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Comment stimuler l’imagination des enfants en bibliothèque (mini thèse)

 
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    COMMENT STIMULER L’IMAGINATION DES ENFANTS EN BIBLIOTHEQUE ?

    par Beauvois Carole et Degrave Eugénie

    1. Qu’est-ce que l’imaginaire pour un enfant ?

    1.1. Définition

    Qu’entend-on par " imaginaire ", et quel statut a t-il dans notre monde, dans notre société ? Deux citations pourraient se compléter pour donner une définition à ce mot qui engendre nombre de réflexions :
    -  de Jean Giraudoux : " Tu veux découvrir le monde ? Ferme les yeux, Rosemonde ".
    -  de Jean-Paul Sartre : " Ainsi l’imaginaire représente à chaque instant le sens implicite du réel ". La plupart des jeunes, aujourd’hui, s’adonnent aux rêves communs de la télévision, qui tue les pouvoirs de l’imaginaire, de l’invention. L’imagination n’étant pas un facteur de " rentabilité " elle n’est pas " utile ". Elle serait même, aux yeux de certains, plutôt nuisible à la formation scientifique et pratique dont l’homme a surtout besoin de nos jours. On réserve d’ailleurs volontiers l’imagination à quelques êtres marginaux, poètes, artistes, rêveurs, d’où l’opposition entre le relationnel et l’imaginaire.

    Certains différencient imagination et imaginaire. L’imagination serait la faculté par laquelle l’homme est capable, soit de reproduire les images emmagasinées dans sa mémoire (imagination dite " reproductive "), soit de créer des images nouvelles qui se matérialisent dans des paroles, des textes, des gestes, des objets, des œuvres... L’imaginaire désignerait plus les domaines, les territoires de l’imagination (Ex. l’imaginaire poétique, l’imaginaire plastique...).

    Jean-Paul Sartre réduit cette opposition de termes et de notions. Il montre qu’en fait l’imagination n’existe pas comme faculté spécifique mais que, par contre, l’imaginaire existe en tant que " conscience de l’irréel ". L’imaginaire représente à chaque instant le sens implicite du réel. Baudelaire, lui, dit qu’à la différence du rêve, l’imagination est organisation du vrai, elle est comme " une espèce de pâture qu’elle doit transformer ", l’imagination créatrice n’engendre pas l’imaginaire mais le vrai. Sur le plan de la connaissance, elle est une forme élémentaire de représentation des possibles, indispensable à l’avènement de l’intelligence. L’imaginaire est une manière ou une forme de la pensée. Il permet à tous les niveaux de " comprendre ", de " prendre avec soi " le réel. Des études très nombreuses ont décrit l’éveil de l’être à l’imaginaire comme étant une phase apparaissant chez l’enfant avant le langage articulé, des images naissant dans la conscience et dans l’inconscience du bébé et du très jeune enfant. C’est donc dès le plus jeune âge de la vie qu’un enfant acquiert, si son environnement et l’éducation que ses parents et professeurs lui apportent, des conditions idéales à un imaginaire fécond. C’est du prolongement de ces sources premières que va se nourrir l’imaginaire de l’adolescent et de l’adulte, la construction de soi. Tout commence avec les berceuses, les contes et histoires merveilleuses, mais l’école peut constituer une rupture de cette " évasion " du monde que se crée l’enfant.

    Ici nous ne parlerons pas d’enseignement mais des bibliothèques qui, de plus en plus, recréent pour l’enfant un espace propice à l’imaginaire, avec une collection de livres, de documents, lui permettant de s’évader. Tout bon livre doit être maître de la " surprise " ou de l’ " illusion " : il fait s’émerveiller les yeux des enfants et détermine d’autant plus sûrement l’éblouissement qui crée le bon lecteur.

    L’ouvrage de Gianni Rodari, " Grammaire de l’imaginaire ", est un document essentiel pour tous ceux qui s’intéressent aux processus de l’imagination. " Ce livre représente probablement la première tentative vraiment cohérente de structuration de l’imaginaire chez l’enfant ", tels sont les propos de Roger Salomon en préface. L’imagination, pour l’auteur, n’est pas une évasion, une fuite, un refuge hors du réel, mais un regard différent sur le réel, un recul critique vis-à-vis du réel et donc un moyen de le remettre en question. L’imagination est un instrument dont l’esprit ne peut jamais se passer, elle sert pour jouer, pour travailler, pour vivre. Elle a une fonction cognitive. L’enfant n’a pas d’image préconçue dans son esprit, contrairement à l’adulte, il n’est pas emprisonné dans des carcans de logique formelle, son esprit réagit par un envol de l’imagination, il n’a pas les normes d’un " ordre établi ", pour lui tout est possible.

