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Des lieux qui font peur dans la littérature jeunesse à travers trois ouvrages.

 
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    Mots-clés

    La peur est un sujet souvent abordé en littérature jeunesse. Que ce soit pour l’expliquer aux jeunes enfants par des albums, ou pour faire naître les premiers sentiments d’angoisse, de suspens auprès de publics plus âgés, l’édition jeunesse regorge de livres en tous genre basés sur la peur. La peur est un sentiment ressenti par chaque enfant au moins une fois dans sa vie ; la peur du noir, la peur d’un monstre sous le lit, la peur de rester seul... Bref, c’est parfois un sujet délicat à aborder car il ne relève seulement de l’imaginaire du lecteur mais peut parfois s’inscrire dans une certaine réalité.

    Comment la peur est elle abordée en littérature jeunesse ? Il existe une différence dans la manière dont on parle de la peur selon l’âge du public cible et le support choisi.

    A travers trois ouvrages sensiblement différents, on peut se rendre compte des méthodes utilisées pour provoquer la peur ou pour la conjurer.

    Résumés des ouvrages :

    Bande dessinée

    (GIF)

    Noé, Maxime et Théo, trois copains, observent du muret l’enterrement du père Gab et font la connaissance de Rebecca, petite-fille adoptive du défunt. La petite bande nouvellement formée investit la maison du père Gab pour y découvrir des phénomènes étranges, et finalement percer l’entrée d’une espèce de monde parallèle.

    A partir de 6 ans

    BANNISTER. NYKKO. Les enfants d’ailleurs (tome1) : le passage. Bruxelles, Paris : Dupuis, 2007. 46 p. : ill. en coul. ; 27 cm (punaise). ISBN 978-2-8001-3897-8 (relié) 9,50€

    Album

    « Où les souriceaux découvrent qu’il n’y a pas de meilleure leçon que sa propre expérience. » Une famille de souris vit dans une cave sombre. Un jour les petits souriceaux, toujours avares d’aventure, demandent à leur papa de les emmener en haut du grand escalier. Ils y découvrent un monstre étrange avec un cri bien particulier ; « Miaou ! »

    A partir de 3 ans

    MCBRATNEY, Sam. BATES, Ivan. En haut de l’escalier. Paris : Père Castor-Flammarion, 1996. 24 p. : ill. en coul. ; 31 cm. ISBN 2-08-160313-6 (relié) 69 FR (épuisé)

    Roman

    (GIF)

    Sue et Eddie, deux enfants, se perdent dans la Tour de la Terreur à Londres, un ancien lieu de torture où un bourreau veut les capturer. Après plusieurs frayeurs, ils se retrouvent au moyen age et apprennent qu’ils sont en réalité, les neveux d’un roi, envoyés dans le futur afin d’échapper à la mort. Cependant, un tour de magie les fait revenir au XXème siècle...

    A partir de 10 ans

    STINE, Robert Lauwrence. La tour de la terreur. Paris : Bayard poche, 1996. 141 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm (Passion de lire. Série chair de poule). ISBN 2-227-729-295 27 4,50€ (épuisé)

    Le paratexte

    Il existe de nombreuses méthodes d’écriture mais aussi d’illustration pour rendre un ouvrage angoissant. Dans tout les cas le suspens est roi ; il est abondamment utilisé et ce dès la couverture des œuvres : Pour En haut de l’escalier, des couleurs sombre un décor sale et la perspective comme ligne de dessin pour accentuer la taille de l’escalier, donnent déjà un ton sombre à l’album. De plus une porte mystérieuse est dessinée ; le lecteur est comme poussé à découvrir ce qui se cache derrière elle. L’image est très importante dan,s un album ou le lecteur est en réalité non lecteur ! C’est à l’accompagnateur de faire le reste du travail en adaptant le ton de sa voix lors de la lecture du livre. De la même manière, dans la bande dessinée, c’est l’image qui domine le texte. Sur la couverture des enfants d’ailleurs, le lecteur est complètement pris en compte car la page entière est un miroir ou se trouve, d’un côté le lecteur et de l’autre les personnages de l’œuvre. C’est une réelle invitation à lire l’ouvrage et une importante interactivité semble présente même si cela ne se vérifie pas au cours du récit. Cette prise en compte du lecteur est une méthode pour donner des suspens dès la couverture. Dans le Chair de poule, la couverture est très explicite quant à la nature de l’œuvre. On peut deviner une partie du contenu grâce à la l’illustration de la couverture. Un bourreau poursuivant quelque chose, une histoire de château, une tour... l’imaginaire de l’enfant est sollicité d’emblée. Dans cette collection, le paratexte est déjà très clair : des lettres gluantes et vertes fluo, une illustration qui toujours donne le ton au récit. Tout est fait dans ces trois ouvrages pour donner envie aux lecteurs de poursuivre.

