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Panorama de la critique faite à HARRY POTTER

 
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    Panorama de la critique faite à Harry Potter

    par Élodie Mimoun (Maîtrise SID, 2004)

    INTRODUCTION

    Harry Potter est aujourd’hui, une saga très critiquée, que ce soit positivement ou négativement. Pourtant, lors de la parution en français du premier tome, on n’entendait que des louanges car ce livre avait le pouvoir (magique) de faire lire les enfants, ces grands déserteurs des librairies et bibliothèques. Ensuite, les professionnels se sont félicités de voir le secteur de l’édition jeunesse redevenir productif et attractif comme au temps de Chair de poule. Mais depuis l’annonce et la parution du quatrième tome, le discours a changé. Même si beaucoup voient encore de grandes qualités dans les romans de Rowling, nombreux sont ceux qui aujourd’hui ont une vision assez négative de l’engouement que ces romans provoquent. En effet, Harry Potter est « trop conservateur », il véhicule une certaine « standardisation de la culture » et pire, ce n’est qu’un vulgaire « produit marketing. »

    Il est évident que ce genre de critique est basé sur une lecture rapide ou partielle (voire partiale) des romans.

    Mon expérience du stage effectué au sein du site Lille 3 jeunesse m’a montré qu’il est pourtant aisé de faire une critique plus complète en littérature de jeunesse car les romans sont plus courts ou plus simples à lire et que les acteurs du milieu plus facilement disposés à parler qu’en littérature générale.

    Une critique plus pertinente est possible, il suffit de lire plus attentivement les romans. C’est pourquoi nous nous proposons de dresser un panorama complet de la critique faite à Harry Potter, panorama complet puisqu’il réunira l’avis de la critique « professionnelle » mais aussi celui des lecteurs.

    QUAND HARRY RENCONTRE LA CRITIQUE

    La plupart des écrits concernant Harry Potter évoquent les mêmes points. Aussi bien dans la presse générale que spécialisée ou dans des ouvrages critiques, on retrouve des considérations et des analyses sur le marketing mis en place pour la vente des Harry Potter, la vie de l’auteur avant et après son succès, les thèmes abordés dans l’œuvre et leur analyse, le phénomène d’identification des lecteurs ; le tout accompagné de faits divers. Bien qu’issus d’horizons différents, les critiques abordent toujours les mêmes sujets.

    Pour réaliser cette étude, nous avons réuni des articles extraits de la presse généraliste et de la presse spécialisée mais aussi des ouvrages critiques (voir la bibliographie en annexes).

    La genèse, l’inspiration et le résumé de l’œuvre

    Comme toujours, lorsqu’il s’agit de parler d’un livre, un résumé est donné. Tous les articles consultés nous en offrent un plus ou moins détaillé et plus ou moins exact. Certains d’entre eux ne sont, d’ailleurs, qu’un résumé des romans, sans analyse ou étude de l’œuvre. C’est le cas dans la plupart des périodiques spécialisés consultés (c’est la raison pour laquelle, nous avons décidé d’étudier la critique faite à Harry Potter).

    Beaucoup de journalistes ajoutent à ces résumés de l’œuvre, un résumé de la genèse des romans et de la vie de l’auteure. Télérama, Match ou encore Le Nouvel Observateur ou Lire, et même Benoît Virole (mais sans critique aucune) s’étendent sur la vie de JK Rowling avant et après le succès d’Harry Potter. Chacun y va de son petit détail tragique sur la misère dans laquelle celle-ci vivait ; mais ils n’oublient pas pour autant d’avoir un regard acerbe sur sa nouvelle fortune, principalement le magazine Match de décembre 2000.

    Les critiques faites sur l’inspiration de l’auteur sont également nombreuses, qu’elles soient positives ou négatives. Pour certains (comme le numéro de septembre 2000 de Lire), l’œuvre de Rowling s’inscrit dans la lignée des grands auteurs de littérature de jeunesse anglo-saxons. Selon eux, les nombreuses références et les nombreuses similitudes avec ses prédécesseurs s’expliquent par la place importante qu’occupe la littérature de jeunesse dans l’édition anglo-saxonne, contrairement à la France. Les auteurs jeunesse d’aujourd’hui sont imprégnés de cette culture et s’en inspirent donc inconsciemment. C’est pourquoi, on retrouve chez Rowling un humour à la Dahl, des aventures à la Blyton ou un univers imaginaire construit à la Tolkien. D’autres, comme Pierre Bruno, n’y voient qu’une copie sans aucun apport personnel de l’auteur.

    Les critiques ne s’arrêtent pas là. L’aspect commercial des romans est également dénoncé par ces périodiques.

    Le marketing et les chiffres de vente

    Presque tous les articles consultés pour cette étude débutent ou relatent les stratégies marketing mises en place pour le lancement du tome IV des aventures d’Harry Potter. Que ce soit L’Humanité, Le Nouvel Observateur, L’Express ou encore Livres Hebdo ou Lire, tous reviennent sur l’événement surmédiatisé de la sortie de ce quatrième tome. Livres Hebdo y consacre même plusieurs reportages dans ses éditions des 15 septembre, 10 novembre et 1er décembre 2000, dans lesquelles sont expliqués en détails les programmes prévus par différentes librairies pour la soirée organisée lors de la sortie du tome IV, tout comme dans l’article de Challenges du 1er décembre 2000. A cela s’ajoutent plusieurs évocations du rachat des droits par la Warner Bros Entertainment et de la réalisation de films adaptés des romans, comme dans Le Nouvel Observateur du 23 décembre 1999. Nombreux sont les articles qui déplorent la production de produits dérivés des livres et du film, tels les agendas ou les poupées à l’effigie du petit sorcier. Beaucoup de ces journalistes s’insurgent contre ce marketing. L’Humanité dans un article du 5 décembre 2001, reprend les propos de Geneviève Brisac (écrivaine) qui désignait la sortie du tome IV comme étant « un événement commercial bien plus que littéraire. » ; allant jusqu’à dire que « les cris d’enthousiasme que l’on entend à ce sujet témoignent de l’ignorance des commentateurs, et aussi d’un certain mépris [...] pour des dizaines de livres moins chanceux qu’ils ne connaissent pas ». Cependant, Serge Tisseron (pédopsychiatre) interrogé par Le Monde Diplomatique rappelle que tout ce « tapage médiatique » est venu après le succès des livres, succès qui s’est fait grâce au « bouche à oreille ».

    La majorité des articles parus citent, en guise d’introduction, les incroyables chiffres de vente des romans de JK Rowling en les comparant avec les best-sellers de la littérature « adulte ». Que ce soit des articles de presse généraliste ou spécialisée, tous ne cessent de s’ébahir face à ces chiffres stupéfiants pour un ouvrage de jeunesse et rappellent les classements des meilleures ventes de ces dernières années où les différents tomes d’Harry Potter arrivent le plus souvent en tête et occupent plusieurs places. Certaines revues, comme Livres Hebdo dans sa revue du 3 décembre 2000, n’évoquent même rien d’autre que ces chiffres ou ces classements.

    Les journalistes voient dans ces chiffres et ce succès international un exemple de l’uniformisation de la culture ou de « la culture à l’heure du capitalisme mondialisé » (Le Nouvel Observateur Hebdo du 13 décembre 2001). Les professionnels de la littérature jeunesse (selon un article de L’Humanité du 28 novembre 2000) voient en Harry Potter « l’exemple type de cette nouvelle étape de la mondialisation des goûts et des couleurs ». Cependant, ce succès ne peut pas s’expliquer que par un marketing efficace ou une uniformisation de la culture. Il y a d’autres raisons ; c’est ce que cherchent à montrer d’autres articles étudiés.

    Le genre et l’écriture d’Harry Potter

    Peu d’articles évoquent le genre du roman. Le Courrier International y voit un mélange des genres. Selon Lire (septembre 2000), « la série offre bien plus qu’une lecture récréative de suspens et d’évasion ». Lecture jeune (mars 2001) voit dans Harry Potter et la coupe de feu, une « intrigue policière bien ficelée » et un « monde fantastique ». Cette idée de roman policier est reprise par Benoît Virole qui parle d’enchaînements d’événements et de rythme soutenu pour l’intrigue. Beaucoup d’articles, reprenant les propos d’Isabelle Smadja, apparentent les romans à un conte moderne. Dans son ouvrage critique, elle explique que le début des aventures d’Harry ressemble à un conte traditionnel avec une structure et un héros-type identiques, auxquels s’ajoutent des personnages caricaturaux, les Dursleys, famille adoptive du jeune Harry (p.9). Cependant, elle précise que dès l’entrée du jeune garçon à Poudlard, l’école de sorcellerie, le récit devient plutôt un roman initiatique puisque l’école est le lieu d’apprentissage de la vie pour Harry (p.11). Cette idée de roman initiatique est également reprise par Serge Tisseron, sans être vraiment expliquée. D’autres articles classent les romans dans le genre fantastique puisque les personnages évoluent dans un monde irréel. Mais aucun ne va plus loin si ce n’est, dans un numéro spécial consacré à la fantasy, Lecture jeune qui voit dans Harry Potter « un hybride particulièrement réussi de fantastique et de fantasy ». En effet, selon, l’auteur, les romans de Rowling recensent plusieurs thèmes spécifiques à la fantasy : une prédestination du héros qui va être sorti de son quotidien pour accomplir des exploits (Harry est l’objet d’une prophétie qui veut qu’il combatte Voldemort, c’est Hagrid qui vient l’arracher de chez les Dursleys pour qu’il accomplisse son destin) ; la présence d’un mentor qui apprendra au héros à se débrouiller seul (Dumbledore à travers ses conseils tient ce rôle) ; l’errance dans un milieu étranger (Harry se sent perdu dans le monde des sorciers qu’il ne connaît pas) ; l’expérience de la mort (Harry échappe plusieurs fois à la mort de justesse et assiste à l’assassinat d’un de ces camarades) et la capacité du héros à toujours surmonter les épreuves (chaque tome regorge d’exemples). Par la présence de ces thèmes et la place importante accordée à la magie et son apprentissage, les romans de Rowling s’inscrivent plutôt dans ce genre que dans le fantastique.

    Beaucoup plus souvent évoquée que le genre des romans, l’écriture de Rowling intéresse la plupart des auteurs des articles étudiés. Selon eux, elle est une des clés du succès des romans. Tous en remarquent l’humour et le réalisme dans les descriptions faites des deux mondes, moldu et sorcier, voire un côté incisif. Ils la dépeignent comme une écriture du mouvement qui montre plus qu’elle ne raconte l’histoire. La plupart d’entre eux y voient une volonté de la part de Rowling de donner une vision critique de la société actuelle, mais une critique teintée d’humour. Benoît Virole quant à lui, analyse le rythme de l’écriture de l’auteur. Selon lui, il est soutenu et vif. Le lecteur est toujours tenu en haleine et ne peut s’ennuyer dans sa lecture (chapitre III), ce qui n’est pas sans rappeler l’écriture des romans à suspens. Pour Griffon l’écriture de Rowling s’apparente à celle des romans feuilletons.

    Mélange des genres, écriture incisive et drôle semblent faire de Harry Potter une saga particulière et pourraient expliquer son succès. Mais cela ne suffit pas. Les thèmes abordés jouent un grand rôle dans ce succès.

    Les thèmes abordés et leur explication

    S’il y a bien, après le marketing et les chiffes de ventes, un sujet qui a été repris de nombreuses fois par les divers périodiques étudiés, c’est bien celui des thèmes abordés dans l’œuvre de Rowling et de leur signification. Tous les articles qui les évoquent reprennent les propos d’Isabelle Smadja et de Serge Tisseron.

    Isabelle Smadja, docteur en esthétique et agrégée de philosophie, voit dans Harry Potter, la présence de trois thèmes forts, le nazisme, le roman familial et le complexe d’Œdipe. Voldemort et ses Mangemorts sont pour elle une représentation d’Hitler et de ses collaborateurs. L’idéologie raciale de Voldemort rappelle celle d’Hitler. Cette théorie, confirmée par plusieurs exemples dans les romans et adoptée par la critique, est tout de même à considérer avec recul car certains exemples semblent quelque peu « tirés par les cheveux ». C’est le cas de son analogie entre Dumbledore et le « juif type » qui ont un « long nez crochu » ou du rapprochement des sonorités des mots quidditch (sport sorcier) et yiddish (p. 41). Autre thème important dans les romans, le complexe d’Œdipe. Là encore, l’idée semble se confirmer dans la lecture des romans mais certaines affirmations restent quelque peu chaotiques. En effet, selon elle, Harry (Œdipe) débarrassé de son père mort laisse libre cours à son amour passionné pour sa mère. Pour se justifier, l’auteure évoque les scènes avec le miroir du Riséd (miroir qui montre nos désirs les plus chers, tome I) qui montre à Harry tous les membres de sa famille disparue. Harry serait obnubilé par sa mère et manifesterait un certain désir sexuel envers elle : « La perception qu’il a de sa mère la présente bien plus comme une femme séduisante, pour laquelle il éprouverait une certaine attirance [...]. Et c’est bien à la mère que le désir de Harry s’adresse essentiellement [...] [quand] contraint par la venue de l’aube à se soustraire à la contemplation du miroir, l’auteur précise : « Il ne pouvait pas rester ici, il fallait qu’il retrouve le chemin de son lit. Il arracha son visage du visage de sa mère et murmura : « je reviendrai ». L’association est faite, même si elle n’est pas délibérée, entre la mère et le lit du jeune garçon » (p. 75-76). Ces arguments sont assez discutables. Même si n’importe quel enfant trouve que sa mère est la plus belle du monde (ce qui est bien du domaine du complexe d’Œdipe), le rapprochement entre l’obligation d’aller se coucher et un désir sexuel pour la mère est peu fondé, car Harry doit aller se coucher pour ne pas qu’on le surprenne se promenant dans les couloirs la nuit. C’est bien là que réside le problème de ce type d’analyse psychosociologique, tout est affaire de complexe, de désir refoulé même ce qui n’en contient pas du tout. La thèse du roman familial est quant à elle plus acceptable puisque, effectivement, Harry représente, par son statut d’enfant maltraité par une famille qu’il déteste, l’enfant qui désire inconsciemment avoir une meilleure famille que la sienne. Cette meilleure famille est représentée par ses parents morts.

