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Le rêve dans la littérature jeunesse

 
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    Mots-clés

    Présentation et résumés des oeuvres choisies

    Le roman

    Le rêveur est un roman de Ian McEwan. Il est né en Angleterre en 1948 et est l’auteur de plusieurs romans pour adultes. Cette œuvre datant de 1994, a été publiée en France en 1995 par Gallimard Jeunesse dans la collection Lecture Junior. Elle est illustrée par Anthony Brown.

    Peter a dix ans et c’est un rêveur. Chaque jour, quelle que soit la situation, son imagination le transporte dans un monde imaginaire qui lui fait oublier pour quelques instants la réalité. Un jour, il s’imagine qu’il est dans la peau de son chat et voit le monde à travers les yeux de l’animal ; un autre, il se glisse dans la peau d’un bébé. A travers ses rêves il voit et comprend le monde autrement.

    L’album

    Une figue de rêve est un album, traduit de l’américain, de Chris Van Allsburg. Cet ouvrage date de 1993 et a été publié en France en 1995 par L’école des loisirs.

    M. Bibot est dentiste. Un jour, il soigne une dame mais celle-ci n’a pas d’argent et le paie avec deux figues pouvant réaliser les rêves. Le dentiste ne la croit pas. Cependant, le lendemain, il constate qu’après avoir mangé l’une des figues, les rêves qu’il a fait la nuit précédente se sont réalisés. Alors, pendant des semaines, avant d’aller se coucher, Bibot tente de s’hypnotiser en se répétant qu’il est l’homme le plus riche du monde afin d’en rêver la nuit et de ne pas gâcher la deuxième figue. Quand, enfin, il y parvient correctement, il se décide un soir à manger la figue. Mais, son chien mange le fruit à son insu. Furieux, Bibot poursuit le chien en lui promettant une bonne leçon mais celui-ci se réfugie sous le lit. Alors, le dentiste se couche et s’endort. Quand il se réveille le lendemain, il est sous le lit. Il est entré dans la peau de son chien.

    Le documentaire

    Vive le sommeil est un documentaire de Jeannette Bouton et du docteur Catherine Dolto-Tolitch, illustré par Volker Theinhardt. Ce livre est édité par Hatier dans la collection Grain de sel. Il est daté de 1987.

    Ce documentaire traite à la fois du sommeil et des rêves qu’il explique aux enfants. Il est divisé en six grandes parties. Je m’intéresse ici à la troisième partie intitulée De rêves en aventures (p.51-59). Cette partie traite du rêve et de son histoire ainsi que du rôle qu’il joue sur l’être humain.

    L’article

    Les mystères du rêve est un article extrait de la revue Okapi (n°664 du 15 janvier 2000 p.36-41). Cette revue est éditée par Bayard Presse.

    Cet article traite des rêves que l’on fait lorsque l’on dort. La première partie de l’article est une explication scientifique du rêve par le neurologue et psychiatre Edouard Zarifian qui est ensuite suivie d’un entretien entre ce médecin et une classe de collégiens. A la fin, on récapitule les points essentiels qui ressortent de l’article.

    Analyse

    I. Le rêve du sommeil ou rêve inconscient

    Les rêves que nous faisons durant notre sommeil sont, en fait, des messages de notre inconscient et c’est ce qui nous est montré dans les différents documents étudiés.

