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PIF LE CHIEN à Stephen

Un destin magique
 
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    EDITORIAL

    Ce mois-ci, nous vous proposons un article spécial Pif. Nous croyons qu’il n’est plus besoin de le présenter, ou presque, ou peut-être que si. En fait, que vous soyez passionnés, initiés ou novices, ce numéro est pour vous. Une sorte d’hommage ordinaire pour un personnage extraordinaire. Car une feuille blanche n’est rien, mais les lignes d’un destin unique font qu’elles deviennent magiques. Notre ami Pif fait partie de ces destins magiques.

    Pim, Pam, Poum.

    MA JOURNEE DE PIF

    Pif a eu la gentillesse de nous conter sa journée...

    Glop, glop, glop, pas glop, pas glop

    (JPG)

    « Il est déjà l’heure de se lever. C’est vrai qu’hier j’avais programmé le réveil Pifou. Je me souviens que j’ai une interview ce matin. Le magazine Wofci m’a contacté pour une rétrospective de ma vie. Ces trucs là c’est comme les césars d’honneur, ça vous dit que le bon vieux temps est fini et ça vous dit aussi que le futur va vite se conjuguer au passé. C’est bon pour la nostalgie, mais j’ai promis au rédacteur en chef Rahan de faire cette satanée interview. Rahan depuis qu’il a quitté la jungle, a troqué son collier avec des dents contre une cravate, son couteau contre un attaché case, et ses abdominaux contre une bedaine (faute au menu de dicentime, dit-il).

    Assez rêvassé, je me lève. Il faut que je me prépare ou sinon je vais être en retard !!!

    Je suis en retard ! Ce maudit minou miteux d’Hercule a eu la mauvaise farce de poser le gadget de la mygale à poils durs au milieu de la salle de bains. Il m’a fallu 20 minutes et cet immobilisme énigmatique de la bête pour m’apercevoir qu’elle était fausse. On n’est jamais trop sûr...

    Il est 10h30 et je me situe plus qu’à une centaine de mètres des bureaux de Wofci, d’ailleurs, j’arrive à voir le concombre masqué qui fait la garde inconnito devant l’entrée.

    La salle qui suit le hall est immense, elle ressemble à une grande forêt presque vierge. Je rejoins Hercule, assis sur une souche d’arbre, après qu’il ait dû traverser un lac infesté de piranhas à l’aide d’une liane ; Merci Rahan !

    Ma première pensée est d’étrangler ce chat de gouttière ; ma seconde est de m’asseoir. Soyons sage...

    INTERVIEW DE PIF PAR SON AMI HERCULE

    (JPG)

    Hercule : ... ?

    Pif : ... !

    H : oui bon, ça va...si on peut plus rire !

    P : c’est pas la mygale qui m’a rendu d’humeur exécrable, mais parce-que c’est toi qui me donne l’interview.

    H : consigne du chef Rahan, il pense que je suis le mieux placé pour te questionner. On y va !

    P : allons-y !

    H : quand es-tu né ?

    P : je suis né le 28 mars 1945 en noir et blanc. Ma couleur actuelle viendra plus tard. Je suis apparu dans un journal qui s’appelle « l’ Humanité » puis « l’Humanité du dimanche ». Je n’oublie pas non plus que je descends d’un autre personnage nommé « Top », qui est en réalité mon second père. Il est apparu dans les journaux espagnols. Par la suite, je l’ai remplacé.

    H : parle moi de tes pères...

    P : c’est un sujet assez compliqué, je m’explique. Je dirais que j’ai eu un père, « Top », et un père créateur nommé Jose cabrero Arnal. Par la suite, j’ai eu des pères adoptifs.