    C’est dans les livres qu’existent les pays imaginaires : ex. " Le pays des Schtroumpfs ". " Le pays des Schtroumpfs se trouve loin, très loin d’ici, et bien rares sont les humains qui ont pu y arriver... ". C’est par cette phrase introductive que l’auteur offre au jeune lecteur la possibilité d’atteindre un endroit inaccessible dans la réalité, mais qui est réel pour les personnages. Le livre devient le médiateur entre la réalité et l’imaginaire. Les enfants qui lisent cette bande dessinée, eux, peuvent entrer dans ce pays lointain et imaginaire, ils ont ce pouvoir.

    1.2. Les différents points de vue des professionnels

    Nous pouvons rencontrer différents avis sur la question de l’imagination chez l’enfant. Cette question est essentielle puisque tous les auteurs, illustrateurs et éditeurs s’y intéressent, c’est un point très important qui est étudié.

    " Le point de vue d’une illustratrice canadienne, Kady MacDonald Denton : " Il me semble que l’imagination des enfants est plus fluide et plus libre que celle des adultes. A l’âge adulte, il se forme une barrière en quelque sorte entre l’imagination, d’un côté, et le monde réel de l’autre. Chez les enfants, cette frontière n’est pas aussi bien définie. Un enfant peut manger un bol de nouilles qui prennent forme de vers de terre ou encore, le chemin de l’école peut être une aventure vers un château. Ce monde a beaucoup de charme ! L’imagination est également un outil d’apprentissage, une évasion et un don qui enrichit la vie. Elle permet certainement d’avoir des pensées plus souples et de faire preuve de créativité. L’imagination est également essentielle afin de comprendre les conséquences : on n’a pas besoin de tout essayer parce qu’on peut prédire les résultats lorsqu’on a une bonne imagination. L’enfant se sert de son imagination afin d’être créatif et de jouer. "

    Ici, nous avons une démonstration du fait que l’imagination est présente chez tous les enfants et il semble important de pouvoir la stimuler. C’est sans aucun doute ce que fait cette illustratrice à travers ce qu’elle dessine dans ses différents albums.

    " Le point de vue de Sylvie Chatelain de la Revue Petite Enfance : " L’enfant de 2, 3, 4 ans vit simultanément dans deux mondes. Le monde que nous partageons avec lui, et aussi, son propre monde imaginaire ; il est donc capable de le vivre intensément. La raison vient de ce que nous n’insistons pas, lorsque que nous avons affaire à un enfant de cet âge, sur une perspective exacte du monde. Le rêve et l’imaginaire sont indissociable de l’enfance. Dans cette perspective, de nombreuses institutions de la petite enfance ont aménagé des coins pour les jeux dits symboliques. Les enfants y vivent leurs histoires imaginaires de papa et de maman, de docteur, ou de héros extraordinaire... Ils aiment se faire peur, imaginer des loups ou des crocodiles qui pourraient les attaquer, mais dont ils sont toujours les vainqueurs, tel Max face aux Maximonstres. "

    C’est pourquoi nous pouvons dire que le rêve est une chose essentielle et importante pour le développement de l’enfant. Par l’imaginaire, l’enfant réorganise ses sensations, ses sentiments et reconstruit son monde d’expériences. Le livre n’est-il pas, pour l’enfant, le double du monde réel ?

    2. L’univers mis en place dans les bibliothèques

    2.1. Le décor et l’ambiance

    L’accueil des tout-petits est de nos jours répandu dans la majorité des bibliothèques de lecture publique, et ceci, quelle que soit leur taille (seulement deux bibliothèques françaises n’ont pas de section jeunesse). L’opinion selon laquelle ces lieux n’auraient pas d’intérêt pour des enfants qui ne savent pas encore lire n’a plus cours. L’enfant doit se sentir complètement à l’aise dans la bibliothèque et surtout dans le secteur jeunesse où il va se retrouver. L’importance accordée à la familiarité avec les livres dès le plus jeune âge est un enjeu de taille. C’est pourquoi, chaque bibliothèque adopte un style, une architecture idéale pour l’enfant pour développer son imagination avec un choix de mobilier spécialisé. En effet, toutes les armoires et bacs de rangement sont à la hauteur des jeunes lecteurs, voire à même le sol, de façon à ce qu’il puisse saisir les livres lui-même. Nous avons pu constater, lors de notre visite à la médiathèque de Lomme, que les tables et les chaises sont de petite taille, à la hauteur de l’enfant. Dans cette médiathèque, le mobilier est de couleur vive et surtout, il a une forme. Les chaises par exemple sont en forme de cœur et ça donne un aspect " enfant " à cet endroit. L’enfant peut s’asseoir sur des tapis ou rester au milieu de grosses peluches, de nounours... Ceci va lui permettre de se retrouver dans son monde à lui et d’être au contact de choses qu’il connaît, de le mettre en confiance et à l’aise dans ce lieu qui peut lui être inconnu ou qui peut lui faire peur. C’est pourquoi à la médiathèque de Lomme nous pouvons trouver des miroirs déformants (ce qui peut faire rire l’enfant), mais encore une " cabane à contes " qui a été aménagée spécialement pour les enfants avec un rideau de tissu. On y retrouve des petites chaises permettant à l’enfant de se mettre à l’aise. Ainsi, il peut se retrouver seul ou avec d’autres enfants dans ce petit endroit qui lui est destiné, isolé du reste de la médiathèque, pour y vivre les histoires qu’il lira.

