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Mal à ma mère, de Clara Vidal

 
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    Mal à ma mère, de Clara Vidal Syros, 2002. 118 p. (Les uns les autres) 7,50 €

    La descente aux enfers de Mélie

    Lorsqu’un enfant est privé de l’amour d’un de ses parents, pire, lorsqu’il ressent l’absence d’amour chez l’un deux, il souffre de terribles traumatismes émotionnels et psychologiques. C’est cet horrible calvaire que raconte Mal à ma mère, un roman poignant qui fait mal.

    Mélie n’est encore qu’une petite fille. Il lui semble avoir deux mamans, une maman douce et rassurante, « maman rose », l’autre mauvaise et effrayante, « maman noire ». Celle-ci la terrorise, lorsqu’elle sent ses doigts s’enfoncer sur son bras comme des serres, lorsqu’elle voit sortir de sa bouche des crapauds et des vipères, comme les vilaines femmes des contes. Mélie commence à faire des petits rituels, comme des incantations pour lui ramener sa maman rose. Mélie est témoin de disputes entre ses parents ; dans ces moments-là aussi, elle est terrorisée. Elle a peur de sa mère, qui lui dit des méchancetés, ne se contrôlant plus. Son père est constamment gêné et embarrassé face à sa fille, comme s’il s’excusait de ce qui se passait sans pour autant ne rien tenter pour faire changer les choses. Il est peu présent. Peu à peu, Mélie s’isole. Elle s’enferme dans ses incantations et ses prières par lesquelles elle tente de conjurer le mal qui s’est emparé de sa mère.

    Sa mère, femme au foyer, souffre de multiples douleurs inexistantes. Elle rend la vie impossible à Mélie, la rendant responsable de ses constants malaises, de son mal de dos, de ses maux de tête. Mélie, de son côté, dans l’espoir encore de retrouver sa maman rose, veut prendre en elle le mal qui ronge sa mère pour libérer la maman rose qui ne se montre plus. Mélie prie à genou devant son crucifix. Elle perd l’appétit, cesse de grandir. Elle a mal au ventre.

    Mal à ma mère, mal partout

    Le médecin prescrira une opération de l’appendicite. Mais c’est en réalité le début d’une longue série de douleurs somatiques qui s’ajoutent aux souffrances psychologiques et qui vont durer des années. Mélie ne peut parler à personne de ce qui lui fait mal, elle ne sait pas vraiment expliquer elle-même pourquoi elle multiplie les « obligations » - tout compter par trois, toucher des objets, les déplacer, faire des tours sur elle-même... A mesure que ses troubles obsessionnels l’envahissent, elle perd pied. C’est comme si son cerveau allait éclater.

    On assiste impuissant à l’enfer intérieur qui ravage la petite Mélie, qui la mène tout droit vers la folie. Les adultes désertent, ne voient rien, ne veulent rien voir. Ou plutôt ils ajoutent au désastre, inconscients ou affreusement égoïstes et lâches. Certes, c’est un livre terrible et douloureux mais nécessaire. Pour dénoncer, mettre en mots et offrir une lumière.

    Marine Dormion (12/2003)

    A partir de 13 ans

    Mots-clés : névrose / TOC / relation mère-fille