    Arnal est né le 7 septembre 1909 à Barcelone, et s’est passionné pour le dessin depuis son plus jeune âge. Il fut cependant apprenti menuisier ébéniste puis mécanicien sur des machines à calculer. Il commença sa carrière de dessinateur dans la revue KKO e POCHOLO avec « Guerra en el pais de los insectos ». Puis d’autre héros comme « Paco Zoumba » et « Castarilla détective ». Après avoir enfanté de « top », il se dirigea à la fin de la guerre (1945) en France, et plus précisément à Paris. En cette année, le journal L’Humanité eut besoin d’une petite bande dessinée humoristique et quotidienne. Comme les belles découvertes sont dues au hasard, Arnal eu l’occasion de me créer. On connu un succès immédiat. Etant un dessinateur confirmé, cela facilitait les choses.

    Il s’exerça aussi sur des travaux de genres différents dans la bande dessinée et dans la publicité. Il créa mes amis Placid et Muzo, Gagman, Pince sans rire, ou encore Clapinet et le petit canard, et bien sur toi mon cher Hercule. Il était aidé par Pierre Olivier car il écrivait tout ses dialogues en vers. Dès la fin des années 60, malade et fatigué, Arnal abandonne la série à Roger Mas, Louis Cance et Yannick. Arnal meurt le 7 septembre 1982 à Antibes, le jour de ses 73 ans. Spécial comme cadeau d’anniversaire ! Roger Mas et les autres sont donc des sortes de pères adoptifs. Avant de s’occuper de moi, Mas était sapeur pompier à Paris. Il a repris la série de L’Humanité et a dessiné plus de 11000 planches dans le quotidien. Surtout, il me fit un fils, Pifou, qui est toujours accompagné de Brutos. Il créa aussi Léo le Léopard, obsédé par l’évasion du zoo où il est retenu. Mais était le plus comique de mes pères. Louis Cance a eu pour effet de me moderniser. Il a travaillé dans la presse enfantine avant de me dessiner à partir de 1967. Enfin, n’oublions pas mon grand ami Hercule ! Yannick, qui abandonna son appareil photo pour nous dessiner dans des histoires très dynamiques jusqu’en 1976. A partir de là, il arrêta de me dessiner pour se consacrer entièrement à toi, hercule !

    H : il a su déceler cette immense talent qui éblouissait aux yeux de tous.

    P : Oui mais à ce moment c’est surtout la salive qui se projette de ta bouche qui m’éblouit. Allez, continue.

    H : la jalousie n’a jamais été bonne conseillère Pif, tu devrais le savoir. Dis-moi, qu’elle était le contexte social à cette époque ?

    P : disons que le journal L’Humanité se servait de moi pour la dénonciation des injustices de l’époque : la faim, le manque de logements... Ce combat enchantait Arnal car, lorsque Franco prit le pouvoir en Espagne, mon père, combattant des milices républicaines, a dû se réfugier en France en 1938. Mais il fut capturé et déporté par les nazis à Mauthausen. Il s’intéressait donc à ces problèmes. Puis, il y a eu la période « Vaillant » qui s’est nommé ainsi avec l’aide de la jeunesse communiste. Le nom du journal était auparavant Le jeune patriote. La une du premier numéro était quatre fantassins qui plantent des drapeaux des alliés faisant voler en éclat une croix gammée. Dans les premières parutions, la bande dessinée ne représente qu’un quart de l’ensemble. Le journal s’installe, se développe avec une équipe d’hommes et de femmes issus de la résistance. Dans le journal, au cœur de la guerre froide, la rédaction souligne les dates qui lui semblent importantes. Elle évoque aussi l’effort de la reconstruction : la colonisation. Le journal dresse le portrait de Gagarine, donne la parole à Picasso, se penche sur l’histoire, les mines, les révolutions. Malgré cela, aucun historien ne définit Vaillant comme un organe officiel du PCF, même si il y a eu certainement quelques directives de ces derniers. Au départ, le magazine était teinté d’engagement, avec une intention d’éduquer. Les héros affichaient une physionomie morale reconnaissable. Par la suite, le journal s’est orienté vers le divertissement pur, mais demeurent toujours des valeurs fortes et rassembleuses. La problème venait de « Cours Vaillants », hebdomadaire lancé le 8 décembre 1929 par un groupe d’ecclésiastique, qui traitait le journal Vaillant de « nazi et de fasciste rouge ». T’imagines mon cher Hercule, nous, des nazis ! Une chose est sûre, eux, ce sont des idiots.