    Dans l’album, l’auteur met en scène deux types de rêves : d’une part les rêves que Bibot fait lorsqu’il dort et, d’autre part, ceux qu’il espère réaliser. Mais cet album traite du rêve d’une façon très différente de ce que l’on pourrait attendre d’un album pour enfants. En effet, on s’attend davantage à ce que l’on parle des rêves que fait un enfant durant son sommeil, alors qu’ici ce n’est pas du tout le cas. Il s’agit d’un adulte qui a des rêves d’adulte (fortune...). Dans ce livre, le héros réussit à transformer ses espoirs en rêves inconscients. Ainsi, grâce à l’hypnose et en manipulant son inconscient, il rêve aussi bien le jour que la nuit de devenir riche. Mais au final, ce sont bien ses rêves nocturnes devant se réaliser lorsqu’il mange une figue. Et c’est toujours ce même type de rêve qui va décider de son sort à la fin de l’histoire.En effet, Bibot se retrouve alors dans la peau de son chien à la suite d’un rêve de celui-ci. Le rêve du chien est la conséquence des mauvais traitements qu’il a reçu de la part de son maître. On a l’impression que l’histoire finit mal car le héros se retrouve dans une mauvaise position alors qu’il est tout simplement puni de son mauvais comportement. Et au final, le rêve, tout en gardant l’aspect magique qu’on lui confère, a permis de traiter Bibot comme il le mérite.

    Le documentaire traite exclusivement des rêves intervenant pendant le sommeil. Il est constitué de paragraphes courts portant chacun un titre. Les premiers paragraphes définissent le rêve. Puis, on nous parle de la façon dont le rêve était perçu autrefois, c’est donc une sorte de petite histoire du rêve. Ensuite, on nous expose les résultats des recherches effectuées par les savants sur le sujet. Enfin, on nous explique ce que veulent dire les rêves. Ce documentaire nous expose la part importante que prend l’inconscient dans la formation des rêves. C’est vraiment lui que l’on met en avant et que l’on explique être à l’origine de nos rêves. Les rêves sont donc présentés comme des messages de notre inconscient. On nous définit aussi le cauchemar, mais le documentaire l’optimise en nous disant qu’il peut être porteur de bonnes nouvelles, qu’il peut être interprété positivement. Ainsi, on rassure les enfants en leur apprenant à avoir moins peur de leurs cauchemars. Les informations données sont claires et facilement accessibles pour des enfants, le langage utilisé est très simple et tous les termes sont définis ; cependant, les explications sont un peu succinctes.

    Dans l’article de la revue, par un langage simple et quelques mots expliqués plus précisément, on expose aux enfants d’où viennent leurs rêves, comment et pourquoi nous rêvons. Il s’agit cependant ici d’une explication purement scientifique. L’entretien qui suit sous forme de questions vient compléter l’explication de base. Le fond de l’article est très similaire à celui que l’on peut trouver dans un documentaire. D’ailleurs l’article s’inscrit dans une grande rubrique centrale de la revue appelée " Docs ". D’autre part, il se rapproche également beaucoup d’une leçon et, en effet, l’article s’inscrit dans une rubrique appelée : La leçon d’Edouard Zarifian. Les explications données ici sont beaucoup plus pointues que dans le documentaire Vive le sommeil. Ceci s’explique, car la revue est destinée à un public plus âgé (collège). L’objectif est bien d’apprendre aux enfants l’origine de leurs rêves d’une façon très didactique. Il est également fait référence à l’inconscient car on nous dit que lorsque l’on rêve, on est à l’intérieur de soi-même, et que le rêve est l’expression de ce monde intérieur. Si l’article insiste surtout sur l’aspect scientifique de l’origine du rêve, il traite aussi de l’intérêt du rêve vis à vis de l’Homme.

    Le rêve inconscient cherche finalement à nous faire réfléchir sur nous même comme l’explique en particulier le documentaire Vive le sommeil. Quant à l’article, par ses explications théoriques, il est fait de manière à ce que nous retenions quelque chose de ce qui nous est exposé, et, à la fin, on fait s’interroger les enfants sur le sujet. Enfin l’album, par son histoire et sa fin originales, fait réfléchir sur le rôle que joue le rêve dans le récit.

    II. Le rêve éveillé ou rêve de l’imagination

    Notre imagination nous permet de nous représenter dans des situations hors du commun ; c’est ce que l’on pourrait qualifier comme des rêves éveillés, c’est-à-dire des rêves dont nous avons conscience.