    Serge Tisseron, quant à lui, analyse certains éléments des romans qui renvoient au mythe de la quête du Graal (Le Monde Diplomatique de décembre 2001). Selon lui, « l’utilisation d’armes bien particulières, le « cerf » comme animal emblématique, l’épreuve du « baiser », le rôle du chaudron donneur de vie, et enfin l’importance du stigmate comme témoin d’un destin exceptionnel » apparente les aventures d’Harry Potter au mythe du Graal. Effectivement, les romans confirment cette théorie. Explications. : les armes sont les baguettes magiques qui peuvent tuer ou guérir comme les épées du mythe ; le cerf est l’animal dont le père d’Harry prenait la forme et qu’Harry fait apparaître quand il lance une formule de protection spécifique ; le baiser des Détraqueurs dans Harry Potter vide les victimes de leur âme, dans le mythe cette épreuve provoque une blessure ; le chaudron dans lequel Voldemort revient à la vie rappelle le Graal lui-même ; la cicatrice d’Harry témoin de son premier combat avec Voldemort s’apparente aux stigmates portés par le Christ. Cette théorie est reprise dans plusieurs articles.

    Tous les éléments cités précédemment sont autant de raisons du succès d’Harry Potter et la critique s’en sert pour l’expliquer. Cependant, la raison principale, selon la critique, de ce succès réside dans l’identification des lecteurs aux personnages d’Harry Potter.

    L’identification des lecteurs

    La majorité des articles étudiés expliquent le succès des romans de Rowling par le fait que les enfants s’identifient aux personnages, et particulièrement à Harry, car Harry est proche des adolescents (L’Express du 28 novembre 2000). Serge Tisseron, dans Le Monde Diplomatique de décembre 2001, explique cette identification par le fait qu’Harry prend un an de plus à chaque tome et passe ainsi, comme ses lecteurs, par tous les tourments de l’adolescence. Il poursuit en apparentant les transformations magiques subies dans les romans aux changements physiques des adolescents provoqués par la puberté, changements qui sont très effrayants pour eux. Il prend pour exemple les Animagi qui, en se transformant en animaux, renvoient à l’animalité qui habite parfois les adolescents à cette période. Il est rejoint dans cette idée par Benoît Virole. Selon L’Express du 23 novembre 2000, les adolescents s’identifient car tous ce qui les préoccupe se retrouve dans les romans : « Tout ce qui tracasse les enfants - l’amitié, l’amour, les parents, le bien et le mal - est traité d’une manière qui leur est proche [...]. Avec Harry Potter, ils se retrouvent seuls avec ce qui les préoccupe vraiment. » France Soir ajoute qu’à travers les romans l’adolescent part à la découverte de lui-même. De plus, le réalisme de la vie décrite au collège Poudlard et le rythme temporel des romans (construit sur la base de l’année scolaire comme dans la tête des enfants), renforcent cette adhésion, selon Isabelle Smadja (p.48) et Benoît Virole (p.36-37). De même, la présence des personnages modernes (Griffon), qui n’ont pas un physique de super héros (L’Express du 23 novembre 2000 et France Soir), et qui sont empreints d’une grande humanité (Isabelle Smadja p.15-16 et 33-34) aide à cette identification. Ils ne sont pas manichéens (Le Monde Diplomatique de décembre 2001 et mars 2000, Griffon) : qu’ils soient bons ou mauvais, ils sont nuancés et imparfaits. Leur personnalité complexe reflète celle des adolescents. Griffon précise que l’identification à Harry se trouve renforcée par l’utilisation de la focalisation interne. Enfin, selon Isabelle Smadja et Benoît Virole, ce processus d’identification se développe grâce au fait que notre monde réel est transposé dans un ailleurs lointain et très différent. Et, toujours selon Isabelle Smadja mais aussi France Soir, l’utilisation de la magie rappelle à l’enfant cette illusion que tout peut être arrangé par la magie, illusion qu’il avait plus jeune.

    Ce processus d’identification est donc la clé principale du succès des romans de JK Rowling selon la critique. Cependant, il est regrettable de constater que dans leurs analyses, l’identification du lecteur ne se fait que par le personnage d’Harry. Ce succès, très controversé, s’accompagne de faits divers plus ou moins surprenants que beaucoup de périodiques reprennent avec humour.

    Les faits divers

    Livres Hebdo revient sur les problèmes de plagiat rencontrés par l’auteur. Dans son numéro du 22 septembre 2000, le magazine relate l’histoire d’un site de fans allemands qui proposait la traduction du quatrième tome d’Harry Potter avant sa sortie en librairie. Dans son numéro du 23 mars 2001, c’est une accusation concernant JK Rowling elle-même qui est évoquée. En effet, une auteure américaine avait imaginé et publié 15 ans auparavant les aventures de Larry Potter qui côtoient des « Muggles » (dans l’édition anglaise d’Harry Potter, les Muggles sont les Moldus) et les ressemblances semblent ne pas s’arrêter là. Cependant, l’article ne dit pas comment cette histoire s’est terminée.

    Dans un autre genre, L’Humanité, dans un article du 11 juin 2001, évoque l’enthousiasme de l’Association américaine des psychiatres qui voient en Harry Potter un formidable outil thérapeutique car « ils aident certains enfants à comprendre qu’ils ne sont pas les seuls à avoir perdu des parents, à avoir été maltraité, à avoir ressenti la solitude et la peur de toutes ces choses terribles. » Selon eux, les valeurs véhiculées par les romans, « être attentif à soi-même et aux autres, les respecter, se battre pour ce qui est juste », seraient de bonnes valeurs.

    C’est tout à fait le contraire de ce que pensent certains intégristes chrétiens, comme le rappelle l’article de Libération du 15 janvier 2003. Selon eux, les romans de JK Rowling « forment les enfants au mal, à la magie, à l’occultisme, à la démonologie, ils cultivent la peur et les sentiments négatifs, ils forment une conscience raciste ». Certains vont même jusqu’à craindre qu’Harry Potter ait été créé dans le but d’en faire un nouveau messie car « qui peut donc faire des miracles sans l’aide de Dieu ? » . Aussi les romans sont-ils interdits dans les bibliothèques et les écoles de certaines régions des Etats-Unis.

    Qui dit « succès » dit « critiques » et comme il n’est pas possible de plaire à tout le monde, ce genre de faits divers n’est pas étonnant.

    Malgré l’étendue du corpus étudié, nous sommes surpris de voir comme les romans de JK Rowling sont analysés superficiellement, aussi bien de la part de la presse généraliste que spécialisée. Seules les monographies d’Isabelle Smadja et Benoît Virole offrent des analyses plus complètes, même si les auteurs sont parfois un peu trop extrémistes dans leurs théories. De plus, même quand ils tentent d’analyser les romans, certains journalistes commettent des erreurs ou usent d’arguments non fondés ou qui sont contredits par une lecture attentive des romans. Une des erreurs les plus incroyables est révélée par Pierre Bruno dans La culture de l’enfance à l’heure de la mondialisation, certains auraient vu dans le turban porté par le professeur Quirrell (qui est sous les ordres de Voldemort), dans le tome I, une analogie avec le turban porté par Ben Laden et ses fidèles. Or, ce roman est paru en 1999 et les attentats perpétrés par Ben Laden ont eu lieu en 2001.

    De même, il est regrettable que des périodiques spécialisé comme Lire au collège ait un regard très négatif aujourd’hui sur la saga Harry Potter alors qu’ils l’encensaient il y a peu de temps, et surtout qu’ils n’expliquent pas ce changement d’attitude. Mais le battage médiatique qui a suivi le succès des romans y est sûrement pour quelque chose car, comme on peut le voir dans les propos qu’ils tiennent, pour beaucoup de professionnels du livre le marketing a tendance à transformer les bons livres en de vulgaires marchandises commerciales.

    Tous ces comportements trahissent des lectures superficielles des romans qui provoquent des lacunes dans l’analyse de ceux-ci. Cependant ces lacunes peuvent être comblées par l’étude des analyses faites par les lecteurs eux-mêmes.

    HARRY POTTER ET SES LECTEURS

    Il suffit d’interroger des lecteurs ou de visiter les sites internet créés par ceux-ci pour avoir une analyse plus complète des romans de JK Rowling. En effet, suite à un sondage auquel ont répondu 14 personnes de 16 à 40 ans, nous avons pu observer que les lecteurs ont une vision plus complète de l’œuvre de Rowling. Cette idée s’est trouvée renforcée par la visite du site Le Grimoire d’Harry Potter, qui est réputé pour la pertinence de ses analyses et qui est alimenté uniquement par des lecteurs non-spécialistes.

    A la lumière de leurs analyses, nous avons pu relever des lacunes dans le discours des critiques sur cinq points : le marketing, le genre des romans, les personnages des romans, l’identification des lecteurs et le tome V.

    Le marketing

    A part Nathalie et Sébastien, déjà adultes quand ils ont lu Harry Potter et donc plus enclins à se méfier des stratégies commerciales des éditeurs, aucun lecteur ne s’est soucié du « battage médiatique » dénoncé par la critique. Il est d’ailleurs important de noter, comme seul serge Tisseron l’a fait remarquer, que toutes ces stratégies marketing sont venues après le succès des romans. En effet, il ne faut pas oublier que c’est grâce au « bouche à oreille » que les romans se sont fait connaître et les critiques, à l’époque, en soulignaient l’exploit. Il est donc intéressant de voir que les critiques qui refusent de lire Harry Potter à cause de ce « battage » n’ont pas eu l’ouverture d’esprit des jeunes lecteurs qui ont voulu voir « de leurs propres yeux » ce qu’étaient ces romans.

    Les lecteurs ayant donc lu et relu les romans de JK Rowling sont plus à même d’en faire une analyse pertinente.

    Le(s) genre(s) des romans

    Même si certains critiques ont tenté de définir le genre auquel appartiennent les romans de Rowling, leurs propos manquent souvent d’explications et d’exemples. Ils disent qu’Harry Potter tient du roman initiatique, par exemple, mais ne définissent pas ce genre ; or tout le monde n’a pas reçu une formation en genres littéraires ! Il n’y a que dans les monographies, où les critiques ont assimilé les romans au conte, qu’une définition de ce genre et des exemples ont été donnés. Or, ces mêmes analyses soulignaient le fait que ces romans n’étaient pas tout à fait construits comme des contes mais s’y apparentaient fortement.

    Quand on pose la question du genre aux lecteurs, on obtient des réponses diverses mais toujours argumentées et exemplifiées, preuves d’une lecture plus attentive. En effet, tous s’accordent à dire que les romans de Rowling ne s’apparentent pas à un mais plusieurs genres. Selon la majorité des lecteurs interrogés, les romans tiennent de la fantasy, que certains nomment fantastique par ignorance du terme exact. Ils se justifient par le fait que l’univers des romans et les créatures présentes sont totalement inventées par l’auteur ; que ce monde parallèle est inconnu des humains normaux mais que dans le même temps il n’y a pas de doute sur la véracité de l’existence de la magie qui est omniprésente. De plus les nombreux rapprochements qu’ils font avec Le Seigneur des Anneaux (pur roman de fantasy) confirment leurs dires.

    Si tout le monde sait ce qu’est le fantastique, peu nombreux sont ceux qui voient la différence entre fantastique et fantasy, car cette dernière a longtemps été (et est encore un peu) considérée comme un « mauvais genre » qu’on ne devait pas lire si l’on était un « vrai » lecteur. La fantasy peut être considérée comme ce que l’on nommait autrefois le merveilleux, genre des contes et, implicitement, genre donné par la critique à Harry Potter. Comme l’explique Charlotte Albisser dans sa mini-thèse sur la fantasy française (disponible sur le site Lille 3 jeunesse), dans une œuvre relevant de la fantasy, « l’histoire se déroule dans un univers différent de celui du lecteur et tout ce qui nous semble irrationnel est accepté sans explication. Comme pour le merveilleux et le conte de fées, il s’agit ici d’un contrat de lecture, le lecteur sait qu’il entre dans l’irrationnel et que rien ne sera justifié car tout sera considéré comme allant de soi. Cependant à la différence du merveilleux, la fantasy crée de toutes pièces un autre univers, avec ses sociétés, ses lois, ses modes de vie, de pensée, ses systèmes politiques. De plus elle ne suit pas toutes les règles de ce genre, notamment l’indétermination des personnages et des lieux ». Harry Potter relève donc de la fantasy puisque, même si cela lui paraît incroyable au début, Harry accepte très bien l’idée d’être un sorcier et le monde des sorciers chez Rowling est construit comme une société à part entière. De même, les personnages et les lieux sont nommés et décrits spécifiquement.

