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La parodie de fantasy

 
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    La fantasy parodiée est un genre qui connaît un certain succès ces dernières années, avec un nombre accru d’ouvrages étant publiés désormais, tel le récent Kaamelott ou d’autres bandes dessinées parodiant cet univers. Ce genre permet de parodier la fantasy, de la tourner en dérision. Cela est fait avec un ton décalé, des situations cocasses, mais tout en conservant néanmoins les caractéristiques essentielles de la fantasy afin de bien les identifier. Ainsi, l’atmosphère, l’ambiance et les représentations illustrent malgré tout le genre fantasy. Pour représenter cela au sein de ce devoir comparatif, j’ai sélectionné trois ouvrages différents, à savoir Lord of the ringards, une parodie du mythique Seigneur des anneaux, la bande dessinée Le donjon de Naheulbeuk qui parodie l’univers des compagnies de héros, et enfin l’album jeunesse L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau.

    BEARD, Henry N., KENNEY, Douglas C. Lord of the ringards. Montreuil sous Bois : Bragelonne, 2001. 193 p. : couv. ill. en coul. ; 13 x 20cm. (BMP)

    ISBN 2-914370-69-5 (broché)

    L’ouvrage : Lord of the ringards est un roman parodique de l’univers de Tolkien, et qui ne s’en cache pas ! Les personnages sont en effet aisément reconnaissables malgré des noms modifiés. Cet ouvrage peut être lu sans problème vers 12/13 ans. Il réunit tout les éléments de la fantasy, le cocasse en plus, les divers personnages se montrant tous plus ou moins incompétent et se retrouvant dans des situations hilarantes.

    Lord of the ringards : Un beau jour, le magicien Grandpaf vient quérir le grossbit Fripon afin de lui confier l’anneau magique du maléfique Salkon. En effet, Fripon se voit obliger d’aller le détruire s’il veut sauver les « Paires du milieu » de l’emprise du sombre magicien et de ses fils les Nazbroks, serviteurs de l’anneaux. Accompagné de ses nombreux compagnons dont Jetli le nain et Degolas l’elfe, ainsi que du fameux Houlécorn fils d’Amoilpopcorn (surnommé également Glande-Pas), il prend la route du Mordom. Suite à des combats face à des porks et à la mort de Morderir (qui finit empalé sur ses propres chaussures à pointes), le groupe se voit dans l’obligation de se séparer, et de laisser Fripon et son ami Cam partir seuls vers le Mordom, guidé par Golmon, la créature qui fut pervertie par l’anneau. Heureusement, après de nombreuses péripéties, et accessoirement d’autres morts, combats et autres, l’anneau finit par être détruit et permet la chute de Salkon et de son royaume. Une fois cette aventure bouclée, la vie put reprendre son cours normal : Houlécorn épousa la belle Eolienn, princesse du Rotan (après avoir éliminé son rival Forsdelax) et accéda au trône du Gondol, Grandpaf reçu une forte somme d’argent et enfin les Grossbits les remerciements royaux via une poignée de main.

    LANG, John, POINSOT, Marion. Le donjon de Naheulbeuk : Première saison, partie 1. Allauch : Clair de lune, cop.2005. 48p. : ill. en coul., couv. ill. coul. ; 32 x 22cm. (BMP)

    ISBN 2-913714-67-6 (broché)

    L’ouvrage : Le donjon de Naheubeuk est une bande dessinée parodiant également l’univers de la fantasy. Il est tiré à l’origine de sketches à écouter, qui retrace les aventures au sein d’un donjon d’une compagnies de héros. Cette BD convient parfaitement à des lecteurs de 12/13 ans.

    Le donjon de Naheulbeuk : Face au donjon de Naheulbeuk, une compagnie de héros se retrouve afin de récupérer une statuette et ainsi permettre l’accomplissement d’une prophétie. Composée de sept compagnons (un ranger, un barbare, un ogre, un nain, une elfe, une magicienne et un voleur), la petite bande s’engage dans le donjon en espérant accessoirement ramasser pas mal d’argent. Mais très vite des problèmes surviennent : haine ancestrale entre le nain et l’elfe, magicienne incompétente, à l’image de la majorité de la troupe. Et cela se vérifie au fil de la progression, il n’y a aucune coordination dans les attaques contre les orcs et les gobelins, l’elfe tire sur le voleur et le barbare tape à tout bout de champ sur le nain dès qu’il émets une opposition. Suite à plusieurs combats, au pillage d’un magasin et à la rencontre avec un troll, les « héros » se retrouve à une taverne dont il ignoraient l’existence et qui pourtant est réputée dans la région. C’est sur cet épisode et sur la décision commune de s’y reposer que se termine la première partie de cette aventure.

    CORENTIN, Philippe. L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau. Paris : L’école des loisirs, D.L. 1997. non paginé : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 19 x 31cm. (BMP)

    ISBN 2-211-03184-6 (broché)

    L’ouvrage : L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau est un album jeunesse pour les 3/4 ans. On y retrouve des éléments le classant dans l’univers de la fantasy, tel l’ogre, le loup et un gâteau qui marche. Il se définit de lui même comme étant un récit rigolo, entrant ainsi dans le cadre de la fantasy parodiée.

