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Wolf Erlbruch, un philosophe au pinceau d’or

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    « Erlbruch », qui n’en a jamais entendu parler ? Wolf Erlbruch est aujourd’hui un des auteurs - illustrateurs parmi les plus connus. Il innove encore et encore en nous proposant des albums pour les petits enfants toujours un peu plus remarquables.

    C’est en Allemagne, à Wuppertal qu’est né ce prodige. Passé l’Eole Folkwang de Création Artistique d’Essen-Werden où il étudie le dessin, Erlbruch travaille ensuite, comme illustrateur pour des maisons d’édition et des agences de publicité. En 1990, il est nommé professeur. Il travaille quelques années plus tard en tant que titulaire de la chaire d’illustration de la BerhischenUniversität Gesamthochscule de Wuppertal.

    Auteur de certains de ses albums, il est édité en France depuis 1993. Traduit dans plus de vingt langues, il est considéré aujourd’hui comme l’un des grands illustrateurs de notre époque.

    (JPG)

    C’est avec l’illustration de De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, en 1993, que le public français découvre l’originalité et la vitalité du trait d’ Erlbruch, et l’ouvrage se voit doublement couronné du prix du Cercle d’or jeunesse 1993 et du prix Sorcières 1994. Il s’est également vu attribué en 2003 le prestigieux prix Gutenberg. Cet incomparable illustrateur est l’auteur de La Grande Question, Léonard, Allons voir la nuit et illustrateur,entre autres de L’Atelier des papillons ou Moi, Dieu et la Création, albums tous aussi prisés les uns que les autres. Etre édition, La joie de Lire ou même Rouergue ne se s’y sont pas trompés en éditant les œuvres de cet unique « homme aux mains d’or ».

    C’est à travers des images fantastiques, humoristiques et cocasses en totale adéquation avec le récit, alliant souvent dessins et collage que cet allemand aborde des sujets bien souvent délicats, comme le deuil, la vie et la mort. Ses sujets sont d’autant plus délicats qu’ils sont destinés aux petits enfants, mais Erlbruch, par une simplicité, une drôlerie et une tendresse fascinante réconforte le lecteur qui prend plaisir à tourner chaque page de ses albums.

    L’univers développé par Erlbruch, Wolf de son prénom, est un univers qui ne peut que plaire aux enfants. Ses livres sont truffés de personnages grotesques et attachants, dont les aventures dépassent les frontières de la trop sérieuse réalité. Il propose aux enfants une réflexion « ludico - philosophique » . La plupart de ses discours, qu’ils soient graphiques ou narratifs mènent l’enfant envahi de questions sans réponses sur le chemin d’une réflexion humaniste et philosophique. Il donne à relativiser les « malheurs » de la vie, le sens que l’on donne à la vie et le monde qui nous environne.

    «  En multipliant les approches et en les montrant, j’interroge la diversité de la vie en la considérant vraiment comme la normalité  » (W. Erlbruch).

    (JPG) Dans son album jeunesse La Grande Question, destiné aux enfants de 6 ans, Erlbruch donne naissance à plusieurs personnages, tous aussi inattendus les uns que les autres. Chaque personnage répond à la question de la vie et de la mort posée par un personnage que l’on ne voit pas (à moins qu’il ne s’agisse de l’enfant qui apparaît en couverture). Ainsi, chacun apporte son point de vue et donne une raison d’exister à l’autre. L’enfant peut ainsi répondre lui-même. Et si l’essentiel était d’aimer et d’être aimé par nos proches ?

    C’est par le biais d’illustrations superbes et d’une écriture poétique, que ce prodige aide les tout petits à répondre à des interrogations philosophiques aussi sérieuses que celle-ci de façon humoristique, douce, belle et profonde. La grande question a par ailleurs plu aux plus « grands enfants », puisqu’il a été récompensé du prix Pitchou et aussi du prestigieux prix Bologne 2004, celui du plus grand salon du livre jeunesse européen.

    Ce philosophe au pinceau d’or est un de ces rares auteurs qui réussit magnifiquement bien à comprendre, à ressentir les angoisses enfantines, à les réconfortant tout en les faisant rêver, les émerveillant toujours un peu plus par des dessins fantastiques. C’est à se demander si Erlbruch n’est pas le petit papa qui essaye d’expliquer le plus tendrement possible la vie à tous ses petits enfants auxquels il s’adresse avec amour... Aurait-il gardé son âme d’enfant ?

    Hâtons nous de découvrir très prochainement Les dix petits harengs, un de ses derniers albums et d’avoir entre les mains La canard, la mort et la tulipe, un album récemment paru, destiné aux plus de 6 ans dans lequel Erlbruch aborde le thème de la mort en mêlant si bien philosophie, tendresse et beauté de l’image et du texte.

    « Cette représentation de la mort a quelque chose de touchant, d’enfantin. Elle se promène avec sa tulipe noire et aborde en douceur le canard. »(croqu’livre).

    Cet homme n’a pas fini de nous surprendre, et de colorer de mille couleurs le monde et les angoisses enfantines ... (JPG)

    Alice Mochez

    DEUST II Métiers des bibliothèques et de la Documentation 2007