    Lors de la visite de la bibliothèque de Tourcoing, nous avons été surprises par la salle réservée à l’heure du conte, triste, dans les tons beiges, sans aucune décoration. A cette remarque une personne nous a répondu que c’était un choix, afin de laisser aux enfants libre cours à leur imagination, pour qu’ils s’inventent leur propre décor en fonction de l’histoire qui leur sera lue, pour qu’ils n’aient rien à regarder lors de la lecture et mieux se concentrer sur l’histoire, en imaginer les paysages, les personnages... C’est un choix qui laisse à réfléchir sur l’ambiance que l’on doit proposer à l’enfant, mais cela dépend également de la bibliothèque, de ses moyens, de ses objectifs, et des missions que se donne le personnel.

    A la bibliothèque de Lille sud, le coin jeunesse est enrichi de coussins et de cubes de couleurs, d’une grande girafe en guise de présentoir de livres, et des affiches d’éditeurs sont accrochées aux murs.

    Il existe également des exemples de bibliothèques jeunesse, où les enfants sont dans leur monde. En 1924, l’Heure Joyeuse accueille les jeunes de six à dix-sept ans dans un lieu volontairement autonome. Les limites en sont rapidement soulignées par les bibliothécaires - cet espace trop protégé détournerait les jeunes des bibliothèques pour adultes (mais ceci ferait l’objet d’un autre débat que nous n’aborderons pas dans ce dossier). En 1963, à Clamart, La Joie par les livres reproduit - en s’adaptant aux priorités de son temps - l’exemple d’une bibliothèque réservée aux jeunes. Tout a été pensé, lors de sa création, pour donner aux enfants le goût de lire, leur offrir ce qu’il y avait de mieux en matière de production éditoriale et d’architecture (un bâtiment tout rond qui fait penser à un champignon, ou même à une maison tirée du village des Schtroumpfs). Animations, heure du conte, ateliers d’expression, expositions, activités manuelles et audiovisuelles... C’est une bibliothèque extraordinaire, accueillante, avec des salles où même le mobilier et la lumière contribuent à une harmonie. C’est un lieu dédié à la volupté des lectures enfantines, tel un petit coin de paradis, l’enfant se retrouve dans un autre monde. En 1977, la Bibliothèque Publique d’Information ouvre une bibliothèque pour les enfants dans un bâtiment séparé et " interdit " aux adultes. Le coin des tout-petits d’une bibliothèque est le premier lieu où cette création peut se refléter et s’offrir largement, avec l’heure du conte et bien d’autres animations que nous verrons par la suite. Il est réellement important pour une bibliothèque de se doter d’un espace intimiste et douillet pour les enfants, pour la découverte d’un plaisir avec les livres, nourrissant des sensations, enrichissant ses perceptions, sa capacité d’émotion et d’imagination.

    2.2. Les expositions

    Les expositions offrent une autre exploitation de l’objet livre, avec une thématique et une mise en volume du livre qui permet de lui donner une autre valeur. A la Médiathèque Départementale du Nord, une demande a été faite à " Mots et Couleurs ", une association qui conçoit des modules d’animation, pour créer un espace de lecture pour les tout petits à partir d’une sélection d’albums jeunesse, espace dans lequel l’enfant se retrouve au milieu des livres et où ont été recréés les personnages ainsi que les objets de son environnement, un monde autour du livre. Cet espace, appelé " A quatre pattes dans les livres ", permet à l’enfant d’entrer dans le livre, de vivre dans le monde de ses héros, de partager ses histoires. Le décor, les objets, les personnages, cet espace de lecture est fait pour stimuler l’imaginaire des tout petits. Cette exposition est prêtée aux petites bibliothèques rurales, ce qui leur permet, dans un lieu parfois triste et peu pensé pour l’enfant, de disposer d’un coin lecture des plus fantaisistes, pour faire rêver les jeunes lecteurs invités à découvrir un monde de lecture, de donner une autre image de leur petite bibliothèque, mais aussi leur donner l’envie d’aménager autrement leur secteur jeunesse une fois l’exposition repartie. Dans la même optique, cette même association a créé des " Boîtes à contes ", des modules qui mettent en scène six contes différents, afin de permettre à l’enfant de vivre pleinement le conte, sorti du livre pour se laisser découvrir d’une autre manière, les décors et les personnages étant à la portée de l’enfant, une ambiance y est instaurée, une musique de fond accompagne même la lecture du conte.