    L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau : Un ogre revenant de la chasse, et ayant capturé pour son dîner un loup, une petite fille et un gâteau, se retrouve face à un dilemme : comment faire traverser la rivière à ses prises sur sa petite barque ? En effet, il s’agit du seul chemin menant à son château. De fait, il a l’idée de les faire traverser un par un, ce qui en conséquence pose un deuxième problème : dès qu’il débarque la petite fille et va chercher le loup, il se rend compte que ce dernier risque de la manger, et de même se rend compte que lorsqu’il ramène le gâteau, c’est la petite fille qui risque de le manger. Ayant trouver le moyen de les débarquer dans un ordre qui évite tout problème, il pense avoir enfin trouver la solution, jusqu’au moment où il effectue le dernier aller-retour pour aller chercher la petite fille et se fait attaquer par un hippopotame et des crocodiles, permettant à ces proies de s’échapper.

    Le thème de la compagnie hétérogène

    Un thème récurrent au sein de ces trois ouvrages est celui de la compagnie hétérogène, les héros se déplaçant en bande de quatre individus minimum jusqu’à sept et plus. En effet, comme dans la majorité des récits de fantastique, le héros principal ne se retrouve pas seul mais est accompagnés de compagnons l’aidant dans sa quête, ce qui se retrouve ici dans le roman et la bande dessinée. En effet, Le donjon de Naheulbeuk présente comme leader du groupe le ranger qui mène six compagnons, tout comme Fripon dans Lord of the ringards. L’album quant à lui possède également ce que l’on pourrait qualifié de chef, l’ogre, mais celui-ci à la particularité que le reste du groupe ne l’aide pas dans sa quête, mais est au contraire captif de celui-ci. Les récits gèrent ainsi l’histoire de plusieurs aventuriers, mais qui voyagent tous ensemble, ce qui évite d’avoir à scinder l’histoire pour suivre différents groupes. D’autre part, au sein de ces trois ouvrages, le groupe représenté est des plus hétérogènes, réunissant des personnages n’ayant rien en commun. Ainsi Lord of the ringards et Le donjon de Naheubeuk réunissent tout les deux des elfes, des humains, et des nains (ainsi que des grossbit pour le premier). Cette hétérogénéité amène en conséquence des problèmes liés à l’appartenance des aventuriers. Ainsi dans ces deux ouvrages, les elfes et les nains ne peuvent cohabiter pacifiquement, une haine ancestrale existant entre les deux peuples. L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau regroupe quant à lui un ogre, une petite fille, un loup et un gâteau, qui ont également quelques difficultés à vivre ensemble, chacun voulant manger l’autre.

    Le thème des héros incompétent

    Un autre thème qui apparaît au sein des trois ouvrages est celui des héros qui se révèlent incompétent, malchanceux. Néanmoins, il s’agit le plus souvent d’une réelle incompétence, les aventuriers étant incapable d’accomplir certaines actions que tout héros est censé savoir accomplir, les magiciens ratant leurs sorts et autres mésaventures. Les personnages ne sont donc en général pas très malin, et ceux qui seraient en mesure de « relever le niveau » sont rarement écoutés. En conséquence, on assiste à des tours de passe-passes, à peu de résultats et à des héros couards ou bêtes. Ainsi, dans Lord of the ringards le magicien Grandpaf est présenté comme un magicien peu convaincant, le héros Morderir s’empale sur ses propres chaussures et Houlécorn s’avère incapable de se battre convenablement. Dans Le donjon de Naheulbeuk la magicienne s’avère aussi peu compétente que Grandpaf, l’elfe vise si bien à l’arc qu’elle tire sur ses propres compagnons et le ranger danse malgré lui du fait de ses bottes magiques dont il ne connaissait pas les pouvoirs. L’album possède également les mêmes caractéristiques, mais celles-ci n’affectent qu’un seul des personnages. En effet, les autres personnages étant totalement passifs, c’est l’ogre qui se démarque par son incompétence (ou son manque de chance). En effet, c’est lorsqu’il trouve enfin la solution lui permettant de faire passer tout le monde de l’autre côté de la rivière qu’il est attaqué par les crocodiles, et qu’ainsi il perd ce qui allait constituer son repas. C’est particulièrement ce thème qui permet de démarquer la fantasy parodiée de la fantasy habituelle. En effet, c’est cela qui permet de constituer la parodie, et qui construit les situations cocasses.

    Le thème des héros pas si héroïques que ça...

    Enfin, un autre élément qui apparaît au sein de ces ouvrages est celui du courage des héros. En effet, ceux-ci ne s’avèrent pas aussi héroïque qu’ils le devraient en tant que héros. Au fur et à mesure du récit, certains des personnages, dans une proportion plus ou moins grande, se révèlent couard, peureux. Cela est particulièrement flagrant dans le roman et la bande dessinée. Au sein de la BD Le donjon de Naheulbeuk, le voleur se révèle vite être un « froussard », qui préfère rester à l’arrière soi-disant pour surveiller, ainsi que le ranger qui lorsqu’un combat commence déclare ne pas être prêt. En réalité, l’essentiel du boulot en matière de combat s’avère être effectué par le nain, le barbare et l’ogre. Dans Lord of the ringards, c’est plus ou moins toute la compagnie qui s’avère peu courageuse. Entre Houlécorn qui fait le mort lorsque surgissent les cavaliers du Rotan, et toute la compagnie qui baissent les armes face à une bande de Porks, leurs actions se révèlent peu reluisantes. Et cela va jusqu’à sacrifier un des leurs, lorsque la compagnie fait s’effondrer un pont sur lequel se trouve Granpaf afin d’empêcher un Salgog de les atteindre. Ce thème se remarque un peu moins au sein de l’album, ou du moins dans un contexte différent. En effet, les membres du groupe ont peur de leurs propres compagnons, le loup voulant manger la petite fille, qui elle veut manger le gâteau, et l’ogre voulant manger tout le monde.

    Vincent, VAN HECKE

    DEUST 2 Métiers des bibliothèques et de la documentation

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