    H : sur ce point au moins, nous sommes d’accord. De quelles qualités physiques et morales as-tu été doté ?

    P : comme je l’ai dit auparavant pour Vaillant, j’ai été doté de valeurs fortes et rassembleuses. Mis à part ça, tout le monde peut s’identifier à moi car je n’ai rien de particulier. Physiquement, j’ai une allure anthropomorphe et mise a part ça je suis assez banal.

    H : je compatis, Pif, le magazine ne pouvait faire qu’un seul héros d’exception, et...

    P : HERCULE !!!

    H : d’accord, d’accord, explique-moi maintenant qui sont tes compagnons.

    P : pour la peine, je finirai par toi, minou mégalo. Alors il y a tonton, c’est le travailleur. Il est assez brutal et ne craint rien au monde hormis le percepteur et sa tyrannique épouse. Tata, la femme de tonton, a été dotée d’un caractère effroyable, souvent accompagnée de son redoutable rouleau à pâtisserie, qui a pétri sculpturalement mon fessier... Pour finir la famille, il y a Doudou accompagné de son unique cheveux sur la tête, qui est plus mon ami. Ensuite il y a Pifou, mon fils, la jeune génération n’est pas trop au courant de notre parenté, et pourtant ! Je n’ai malheureusement plus le nom de la chienne à qui j’ai rendu hommage. J’ai caché mon fils au départ, dans le huitième fourré à gauche du jardin de tonton. J’ai été mis à jour suite à une histoire de disparition de vivre dans le garde-manger. Le fruit de mes amours pifesques sera découvert. Pourquoi l’avoir caché ? Je ne sais toujours pas, la peur peut-être. Pifou a toujours été déluré, en me taquinant à tour de bras, et a toujours témoigné beaucoup d’antipathie pour les chats, surtout pour toi mon pauvre hercule !

    H : encore d’accord, mais ne crois pas que ça va devenir une habitude.

    P : au début, Pifou avait au sens propre, la grosse tête. Celle-ci s’est réduite par la suite. Ensuite, je ne sais par quelle maladresse, je n’ai pu apprendre à Pifou à parler correctement. Il ne s’exprime que par des « glop » quand il approuve ou des « pas glop » quand il est d’humeur négative. Au début cela m’inquiétait, et j’ai dû faire des efforts insensés pour l’obliger à faire des phrases intelligibles. J’ai même été jusqu’à être menaçant. Mais j’ai du me résigner. Par la suite, Pifou a pris son indépendance avec son ami Brutos qui est plus vieux que lui. Brutos dans les gags, prendra en charge l’essentiel des dialogues. Ils iront à la plage l’été, où paradoxalement ils se vêtiront, et l’hiver, ils se livrent à des jeux de neige. Enfin, Hercule...

    H : j’ai bien cru que tu n’y arriverai jamais.

    P : ...est un chat de gouttière, qui est fait pour former avec moi un couple « antagoniste/protagoniste ». Voilà.

    H : ? Voilà ! C’est tout ?

    P : oui.

    H : t’en racontes encore plus sur tata que sur moi ! Pif, tu peux pas me faire ça !

    P : pourquoi pas ?

    H : mais...mais...pense à tes fans, ils veulent tout savoir sur toi, tout ! Tu risque d’en décevoir beaucoup.

    P : surtout toi. Bon, Hercule m’a été associé en 1950. Hercule est un chat noir, taquin et bagarreur, et portant un pansement en croix sur le museau. Il a toutes les caractéristiques du voyou sans scrupules.