    Plus qu’une simple exposition de panneaux, la Médiathèque Départementale du Nord, qui prête ces modules d’animation aux petites bibliothèques rurales, offre aux jeunes lecteurs la possibilité de s’évader du monde réel le temps d’une animation, d’une lecture, de la découverte d’un espace qui lui est entièrement consacré, et cela dans les bibliothèques, un endroit qui offre un choix de livres de toute sorte, des histoires extraordinaires, des aventures incroyables, c’est l’endroit idéal pour s’évader.

    A la médiathèque de Lomme aussi les enfants peuvent se voir proposer des expositions. Ils peuvent même parfois y participer, étant mis à contribution pour concevoir autre chose, pour compléter l’exposition ou y associer une activité manuelle. En mai 2003 par exemple, dans le cadre de " La Fête du Jeu ", des planchettes de bois ont été mises à la disposition du public pour devenir de vrais artisans, des artistes contribuant à créer une oeuvre géante et éphémère, avec l’aide d’un animateur pour guider petits et grands dans la réalisation de cette construction gigantesque, impressionnante et féerique.

    A Lille sud, après la visite d’auteurs d’albums pour enfants, une exposition est souvent fabriquée par les jeunes, encadrés par le personnel de la bibliothèque, pour mettre en volume les personnages tirés de leurs albums, des objets sortis des pages, ils font même un portrait de l’auteur en question, pour garder une trace de cette rencontre enrichissante. Ils imaginent l’exposition et la confectionnent entièrement, pesant à l’aspect qu’ils veulent mettre en avant. Ils sont alors de vrais concepteurs.

    Autre exposition faite par ces jeunes lillois, celle de centaines de signets, dessinés et conçus à partir de leurs héros préférés, faisant appel à leur imagination et leur côté créatif. Ce genre d’activité éveille la curiosité de l’enfant, et le personnel de la bibliothèque de Lille sud fait tout son possible pour stimuler l’imaginaire de son jeune public, de les aider par la lecture et par des activités artistiques, manuelles, de s’évader du quartier difficile qu’il habite.

    2.3. Les acquisitions

    La découverte d’un plaisir avec les livres nourrissant des sensations, enrichissant les perceptions, la capacité d’émotion et d’imagination, est primordiale. Toujours, dès les premières pages, le livre est porteur de sens. " En ouvrant les pages d’un livre, chaque enfant a des pouvoirs magiques. Grâce au pouvoir de son imagination, l’enfant peut apprendre des choses extraordinaires ; le jeune lecteur peut être réconforté par une histoire, il peut frémir devant les manigances d’un sombre personnage ou encore découvrir le monde merveilleux des contes et des légendes. En ouvrant les pages d’un livre, l’enfant se laisse emporter par la magie des mots et des images. "

    C’est dans cette mesure que le choix des acquisitions est extrêmement important car il doit correspondre aux attentes du jeune enfant et le transporter dans un monde où il puisse se servir de son imagination pour (re)découvrir l’histoire ou le documentaire. Le livre d’enfant s’est sensiblement renouvelé, avec un élargissement des thèmes, des illustrations innovantes, des livres objets... Les collections se déclinent par tranches d’âge pour mieux répondre aux besoins de chacun. Ainsi, nous retrouvons toutes sortes de livres possibles et inimaginables, que ce soit des albums, des fictions, des documentaires, des bandes dessinées ou la presse éducative.

    Il existe des albums de tous genres, des contes remis au goût du jour, des livres animés avec des languettes à tirer, des livres à caches, des imagiers en photos, des livres en tissu ou en mousse indestructibles et lavables, des livres puzzles en carton bien costaud, des livres musicaux, des livres "pop-up", des livres en forme de peluches, des livres de très grands formats, des livres avec des formes en relief permettant à l’enfant de développer son sens du toucher, des livres avec des transparents superposables, des livres avec des vignettes à coller, des livres avec des pages à découper, des livres à facettes, des livres qui jouent sur l’ironie (décalage entre le texte et les images), des livres avec des jeux sur la typographie, des livres en plastique (que l’enfant peut prendre dans le bain par exemple), etc....

    Des trésors d’invention sont déployés pour permettre aux petits de s’approprier le livre, pour développer leur imaginaire. Le livre animé a un beau succès, il stimule et mobilise la curiosité, il est parfois un extraordinaire déploiement de formes et de couleurs qui adresse aux jeunes lecteurs un irrésistible appel à l’imagination. Les enfants aiment les histoires les plus imaginatives, les royaumes enchantés et lointains peuplés de géants et de fées, des livres où les objets prennent vie, où les animaux parlent, les héros aux pouvoirs magiques, les sorcières qui volent sur leur balai...

