénom très répandu à notre époque, il eut énormément de succès des années 1940 à 1970. D’ailleurs, l’année où ce prénom fut le plus attribué était 1954 ; avec environs 22 822 nouveaux nés prénommés "Martine" ! C’est donc dès le début que Gilbert Delahaye et Marcel Marlier essayèrent de s’approcher des petites filles en m’attribuant ce prénom très à la mode !

    Que sait-on de moi ?

    Depuis le premier album, Martine à la ferme, jusqu’à nos jours, j’ai revêtu des apparences différentes au fil des années afin de m’adapter aux changements. En effet, j’ai essayé de ne pas être trop démodée, pour cela j’ai toujours suivi la mode ! Ainsi, je ressemble à toutes les petites filles ! Je portais une robe chasuble pendant les années 60, et je revets tee-shirt, jean’s et baskets aujourd’hui.

    Et, bien que je resterai toujours une fillette, vous pouvez remarquer qu’au fil des albums je grandis, j’évolue. Par exemple, dans le second album, Martine à la mer il semble que j’ai cinq ou six ans mais dans Martine baby-sitter j’ai une dizaine d’années. Il faut bien que j’évolue afin de réaliser tous les rêves et les aventures des petites filles !

    Je suis donc au centre de l’histoire. Mon nom apparaît dans chaque titre, toutes les couvertures des albums me représentent ; c’est donc moi qui fait le lien entre les albums.

    Cependant, il est vrai qu’en rassemblant les informations de tous les albums il reste beaucoup de mystère autour de mon personnage. On sait de moi que j’ai un père, une mère, un petit frère prénommé Jean qui m’accompagne d’ailleurs souvent lors de mes aventures ! On sait aussi que j’ai un chien, Patapouf, mon fidèle compagnon qui apparaît dans le deuxième album (Martine à la mer) et qui m’accompagnera par la suite toujours dans les albums suivants ! J’ai aussi un chat : Moustache qui apparaît aussi régulièrement dans mes albums mais il est vrai que je préfère les chiens (je l’avoue dans Martine l’accident) car mon Patapouf est toujours de bonne compagnie, il parle et m’aide dès que j’ai un problème. Par exemple dans Martine l’accident il court chercher du secours lorsque je me suis blessée après une chute à vélo ! J’ai une grande famille et beaucoup d’amis qui m’entourent !

    Ensuite, à propos de mon caractère, j’apparais toujours enjouée, enthousiaste et de bonne humeur. Je réussis toujours ce que j’entreprends en donnant le meilleur de moi même !

    Malgré ces informations il reste un certain mystère autour de moi. Par exemple, vous ne connaissez ni mon âge, ni mon nom de famille ou encore l’endroit où j’habite et mon milieu social. Il reste un certain flou autour de moi. De plus, il ne semble pas que je sois la même d’un album à l’autre.

    Je change régulièrement de coiffure, parfois j’aurais les cheveux longs relevés en queue de cheval, et parfois j’aurais les cheveux beaucoup plus courts. Tout au long des albums, il semble que je grandis !

    Vous pourrez remarquer en suivant mon évolution le désir de mes auteurs : se rapprocher des petites filles , de toutes les petites filles ! Et c’est cela qui explique le succès de ma série auprès des fillettes, à travers cette proximité elles peuvent s’identifier à moi et m’accompagner dans mes aventures. Ainsi, cette identification des petites filles à mon personnage est réellement facilitée par ce manque d’informations à mon sujet : je n’ai pas de traits spécifiques alors elles se mettent à ma place. Par exemple, je n’ai pas de particularités physiques, toutes les petites filles qu’illustrent Marcel Marlier me ressemblent, elles ont le même visage que moi. Et je n’ai pas non plus de particularités de caractère, je n’ai aucun défaut et tout me réjouit ! Ainsi, je peux être chaque petite fille !

    Une petite fille modèle

    Il est tout de même vrai que j’ai une particularité. Si vous parlez de moi, que direz vous ? Bien sûr, que "Martine est une petite fille modèle, qui représente la perfection !" Vous avez vu juste, après tout, je n’ai aucun défaut : je suis polie, sage, courageuse, travailleuse... et je réussis tout ce que j’entreprends ! J’essaie d’être la meilleure dans tout ce que je fais. Par exemple , dans Martine à la montagne mon moniteur me dit que je serais sans doute la première du cours de ski ; dans Martine petit rat de l’opéra même si les premières leçons ne sont pas faciles pour moi, je suis ensuite devenue la première !