    H : mais je t’en prie !

    P : l’essentiel de son rôle consiste à tenter de me piéger. Mais au fil des numéros et du temps, Hercule a quelque peu perdu son statut d’ennemi et agit le plus souvent comme un proche.

    H : t’es malade ?

    P : de temps en temps, on fait les quatre coups ensembles  !

    H : de temps en temps, d’accord, je l’admets.

    P : d’ailleurs tu as fini par avoir ton propre magazine : « super hercule » qui, je dois le dire, est un plagiat de mon magazine.

    H : on dira que mon magazine est une formule fortement réhaussée qualitativement de ton journal.

    P : arrête ! tu as même copié le gadget...

    H : oui bon, passons. Raconte-moi les grandes lignes de nos ...heu... tes aventures.

    P : Il y a donc Tonton, Tata, Doudou, Hercule et moi. On forme une famille assez complexe. Pour être clair, avec Doudou je fais les quatre cent coups, malgré le risque de me faire botter le train par tonton. Avec ça, toi, Hercule, tu viens toujours pointer le bout de ton museau dans nos histoires pour en tirer parti. J’avoue que plus d’une fois tu as réussi, mais aussi échoué. Doudou n’est pas toujours très fiable, et nous a déjà trahi, puis Tonton et Tata ont aussi des alliances, même l’un contre l’autre. Il y a beaucoup de combinaisons possibles.

    H : et t’a-t-on critiqué ?

    P : houlà...beaucoup de fois. Tellement que je ne peux pas me souvenir de tout. Mais quand on pense que l’URSS, jusqu’en Janvier 1966, refuse Pif le chien, prétextant que j’étais accusé de : « publier des histoires de cow-boys, de superman, de chercheur d’or, de montrer des assassinats et des coup de feu et provoquer des intérêts malsains chez les jeunes lecteurs. » Ils ont menti à une période où l’impérialisme pesait lourd. Par contre, les hebdomadaires soviétiques n’avaient aucune vergogne à pirater, sans payer le moindre droit, les bandes dessinées du journal. Dans un autre genre, dans un de mes gag, on a cru reconnaître Henri Krasuski dans un perroquet qui se nommait Radinski. Beaucoup de gens disaient que c’était une gaffe antisémite, si, permettait moi d’ajouter, il est déjà bizarre de coller gaffe avec antisémite. J’ai fait paraître mon droit de réponse au numéro suivant.

    H : maintenant dis moi quelle est ton évolution ?

    P : comme je l’ai déjà dit, j’ai commencé à être publié par le journal L’Humanité en 1945. Durant sept années j’ai appris à être mon personnage. En 1952, j’apparais pour la première fois dans Vaillant, au numéro 397, et en couleur. Quelle évolution pour ma carrière, j’en tremblait de partout ! Le magazine était déjà très connu. Puis malgré que les cases de ma bande dessinée paraissaient un peu vides, les lecteurs ont vite accroché sur le style arrondi et les couleurs qui donnaient un air de gaieté. A ma grande surprise, à partir de là, je deviens le personnage phare d’un des plus gros hebdomadaires de BD. Dans ce magazine, je partageais les pages avec mes amis « Corrine et Jeannot », « Placid et Muzo », « Arthur le fantôme » et tant d’autres. Malheureusement, en 1965, une sérieuse crise menace le magazine. Les ventes ont commencé à chuter dangereusement. Je me souviens qu’avec Tata, on déprimait en voyant les tirages diminuer. Elle n’avait même plus envie d’utiliser son rouleau pour nous punir, c’est tout dire ! Puis un jour, au travail, on vient m’annoncer que Vaillant allait disparaître. Sur le coup, je me suis senti mal, comme si je tombais dans un trou sans fond. Mais quand ils m’ont dit que dorénavant, le magazine s’appellerait Vaillant-le journal de Pif, là mon corps se déchira en deux. Un morceau n’en revenait pas : l’histoire continuait encore un peu, il nous restait tous une chance de s’en sortir ; mais l’autre morceau continua à tomber. La pression était maintenant sur mes épaules. C’était assez dur à porter, et je faillis refuser. Mais quand je regardais mes camarades, je me disais que je n’avais pas le droit de les décevoir. Quand j’acceptai, le Concombre masqué se démasqua et Rahan poussa son cri de la jungle. Tout le monde y alla de son petit geste.