    Donnez-leur un livre, ils vous inventent un monde. Si le livre est capable de calmer l’enfant et d’arrêter un instant l’attention des plus instables, c’est parce qu’il prend en charge le mouvement des imaginations en éveil, en laissant agir sans contrainte les forces inconscientes de celui-ci. L’imaginaire de l’enfant paraît sans limite, il s’identifie volontiers à son héros, au personnage de l’album, pour vivre l’histoire à son tour : un balai fait figure de cheval, un bout de bois devient une épée magique, un torchon ou un drap s’avère être pour lui une cape de chevalier, un grand carton prend la forme d’un château fort... Tout peut se transformer dans leur jeune esprit, et les livres leur permettent cette illusion avec les trésors d’aventures qu’ils renferment dans leurs pages.

    Toute nouvelle forme est minutieusement étudiée par les éditeurs de livres pour enfants dans la mesure où elle doit coller parfaitement à l’attente du jeune public et surtout les faire rêver à travers ces livres, ces objets étant les résultats d’une réelle mutation industrielle. Un tel matériel, longtemps banni des bibliothèques, reçoit aujourd’hui sa pleine reconnaissance comme élément transitoire dans un processus de désacralisation de la lecture. Les maisons d’édition, à l’heure actuelle, multiplient les objets hybrides destinés autant aux petits qu’aux grands. D’une manière plus poétique encore, le livre-jeu, en ouvrant tout grand les perspectives de l’imaginaire, inaugure un premier apprentissage de l’occupation de l’espace qui sera nécessaire à celui de la lecture et qui régit déjà les aventures de ces enfants fictifs.

    Quatre salons de la littérature de jeunesse existent aujourd’hui (Montreuil, Troyes, Saint-Etienne, Moulin) pour permettre aux bibliothécaires de découvrir les nouvelles parutions et ainsi faire de nouvelles acquisitions qui leurs seront utiles. La participation aux festivals et salons du livre des villes et des écoles, comme guides, conseillers et spécialistes est un atout non négligeable quand les bibliothécaires, médiathécaires et médiateurs ont un rôle décisif à jouer : ils sont à égale distance des impératifs de vente du libraire et des obligations d’une lecture étroitement technique, telle que la retient encore parfois, mais de moins en moins fréquemment, une certaine conception de l’école. Lors de ces salons du livre, écrivains et artistes (pour survivre dans un monde éditorial où les grands groupes, aidés de partenaires financiers) se transforment de plus en plus fréquemment en " animateurs " et s’adressent directement au jeune public. Le succès d’une oeuvre dépend parfois largement de cette aura médiatique faite par son créateur, qui se déplace également dans les écoles avec l’aide financière du Ministère de la Culture afin de parler de ses ouvrages.

    Dans toutes les bibliothèques que nous avons visitées, le choix de ces acquisitions de livres " objets ", de livres créatifs, est respecté le plus possible pour la stimulation de l’imagination des enfants. Il est important pour elles d’attirer ce jeune public car celui-ci va évoluer et continuer dans ses démarches de lecture.

    Ces bibliothèques, pour la plupart, prennent toujours en compte ce jeune public dans leur politique documentaire. A Lomme, la collection des livres pour la jeunesse permet à l’enfant de découvrir toutes les formes possibles en matière de documents, leur budget est assez conséquent pour répondre à un très large choix, la production éditoriale y est largement représentée. En ce qui concerne la Médiathèque Départementale du Nord, qui dessert les petites bibliothèques rurales à faible budget, elle propose un panel de livres animés, de livres en tous genres pour pallier le manque de celles-ci. Il faut dire que les livres pour la jeunesse ont un coût, et nombres de ces petites bibliothèques ne peuvent se permettre d’acquérir certaines collections. Un livre à languettes est très vite abîmé, déchiré, ce n’est donc pas un investissement pour elles, c’est pourquoi la Médiathèque Départementale se doit de compléter leur fonds avec ce genre d’ouvrages, et proposer aux jeunes lecteurs de ces bibliothèques des livres capables de les faire rêver, inventer un autre monde, s’évader à travers les pages...

    . Les actions menées par les bibliothèques

    3.1 Les animations

    Dans toute bibliothèque il existe des animations, pendant l’accueil des classes ou pour les usagers (le mercredi par exemple). Ces animations peuvent passer par la lecture de certains livres pour enfants, par des activités collectives, par des jeux, par des expositions... Passerelle entre les livres et la bibliothèque, l’animation permet le passage de l’un à l’autre, dans toute animation un retour au livre est nécessaire. Elle stimule l’imaginaire chez l’enfant, un imaginaire qui aide à la construction de soi.