    Ensuite je suis toujours là pour aider les autres. Quand, dans Martine à l’école, une nouvelle se prénommant Cynthia arrive dans ma classe je suis la première à tout lui expliquer, à l’accompagner pour qu’elle ne se sente pas trop perdue et qu’elle soit ma nouvelle amie. Et, toujours dans ce même album, pendant la récréation un petit garçon pleure alors je vais le voir pour le consoler. Bien sûr à la cantine je vais aider Emmanuel, car il ne peut pas couper sa viande puisqu’il a le bras cassé ! Je suis vraiment très sociable !

    J’adore prendre des initiatives lors des jeux, dans Martine fait du théâtre c’est moi qui décide d’aller fouiller dans le grenier pour me servir des vieux vêtements afin de jouer une pièce de théâtre. Et les autres enfants sont toujours d’accord pour jouer avec moi, puisque tout le monde sait dans mon entourage que je suis une petite fille modèle ! Tous m’apprécient et me trouvent formidable.

    Je trouve que je suis plutôt bien entourée, j’ai beaucoup d’amis qui sont toujours prêts à jouer avec moi : un fidèle compagnon, Patapouf, qui est le plus adorable des chiens. Ensuite dans mon monde, tous les adultes sont gentils, ils m’aiment beaucoup et me complimentent. Dans Martine au parc le gardien nous dit poliment "Bonjour les enfants et amusez vous bien !" , ma maîtresse est très gentille, mon moniteur de ski est très pédagogue, la jeune femme qui m’apprend le violoncelle devient vite ma meilleure amie, et tous sont extrêmements gentils et patients avec moi ! Toutes les rencontres avec des adultes se déroulent bien.

    Il n’y a jamais de conflit d’autorité car je suis toujours sage, obéissante et je prends toujours la bonne décision. Alors il n’y a jamais de problèmes avec les adultes et ils sont toujours prêts à me venir en aide comme moi je viens en aide à mes amis et aux plus petits que moi !

    Mes parents interviennent souvent dans mes albums, dans Martine au parc ils viennent me chercher à la fin de la journée et quand je découvre la musique ils sont heureux de savoir que j’ai envie d’apprendre le violoncelle. Il est rare qu’ils m’interdisent quelque chose. Je suis toujours prête à tout faire pour leur plaire, dans Martine à la maison je fais tout le ménage avec mon frère Jean afin que maman soit heureuse quand elle rentrera, et lorsque qu’avec Jean on décide d’embellir le jardin on s’active le plus possible pour que papa soit fier de nous !

    Même si dans chacun de mes actes je pense à mes parents et qu’ils sont assez présents dans mon univers, j’ai beaucoup de liberté. Quand je suis à la montagne avec mes amis il n’y a pas d’adulte qui nous encadre ; je m’occupe de mon petit frère toute seule ; je reste seule à la maison alors que je suis tout de même une petite fille. Mais si en apparence j’ai beaucoup de libertés, en réalité dans chaque album je cherche à attirer l’attention de mes parents.

    Ma mère et mon père n’ont pas la même autorité. C’est mon père qui prend les décisions les plus importantes, c’est lui qui donne son autorisation pour que j’aille au conservatoire apprendre le violoncelle.

    Ma famille est typique des années soixante, ma maman est très gentille et très douce et mon papa est le chef de famille .

    Mes aventures

    Dans chacun de mes albums le principe reste le même : j’explore une activité différente à chaque fois.

    Dans Martine à la montagne je pratique toutes les activités qui y sont proposées. C’est la même chose dans Martine au parc, je teste tout ce qu’on peut faire dans un parc, il en est ainsi pour chaque album.

    J’explore toutes les activités que peuvent faire les petites filles de mon âge : je m’occupe d’un bébé, quelle petite fille n’a jamais rêvé de s’occuper d’un vrai bébé ? Je fais de la danse, je joue de la musique, je fais du ski etc. Chacun des thèmes proposés reste bien ancré dans la "vraie vie", tous les événements sont ceux qui peuvent se produire chaque jour dans la vie d’un enfant.