    Cependant, pour Bellatrix et Sandman, les romans tiennent également du roman policier avec les enquêtes et les énigmes à résoudre et le fait que chaque fin de tome apporte son lot d’explications, comme à la fin d’un roman policier. Ils y voient également des caractéristiques du roman d’aventure (ou d’action) avec leurs nombreuses péripéties et le suspens omniprésent. Ariane, Juliette et Polo le pensent également. La plupart d’entre eux voient surtout dans Harry Potter, l’exemple d’un roman d’apprentissage et nombreux sont ceux qui justifient leurs dires avec de nombreux exemples et une définition du genre.

    Le Grimoire d’Harry Potter développe largement cette théorie. Après avoir défini le genre du roman d’apprentissage avec ces topoï, les rédacteurs montrent en quoi Harry Potter s’y apparente : « Tout d’abord, il raconte la période de la jeunesse d’un héros ignorant le monde dans lequel il doit apprendre des principes de vie avant de déterminer sa place dans la société. Ainsi dans les romans de J.K. Rowling, voit-on Harry Potter apprendre à devenir un magicien durant sa période scolaire [...]le héros est presque toujours masculin. [...], mais le rôle des femmes est loin d’être négligé. Elles aident le héros à voir le sens de la vie. Elles font office d’éducatrices. Hermione, par exemple, est toujours représentée avec des livres. Elle sait toujours tout. Et lorsque Harry piétine dans une enquête, elle est là pour l’aider ». S’ensuivent plusieurs autres exemples argumentés.

    Même s’ils les cherchent à leur donner un ou plusieurs genres précis, les lecteurs sont nombreux à dire qu’ « Harry Potter c’est Harry Potter », c’est à dire que ces romans sont uniques ; ils créent un univers particulier et c’est ce qui explique leurs succès. Mais pour les lecteurs, leur « passion » pour ces romans vient principalement de la présence de ses personnages, bien différents des habituels personnages de fiction.

    Les personnages des romans

    Trop peu évoqués, si ce n’est pour expliquer le phénomène d’identification des lecteurs, les personnages tiennent une place très importante dans Harry Potter. Si leur épaisseur psychologique est parfois évoquée, leur évolution au cours des différents tomes est complètement occultée. De plus, les considérations faites sur ce point ne sont pas illustrées d’exemples.

    Pour les lecteurs, les personnages sont la clé du succès des romans. Ils ont très bien remarqué leur épaisseur psychologique ainsi que leur évolution. Ils expliquent leur théorie avec de nombreux exemples. Ils sont humains et leur caractère est complexe. Même s’ils s’apparentent à des archétypes, ils ne sont pas pour autant caricaturaux : ils ne sont ni complètement bons ni complètement mauvais. Pour eux, Rowling ne se contente pas de dire qu’un personnage est comme ceci ou comme cela, elle raconte l’histoire de ce personnage pour que le lecteur comprenne de lui-même pourquoi ce personnage est devenu ce qu’il est. De cette manière, les lecteurs élaborent des théories sur les personnages, ce qui les rend d’autant plus vivants. Cette humanité est montrée par le fait que certains lecteurs se retrouvent en eux et même voient dans leur caractère des traits de la personnalité de leurs proches.

    Certains lecteurs observent également leur évolution au fil des tomes. Ils passent du statut d’archétype à celui de personne presque réelle avec ses humeurs et son caractère : Hermione, sage petite fille et élève modèle devient une militante acharnée des droits civiques des Elfes de maison ; Ron, jeune garçon amusant mais un peu nigaud et peureux devient de plus en plus courageux ; etc.

    Il en va de même des personnages secondaires qui se complexifient au fil des tomes, comme le personnage de Mrs Weasley par exemple, qui passe du statut de mère de famille très occupée à celui de combattante pour l’Ordre du Phénix. Le Grimoire va dans le même sens en expliquant que « ces personnages ont chacun leur propre histoire, leur propre quête à mener, ce qui fait que le lecteur peut suivre plusieurs histoires et peut s’identifier à plusieurs niveaux. [...]. Chacun pourrait constituer à lui seul, une histoire à part entière ».

    Comme le faisait remarquer la critique, les personnages jouent pour beaucoup dans le processus d’identification de lecteurs.

    L’identification des lecteurs

    Comme l’avaient dit les critiques, certains lecteurs se sont identifiés à Harry. Ce sont les lecteurs qui avaient le même âge que le héros quand ils ont lu les romans ; c’était « comme s’[ils] suivaient le collège en même temps qu’Harry. » Ils expliquent que c’est parce qu’ils voient tout à travers ses yeux (comme l’expliquait Serge Tisseron). Cependant, plusieurs d’entre eux affirment s’identifier plutôt à d’autres personnages comme Hermione, et même se retrouvent dans plusieurs personnages.

    La critique, cependant, a occulté la question du rapport entre les lecteurs plus âgés et les personnages. Les lecteurs plus âgés, mais aussi certains des plus jeunes, évoquent plus une certaine empathie pour les personnages qu’une réelle identification. Ils retrouvent en eux les traits de ce qu’ils étaient plus jeunes ou de ce qu’ils sont maintenant (à travers les professeurs notamment). Il est à noter que certains de ces lecteurs, même s’ils adorent les romans, gardent un regard assez critique envers le personnage d’Harry et certains déclarent même ne pas supporter sa crise d’adolescence.

    S’il manque des éléments dans l’analyse faite par la critique s’est tout simplement parce qu’il manque une analyse du tome V.

    Le tome V

    Depuis la parution du tome IV, presque aucun article n’a été écrit sur les romans de Rowling, si ce n’est quelques-uns relatant l’événement de la sortie du cinquième tome.

    Les lecteurs et Le Grimoire d’Harry Potter par contre, se sont appuyés sur tous les tomes pour construire leur analyse. Ils voient le tome V comme LE tome de la crise d’adolescence d’Harry. C’est dans ce tome que l’on peut observer les changements de caractère et l’évolution des personnages, plus que dans les tomes précédents. Cela explique sûrement pourquoi leurs observations sur les personnages et les genres du roman sont plus complètes et plus pertinentes. En effet, la critique s’est arrêtée au quatrième tome. Cependant, on peut se demander si elle n’attend pas la parution du dernier tome pour faire une analyse complète car étudier une saga alors qu’une partie de celle-ci n’est pas encore écrite n’est pas vraiment judicieux. Toutefois, il est étonnant de ne lire ne serait-ce qu’un résumé de ce tome.

    Bien que les propos tenus par les lecteurs confirment les analyses faites par la critique, ceux-ci se montrent plus pertinents et plus complets dans leur étude des romans de Rowling. Peut-être est-ce dû à l’inintérêt qu’ils portent aux critiques faites sur la saga : la majorité d’entre eux déclarent ne pas lire les critiques et s’ils le font c’est toujours avec un certain recul. De toutes façons n’est-ce pas l’avis du lecteur qui compte le plus ?

    CONCLUSION

    A la lumière de ce que nous avons pu lire dans les différentes critiques parues à ce jour, il semble évident que l’analyse proposée par la critique « professionnelle » comporte certaines lacunes. Toutefois, ces lacunes peuvent être comblées par une lecture des analyses faites par les lecteurs, ou tout simplement par une lecture un tant soit peu attentive des romans.

    Toutefois, il ne faut pas oublier que la saga créée par JK Rowling n’est pas encore achevée. Aussi faudra-t-il probablement attendre qu’elle le soit pour lire des analyses plus pertinentes et plus complètes de la part de la critique.

    Néanmoins s’il faut retenir une chose de cette étude, c’est bien qu’Harry Potter est une saga unique en son genre. L’univers qui y est créé n’est pas sans rappeler le nouveau type de fiction jeunesse décrit par les professionnels de la littérature de jeunesse qui ne s’apparente plus à un genre mais à un univers particulier. Précurseur de nouvelles habitudes de lecture des jeunes, Harry Potter semble être également un précurseur d’un nouveau type d’écriture romanesque.

    BIBLIOGRAPHIE

    Romans Harry Potter

    ROWLING, Joanne K. Harry Potter à l’école des sorciers. MENARD, Jean-François (Trad.). Paris : Gallimard Jeunesse, 1998. 305 p. (Folio Junior ; n° 899).

    ROWLING, Joanne K. Harry Potter et la chambre des secrets. MENARD, Jean-François (Trad.). Paris : Gallimard Jeunesse, 1999. 361 p. (Folio Junior ; n° 961).

    ROWLING, Joanne K. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. MENARD, Jean-François (Trad.). Paris : Gallimard Jeunesse, 1999. 465 p. (Folio Junior ; n° 1006).

    ROWLING, Joanne K. Harry Potter et la coupe de feu. MENARD, Jean-François (Trad.). Paris : Gallimard Jeunesse, 2001. 768 p. (Folio Junior ; n° 1173).

    ROWLING, Joanne K. Harry Potter et l’ordre du Phénix. MENARD, Jean-François (Trad.). Paris : Gallimard Jeunesse, 2003. 976 p.

    Ouvrages critiques

    BRUNO, Pierre. La culture de l’enfance à l’heure de la mondialisation. Une victoire du conservatisme et du sexisme ? : Harry Potter, p. 195 à 212.

    SMADJA, Isabelle. Harry Potter, les raisons d’un succès. Première édition. Paris : PUF, 2001. 134 p. (Sociologie d’aujourd’hui).

    VIROLE, Benoît. L’enchantement Harry Potter. Paris : Hachette Littératures, 2001. 114 p. (Pluriel).

    Périodiques généraux

    GENIES, Bernard. Qui est Harry Potter ? Challenges. 23/11/00.

    GARCIA, Daniel. Le grimoire d’Harry ensorcelle les enfants. Challenges. 01/12/00.

    BYATT, Antonia Susan. Harry Potter, la magie frelatée. Le Courrier international. 06/11/01.

    FESTRAETS, Marion. Le triomphe de Harry Potter. L’Express. 28/10/99.

    STEHLI, Jean-Sébastien. La potion magique de Harry Potter. L’Express. 23/11/00.

    GROUSSET, Véronique. Sage résolution médiatique. Le Figaro magazine. 25/11/00.

    MAYO, Carine. Harry sur le divan : un grand psychologue nous parle... France Soir. 29/11/00.

    MATHIEU, François. Harry Potter et la coupe de feu bénéficie d’un lancement sans précédent dans le secteur de l’édition. L’Humanité. 28/11/00.

    MORAN, Jacques. Harry Potter, héros de luxe. L’Humanité. 28/11/00.

    « Pottermania », une affection bénigne. Libération. 11/06/01.

    MORAN, Jacques. Harry Potter, un succès mondial, et alors ? Libération. 05/12/01.

    DX, G. La cinquième vie de Harry Potter. Libération. 15/01/03.

    BYRKA, Delphine. Harry est en danger de mort. Match. Décembre 2000.

    TISSERON, Serge. Harry Potter expliqué aux parents. Le Monde Diplomatique, décembre 2001.

    SMADJA, Isabelle. Du Seigneur des Anneaux à Harry Potter. Le Monde Diplomatique, février 2003.

    ROUSSEAU, Nita. Le chaudron magique. Le Nouvel Observateur hebdo. 23/12/99.

    REYNAERT, François. Potter Noster. Le Nouvel Observateur hebdo.13/12/01.

    SANCHEZ, Anne-Cécile. Harry chez le psychanalyste. Le Point. 24/11/00.

    BOURDAIS, Sophie. Potter, le sorcier bien-aimé. Télérama. 29/12/99.

    BOURDAIS, Sophie. Harry Potter dépote. Télérama. 09/08/00.

    BOURDAIS, Sophie. Le triste sort du magicien Potter. Télérama. 21/03/01.

    Périodiques spécialisés

    DECAMPS, Fabrice. Harry Potter et compagnie. Griffon. Mai-juin 2000.

    LURIE, Alison. Harry, le sorcier que les enfants recommandent à leurs parents. Le Monde de l’éducation. Mars 2000.

    SERY, Macha. Les aventures de Harry Potter comblent un manque réel. Le monde de l’éducation. Décembre 2001.

    Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Lecture jeune. Juillet 2000.

    Harry Potter et la coupe de feu. Lecture jeune. Mars 2001.

    MANFREDO, Stéphane. Du merveilleux pour les jeunes. Lecture jeune. Septembre 2003.

    KHORTALS ALTES, Henriette. Harry Potter, phénomène mondial. Lire. Septembre 2000.

    ROUSSILLON, Robert, BRIATTE, Robert. A propos d’un succès éditorial. Lire au collège. Printemps 2000.

    COMBET, Claude. Harry Potter, ce n’est pas seulement pour les enfants. Livres Hebdo. 08/10/99.

    COMBET, Claude. Harry Potter, un lancement à l’américaine. Livres Hebdo. 15/09/00.

    JAKMAKEJIAN, Aurélia. Harry Potter webpiraté en Allemagne. Livres Hebdo. 22/09/00.

    COMBET, Claude. Potter Noster. Livres Hebdo. 10/11/00.

    COMBET, Claude, FERRAND, Christine. Le quadriPotter à réaction. Livres Hebdo. 01/12/00.

    Les meilleures ventes. Livres Hebdo. 09/03/01.

    COMBET, Claude. Rougemuraille à la poursuite de Harry Potter. Livres Hebdo. 16/03/01.

    I, M-C. Quand Harry rencontre Larry. Livres Hebdo. 23/03/01.