    En rencontrant Antoine de Gand, responsable du secteur jeunesse de la médiathèque de Lomme, nous avons appris ce qu’était pour lui une animation de lecture orale. C’est avant tout le moyen de passer un bon moment ensemble, lui et les enfants. Il est essentiel de montrer l’illustration des albums dans la mesure où l’enfant peut se représenter plus facilement le lien entre les images et le texte. Il faut se mettre dans une position idéale à la mise en scène de l’histoire, assis, debout, selon les albums. Antoine n’hésite pas à donner une définition des mots difficiles, comme si ça faisait partie de l’histoire ; il est important pour lui de s’exprimer par onomatopées pour que l’enfant puisse imaginer pleinement l’histoire et les émotions des personnages, pouvant ainsi entrer lui-même dans le livre et vivre l’histoire, la réalité n’existe plus. Bref c’est un réel travail de mise en scène qui est effectué à chaque lecture. Il faut que l’enfant ne se déconcentre à aucun moment, ne pas hésiter donc à s’exprimer d’une voix forte, ou parler à voix basse, selon les actions, et même à faire participer les enfants...

    Il est possible également pour un conteur de se déguiser, se maquiller, en fonction de l’histoire qu’il partage avec son jeune public, histoire de capter un peu plus son attention. L’animation lecture est une activité de médiation culturelle entre des livres et des enfants, destinée à réduire l’écart - physique, culturel, psychologique - qui existe entre les deux. D’autres animations que la lecture sont possibles dans une bibliothèque, telles que des activités manuelles, faire un livre par exemple, ou une chasse au trésor où l’on doit chercher des indices dans les livres, monter une exposition, faire des ateliers d’écriture... Les possibilités sont nombreuses, et nous en avons découvert quelques-unes unes lors de nos visites.

    3.2 Les exemples rencontrés lors de nos différentes visites

    A Lomme, il a été proposé à quelques enfants de devenir de véritables cuisiniers en chef. Création de recettes, décoration des plats, tables dressées, usagers invités pour un véritable dîner et servis par les cuisiniers en herbe... un projet pensé de A à Z, et tout ça à partir des livres de la médiathèque. C’était, pour les enfants, l’occasion de s’imaginer comme de véritables cuisiniers, le temps de cette animation. Les livres ont servi de lien avec le réel et ont permis d’inventer une autre réalité pendant quelques heures.

    Dans cette médiathèque il y a également une salle de projection où se passent de nombreuses animations, des spectacles pour enfants (de marionnettes par exemple...), des projections de films, la venue de troupes de théâtre, des spectacles de cirque (une école de cirque est installée non loin de la médiathèque)... C’est un endroit qui donne au public comme une évasion, la possibilité de se couper du monde un instant.

    Dans ses projets, la médiathèque de Lomme a l’idée de faire décorer des valises vides par les enfants, décor qui se ferait en lien avec des éléments qui les ont touchés dans les livres. Parmi ses missions, la médiathèque de Lomme s’est fixé comme un de ses objectifs prioritaires de créer et de renforcer les habitudes de lecture dès le plus jeune âge par la découverte de l’imaginaire et de la langue du récit. Toute animation part donc des livres, des collections de la médiathèque.

    Avec 75% d’enfants d’inscrits à la bibliothèque de Lille Sud, le personnel est confronté à une énorme demande et doit assurer beaucoup de rencontres autour du livre de jeunesse, notamment en invitant régulièrement des auteurs de la littérature pour enfants. Au niveau de leur politique d’animation, leur but est de toucher tous les âges, un gros budget leur est attribué pour les animations et activités manuelles grâce à une réelle volonté des personnes qui s’occupent de cette bibliothèque (un personnel jeune et dynamique), et dans chaque manifestation mise en place il y a un lien avec la lecture, car elle ne veut pas avoir le statut de centre social, ses actions sont en association avec ses pratiques culturelles de lecture.

    "Lille Sud en photos" est une des opérations lancées lors de " Lire en Fête " en 2002 avec les enfants. A cette occasion, la bibliothèque a distribué 100 appareils photos dans les associations locales, demandant aux enfants de prendre Lille Sud en photos. Plus de 1000 photos ont été développées, suivi d’un travail des enfants avec une plasticienne à partir d’agrandissements, de découpages, de collages. Ce travail graphique donne une autre vision du quartier (qui passe par le regard des enfants) à travers les structures conçues à partir de tous ces clichés, des cadres avec volets, des cubes, des colonnes... L’exposition qui découle de ce travail a même été installée dans la Mairie du quartier. Cette création artistique, faite à partir du choix des photos et à l’exploitation qui en a été faite, permet de montrer à ceux qui la découvrent un quartier plus beau, d’en imaginer un autre aspect, de proposer une visite nouvelle d’un lieu réel, et ce grâce à l’imagination des enfants, de ce qu’ils ont fait passer avec les photos qui ont été prises. Cette action a permis aux gens de s’évader de leur quartier tout en y restant, et c’est ça le pouvoir de l’imaginaire.