    Dans mes aventures, je suis toujours accompagnée de mes amis, ou de mes camarades de classes, ou encore de mon frère Jean. Il y a toujours beaucoup d’enfants qui apparaissent dans mes histoires mais mes auteurs ne donnent jamais d’informations sur eux. Ils m’entourent, jouent avec moi et me parlent mais vous ne connaissez pas leurs prénoms ou alors quand leurs prénoms sont cités ceux-ci sont généralement communs, comme Emmanuel ou Cynthia... Ils ne sont là que pour me mettre en valeur, je suis toujours celle qu’on remarque et c’est pour cela que les autres enfants sont mis en retrait. On s’entend d’ailleurs tous bien, il n’y a jamais de disputes ou de jalousie, nos relations sont bonnes. Il en est de même avec mon petit frère Jean,on s’entend à merveille. D’ailleurs, les enfants ne sont jamais les mêmes d’un album à l’autre.

    J’entretiens aussi de très bons rapports avec la nature. Pour moi la nature est un élément important, elle est très présente dans mes aventures. J’aime beaucoup les fleurs et les animaux, j’adore aller à la mer, à la montagne, à la campagne ! La présence des animaux dans mon entourage est importante pour moi, c’est d’ailleurs pour ça que Patapouf m’accompagne dans toutes mes aventures. J’aime aussi rencontrer les animaux qui peuplent l’environnement de mes aventures, ainsi dans Martine à la montagne je fais la rencontre de Barbichette et d’une famille de cerfs. D’ailleurs dans mes histoires les animaux parlent !

    Les illustrations

    Dans mes albums, les illustrations ont une place importante. Elles prennent la moitié de la page à chaque fois. Tout d’abord les liens entre le texte et les images sont plutôt étroits, le texte reprend ce que montre l’illustration. On remarque que l’image prédomine sur le texte notamment parce qu’elle contient beaucoup plus de détails et que le texte se réfère sans arrêt aux images.

    Ensuite, l’image paraît plus travaillée que le texte, par exemple lorsque Marcel Marlier représente un animal il l’étudiera d’abord avec soin. Il commencera par l’observer longuement et le dessinera d’après modèle. Il dessinera des dizaines et des dizaines de modèles sur des grandes feuilles, ainsi les attitudes seront fixées et pourront être reproduites sans la présence du sujet.

    Marcel Marlier fait attention à chaque mouvement et pour lui le cheval est l’animal qui permet le mieux de comprendre tous les mécanismes de la morphologie. Mais, lorsqu’il s’agit d’insectes, mon illustrateur les capture avec délicatesse et les place quelques instants dans le réfrigérateur. Ses modèles engourdis, il peut enfin travailler.

    Les illustrations sont très réalistes, par exemple c’est sa résidence et son jardin de famille qui serviront de décor à plusieurs aventures. Mais les sources d’inspiration des lieux sont multiples. Parfois je m’aventure dans des paysages et des villes recomposées par Marcel Marlier, que les lecteurs du Nord de la France et de Belgique peuvent parfois reconnaître (comme Lille, Tournai, Bruxelles...).

    "Quand je dessine un paysage, je dois en être entouré, avoir la certitude de percevoir son odeur, éprouver le sentiment de frissonner sous le vent. J’ai toujours voulu illustrer des livres et faire en sorte que le lecteur croie à mes dessins. C’est toujours resté ma préoccupation." Marcel Marlier

    La composition est travaillée à la gouache. Une fois les esquisses préparatoires choisies, Marcel Marlier passe aux dessins définitifs, en tenant compte de l’espace que prendra le texte sur la page. Pour mon illustrateur cette étape est très rapide, elle ne dure que quelques jours.

    Les premiers albums ont été travaillés à l’aquarelle, technique ne permettant pas la retouche. Aujourd’hui, mon dessinateur utilise aussi bien la gouache, l’écoline, le crayon, l’aquarelle, les peintures à pigment comme l’acrylique. La technique de la gouache permet un travail plus rapide car le fond peut être modifié à tout moment et un élément peut être ajouté lorsque le dessin est terminé.

    L’image est utilisée pour que l’enfant s’intéresse à mon album. C’est pour cela que les dessins de Marcel Marlier sont réalistes et représentent fidèlement les détails de la vie courante.

    Les illustrations de mes albums sont très spécifiques et reconnaissables facilement notamment par les couleurs utilisées. Les couleurs sont vives et chaudes, mon illustrateur utilise beaucoup de rose et de bleu. Les couleurs sont agréables, les lumières sont très flatteuses, il y a un grand soin apporté aux décors et aux tenues des personnages.

    Les images ont un rôle primodial car elles font plus qu’accompagner le texte, un enfant peut se raconter l’histoire simplement à partir des illustrations. Et ce qui fait le charme de ces illustrations ce sont les petits détails qui y apparaissent régulièrement.