    COMBET, Claude. Des petits frères pour Harry Potter. Livres Hebdo. 31/08/01.

    R, F. Rowling, JK, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Livres jeunes Aujourd’hui. Février 2000, Notes bibliographiques.

    B, N. Rowling, JK, Harry Potter et la coupe de feu. Livres jeunes Aujourd’hui. Février 2001, Notes bibliographiques.

    E, A. Harry Potter à l’école des sorciers. La revue des livres pour enfants. Février 1999.

    Histoire d’un phénomène éditorial. Recueil d’articles de périodiques. Disponible à la Bibliothèque des Bibliothèques de Lille 3.

    Site internet

    Le Grimoire d’Harry Potter [en ligne]. Mise à jour le 05/09/04 [consulté le 07/09/04]. Disponible sur internet : < http://membres.lycos.fr/legrimoirehp/>.

    QUESTIONNAIRE SUR HARRY POTTER

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Que pensez-vous des personnages ?

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    La longueur des réponses dépend de vous, si vous avez envie d’en faire des longues, n’hésitez pas !

    Merci beaucoup pour votre participation.

    ARIANE, 18 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    J’ai commencé à le lire quand le deuxième tome est sorti.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Oui. Sauf le dernier que je n’ai pas encore lu.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Au roman d’aventures. Parce que le suspens commence dès la première page et qu’il n’y a pas un seul passage où il ne se passe rien.

    Que pensez-vous des personnages ?

    Ils sont assez complexes. On retrouve tous les traits de notre société dedans. Ils sont très différenciés et du coup, on retrouve aussi bien la générosité de certains que la rogne et la méchanceté des autres. Il sont très humains.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Je me sentais très concernée parce qui arrivait à Harry. Parce que je les ai lu au même âge que lui, c’était comme si je suivais le collège en même temps que lui.

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Je ne vois pas. Aucun.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Je ne savais pas qu’il y avait eu des critiques négatives. Ceux qui en font, souvent n’ont pas dû le lire. Biensûr, faut pas s’attendre non plus à lire du Stendhal, faut pas tout mélanger.

    AXELLE, 14 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ? Quand j’avais 11 ans.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ? Oui tous, en 1 semaine j’ai lu les quatre tomes.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ? Fantastique mais aussi psychologique car il traite de nombreux sujets difficiles de la vie, et fantastique parce que c’est pas réel.

    Que pensez-vous des personnages ? Assez réaliste, Harry se prend trop la tête, mais aussi non, ils ont tous un caractère bien précis, et c’est bien.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ? Oui, à Sirius et un peu à Harry. A Sirius pour ce qu’il a vécu, il apparaît tellement humain, et faut dire que j’ai aussi vécu des choses assez dur dans la vie. Et je m’identifie à Harry parce que je suis orpheline de père ( mon père est mort quand j’avais 5 ans, je m’en souviens pas.).

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ?

    Sirius ressemble à mon père pour son caractère, (d’après ce que ma dit ma grand-mère qui adore lire Harry Potter), et Harry...bah je sais pas trop, a Shinji dans Evangélion peut-être...

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Les critiques faites par les gens qui prennent la peine de lire Harry Potter et qui sont constructives sont toujours intéressantes, mais la plupart sont dénigrantes et relèguent les livres de J.K.R. à de la lecture enfantine sans intérêt, ce qui est faux.

    BELLATRIX, 19 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    Je devais avoir 15 ans ; c’est pourquoi j’ai commencé par snober les bouquins (la couverture du folio, tu sais...) alors que ma sœur de 11ans n’arrêtait pas de me dire qu’ils étaient supers. Puis, un jour que je m’ennuyais j’ai décidé de jeter un coup d’œil au premier... et j’ai tout de suite accroché ! Ce début à la Roal Dahl avec la petite pointe de sarcasme, cette atmosphère quasi-prophétique, je ne m’attendais pas du tout à ça !

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Ensuite j’ai dévoré les trois premiers tomes en à peu près une semaine (avec une moyenne de deux à trois jours par bouquin). Et j’ai attendu avec impatience la sortie (toute proche) du quatrième, puis du cinquième !

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Chacun des tomes de Harry Potter peut être assimilé à un roman d’aventure fantastique (puisque le monde des sorciers semble côtoyer le nôtre sans que nous soyons au courant :) ou à une enquête policière (surtout les deux premiers tomes en fait). Mais le genre qui correspond le mieux à la trame générale du cycle est sans aucun doute le roman d’apprentissage, dont elle garde les principales caractéristiques :

    un jeune héros découvre le monde, et évolue progressivement vers l’âge adulte. Sur sa route semée d’embûche il rencontre nombre d’initiateurs et d’alliés qui l’aident à mener à bien sa quête, alors que des ennemis tentent de lui nuire. Plus que l’éducation du héros, c’est celle du lecteur qui est visée ! Loin de lui nuire, le vernis fantastique y contribue en favorisant l’identification avec le héros : tout comme Harry, nous découvrons un monde neuf. Mais surtout, nous nous apercevons très vite que c’est notre propre monde que l’auteur nous fait voir à travers un miroir déformant, qui en fait ressortir certains traits, certaines caractéristiques !

    Que pensez-vous des personnages ?

    Ce qu’il y a d’intéressant chez les personnages de JK Rowling, c’est qu’ils sont identifiables à des archétypes tout en conservant une certaine profondeur psychologique. Le charme du cycle pottérien repose en partie sur les correspondances qui s’établissent automatiquement dans l’esprit du lecteur entre le texte et diverses références culturelles, de façon plus ou moins consciente. Ces références peuvent être "littéraires" ex. Harry = le héros prophétique (quasi-biblique), Lord Voldemort = le Seigneur des Ténèbres (cf. le Seigneur des Anneaux, ou la Bible toujours), Bellatrix = LA folle furieuse-fanatique, etc.

    ou "sociales" ex. l’oncle Vernon = le petit bourgeois matérialiste, Rita Skeeter = la journaliste ripou, Sirius = le rebelle marginal, etc. (la séparation entre ces deux types de références est peut-être totalement artificielle ?)

    Cependant, ces "archétypes" pourraient devenir caricaturaux s’ils n’étaient pas doublés d’analyses psychologiques très justes, souvent traitées avec humour !

    En effet, Rowling ne se contente pas de nous parler d’un vilain-méchant-seigneur-des-ténèbres-très-effrayant ; elle nous donne à voir ce dont Voldemort est capable et nous laisse entrevoir comment il est devenu ce qu’il est ! Les relations entre les membres du trio, la volonté de s’affirmer des frères Weasley, la façon dont Harry évolue et comment il fait face à son fardeau sont autant de sujets traités avec justesse, qui contribuent à donner cette impression d’authenticité à Harry Potter (même lorsqu’il s’agit de personnages "roal-dahlesques" tels que Luna ou la tente Marge).

    Quant aux créatures magiques (loups garous, centaures, elfes), on peut leur attribuer des interprétations symboliques ; ils constituent donc un champs d’analyse sans fin pour les fans...

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    J’ai une sympathie inexpliquée pour Bellatrix (personnage au combien réussi !) qui m’a fait prendre ce pseudonyme... mais le personnage qui m’a le plus influencé est sans doute celui d’Hermione. Peut-être parce que c’est la seule fille du trio, et qu’elle est bonne élève ? (même si je ne prétends pas être aussi studieuse et brillante qu’elle !!) En tout cas j’admire sa soif de connaissance, et surtout son engagement dans la vie civique...

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Justement parce que JK Rowling voit souvent juste, ses personnages peuvent être identifiés à de nombreux personnages historiques (chacun peut trouver des références dans sa propre culture) : Voldemort, par exemple, avec sa théorie des races fait immanquablement penser à Hitler ! Mais sa façon d’affaiblir le pouvoir en place en utilisant la terreur peut rappeler les pratiques d’Al Capone... De même la situation des Elfes, qui acceptent leur condition tant qu’ils sont bien traités et défendent même leurs maître, peut faire penser à celle des Noirs dans le sud des Etats Unis au XIXème siècle. Quant au professeur Lupin, sa lycanthropie est traitée un peu comme une de ces maladies tabous qui débouchent sur l’exclusion de ceux qui en sont atteints.

    Les clefs d’analyse sont extrêmement nombreuses, il faut donc se montrer prudents !

    L’univers pottérien a souvent été comparé à celui du Seigneur des Anneaux ; la démarche de l’auteure est également comparable à celle de Philip Pullman dans A La Croisée des Mondes.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Pour ce qui est des critiques négatives, j’ai vraiment du mal à comprendre que quelqu’un qui ait lu HP puisse ne pas aimer ! Culture de masse ? Le nombre des adeptes font que oui ; mais je pense qu’il serait injuste de comparer le cycle à certaines oeuvres creuses et stéréotypées ! Harry Potter s’est dès le début démarqué par son originalité et à rendu à la littérature jeunesse ses lettres de noblesses.

    Mais dans sa forme et sa façon de présenter le monde il doit être pris pour ce qu’il est ; c’est-à-dire un excellent livre pour enfant qui, un peu comme les contes de fées, est apprécié et compris à un autre niveau par les adultes !

    CHARLOTTE, 22 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    A 21 ans si ce n’est pas malheureux ! Je ne sais pas vraiment pourquoi je n’ai pas commencé plus tôt. En tout cas je n’avais pas d’à prioris. J’ai vu les deux premiers films que j’ai beaucoup aimés et je me disais tout le temps « tiens il faudrait que je me mette aux bouquins ». Et je ne sais pas pourquoi mais je n’ai jamais eu l’occasion, jusqu’à la sortie du Prisonnier d’Azkaban. Là je me suis dit que ça serait sympa de lire le bouquin avant d’aller le voir.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    J’ai commencé par lire le troisième tome puisque j’avais déjà vu les deux premiers films et que je voulais le lire avant d’aller voir le film suivant. Ensuite j’ai lu le quatrième. Comme je n’avais pas le cinquième sous la main et que j’étais déjà contaminée, j’ai donc recommencé du début. Ensuite je n’ai pas pu résister et j’ai acheté le cinquième. Et ensuite je les ai tous recommencés une fois. Par moments, j’en prend un et je relis une de mes scènes préférées. Et comme là vraiment je n’ai plus rien à me mettre sous la dent je songe à acheter le coffret en anglais et les relire en version originale.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    La question est difficile. Comme j’ai travaillé sur une définition de la fantasy je sais que Harry Potter ne rentre pas forcément dans la définition canonique du genre, et que certains « spécialistes » refusent de le classer dans cette catégorie. (Je ne vais pas me lancer dans un cours mais disons que certains éléments ne cadrent pas) Cependant je dirais que s’il faut le ranger dans une case c’est bien dans celle là. Après tout, de la magie, des sorciers, des dragons, des trolls, des géants, des elfes, un seigneur des ténèbres, des prophéties, que demander de plus à un roman de fantasy ? Mais comme je n’aime pas mettre les choses dans des cases, et ben personnellement je dis que Harry Potter c’est Harry Potter et puis c’est tout, si quelqu’un veut en savoir plus qu’il le lise ! C’est un roman unique en son genre, comme tous les romans de qualité)

    Que pensez-vous des personnages ?

    Alors là si il faut tous les passer en revue ça va prendre du temps !

    Je vais commencer de manière générale, en disant que l’un des nombreux points forts de cette œuvre est la profondeur des personnages. Ca ne reste pas superficiel, je pense qu’on peut facilement s’identifier, se prendre d’affection pour un personnage, et spéculer sur leur personnalité, leur passé ou leur avenir. C’est d’ailleurs ce que font beaucoup de gens sur le Net et je pense que c’est l’une des clés du succès d’Harry Potter. Voir par exemple l’évolution du personnage d’Harry qui passe sa crise d’adolescence, ou encore les éléments donnés au compte goutte sur la vraie personnalité de Rogue... Je trouve tout cela très bien fait. Les personnages semblent presque avoir leur existence propre !

    Quand aux personnages eux-mêmes... Je vais sûrement encore passer pour une folle, mais je n’aime pas Harry, et plus ça va pire c’est. Un sale gamin toujours à se faire passer pour un martyr et qui en plus fait sa crise d’ado, ça a tendance à m’énerver. Il y a vraiment des moments dans le cinquième tome où on a envie de lui mettre une baffe. J’arrête les méchancetés. Encore une fois c’est ça qui fait la force des romans. Tous les personnages m’inspirent un sentiment particulier, positif ou négatif. Ron et Hermione c’est un peu pareil. Je pense que les plus jeunes doivent parfaitement s’identifier à ces personnages, le héros, le meilleur copain qui le soutient envers et contre tout, et la fille, plus raisonnable, plus studieuse mais tout aussi courageuse. Et la conjugaison de leurs personnalités et la force de leur amitié qui les fait surmonter les dangers. Malfoy le méchant de service. Je pense que tout ça doit plaire aux enfants. Et étonnement d’après ce que j’ai pu en voir, tous ne s’identifient pas forcément aux « gentils », j’ai compté beaucoup d’admirateurs de Drago.

    Hagrid par contre est un personnage que j’aime beaucoup, un grand sensible sous une apparence de brute, un peu « brut de décoffrage » si on me passe l’expression. Très authentique, simple et profondément bon. Et sa passion pour les créatures disons « spéciales », me fait beaucoup rigoler.

    Mon personnage favori loin, mais alors très loin devant les autres et le professeur Rogue, mais je pense plutôt en parler dans la question suivante.