    Le rapport titre et image est très important aussi. Dans l’album, l’image explique le titre. Le lecteur ne sachant pas lire, l’image lui sert aussi de titre. Dans le Chair de poule, l’image vient compléter le titre en apportant des informations supplémentaires : Avec le titre on sait qu’il s’agit d’une tour qui fait peur, puis avec l’image, on sait qu’un bourreau poursuit quelque chose. C’est une façon de montrer que le récit apportera des informations petit à petit, qu’ à chaque chapitre, le lecteur en saura un peu plus...Suspens habilement distillé ! La bande dessinée fait les deux à la fois : l’image dit la même chose que le titre : des enfants ; mais en même temps, le mot « ailleurs » complète bien le reste de l’image : on ne sait pas trop ce qui va se passer, qu’est ce qui se trouve derrière le miroir ? à qui est cette main qui dépasse ? Le lecteur est amené à se poser plein de questions...

    On peut constater que dès la couverture ces ouvrages cherchent à faire peur et à apporter du suspens.

    Dans le récit...

    Dans chaque récit une chose est commune. Les héros sont des enfants et la présence des parents est indiscutable même si elle s’avère plus ou moins forte. Le choix d’un enfant-héros est simple : Cela permet aux lecteurs de s’identifier.

    Dans l’album En haut de l’escalier, le récit est très simple et le schéma narratif basique. L’histoire commence cependant par « il était une fois », formule habituellement réservée aux contes. Peut être une manière de montrer que l’histoire est irréelle comme un conte ? Sinon on retrouve la situation initiale, l’élément perturbateur, les péripéties... un schéma classique. De quoi les souris ont-elles peur dans ce récit ? De l’escalier et de ce qui se trouve tout en haut derrière une porte. Elles décident pourtant de s’y aventurer et finissent par avoir tellement peur que c’est finalement une bonne leçon ! Cette histoire permet de montrer aux enfants qu’il faut parfois faire ses propres expériences et que ce sont les meilleures leçons. Tout au long de l’histoire les souris cherchent à se faire peur elles-mêmes avec des petites phrases « je me demande si le monstre existe vraiment ? » Le processus d’identification est fort

    Dans le Chair de poule, le schéma est moins classique. Beaucoup de retournements de situations, les héros mettent plus de temps pour se sortir de leurs ennuis et une situation qui semblent résolue ne l’est pas toujours ! Le processus de la peur augmente peu à peu au cours du roman ; les enfants ont tout d’abord peur pour des petites choses, des impressions d’être suivis, espionnés, par exemple. Finalement ils ont peur car ils sont réellement poursuivis et en danger.

    Dans la bande dessinée Les enfants d’ailleurs, les sentiments de peur paressent beaucoup plus réels et forts par le fait que les enfants sont dessinés et que leurs émotions se voient sur leurs visages. Les aventures des héros sont elles aussi beaucoup plus réalistes jusqu’au moment où le fantastique (un monde parallèle) entre en jeu. En effet, les enfants sont habillés comme des enfants d’aujourd’hui, ils se font punir pour leurs parents, se disputent avec leurs frères et sœurs...

    Un point commun à chaque ouvrage...

    Dans chaque ouvrage, un élément servant à provoquer la peur est utilisé : un lieu. Le haut de l’escalier sombre, une maison qui semble hantée, une tour de château. Ces trois lieux sont dans la réalité susceptibles de faire peur aux publics visés ; c’est pour cette raison qu’il sont repris dans les récits. Il faut que cela soit cohérent ; on ne va pas faire peur à des enfants de dix ans avec un escalier sombre tandis que ce lieu est tout à fait approprié dans l’album destiné aux trois ans. On joue sur une part de réalité ; les enfants ont souvent peur de lieux qui les entourent. D’autres éléments communs sont utilisés. Les enfants sursautent, se font peur entre eux en s’imaginant ce qui pourrait leur arriver, se moquent de celui qui a peur... Ce sont également des réactions que pourraient avoir de véritable enfants. Il faut que les lecteurs pensent « ça pourrait m’arriver, ça pourrait être moi » pour que l’histoire soit crédible.

    La peur est un thème récurent dans la littérature jeunesse ; on l’utilise pour tous les âges, et sur tous les supports. Cela dit, il est tout de même difficile de provoquer la peur chez le lecteur. Le suspens est omniprésent dans ce genre d’écrit car l’enfant a plus envie de savoir ce qui va se passer ensuite...

    Marie Maerten DEUST 2 UFR IDIST