    H : je n’en souviens, sous l’émotion, Tata écrasa le nez de Tonton avec son rouleau à pâtisserie et Tonton, sous la douleur, ne trouva rien d’autre que prendre le cheveux à Doudou qu’il se mit à tirer dans tous les sens.

    P : oui, je crois que les personnes présentent à ce moment n’oublieront jamais.

    H : c’est sûr. Donc le magazine prend à partir de là le nom de Vaillant-le journal de Pif. Raconte-nous la suite.

    P : Le journal commença le 4 avril 1965. C’était à la fois stressant mais très excitant. Mon nom à la une du magazine était quatre fois plus grand que celui de Vaillant. De plus, le tirage revint à la hausse. Ce fut la fête au bureau. Dans l’euphorie, Rahan ne reconnut pas le Concombre masqué et en croqua un morceau ! Lorsqu’il s’en rendit compte, il courut aux toilettes et on ne revit plus ce malheureux de la soirée. Le lendemain, il nous avait dit qu’il n’avait rien goûté d’aussi immonde et qu’il préférait mieux manger un fennec cru enragé. On continua sur ce format pendant quatre ans. Pendant cette période, je pris encore plus d’importance. Arriva l’année 1969. Comme tout le monde fit sa révolution, j’ai voulu en faire autant. On trouva une idée qu’on allait lancer avec le magazine en février 1969 : le gadget. Le nom du magazine sera désormais Pif gadget. Bien sur, cela comprenait un certain risque, car on a dû passer de 1 Franc vingt à deux francs le magazine. Une hausse de 60% ! Cela permettait de miser et sur mes histoires, et sur les gadget pour augmenter les ventes. On a dû plastifier le magazine pour protéger le gadget. Un an après, le magazine coûtai deux francs cinquante. Par la suite, le gadget vint de plus en plus important. Dans le numéro d’octobre 1979, il y avait un vrai microscope grossissant 45 fois. Les gadgets alterneront entre magie, science et nature. Il y aura même des jeux concours sur plusieurs semaines. Tout ceci pour fidéliser au mieux les lecteurs.

    H : quels gadgets ont beaucoup fait parler d’eux ?

    P : dans pif gadget numéro 416, c’était une vrai lunette astronomique, et je peux te dire que le numéro est parti comme du petit pain ! On nous a trop reproché d’augmenter le prix du magazine, mais avec des gadgets aussi fabuleux, quoi dire ? Le numéro 536 avec un passage désormais à 68 pages et le gadget de la fusée à compression faisait six francs. Je tiens à signaler aussi que nous avons fait un référendum du numéro 496 à 499 pour que les lecteurs puissent choisir entre trois gadgets : un vrai magazine démocratique !

    H : alors pourquoi as-tu arrêté ce magazine ?

    P : beaucoup de gens m’ont posé la question. Tout d’abord, j’aimerais préciser que Pif gadget a changé de nom en 1982. Il ne s’appelle alors plus que Pif. Ensuite, il faut remonter à l’année 1985 pour commencer à entrevoir des signes de fragilité. Le tirage du journal a subi un net recul, 235 000 exemplaires alors que peu avant on été à 500 000 exemplaires. La qualité, je l’avoue, du journal s’en ressentait. Les bandes dessinées étaient des rééditions , des achats de séries extérieures comme Boule et Bill, Gaston lagaffe, ou Lucky Luke. Les années qui vont suivre ne vont pas s’améliorer. En 1991, le tirage atteint 130 000 exemplaires. Cette situation va dégénérer en 1992 où le tirage dégringole avec 77 000 exemplaires. A partir de là, c’est la chute. Les ventes dégringolent, le journal perd de l’argent et les investissements dans la recherche de nouveaux gadgets n’est plus à l’ordre du jour.