    Pour les autres personnages, je les trouve moins développés, moins présents donc je ne vais pas en parler ici. A part peut être Dumbledore qui révèle dans le cinquième tome un caractère bien trempé, et des pouvoirs à la hauteur de sa réputation. Sinon les autres professeurs, ont chacun leurs particularités intéressantes. Et je n’oublie pas Neville qui commence à prendre de l’importance contre toute attente. Il y en a tellement qu’on ne peut pas tout citer.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Alors voilà enfin le cœur de la chose. Je ne sais pas si je vais vraiment répondre à la question, car je ne pense pas parler « d’identification » à proprement parler à mon âge avancé. D’ailleurs quiconque s’identifie au professeur Snape a du souci à se faire, à mon avis (je vois pas l’intérêt qu’ils ont eu à changer son nom, alors si ça te dérange pas je dirais Snape).

    Alors donc sans aller jusqu’à parler d’identification, je nourris une obsession notoire pour le personnage de Severus Snape. Dans mon cas, il est pour 50% au moins responsable de ma passion pour ces romans.

    Rapidement tout de même, je dirais que c’est le personnage le plus intéressant, car le plus ambigu. Il est sujet à toutes les spéculations. Repenti ou espion ? Si repenti pourquoi ? Pourquoi sauver la vie de Harry ? Pourquoi donc se retrouver simple professeur chez les gentils, alors qu’il semble profondément mauvais ? Pourquoi risquer sa vie en espionnant, d’un côté comme de l’autre ? Et pourquoi toujours refuser de lui donner le poste de professeur de défense contre les forces du mal ? Et puis qu’est ce qui se passe dans sa tête à la fin ! Le nombre de mystères encore non élucidés sur le personnage est impressionnant. Donc première raison, c’est un personnage intrigant, et on peut en discuter des heures sur les forums, avec des hypothèses complètement dingues.

    Après, il faut bien dire que c’est un personnage sombre, et que par nature, ce genre de personnage me plait quasi systématiquement. La raison pour laquelle je le préfère à Malefoy est que Lucius m’apparaît comme un méchant plutôt lâche et opportuniste, plus caricatural. Quand au Seigneur des ténèbres lui-même, il n’est pour l’instant pas très développé. Et puis Ombrage... il lui manque quelque chose.

    J’adore les sarcasmes de Snape, et j’adore sa misanthropie latente, son côté rancunier (le mot est faible) et en cela on pourrait presque parler d’identification. J’adore quand il pique des colères, aveuglé par sa haine profonde envers Harry ou Sirius. Je pense que c’est un personnage très intelligent mais tellement plein de colère qu’il commet souvent des erreurs. Le cinquième tome a beaucoup apporté au personnage. Le jeune Severus, versé dans la magie noire, toujours de noir vêtu et solitaire, j’adore. (Je ne vais pas me lancer sur le sujet de James et Sirius ou je vais m’énerver) Là aussi on pourrait parler d’identification. (Mais je ne fais pas de magie noire et je ne suis pas non plus aussi asociale, hein attention !)

    Les scènes où il se trouve face à Sirius sont très intenses. Je crois que les scènes de la cabane hurlante, de la cuisine de Sirius avant d’annoncer à Harry les cours d’occlumencie, ainsi que celle où Harry (qui fourre toujours son nez partout, il est bon de le signaler) regarde dans la pensine de Snape, sont vraiment mes préférées sur les cinq tomes.

    Pour terminer j’adore l’aspect physique effrayant (et un peu dégoûtant) du personnage décrit dans les romans, et j’ajouterais, un peu hors sujet encore une fois, que le professeur Snape se trouve joué dans les films par mon acteur favori (j’ai nommé Alan Rickman) et que cela n’a fait que confirmer mon obsession pour le personnage.

    Finalement on peut parler quelque part d’identification, parce que je me reconnais dans le personnage sombre, mystérieux, infect et sarcastique, même si je n’agis pas comme ça dans la vie.

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Ca ne devrait pas être très surprenant, ni très original, je comparerais au Seigneur des Anneaux. Voldemort (pardon plutôt Tu-sais-qui) et Sauron grands méchants, Dumbledore et Gandalf grands gentils, Snape et Saroumane ou Gollum le méchant ambigu, Harry et Frodon le héros, Ron et Sam le meilleur ami. Hermione je ne vois pas trop, on peut dire un autre hobbit, il n’y avait pas de hobbit intello.

    Le parallèle qu’on peut faire prouve bien que ça reste de la fantasy.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Je vais aussi faire relativement court parce que je n’ai pas trop prêté attention aux critiques, hormis celles que tout le monde connaît. Et puis comme ma passion est récente il y a encore pas mal de choses que j’ignore.

    Je n’ai pas rencontré, ni dans la vie ni sur le Net de personne ayant lu Harry Potter et ayant détesté. J’imagine que ça existe, mais bon. Pour ça donc je ne peux pas trop dire.

    Par contre j’ai vu pas mal de personnes qui ne l’ont pas lu et soutiennent que ça ne mérite pas le nom de littérature. Soit parce que « c’est pour les petits », soit parce que « c’est un coup commercial pour se faire du pognon ». Bien évidemment quand on donne son avis sans connaître, ça a le don de m’horripiler. D’abord la littérature de jeunesse mérite bien son nom de littérature, et ensuite Harry Potter ne s’adresse pas uniquement aux enfants, comme Rowling l’a dit elle-même. Le fait qu’il ait eu un tel succès vient simplement du fait qu’il s’agit d’un excellent roman, et il ne faut pas chercher plus loin. Ça n’est que de la jalousie mal à propos. Certaines personnes sont simplement hermétiques à toute littérature de l’imaginaire et dénigrent Harry Potter comme de la sous littérature. Tous les goûts sont dans la nature, tant que l’on se contente de dire « je n’aime pas » au lieu de « c’est de la m**** ».

    Après j’ai cru comprendre qu’il y avait eu d’autres critiques absolument ridicules, mais je n’en sais pas plus alors je m’abstiendrais.

    Je ne vois pas trop ce que je pourrais reprocher à Harry Potter, il faudrait que je me mette à lire des critiques, je trouverai peut être une chose à laquelle je n’avais pas pensé.

    Les critiques positives sont tout de même nombreuses elles aussi, et je suis entièrement d’accord avec tout ce que l’on pourra dire d’élogieux. Une histoire originale, un suspens bien mené, une écriture plus qu’agréable qui vous fait lire plus de 900 pages en deux jours, des personnages attachants. Quelqu’un disait que c’était un livre dont on ne pouvait s’empêcher de tourner les pages, et qu’on ne parvenait pas à lâcher. Je ne sais plus qui c’était, mais je suis entièrement d’accord.

    CHRISTINE, 28 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    Franchement je ne calcule pas en terme d’âge. Ce devait être au moment de la sortie au cinéma du 2e Harry. Mon petit frère, qui avait lu le premier roman parce qu’un pote lui avait prêté, m’a convaincue de voir le 1er film en DVD puis le 2e au ciné. Je l’ai revu plusieurs fois et ai dévoré la série en livres depuis. Je la digère toujours, et j’en reprendrais bien un morceau... J’ai 28 ans actuellement. À toi le calcul...

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Ben oui, j’ai tout lu et relu jusqu’à épuisement. Là j’en ai marre d’attendre. J’envie ceux qui découvriront Potter quand tous les tomes seront sortis, voire quand tous les films seront faits. C’est insoutenable d’attendre. D’autant, a dit Lao Tseu, que la crampe est sœur de l’attente nerveuse.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ? Oh là là ! J’ai coutume de dire, lorsque que je veux convaincre les réfractaires de lire HP, que c’est une saga aussi riche et aussi digne dans son style (quoi qu’ils soient radicalement différents) que "À la recherche du temps perdu" de Proust ou que "Les Misérables" de Victor Hugo. Surtout ce dernier, en raison du nombre impressionnant de personnages, lesquels sont très travaillés, et de la documentation hallucinante qu’utilise sans le faire voir notre chère auteure. Je dis souvent aussi que c’est un polar psychologique aussi bien construit que les romans d’Agatha Christie, avec un style souvent digne de Shakespeare en plus (pour plus de commentaires sur le style, écris-moi si tu veux). Mais ça c’est pour la vente. JKR ne se rattache pas à un style, elle a le sien propre, qui ressemble à ses bouquins c’est-à-dire qu’elle brasse à peu près tout ce qui existe (poésie, polard, récit mythique, conte, que sais-je encore ?), mais comme pour la cuisine le mélange des ingrédients ne suffit pas, il faut la main d’une bonne cuisinière. Bon, et la main (la plume) de notre JKR est celle d’un grand chef, de ceux dont on ne sait pas pourquoi on a beau suivre la recette, ce ne sera jamais pareil. Donc pas de genre. Un auteur, un grand, c’est tout.

    Que pensez-vous des personnages ?

    Cieux ! Lesquels ? Il y en a tellement ! Ce que j’en pense, c’est que tous sont très bien pensés, et très bien décrits. Avec suffisamment de recul pour nous faire dire : mais que va-t-il devenir ? Et suffisamment d’humanité pour qu’on puisse avoir des émotions envers eux (qu’il s’agisse de les aimer ou de les détester).

    Vous identifiez-vous à l¹un d¹entre eux ? Pourquoi ? Bon, évidemment Harry est conçu pour que peu ou prou tout lecteur s’identifie à lui. C’est un héros universel, en ce sens que les épreuves qu’il a à traverser se présentent à nous tous, quelles que soient leurs formes. De plus nous vivons les épisodes à travers les yeux de Harry, donc l’identification se fait assez naturellement - sauf pour les réfractaires ; mais eux, continuent-ils la lecture du bouquin ? Sinon, spontanément Hermione. Question de personnalité. Comme elle j’ai toujours eu un côté première de la classe, voire un côté mademoiselle-je-sais-tout. J’ai toujours détesté comme elle le sport en classe (Hermione n’aime pas le balai ; moi j’ai le vertige, donc la poutre et autres exercices, non merci). Son animal de compagnie est un chat, et je ne peux personnellement vivre sans chats. Elle défend la cause des exclus, moi aussi. Elle est, sous sa figure d’intellectuelle, hypersensible et finalement très sentimentale, moi aussi. N’en jetez plus ! Sinon, le fort de la série est de nous permettre de nous identifier, lorsque l’on est adulte, à d’autres personnages que ceux des "enfants" (enfants qui n’en restent pas puisqu’ils deviennent précisément adultes). Pour ma part, qui enseigne, je m’identifie facilement aux enseignants de Hogwarts. Tantôt Mc Gonagall, pour sa sévérité voulue quoique pas toujours désirée, histoire de maintenir une certaine rigueur et une certaine moralité dans son comportement. Et puis surtout Lupin, qui sans mélanger vie privée et vie d’enseignant se permet de tisser certains liens avec certains élèves (en l’occurrence Harry, mais ce pourraient être d’autres). Et qui a une méthode disons peu orthodoxe d’enseignement (un peu à la Keating, du Cercle des poètes disparus), ce que mes étudiants me disent avoir, et dont ils me remercient. Ne croies pas que je me jette des fleurs, c’est juste ce que je ressens. Bon, et puis il y a pour une femme Lily Potter. Quelle femme ne se sacrifierait pas pour son enfant ?

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une oeuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Tous les personnages ? Il y a du boulot ! Ou ceux auxquels on s’identifierait ? Je n’ai pas d’idées a priori. Mais. Rogue me ferait assez penser à Javert, des Misérables, de Victor Hugo. Pas en apparence, car Javert est l’ordre incarné, et qu’un pas de travers n’est pas dans sa conception, alors que Rogue est un ancien Mangemort, donc il a dérivé. Mais s’il est revenu dans l’ordre (et dans l’"Ordre" du Phénix notamment), c’est en vertu d’une certaine rigueur voire rigidité intellectuelle qu’il partage avec Javert. Bon, c’est mon opinion. Quant au trio Harry-Hermione-Ron, évidemment c’est le trio traditionnel de héros, que l’on retrouve notamment dans Star Wars avec Luke-Leïa-Yann. À noter un point commun : Luke et Leïa ont un prénom aux mêmes initiales, comme Harry et Hermione. Luke et Leïa sont frère et sœur. D’une certaine manière on peut considérer que Harry et Hermione le sont aussi. Ils partagent une certaine complicité. Que dire de Harry et Ron ? Ils sont en un sens frères, et pourraient véritablement le devenir si Hermione et Ron finissent ensemble. Ou si Harry finit (ce qui n’est pas exclu) avec Ginny. C’est bien le sort de Leïa et Yann de finir ensemble, et franchement cette structure classique, cela m’étonnerait que JKR nous en départisse. Bon pour le moment je vois rien d’autre. Ah si : Lupin = Keating, bien entendu.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ? Encore faudrait-il les lire, ce qui pour la plupart n’est pas mon cas. Les mauvaises me mettent en colère, pour ce qui est des livres du moins, car il me semble que c’est du snobisme que de ne pas reconnaître que cette oeuvre, qui est immensément populaire, peut être, à l’instar des Misérables par exemple, aussi une oeuvre de génie - et d’ailleurs en quoi le fait qu’elle soit populaire devrait être un a priori contre cela ? Quant aux bonnes, si elles m’enrichissent techniquement tant mieux, sinon, si c’est pour me dire que c’est bien, merci je le savais déjà, et de toutes façons toute tentative pour me persuader du contraire serait vaine.