    Dans le roman, le rêve est représenté par l’imaginaire d’un enfant s’inventant sans cesse des histoires. L’auteur pose ici la question de l’utilité des rêves dans le quotidien de l’enfant. En effet, on pourrait penser que rêver veut dire " ne rien faire " ou, en tout cas, que c’est moins important que ce qui se passe dans la vie réelle. Cependant, Peter, à travers ses rêves, comprend mieux le monde et les gens qui l’entourent. Par exemple, quand la tante de Peter vient s’installer chez lui avec son bébé, Peter, tout d’abord, ne supporte pas l’enfant pleurant souvent ou faisant sans arrêt des bêtises. Lorsque, en rêve, il se glisse dans la peau du bébé, il s’aperçoit à quel point le monde peut paraître insolite à ses yeux. Il perçoit également l’hostilité émanant du personnage de Peter et l’effet que cela produit sur l’enfant. Lorsque Peter regagne son corps, son rêve lui a permis de comprendre ce que ressent le bébé et il se met enfin à l’aimer. Le même phénomène se produit quand, à la fin du livre, Peter s’interroge sur le comportement des adultes. Il se demande pourquoi ils ont des centres d’intérêt si différents de ceux des enfants. Un jour, son imagination lui permet de se voir adulte et il se met à parler et à agir en tant que tel. Le comportement des adultes lui paraît alors tout à fait naturel et il réalise que cette vie est peut-être plus intéressante que ce qu’il imaginait. L’auteur termine ainsi le roman en tournant l’enfant vers son avenir et sur la vie d’adulte qui lui reste à connaître. Finalement, l’auteur nous démontre à travers les rêves de Peter qu’ils nous font voir le monde sous un autre jour. Ils peuvent nous aider à comprendre les autres et, de ce fait, à grandir. Ils révèlent aux yeux de l’enfant ce qui lui paraissait obscur. Les rêves de Peter lui permettent bien sûr d’échapper aussi à la monotonie du quotidien, de rendre l’univers où il vit plus passionnant et plus vivant. Ses rêves sont donc pour lui à la fois un moyen d’évasion et un moyen de compréhension vis à vis des autres et de la vie en général.

    Dans l’album, le rêve éveillé que fait Bibot de devenir riche est, contrairement au roman, un espoir qu’il fonde sur sa vie future. Cet album est très original puisque, non seulement, comme je le disais précédemment, le héros est un adulte, mais en plus il est antipathique et ses rêves ne vont pas se réaliser. De plus, l’histoire va mal finir pour lui. A la fin, comme l’auteur ne fait aucune conclusion, il nous faut réfléchir sur la morale de l’histoire et on peut déduire que seuls les rêves des personnes sympathiques sont réalisés et c’est en quelque sorte ce qui se passera pour le chien. Il est à noter concernant les illustrations de l’album que les dessins sont très réalistes. Cependant, les couleurs utilisées sont très sombres : on distingue une prédominance des tons bruns et gris. De plus, la luminosité particulière des illustrations rendant les images un peu floues, nous donne une impression d’irréalité, comme si toute l’histoire se déroulait dans un rêve. Les rêves éveillés, s’ils peuvent d’un certain côté nous apprendre des choses sur le monde nous entourant, peuvent aussi et surtout nous faire échapper du quotidien.

    CONCLUSION

    Le rêve est donc abordé dans la littérature de jeunesse sous des formes très diverses. Si les rêves de notre sommeil amènent une réflexion sur ce que nous sommes intérieurement, les rêves de notre imagination doivent nous aider à comprendre le monde extérieur. Quels qu’ils soient, ils sont toujours représentés comme quelque chose de bénéfique.

    Anne-Sophie Declerck, Deust STID, 2001

    Post-scriptum

    McEwan, Ian. Le rêveur. Paris : Gallimard Jeunesse,1995.

    Van Allsburg, Chris. Une figue de rêve. Paris : L’école des loisirs, 1996.

    Bouton, Jeannette et Dr Catherine Dolto-Tolitch. Vive le sommeil : connaître, respecter, aimer son sommeil. Paris : Hatier, 1987.

    Zarifian, Edouard. Les mystères du rêve. Okapi, 15 janvier 2000, n°664, p.36-41.