    Le texte

    Dans mes albums vous remarquerez que le dialogue a une place importante. Il y a beaucoup d’interventions au style direct ; elles prennent généralement plus de la moitié du texte et la séparation avec le reste du texte n’est pas marquée par rapport au ton utilisé. Le narrateur ne prend pas de recul face à l’action et il donne l’impression de ne pas savoir plus que les personnages. Il rapporte ce qu’il voit en utilisant le même langage que les personnages. C’est l’emploi systématique du présent qui renforce cette impression et qui rapproche encore un peu plus le lecteur de l’action et donne un ton vivant au texte.

    Le vocabulaire utilisé dans mes albums est très simple, rares sont les mots compliqués. Mes auteurs utilisent toujours le langage de la vie courante afin de rester assez proche du vocabulaire de l’enfant. Même si le vocabulaire de mes auteurs est commun, il reste toujours correct. Et, bien que ce soit des enfants qui parlent, ils ne font jamais d’erreurs de grammaire ou de prononciation, ils maîtrisent parfaitement la langue. La lecture de mes albums est donc accessible à tous les enfants grâce à la simplicité du langage utilisé.

    Mes albums ont aussi été conçus pour une lecture partagée avec les parents, c’est ce que prouve le ton qui relève de l’oral. Les valeurs positives

    Mes albums contiennent beaucoup de messages, les valeurs qu’ils véhiculent sont très positives. Ces messages expliquent aux enfants la manière dont il faut se conduire tous les jours. Comme je suis une petite fille modèle, que je possède toutes les qualités et que je sais toujours comment il faut agir, les petites filles n’ont plus qu’à appliquer, après la lecture de mes albums, mes bonnes manières. En effet, je ne fais jamais un pas de travers. Je suis bien élevée et ainsi j’ai de bonnes manières : je suis polie, je ne désobéis jamais, je ne fais jamais de bêtises, je suis toujours sage et j’agis correctement. Le mensonge est quelque chose que je n’aime pas, quand dans Martine fête maman je dois mentir à ma maman, il ne s’agit pas là d’un vrai mensonge puisque c’est pour lui faire une surprise ! Il en est de même pour le vol, dans Martine et le cadeau d’anniversaire je trouve une poupée qui devient très vite chère à mes yeux mais comme elle ne m’appartient pas, et que la culpabilité monte en moi je vais vite la rendre à son propriétaire. Il y a un grand nombre de valeurs comme celles-ci que nous apprenons aux enfants dans mes albums. De plus, je n’entre jamais en conflit que ce soit avec mes parents ou avec mes amis. Je respecte beaucoup mes parents et j’essaies de leur plaire tout le temps afin qu’ils soient fiers de moi. Il en est de même avec mes nombreux amis, je les respecte beaucoup et j’entretiens d’excellents rapports avec eux, on s’entend tous très bien, ils sont toujours gentils, il n’y a aucune jalousie ni aucune trahison. Mes albums véhiculent donc des idées très positives.

    Un monde trop idéalisé ?

    Il est évident que l’on peut reprocher à mes albums cette idéalisation qui fait qu’autour de moi tout est parfait. Le ciel est toujours bleu, et tout le monde est gentil. Il n’y a jamais de problèmes.

    Mes auteurs veulent se rapprocher des enfants en me faisant vivre les aventures dont ils rêvent mais, parce qu’ils veulent se rapprocher des enfants, ils s’en éloignent. Bien sûr que tous les enfants rêvent d’une vie comme la mienne, mais celle-ci ne démontre pas la réalité. Mes albums ne traitent jamais de problèmes sérieux, alors que la réalité c’est aussi : la mort, la douleur, le chagrin, le divorce, l’intolérance et les différences. Je vis dans un monde parfait, où il n’y a jamais de réflexion profonde sur des problèmes qui touchent souvent les enfants : moqueries, méchancetés, mises à l’écart. Tous les personnages illustrés dans mes albums sont des bons Européens du Nord, on ne voit jamais dans les illustrations un enfant Africain, Asiatique... Tout le monde accepte tout le monde, alors que ce n’est pas comme cela que ça se passe tous les jours. Toute ma classe et moi la première accueillons très chaleureusement Cynthia, la nouvelle, sans aucuns problèmes et sans lui poser aucune question.