    ISABELLE, 40 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    36 ans ! J’ai commencé par lire le T1 -logique !- parce que je voyais partout ce titre avec les commentaires suivants : Le livre pour enfants de la décennie !

    j’ai toujours adoré les livres pour enfants

    je me suis dit que si c’était le livre de la décennie, il y avait de fortes chances pour que mes propres enfants n’y coupent pas. Et comme j’aime bien savoir ce qu’ils lisent ou regardent...

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ? J’ai continué avec les trois suivants d’abord, puis j’ai attendu comme tout le monde le T5 avec impatience...

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ? Personnellement je l’associerai à de la Fantasy. Parce qu’il nous emmène dans un monde parallèle au nôtre où les pouvoirs surnaturels jouent un rôle important.

    Le terme livre pour enfants me parait un peu restrictif.

    Que pensez-vous des personnages ? Je trouve que les personnages, dans l’ensemble, sont drôlement fouillés et complexes pour un roman pour enfants... Ils sont terriblement humains, que ce soient les "méchants" ou les "gentils". Contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre et après les premières impressions, ils ne sont pas si manichéens que cela. Certains ont même une profondeur étonnante et s’étoffent au fur et à mesure des tomes.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Je n’irais pas jusqu’à l’identification... mais j’aime beaucoup Hermione. Parce qu’elle ressemble à l’enfant et l’adolescente que j’étais... ? Pas aussi maniaque, mais presque...

    J’aime beaucoup aussi Neville -c’est plus affectif. J’ai une véritable tendresse pour ce personnage. En fait, quand j’ai "rencontré" sa grand-mère je me suis dit : Mais d’où JKR connaît-elle ma mère ? Et j’ai compris pourquoi j’aimais tant ce jeune garçon gauche et totalement inhibé...

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle). Quand j’étais au collège, je lisais une série de roman pour les 10/13 ans qui s’intitulait en Français "Bennett et Cie" (en anglais c’était Jenkins, je crois...) d’Anthony Buckeridge. Cela se passait en Angleterre, bien sûr, dans un collège anglais, bien sûr aussi, avec les professeurs, l’un plutôt sévère, un autre plutôt indulgent, l’infirmière bienveillante. Avec son ami Mortimer, Bennett résolvait des mystères qui n’en étaient pas et vivait mille aventures rocambolesques et très drôles... Dès le premier tome, Harry et Ron m’ont fait pensé à Bennett et Mortimer.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ? Les critiques sont toujours faites selon un point de vue... qui se respecte. Je préfère toujours me faire ma propre idée. Je me méfie des critiques outrancières, dans un sens ou dans l’autre. Je n’ai vraiment pas lu de critiques vraiment féroces.

    JULIETTE, 21 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    Je crois que j’ai dû découvrir HP en 2002 (19 ans).

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    J’ai commencé par le tome 2 ou 3, je ne sais plus, puis j’ai tout de suite acheté les autres. Pour le 4, j’ai dû attendre quelques mois parce qu’il n’était pas encore sorti en poche et que je me refusais à acheter une grande édition... réticence disparue à la parution du tome 5 que j’ai acheté dès la publication, d’abord en anglais puis en français.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    La seule catégorie valable pour moi serait « livre que j’ai aimé » mais je ne crois pas que ça marche comme genre. Tu peux toujours mettre « roman d’aventure pour la jeunesse » ou « roman initiatique », s’il en faut un...

    Que pensez-vous des personnages ?

    Réalistes, les personnages principaux comme les secondaires (d’ailleurs, le terme même de secondaire me semble inexact et offensant pour le travail de Rowling, chez elle, aucun personnage n’est jamais secondaire).

    Evolution à travers les tomes avec une complexité de plus en plus grande des caractères, là encore chez tous les personnages. Par exemple, si on considère le personnage de Mme Weasley, lorsqu’on l’aperçoit pour la 1ère fois sur le quai de la gare, elle est déjà le prototype de la femme au foyer un peu mère poule (elle a dû mal à se séparer de Ron), un peu débordée (« Ma mère n’a pas beaucoup le temps de faire la cuisine, nous somme 5 enfants à la maison », p.105). Mais au fil des volumes, son image se précise : elle aime ses enfants mais pense savoir ce qu’il y a de mieux pour eux (faire des études et être Préfet pour avoir une bonne situation plus tard !) en négligeant sans doute un peu de les écouter (ce qui n’enlève rien à l’attachement qu’on éprouve pour le personnage). On en découvre également une nouvelle facette dans le tome 5 en la retrouvant membre actif de l’Ordre du Phénix.

    Ce détail contribue d’ailleurs au réalisme du personnage mais aussi à la force de ce qui est pour moi un des messages (j’aime pas le terme mais je n’en trouve pas d’autres) principaux du dernier volume, message qui est, là encore très juste (réaliste) : nous luttons contre le Mal (schéma classique de n’importe quel conte) mais ce mal peut prendre différentes formes (Voldemort mais aussi le très ambigu Malefoy ou l’horrible Ombrage, persuadée de la justesse de ses opinions). De plus, nous luttons à notre niveau d’être humain avec nos forces et nos faiblesses. Je pense qu’il serait très intéressant de prendre le temps un jour de comparer HP au Seigneur des anneaux. Des 2 côtés, le schéma et les messages sont assez semblables et pourtant, à 1ère vue, les univers (la manière de faire passer ce message) sont quand même radicalement opposés.

    Toujours en ce qui concerne le réalisme, j’aime la complexité de l’univers de Rowling, j’aime la façon dont tous les éléments s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres, à l’intérieur d’un même volume, mais aussi entre les volumes. Rowling rajoute des détails à chaque tome sans qu’il n’y ait jamais de contradiction. Parfois, comme en ce qui concerne les sabliers qui comptabilisent les points de chaque maison et qui ne sont décrits qu’au tome 5, je me dis : « elle exagère, pourquoi elle ne nous en a jamais parlé avant ! » mais son univers est si vaste qu’ en fait, il n’y a pas d’invraisemblance à ce qu’elle ne l’ait pas fait.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Je m’identifie complètement à Harry. Je comprends tous les personnages et je les aime plus ou moins mais le seul à qui je m’identifie vraiment je crois, c’est Harry. En même temps, c’est normal, la focalisation interne est faite pour ça !

    En fait, je crois que c’est ce qui me plaît le plus dans HP, la focalisation interne : on voit tout par les yeux de Harry. Je sais qu’il y a plein de livres comme ça mais là, c’est vraiment réussi ! Si on reprend l’exemple de Mme Weasley, je ne suis pas sûre du tout que ce soit quelqu’un qui me plairait dans la « vraie vie », mais je la vois avec les yeux de Harry et à partir de là je l’aime forcément. Pas parce que c’est la mère de mon meilleur ami (quoique ça y contribue, bien sûr), mais parce qu’elle représente tout ce que je n’ai pas eu. Dans cette optique, le côté mère-poule, si agaçant aux yeux de Ron, devient un plus. En vrai, je ne crois pas non plus que j’aimerais Hagrid parce que ce n’est pas un très bon professeur et qu’il n’est pas très intelligent. Heureusement, Harry a un système de valeur beaucoup plus juste que le mien (en fait j’ai l’impression que sur ce coup là je ressemblerais davantage à Malefoy !) et il sait s’attacher aux qualités de cœur de Hagrid. Dans des moments comme ça (par exemple quand il fait sentir à Hermione que son jugement est négatif, au tome 5 lorsqu’elle critique Hagrid parce qu’il a ramené son frère) j’adore être dans la peau de Harry parce que j’ai l’impression d’être quelqu’un de bien. Evidemment, ça marche aussi en sens inverse et je me suis sentie très mal à l’aise à chaque fois que Harry avait un mouvement d’humeur (toujours dans le tome 5).

    Je suis contente que Rowling n’alterne jamais avec un narrateur omniscient parce que l’utilisation de la focalisation interne permet des tas de choses comme la redécouverte du personnage de Ginny au tome 5. En fait, c’est quelqu’un de formidable mais on a mis du temps à s ‘en apercevoir vu qu’elle n’ouvrait pas la bouche devant Harry !

    C’est encore la focalisation interne qui provoque la construction de différents niveaux du décor c’est-à-dire le fait que l’intrigue se déroule entre Ron, Hermione et Harry, avec, en arrière-plan en ordre décroissant d’importance la classe de Harry, Poudlard, ses enseignants, les autres maisons et les autres sections. Tous ces éléments sont omniprésents mais existent en périphérie du regard de Harry : il les voit sans les regarder. C’est un détail mais ça m’a fait rire lorsqu’à la rentrée du tome 5 , Harry regarde vraiment un 1ère année en se souvenant de quand il était dans la même situation, c’était tellement vrai ! C’est encore mis en évidence lors des examens. Ceux-ci constituent le centre du tome 5 puisqu’ils décident de l’orientation des élèves, pourtant, on en a quasiment jamais entendu parler avant : normal, Harry n’avait pas à s’en préoccuper puisque ça ne le concernait pas.

    Autre chose, au niveau de l’univers de Rowling, j’aime aussi l’humour. Celui-ci tient parfois à l’intrigue ou aux personnages mais n’en est que rarement l’intérêt principal. Si on observe les jumeaux Weasley par exemple, évidemment ils sont drôles et une de leur fonction est de détendre l’atmosphère, mais ils sont aussi bien plus que ça.

    En fait, Rowling utilise pleins de petits biais pour nous faire sourire. C’est peut-être la seule incursion de l’auteur dans son univers (en contradiction avec l’utilisation de la focalisation interne) que j’ai pu observer. Cela se traduit souvent par les noms propres (Fumseck, Rogue ...) ou par l’utilisation de codes de dessins animés (ça fonctionne souvent avec les expressions de Ron, très visuelles : stupéfaction -la bouche ouverte-, colère -les oreilles qui rougissent-...). Ce genre de techniques s’opposent à l’esthétique de réalisme mais il ne pouvait en être autrement dans la mesure ou Rowling les utilise souvent pour détendre l’atmosphère dans des moments difficiles (lors de la confrontation Harry-Jedusort à la fin du tome 2, ça aide, non, que les secours s’appellent Fumseck et Choipeau magique ?).

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Je ne me dis jamais : « tiens, ce personnage là ressemble à mon voisin » parce que, normalement, s’il est réussi, le personnage a sa propre personnalité et devient unique.

    Après, bien sûr, il y a des liens avec la réalité puisque je reconnais les réactions et les caractères des personnages comme ressemblants à ce qui existe dans mon monde. Il y a aussi des liens avec d’autres fictions (j’aime Harry comme j’aime Eric et Christian dans Le Bracelet de vermeil, un livre pour enfants, injustement aujourd’hui oublié de tous sauf de moi, et que j’ai adoré). Mais ça, c’est aux niveaux de mes réactions personnelles, pas des livres. En même temps, c’est sûr, j’aime toujours un peu les mêmes personnages (en court, des garçons solitaires-intelligents-qui ont des problèmes).

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    J’en pense ce que je pense des critiques en général. Une critique ne devrait jamais être dogmatique, ça devrait simplement être le témoignage de la rencontre d’un lecteur unique (avec sa personnalité et son passé de lecteur), à un moment unique (j’ai aimé des livres à 15 ans que je n’aime plus aujourd’hui sans que ça altère leur qualité), avec un livre unique. Alors forcément, c’est subjectif !

    A côté de ça, bien sûr, j’apprécie aussi d’avoir certaines clefs pour comprendre l’œuvre. Non pas l’histoire de la vie de l’auteur ou son dernier interview, renseignements que je ne trouve que très rarement intéressants, mais plutôt quelques théories littéraires générales qui aident à prendre un peu de recul (vive le schéma actantiel et cie !). J’ai surtout besoin (et ça, c’est pas les critiques qui peuvent te le donner) de ce passé de lecteur dont je parlais tout à l’heure . J’ai besoin d’avoir des repères, d’avoir lu des œuvres comparables (pour certains genres comme la SF, c’est souvent très utile parce que tu as des codes implicites qui reviennent chez tous les auteurs, codes que tu es sensé connaître sans qu’on te les ait jamais explicités) et même n’importe quel autre livre en général (essayer de ne pas se cantonner à un seul genre ).

    LUCIE, 24 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    19 ou 20 ans, je ne suis plus certaine.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Oh oui. Dès que j’ai commencé, je n’ai pu m’arrêter. J’attends chaque sortie avec impatience. Et comme on disait sur le forum, je redoute vraiment la lecture de la dernière ligne du dernier tome, cette sensation de vide qui accompagne toute fin de lecture palpitante...

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Je l’associe au fantastique. La réponse courte, c’est parce qu’il y a de la magie. La réponse longue et plus développée, j’associe Harry Potter à deux genre : le fantastique merveilleux tel que décrit par Todorov (Introduction à la littérature fantastique), et au roman d’apprentissage. Un texte appartenant au fantastique merveilleux, c’est, en gros, un texte où il y a présence d’éléments surnaturels, que ceux-ci sont bizarres ou inconnus aux yeux des humains, mais qui néanmoins réels et confirmés (contrairement au fantastique pur, où il plane toujours un doute sur la réelle existence de l’élément fantastique...). Le roman d’apprentissage (ou le roman d’éducation, Bildungroman) vient de l’épopée et du roman de chevalerie, où le héros prouve au monde (et à lui-même) ses qualités de personnage héroïque. On voit déjà se profiler la quête d’Harry... Le roman d’éducation décrit « [...] les péripéties que connaît un héros dans son apprentissage du monde et qui montre les leçons qui en sont tirées. » (Dictionnaire des genres et notions littéraires). On voit donc bien que ces romans sont vraiment des romans d’éducation. On voit Harry dans son apprentissage du monde magique, on voit ses erreurs qu’il doit tenter de contrôler afin de réaliser sa mission ultime (du moins, dans le cadre des sept livres), battre Voldemort, où le héros prouvera ses qualités de personnage héroïque...