    H : je vois, c’est un cercle vicieux. Et comment ça a fini ?

    P : en 1992, le dépôt de bilan guette. Le magazine s’arrêtera de Juillet à Octobre pour une mise en liquidation judiciaire avec une perte de 10 millions de francs. Alors que l’on avait été acheté en 1982 par le groupe Messidor, rassemblant les maisons de presse communistes, en 1992, on a été rachetés par Jacques Henri W. en pensant que ça allait nous aider. Mais j’ai cru fondre sur place quand il proposa un plan qui se traduisait par décimer notre effectif de 220 à 85 salariés. Peu après, il fallait qu’on se rende à l’évidence que le gadget coûtait cher. On le supprima alors. Avec le numéro 1229 en février 1993, on arriva à multiplier le prix par trois, pour en arrivé à trente francs. J’en avais honte. Comme on pouvait s’y attendre, on a déposé le bilan juste après avoir encore une fois changé de formule pour Pif découverte qui ne dura que trois numéros.

    H : bon, il est midi mon Pif, et je commence a avoir sacrement les crocs. A entendre ton estomac, je pense que tu me suis ?

    P :laisse, je t’invite. Ca te dit un menu a dicentime ?aujourd’hui c’est salade fantôme au foie gras préparé par Arthur, omelette au Muzo concocté par Placid , et au dessert il y aura du concombre masqué flambé.

    H :Allons goûter tout ce que nos amis font de bon. Rahan m’en dit que du bien.

    P :Bon, voilà une bonne chose de faite.

    H :pif , je voulais savoir. Est ce que tu n’es pas un peu nostalgique du bon vieux temps ? C’étaient de belles années.

    P : Tu sais, je n’ai toujours pas arrêté.

    H : qu’est ce que tu me racontes ?

    P : Je n’ai toujours pas oublié les valeurs que représentaient nos magazines. Disons que je continue la bataille, quelques numéros sont sortis épisodiquement . Mais surtout j’ai toujours laissé ouvert un service abonnement, donc je continue toujours, pas de retraite pour moi

    H : Là, je te reconnais . allez, on y va.

    P : c’est parti !

    Dossier réalisé par Stephen CANINI

    L1 HSI

    UFR Langues et Culture Antiques

     [1]

    Documents

    , 8 mars 2007, JPG 4.9 ko, 120 x 135 pixels

    Forum de l'article : 3 contribution(s) au forum

    PIF LE CHIEN à Stephen, 12 décembre 2007
    Bon article présenté de maniere ludique. Merci pour ce travail qui m’a bien aider a compléter mon TPE. Hector, éléve au ly cée européen de villers-cotterêt
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    PIF LE CHIEN à Stephen, 3 mars 2007
    Excellent travail, j’ai appris beaucoup de choses sur pif le chien ! c’est le meilleur travail du site, parce que franchement Alice aux pays des merveilles, c’est pas terrible !! Bonne continuation.
    PIF LE CHIEN à Stephen, par Christian Loock, 8 mars 2007
    Tu peux aussi lire Pif à Aurélie, les deux travaux présentés de manières différentes se complètent bien.
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    Notes de bas de page

    [1] BIBLIOGRAPHIE WEBOGRAPHIE

    -  www.wikipédia.fr
    -  articles du journal L’Humanité
    -  site Internet d’actua B.D
    -  site Internet de Vaillant
    -  site internet www.pif-collection.com (beaucoup de sources sur ce site)
    -  + beaucoup de petits sites ou forums comme Les chiens de B.D