    Il en est de même face aux rapports que j’entretiens avec mon frère Jean, on s’entend à merveille, nous parlons correctement et nous ne nous disputons jamais. La réalité c’est que les frères et soeurs même s’ils s’aiment forts se disputent très régulièrement, et c’est justement ces disputes qui les rapprochent.

    Tous les enfants sont mes amis et tous m’adorent. Avez-vous déjà rencontré un enfant adoré de tous ? Peut-être une fois, mais c’est très rare, les enfants sont souvent méchants entre eux et ne sont pas rares ceux qui se retouvent seuls, exclus par les autres. Les enfants sont terribles entre eux mais ce n’est pas cette image qui est montrée dans mes albums.

    Même si beaucoup de petites filles m’adorent je comprends qu’il y’en ait beaucoup qui me détestent, un monde si parfait si beau où le ciel est toujours bleu, un cadre idyllique où chaque chose est à sa place. Cela peut vite agacer !

    Il y a d’ailleurs beaucoup d’invraisemblances notamment lorsque je dois m’occuper seule de mon petit frère de 13 mois dans Martine petite maman alors que j’ai à peine 10 ans, mais pas de problèmes, je m’en sors bien dans toutes les situations.

    Bien que mes auteurs à travers mes albums essaient d’éduquer les enfants en leur apprenant les bonnes manières, ils véhiculent une idéologie qui donne de la femme une image toujours identique et dévalorisante. Je suis très présente dans les tâches matérielles. Dans Martine à la maison par exemple, je suis chez moi avec mon frère Jean, mes parents sont partis pour la journée. On est tous les deux et on s’ennuie alors je décide de faire le ménage, je nettoie toute la maison de fond en comble. Sérieusement, vous connaissez beaucoup d’enfants qui réagissent comme cela ? Les parents sont absents, les enfants s’amusent, ils ne font pas le ménage !

    Une atmosphère de rêve...

    Mes auteurs ont voulu plaire le plus possible à l’enfant et ils ont cherché à le rassurer. Le monde dans lequel j’évolue est celui dont rêve tout jeune lecteur, mes histoires le confortent. Le cadre de vie, les personnages, les paysages, les couleurs, tout baigne dans une atmosphère de rêve.

    Avec de tels ingrédients, le charme ne peut qu’opèrer , et c’est justement ce que recherchaient Gilbert Delahaye et Marcel Marlier en me créeant !

    Confidences de Martine à Machenka VANDENBERGUE

    L1 HSI

    UFR Langues et Culture Antiques

    Décembre 2006

    Post-scriptum

    Bibliographie

    Martine à la ferme - Martine à la mer - Martine au cirque - Martine à la foire - Martine fait du théâtre - Martine à la montagne - Martine fait du camping - Martine en bateau - Martine et les quatre saisons - Martine à la maison - Martine au zoo - Martine en avion - Martine monte à cheval - Martine au parc - Martine petite maman - Martine embellit son jardin - Martine fait de la bicyclette - Martine petit rat de l’opéra - Martine à la fête des fleurs - Martine fait la cuisine - Martine apprend à nager - Martine est malade - Martine chez Tante Lucie - Martine prend le train - Martine fait de la voile - Martine et son ami le moineau - Martine et l’âne Cadichon - Martine fête maman - Martine en montgolfière - Martine à l’école - Martine découvre la musique - Martine a perdu son chien - Martine dans la forêt - Martine et le cadeau d’anniversaire - Martine a une étrange voisine - Martine,un mercredi pas comme les autres - Martine,la nuit de noël - Martine va déménager - Martine se déguise - Martine et le chaton vagabond - Martine il court,il court le furet - Martine l’accident - Martine baby-sitter - Martine en classe de découverte - Martine, la leçon de dessin - Martine au pays des contes(+ Spécial Anniversaire) - Martine et les marmitons - Martine fête son anniversaire - Martine en voyage - Martine fait ses courses - Martine en bateau - La surprise - L’arche de Noé - Martine Princesses et Chevaliers (+Edition Luxe)-

    et Martine al’cinse en ch’ti !

    Documents

    Mon premier album, 16 décembre 2006, JPG 13.6 ko, 162 x 200 pixels

    Notes de bas de page

    [1] CASTERMAN publie des ouvrages jeunesses et propose de nombreuses collections pour les enfants de 18 mois à 13 ans. Se spécialisant vers le jeune public, cet éditeur publie également des séries comme "A la queu leu leu" ainsi que ma série "Martine".