    Que pensez-vous des personnages ?

    Il sont bien construits. Ce qui différencie les personnages de ce roman des personnages ce trouvant dans des textes pour les jeunes de moins grande qualité, c’est que les personnages ne sont pas des caricatures sur deux jambes... La plupart des personnages ne sont ni tout blanc ni tout noir (Harry est très colérique, son père n’était pas vraiment ce qu’on peut appeler un bon garçon, Rogue malgré tout aide Harry...). J. K. Rowling, par la voie de Dumbledore, affirme que ce sont les choix de nous faisons qui font ce que l’on est, et c’est pour cela que Voldemort est maintenant tout noir (ce qui sous-entend qu’il ne l’a pas toujours été...). J’aime beaucoup Dumbledore, qui est très humble et très accessible pour un magicien d’une telle puissance.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Je ne m’identifie pas vraiment à un personnage. Peut-être Hermione (j’ai son côté « obsessive » à l’école...). D’un autre côté, j’ai le petit côté impulsif d’Harry. C’est plutôt une combinaison de quelques traits de uns, quelques traits d’un autre... Cependant, je dois avouer admirer Dumbledore et être fascinée par Rogue !!! (Mais quand même, je ne m’identifie pas à lui...) Je me suis rarement identifiée à un personnage au court de mes nombreuses lectures. Je préfère me laisser pénétrer par eux que d’essayer de pénétrer en eux...

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Bien sûr, Voldemort me fait penser à Hitler. Le prénom de Serpentard (Salazar) réfère sans aucun doute à Antonio de Oliveira Salazar, qui était solidaire à Franco. Harry évoque bien sûr tout personnage d’apprenti sorcier (encore le roman d’éducation...). Dumbledore évoque en moi les grands magiciens (Gandalf, Merlin, etc...). Et, puisque j’adore les vampires, je ne peux m’empêcher de voir en Rogue un vampire (en relisant Dracula dernièrement, j’ai pu soulever plusieurs ressemblances...).Sinon, je retrouve des personnages de plusieurs types, qui sont souvent présents dans la littérature jeunesse (Hermione, la studieuse : grâce à ses nombreuses lectures, on peut souvent se sortir d’un pétrin ou résoudre un mystère ; Drago, le méchant ; c’est celui qu’on aime détester ; Neville, le maladroit : celui qui nous fait rire ; Ron, le meilleur ami ; bien qu’il soit dans une situation économique (et familiale) différente des autres, ce qui entraîne la moquerie, c’est un ami fidèle, l’inséparable complice du héros (avec Hermione bien sûr).

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Je porte peu d’attention aux critiques. Je m’amuse à lire les négatives qui affirment que ces livres sont mauvais pour la jeunesse. Ça me fait bien rire de voir que certaines gens semblent prendre ces livres au sérieux et non pas comme une fiction... Je préfère lire les analyses, qui me font parfois voir de nouvelles perspectives de lecture, qui éclairent des éléments qui étaient restés confus ou insistent sur des détails auxquels je n’avais pas fait attention.

    NATHALIE, 22 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    J’ai commencé à lire Harry Potter à l’âge de 20 ans. C’est un peu tard, en fait j’ai mis du temps à m’y mettre car au moment de la sortie des premiers tomes, j’avais quelques a priori et puis tout cet appareillage commercial m’avait peut-être aussi un peu fait peur. Et puis, j’en avais tellement entendu parler autour de moi, on m’avait tant vanté ses mérites que j’ai fini par craquer : c’était pendant une période où j’en avais un peu assez de lire des classiques, des livres plus "prise de tête", Harry Potter m’a fait du bien et m’a permis de m’"aérer"en quelque sorte ; j’ai lu le premier, histoire de voir, et je suis devenue accro.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    J’ai lu tous les tomes de la série à la suite.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Alors j’aurais davantage tendance à cataloguer les "Harry Potter" comme de la Fantasy. La nuance avec la SF est évidemment très mince : je ne me souviens d’ailleurs jamais des différences entre ces deux genres : dans le cas Harry Potter c’est plutôt délicat ; on admet l’existence de Poudlard et des sorciers, donc d’un monde qui ne correspond pas à notre réalité, cependant, ce monde "extraordinaire" fait partie d’un monde lui bien réel, celui des "moldus"(ce pourrait finalement être presque du fantastique sauf qu’ici qu’il n’y a aucun doute possible sur la véracité des pouvoirs surnaturels des sorciers). Cependant l’univers (plutôt clos) de Harry Potter demeure en priorité régit par les lois de Poudlard et de la magie donc d’un monde différent du nôtre, qui a ses propres règles, ses particularités, où le temps et l’espace peuvent être bouleversés, où des personnages mythiques, extraordinaires interviennent sans que personne ne s’en étonne (des fantômes, des géants, des dragons...)Donc, dans ce sens je placerai plutôt Harry Potter dans cette catégorie.

    Que pensez-vous des personnages ?

    Je pense que les différents protagonistes des romans de Rowling ont été pour beaucoup dans le succès de ses livres : elles a su développer pour chacun d’entre eux une personnalité unique, mais suffisamment "caricaturale" pour que chaque lecteur s’y retrouve ; ils nous ressemblent. En fait, je trouve qu’elle a bien réussi à trouver ce juste milieu : un caractère nuancé pour leur donner de la consistance, les rendre le plus réel et le plus "humain" possible, et en même temps, chacun d’eux représente à lui seul l’adolescent "type" : Hermione c’est la grosse tête surdouée le nez dans les bouquins du matin au soir, Ron c’est un peu le simplet maladroit, Malefoy c’est le teigneux qui embête tout le monde etc... Cependant (et c’est là toute l’ingéniosité de l’auteur) ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît : tout est dans la contradiction (un trait qu’on retrouve dans tous ses romans) dans la nuance. Ainsi, même si Harry est le héros courageux, il est parfois aussi peureux et ne réussi pas tout ce qu’il entreprend, il en est de même pour chacun des personnages : Hermione n’est pas seulement un rat de bibliothèque, elle participe activement aux aventures de Harry, et Ron aussi, même s’il paraît plutôt faible et "bébête", n’est pas seulement un faire-valoir pour Harry puisqu’il prouvera à plusieurs reprises sa vaillance et son intelligence (cf, la partie d’échec du tome 1). Enfin, des personnages tels que "Sirius", ou mieux "Rogue" prouvent qu’il ne faut jamais se fier aux apparences dans les romans de Rowling ; rien n’est simple, et chaque personnage recèle un mystère, une dualité.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    En fait, ça rejoint un peu ce que je disais plus haut, il est difficile de développer une empathie particulière pour un des personnages car en fait à eux tous ils rassemblent un peu tous les sentiments et traits de caractère de tout le monde. Je ne peux pas dire que je m’identifie à un personnage spécifique, en revanche, j’aime mieux certains personnages que d’autres ; par exemple, j’aime bien Ron, il est un peu gauche (comme moi), et puis il a du mal à s’affirmer par rapport à Harry , d’ailleurs j’ai beaucoup apprécié son coup de gueule dans le 4 ; c’est vrai c’est normal, on serait tous un peu jaloux si on avait un copain vachement connu et adulé, c’est vrai ce doit être super énervant ! Evidemment, j’adore aussi Harry. Je crois qu’il fait l’unanimité auprès de tous, il doit être fédérateur je ne sais pas ! En fait, je pense qu’on est un peu tous attendris par son histoire familiale, la perte de ses parents très jeune, le calvaire chez son oncle et sa tante...C’est un personnage qui a connu beaucoup de coups dur, qui n’est pas lisse, un peu fragile : je pense que c’est pour ça, on a tous connu des moments difficiles, qui nous ont laissé des traces, donc forcément, on doit s’identifier un peu à cette faiblesse. Et puis, j’aime bien ce qu’il devient, dans le 5, il affronte encore une nouvelle difficulté qui risque de le marquer fortement (mais on en saura plus quand elle aura écrit le 6 !) la perte brutale de son parrain, Sirius, dans lequel il voyait un espoir ; je trouve ça dur pour le personnage, il est assez jeune, mais en même temps, je trouve ça bien de la part de l’auteur, car dans la réalité, la vie ne fait parfois pas de cadeau et la perte de quelqu’un de cher, quelque soit notre âge, reste quelque chose de très très difficile à vivre, ça arrive et c’est bien que ça ne soit pas tabou, le fait d’en parler est très important ; bien sûr ça reste de la fiction, ce n’est pas non plus traumatisant pour le lecteur (Sirius n’était jamais qu’un personnage secondaire) mais quand même, on peut partager la peine ressenti par Harry. Bien sûr, d’un point de vue plus "psychologique", on peut facilement développer tout un argumentaire analytique : Harry représente l’adolescence (et on est tous passé par là) la mort, les différentes épreuves (initiatiques ? )qu’il subit...Tout ça va lui permettre de devenir un être plus mature, un "adulte".

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    C’est une question que je ne m’étais jamais posé, je ne sais pas vraiment, en littérature je dirai que Harry se rapproche un peu du Piccaro qui doit passer par de multiples épreuves initiatiques avant d’atteindre son but et de s’"accomplir"grâce à une évolution. Mais c’est un type de personnage, alors plus précisément, c’est difficile. Non, je n’arrive pas à citer une œuvre particulière : à part le fait que le personnage soit magicien et qu’il évolue dans un monde de sorcier qui possèdent de super pouvoir, ce qui peut le rapprocher de livres où l’on met en scène des "superhéros" et il y en a pas mal, je ne vois pas. Á ce moment-là, on peut citer "superman" ou dernièrement les "Spiderman" : même si la notion de "quête" n’est pas vraiment présente dans le comics (alors qu’elle est primordiale dans Harry Potter), le héros devient héros malgré lui, possède des super pouvoirs qui le rende plus fort et qu’il apprivoise petit à petit, et puis tous les deux doivent sauver le monde (seul Harry peut tuer et affronter Voldemort), une même vengeance les anime (les méchants s’en prennent toujours à des personnes auxquels nos héros tiennent), en plus, il sont tous les deux malheureux en amour ! ( enfin pour Spiderman ça s’arrange finalement mais ça a été dur !), donc oui, en fait il y a beaucoup de Spiderman en Harry !

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Je n’ai pas eu beaucoup d’occasion de lire des critiques. Je pense être d’accord avec les bonnes puisque j’adore les Harry Potter, je pense que Rowling a su mettre en place une véritable machine dont chacun des rouages se dévoilent au fur et à mesure des romans : c’est là que tu te rends compte que c’est un boulot de dingue qu’elle a réalisé. J’ai lu une critique négative de Pierre Bruno qui disait un peu n’importe quoi : ses arguments étaient abracadabrants (c’est le cas de le dire) et absolument pas fondés : Harry Potter serait en fait misogyne, de la propagande communiste et le conflit Voldemort/Harry ferait insidieusement référence à la Bande d’Al Kaïda (à cause du turban que portait le professeur du tome 1 !!!) . C’est presque comique, d’ailleurs j’ai plutôt l’impression que ces personnes (un prof de fac en plus je crois, ça fait peur !) s’opposent systématiquement aux succès par pur esprit de contradiction. Il s’agit bien dans ces cas là de critiques absurdes. De plus, je me rappelle que ce critique n’avait apparemment pas lu la totalité de ce qu’a, pour l’instant, fait publier Rowling : chacun de ses arguments pouvait être contrebalancé par un contre-argument qui démentissait ses propos. Sinon, je pense qu’il est actuellement difficile de critiquer son œuvre, simplement pour une question d’éthique : le problème est qu’elle reste à demi achevée ; donc, difficile de se prononcer et de porter un jugement sur quelque chose qui n’est pas encore abouti. Pour finir, je dirai que de toute façon, Harry Potter est un bienfait : grâce à ce qu’a écrit Rowling, des millions d’enfants ont commencé, ou recommencé, à lire ; c’est impressionnant et nouveau de voir des enfants de 9 ou 10 ans tenir un livre de 1000 pages dans les mains et être totalement plongés, absorbés par l’histoire, la littérature pour enfants a depuis ce phénomène connu un essor comme jamais auparavant, et ça, quoi qu’on en dise, c’est fort !

    NINIEBOU, 17 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    A 16 ans.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    J’ai lu les 4 premiers en suivant mais je n’ai acheté le cinquième tome que quelques mois après, en fait je voulais avoir la version poche, mais c’était trop long à attendre

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Je n’associerais pas les romans à un seul genre de littérature parce qu’on y retrouve de tout, aussi bien du fantastique, que du drame ou de la romance et donc pour moi, c’est impossible de définir un genre aux livres.

    Que pensez-vous des personnages ?

    Ils ont tous leur propres traits de caractère ce qui fait qu’on peut se retrouver dans n’importe lequel, ils sont très différents mais en même temps semblables parce que ce sont des personnes avec les mêmes envies, les mêmes sentiments et les mêmes peurs. Ils reflètent assez bien tous les types de caractères qu’on peut retrouver dans le monde réel, ce qui fait qu’on leur ressemblent et qu’on s’y attachent (même un peu trop dans mon cas).