    Ne recevant pas les lecteurs au sein de son établissement, la Médiathèque Départementale du Nord vient vers le public, l’été, sur la plage de Bray-Dunes, et leur offre des animations. Pour cela elle fait appel à des intervenants, conteurs, concepteurs de jeux autour du livre, et proposent également des ateliers de création (activités manuelles). Ce public estival est donc emmené dans un autre univers, l’univers du livre, le temps d’une animation, d’une lecture... Cette opération de lecture à la plage, en partenariat avec d’autres villes, dont une ville d’Angleterre, est appelée " Bibliolidays ". Une de ses plus belles mises en scène de lecture a été faite par Antoine de Gandt, le même Antoine de Gandt responsable du secteur jeunesse de la médiathèque de Lomme, appelé " Antoine le rêveur " lors de ses interventions en tant que conteur. Celui-ci est couché dans un lit au beau milieu de la digue, son bonnet de nuit sur la tête, et se réveille pour lire des histoires aux enfants. L’effet de surprise et d’émerveillement est garanti, la plage n’existe plus, seules les histoires comptent autour de ce décor insolite.

    3.3 Quelques autres exemples

    Nous n’avons pas visité la médiathèque de Moulins mais une de ses animations, appelée " Entre fantaisie et quotidien ", réalisée vers les mois d’octobre novembre 2003 pour " Lire en Fête ", nous a été racontée. Cette animation, partant d’une exposition présentée dans le même temps que 17 illustrateurs des éditions du Rouergue (éditions dont les livres veulent ouvrir des fenêtres sur le monde et offrir des imaginaires), a proposé aux différentes structures et écoles de son quartier de réaliser un livre de A à Z en laissant libre cours à leur créativité et à leur imagination. Les livres créés par les enfants, avec l’aide des instituteurs ou animateurs, ont montré au jeune public les différentes étapes de la réalisation d’un livre et d’en imaginer le contenu, l’histoire et les illustrations, jusqu’à la 4ème de couverture. Ils ont allié photos et dessins, découpages et collages, toutes les formes possibles ont été exploitées par ces jeunes créateurs. Un des albums imaginés a été élaboré à partir des photos ratées prises par les élèves d’une classe. Par exemple, une photo où les jambes avaient été coupées, les enfants collaient la photo sur une page et dessinaient la partie manquante, ce qui donnait une illustration des plus insolites.

    Une des bibliothèques publiques du Québec, pour " Lire en Fête " 2002, a organisé un concours national intitulé " Imagine ta bibliothèque idéale " et qui suscitait l’imaginaire de l’enfant. Le texte de présentation de ce concours était celui-ci : " Si vous avez entre 5 et 16 ans, vous êtes invité à imaginer votre bibliothèque idéale. Que ce soit sous forme de texte, de maquette, de dessin ou comme il vous plaira, laissez aller votre imagination. Par exemple, vous pouvez créer son espace, imaginer son aménagement, proposer des activités et des services qu’on pourrait y offrir. Laissez-aller votre imagination ! Un prix de 500 $ en chèques-cadeaux échangeables dans les librairies Renaud-Bray sera attribué par tirage au sort au gagnant. De plus, le public sera appelé à voter pour les plus belles pièces présentées dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques. Ces dernières seront exposées à la Bibliothèque Nationale lors de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur en avril 2003. "

    Ce concours fait appel à l’imagination des jeunes mais n’est en rien anodin car il peut également aider le personnel des bibliothèques à revoir leurs pratiques, à prendre en compte les idées données par ce jeune public en matière d’aménagement, ou concernant les services qui lui sont offerts ou pas, et être amené à se poser des questions sur des points que ces enfants mettraient en avant et auxquels il n’aurait peut-être pas pensés.

    Au Québec, la Semaine des bibliothèques publiques est une excellente occasion de célébrer la contribution considérable des bibliothèques publiques à la vie culturelle et sociale de chaque communauté. Pour le plaisir de tous, ce sont de véritables milieux de vie. Elles invitent à la réflexion, à l’échange des idées, au déploiement de l’imaginaire autant qu’aux découvertes. Le thème choisi pour l’année 2001 était " A la bibliothèque publique, vous êtes chez vous ".