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Je dirais que je m’identifie à Hermione parce que c’est le personnage féminin principal et que c’est un peu mon guide, parfois je me dis : « Mais que ferait Hermione à ma place ?? ». Mais de façon général, je me retrouve un peu dans tout les personnages.

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Je dirais que toutes les personnes vivantes sont des personnages même s’ils ne sont pas connu, J.K. Rowling fait en réalité une critique très réaliste de notre monde et de ce toutes personnes pourraient être. Bien entendu Voldemort et les Mangemorts peuvent faire penser à Hitler et aux Nazis pendant la guerre.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Que les critiques soient mauvaises ou non, je préfère me faire ma propre opinion et puis ce n’est pas parce que quelqu’un écrit quelque chose de mauvais ou de bon sur un sujet quelconque que je vais penser la même chose que lui.

    POLO, 15 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    Un peu avant la sortie du tome 4 après avoir reçu les trois premiers tomes par ma marraine donc vers 2000 donc j’avais ... 11 ans !

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Non, j’ai d’abord lu les trois premiers tomes en suivant puis j’ai dû attendre les sorties respectives du tome 4 et 5.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Les livres HP mélangent beaucoup de genres donc je serai incapable de les classer en une seule catégorie mais je choisirai : fantastique ( pour l’univers créé, les créatures inventées ... ), l’action ( les nombreuses aventures d’HP ), le drame aussi parfois mêlé aussi à de l’humour ... bref, beaucoup de genres !

    Que pensez-vous des personnages ? JKR a su donner de la vie à ses personnages notamment à Harry : on sait ce qu’il ressent, ses sentiments, ses craintes, ses peurs, ses joies ... Pour les autres personnages, on ne connaît pas vraiment leurs émotions ( à part amoureuses pour Ron par exemple ou haineuse pour Voldemort ) parce que les livres HP sont vécues par Harry, il ne s’agit pas d’un point de vue omniscient. Mais on connaît parfois quelques émotions. Pour ce qui est physique, à vrai dire, on ne connaît pas énormément de portrait physique des personnages, JKR ne les décrit pas complètement. En résumé, on peut très bien s’identifier à eux et s’attacher à eux.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ? Je m’identifie à Hermione étant donné qu’elle travaille énormément comme moi, qu’elle est studieuse, assidue mais elle sait aussi être prévenante auprès de ses amis, n’hésitant pas à les aider. Elle est humaine et j’aime ça et donc je m’identifie à elle. Je m’identifie aussi à Luna ( qui est vraiment à l’opposé d’Hermione, très terre à terre) parce qu’elle aussi est souvent dans la lune, dans son monde, oubliant un peu la réalité ...comme moi !

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Comme beaucoup, les Mangemorts me font penser aux Nazis, SS à la solde de Voldemort que j’identifie aussi à Hitler. Pourquoi ? A cause de l’idéologie raciste de Voldemort ( exclusion des Moldus et sorciers nés de parents moldus, les fameux sang de bourbes ainsi que des sangs mêlés ), du culte de la personnalité (Voldemort va débarrasser le monde sorcier de la " vermine moldue" ), des moyens de pression pour enrôler des personnes vers Voldemort ... On peut aussi faire des rapprochements HP / Seigneur des Anneaux.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Les critiques positives sur les livres HP sont toujours bonnes à lire et à approuver. Par contre, celles négatives comme une que j’entends souvent : « Les livres HP sont pour les enfants, c’est enfantin, etc » sont particulièrement énervantes à entendre, surtout quand les personnes n’ont jamais lu un seul HP !

    SANDMAN, 21 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ? 21 ans, il y a quelques mois.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Les quatre premiers tomes, trop courts à mon goût !

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ? Les romans mélangent différents genres : ils s’inscrivent dans la littérature pour enfants, mais il s’agit aussi de romans d’apprentissage (comme expliqué sur le site du Grimoire), d’aventures, et de merveilleux (ou fantasy, si tu préfères, que je distingue du fantastique, car ces deux termes ne sont pas synonymes en français et en anglais). On pourrait peut-être les rapprocher aussi du genre policier, dans la mesure où à la fin de chaque roman, on a le droit à une longue explication, les coupables se dévoilent etc. Ainsi, JK Rowling ne se contente pas d’appliquer une seule recette pour sa saga...

    Que pensez-vous des personnages ?

    Au premier abord, ils semblent un peu stéréotypés, mais plus on avance dans l’histoire plus leur psychologie s’étoffe et gagne en ambiguïté. C’est excellent !

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Personnellement je m’identifie plutôt à l’auteur mais c’est parce que je suis étudiant en lettres... Déformation professionnelle !

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    On pourrait remplir des pages avec cette question ! Pour Voldemort, il a déjà été associé à Hitler, mais on peut penser aussi à Sauron, le méchant du Seigneur des Anneaux, auquel il reprend un certain nombre d’attributs : seigneur des ténèbres ; au début de l’histoire, il est censé être mort ; il utilise des agents plutôt que de se déplacer lui-même, etc. Mais c’est l’un des perso les plus stéréotypés !

    On pourrait faire de nombreux rapprochement entre Harry Potter et d’autres oeuvres littéraires : Alice au Pays des Merveilles par exemple, les romans gothiques anglais du XVIII, XIXème siècles (pour le cadre de Poudlard, un manoir hanté). Mais JK Rowling est énormément influencée par les contes de fées, la mythologie, l’occultisme (cf les références à l’alchimie) ; on peut évoquer Shakespeare sans doute aussi et ses fameuses pièces Macbeth (pour les trois Sorcières), la Tempête (Prospero ne ressemble-t-il pas un peu à Dumbledore ?), et le Songe d’une Nuit d’Eté...

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Visiblement il y a plus de critiques positives que négatives, vu le succès de la série ! Perso, je m’en fiche. J’attends de voir les critiques universitaires (mais il faudra attendre la fin de la saga) pour une théorie en profondeur de la thématique des romans... Mais je trouve que les critiques du genre : « HP c’est pour les enfants » sont assez stupides si le style paraît simple, en creusant les thèmes, on se rend compte des subtilités d’écriture de l’auteur ; voilà pourquoi des ado et des adultes aiment HP.

    SEBASTIEN, 28 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    Après la sortie du premier film. J’ai acheté les bouquins le 15/04/2002 (j’ai retrouvé la facture) et je les ai lu tout de suite ; donc j’avais 26 ans, 1 mois et 22 jours. Au début, je ne voulais pas les acheter car je trouvais que c’était trop commercial ; puis après avoir vu le premier film, j’ai bien aimé l’histoire et l’univers, et donc j’ai acheté les 4 premiers tomes en coffret.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Après avoir acheté les 4 premiers tomes en coffret, je les ai lu tous les 4 ... en 1 semaine et demie à peu près (faut savoir que la journée je travaillais). Je les ai vraiment dévoré. Puis j’ai acheté le cinquième tome le jour de sa sortie.

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Au début, j’associait HP à des livres pour enfants, mais avec plusieurs niveaux de lecture, d’où l’engouement des enfants et des parents. Cependant, l’histoire devenant de plus en plus sombre et un peu plus complexe, je crois qu’il faut différencier chaque tome. Le premier est vraiment adapté aux enfants car le style est gentillet ; les 2 suivants ont un style un petit moins infantiles, l’histoire s’assombrie un peu ; dans le quatrième, il y a un mort (il y a aussi un mort dans le premier, mais ce n’est pas dit explicitement) ; quand au cinquième tome, il est plus difficile à appréhender, car il s’attarde beaucoup sur les sentiments et les pensées de Harry, notamment. En fait, il semblerait presque que chaque tome soit adapté à un âge précis, ce qui n’est pas impossible étant donné que HP peut-être vu comme un roman initiatique. Il faudra voir avec les 2 derniers. Sinon, plus globalement, HP appartient plutôt à l’héroïc fantasy (sachant que l’on peut quasiment tout mettre dans ce genre).

    Que pensez-vous des personnages ?

    J’aime assez les personnages car bien qu’ils soient quelques fois caricaturaux, il arrive toujours un moment où la première impression que l’on avait d’eux se révèle fausse ; et c’est d’autant plus renforcé par le fait que l’on voit tout des yeux de Harry, donc nous faisons connaissance avec les personnages (et même du monde des sorciers) en même temps que lui, et le premier avis que nous avons des personnages est celui de Harry :
    Rogue apparaît comme un sorcier méchant, mauvais, sombre, or il sauve et aide Harry et Dumbledore ;
    Hagrid, qui semble brutal est en fait très sensible, mais peut se révéler un peu dangereux du fait de sa passion pour certains animaux ;
    Dumbledore qui semble tout savoir se révèle aussi faillible que quiconque ;
    McGonagall, dure et sévère au premier abord, se comporte un peu comme une mère à 2 ou 3 moments.
    Luna apparaît comme une délurée, mais elle est en fait assez réfléchie et très (trop) mûre sur certains sujets ;
    Ginny, qui est la seule fille, plutôt petite, semble en fait être assez puissante lorsqu’elle lance un sort ;
    Neville qui arrive à se motiver pour surmonter son complexe d’infériorité ;
    Tonks qui apparaît comme une maladroite, gentille (dans les 2 sens du terme), un peu futile, mais ... (là c’est un avis personnel et seuls les tomes suivants me diront si j’ai raison ou complètement tort) qui selon moi, est sûrement d’une nature toute autre (en gros, je dirais un peu l’inverse de Rogue).

    Percy et Mr Weasley sont aussi très intéressant quand on les met en parallèle.

    De plus, il est intéressant que les personnages ne soient pas manichéens. Ils ont tous leurs défauts et leurs qualités.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Etant plutôt une personne calme et réfléchie, j’aurai tendance à me voir plus en Dumbledore ; mais en même temps je suis rarement sûr de moi comme Neville (mais j’évolue comme lui) ; comme Harry j’ai plus de sous que mes amis ; comme Luna, je ne m’étonne de rien ; et comme Drago, je suis un peu peureux (mais pas autant que lui, tout de même). La diversité des personnages et de leur façon d’être fait que l’on ne peut pas vraiment s’identifier à un seul, mais à plusieurs.

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Dumbledore fait, bien sûr, penser à Merlin l’enchanteur. Depuis le tome 5 (car on connaît la prophétie), on peut aussi comparer un peu Harry à Frodon (du Seigneur des Anneaux) : Frodon, hobbit (demi-homme par sa taille) doit aller au bout de sa quête (détruire l’anneau) pour anéantir Sauron / Harry, enfant et adolescent (de 11 ans à 17 ans), doit aussi aller au bout de sa quête pour anéantir Voldemort. Plus globalement, ça fait penser un peu à David et Goliath, le petit enfant Harry contre le puissant Voldemort. En fait, je n’ai fait pas d’associations plus poussées. Je n’essaye pas de les comparer à des personnages existants. Ils sont comme ils sont, comme s’ils étaient réels et avaient leur propre existence.

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Je m’occupe pas du tout des critiques que l’on peut voir dans les différents médias. Par contre, je me fie assez aux critiques de mes amis. Tous ceux que l’ont lu ont aimé, même ma mère. Je ne connais personne qui ait critiqué négativement Harry Potter, mais je peux comprendre que certains n’aiment pas (tous les goûts sont dans la nature). Personnellement, j’aime HP surtout pour la façon dont c’est écrit, pour le monde qu’elle a créé (juxtaposition de notre monde et de celui des sorciers, les animaux, les sortilèges, ...), et pour le fait qu’elle montre que même si la magie existait, certains problèmes seraient résolus, mais d’autres subsisteraient (le racisme), voir apparaîtraient (l’esclavage des elfes). (En gros, on peut faire un parallèle entre la magie et la technologie.)

    VALERIE, 16 ans

    A quel âge avez-vous commencé à lire Harry Potter ?

    J’ai commencé a 12 ans (il y a 4 ans), une amie m’a prêté le tome 1.

    Avez-vous lu les tomes suivants dans la foulée ?

    Bien sur ! J’ai acheté les autres tomes (2-3-4) tout de suite après :

    A quel genre associerez-vous les romans ? Pourquoi ?

    Au genre fantastique

    Que pensez-vous des personnages ?

    J.K Rowling nous fait élaborer des théories sur chaque personnages (en particulier Rogue/Snape), on se pose des tonnes de question sur des personnages fictifs ce qui veut dire qu’ils ont été extrêmement bien écrits, avec des qualités, et des défauts comme tous les êtres humains, on est bien loin des gentils héros qui n’ont que des qualités.

    Vous identifiez-vous à l’un d’entre eux ? Pourquoi ?

    Non, pas vraiment, Harry (est un mec entre autre !) sa crise d’adolescence m’a spécialement énervée !!!! Hermione est beaucoup plus intelligente et bosseuse que moi, et Ron par contre, je l’adore mais je ne m’y identifie pas.

    A quels autres personnages réels ou imaginaires les associeriez-vous ? (Si vous ne pensez pas à un personnage, citez une œuvre littéraire ou cinématographique ou télévisuelle).

    Voldemort et ses mangemorts : Hitler et les nazis. et Harry Potter : Adam (Série littéraire de Christopher Pikes Spooksville)

    Que pensez-vous des critiques (négatives et positives) faites à Harry Potter ?

    Chacun a droit d’avoir son propre avis mais je pense que l’Eglise y va un peu fort ! Il ne faut pas oublier qu’Harry Potter n’est qu’une oeuvre littéraire !

    Élodie Mimoun (Maîtrise SID, 2004)