    A la bibliothèque municipale d’Hazebrouck, le secteur jeunesse est devenu, le temps d’une matinée, un véritable parcours de jeu. En effet, le personnel avait imaginé une " chasse au trésor ", avec des indices cachés dans les livres, des pistes à suivre pour orienter les jeunes lecteurs, pour trouver dans quel livre ils devaient chercher pour obtenir l’indice suivant. Les indices étaient des éléments tirés des livres, les enfants devaient donc explorer quelques pages et repartaient vers un autre livre. A la fois ludique (par le jeu) et pédagogique (lecture, questionnaires, découverte des livres), cette activité les a transportés, le temps d’une matinée, sur les traces d’un trésor, tels de véritables pirates, la bibliothèque étant alors une île semée de parcours, d’étapes à franchir, l’imaginaire était au rendez-vous.

    Nous avons eu également l’occasion de rencontrer Joëlle Lacroix, qui a travaillé il y a 12 ans à Roubaix avec une volonté de développer des actions auprès des publics en difficulté et d’aller vers les plus petits. Avec une collègue, toutes deux se sont éloignées du livre, en quittant la bibliothèque de Roubaix, pour mieux y revenir avec une dynamique autour du jeu, dynamique qui existait déjà avec Dominique Walter de la DRDJS (direction régionale du jeu et des sports) depuis 1999 et le Collectif Animalivre. Elles font aujourd’hui des animations auprès d’enfants et d’adultes. Leur stratégie consiste à les intriguer, à attirer leur regard avec ces jeux autour du livre, à les mettre en confiance en leur faisant déployer des compétences qu’ils ne soupçonnaient pas. La découverte des livres se fait grâce à un va-et-vient entre les livres et le jeu. Sur ce point, la France est en retard, là où d’autres pays proposent dans leurs bibliothèques des jeux et non plus seulement des livres. Dans le Nord, seule une des annexes de la bibliothèque de Tourcoing, " La Bourgogne ", est une véritable bibliothèque ludothèque, d’où l’intérêt de ces jeux autour du livre.

    Un salon " Lire pour Jouer, Jouer pour Lire " a été consacré à faire découvrir ces jeux aux professionnels et non professionnels. C’est une référence en France, car de plus en plus de personnes s’y rendent. En privilégiant l’approche ludique, Joëlle Lacroix et sa collègue réussissent à faire briller les yeux des enfants (et des plus grands) en leur donnant la possibilité d’entrer dans les livres en jouant, mettant à contribution l’imaginaire du joueur et lui donnant l’occasion de vivre une aventure à travers les livres et le jeu inventé par le collectif Animalivre. Un catalogue a été édité (sous forme de classeur) regroupant les jeux et les structures à contacter pour connaître les jeux et pour savoir à qui s’adresser pour les emprunter.

    Dans la plaquette qui présente le Collectif on peut lire : " fini le discours " au lieu de jouer, tu ferais mieux de lire ". Aujourd’hui, le jeu devient un outil -parmi d’autres- de sensibilisation à la littérature de jeunesse. " Cela résume bien l’objectif de cette création de jeux.

    Un autre exemple de dynamique autour du livre nous est donné par l’association " Lis avec moi ". C’est dans les années 70 que Juliette Campagne découvre le plaisir de lire à haute voix des livres pour enfants. Elle commence donc à mener des actions favorisant la lecture dans les quartiers défavorisés de Roubaix, dans le but de partager avec d’autres enfants et d’autres adultes le plaisir de la lecture. C’est en septembre 1984 que voit le jour, en collaboration avec la bibliothèque municipale, le projet d’offrir des moments de lecture dans les lieux fréquentés par les familles de Roubaix. En 1987 elle mène une enquête sur la place du livre dans les lieux destinés à petite enfance, laquelle montre qu’il y a des besoins criants dans la région Nord-Pas-de-Calais. C’est par l’intérêt que certains professionnels ont manifesté qu’est née l’activité " Lis avec moi ", avec le soutien de l’Association Départementale du Nord pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence (ADNSEA). En 1992, c’est plus de 21 villes qui bénéficient de cette activité d’intervention. L’objectif est de permettre aux enfants de découvrir, par la lecture à voix haute, la beauté des textes, de rêver l’histoire sans avoir à la verbaliser, et d’accéder au plaisir de la langue écrite par l’intermédiaire d’une vaste gamme de livres où imaginaire et réalité se confondent et où humour, tendresse et poésie se côtoient. Il s’agit donc de permettre à l’enfant de découvrir et de s’approprier la langue orale et écrite sans enseignement formel. Les principes et les enjeux de ces activités de lecture à haute voix sont simples : favoriser à la fois le développement de l’enfant et celui des pratiques éducatives du milieu.

    Conclusion

    Il est important pour une bibliothèque de mieux cibler les besoins des jeunes lecteurs, de se doter d’un espace à part pour les enfants. La fonction et la formation de ces médiateurs culturels que sont devenus les bibliothécaires devient déterminante car on assiste à une transformation radicale des moyens de distribution du livre et de la culture, sans oublier la diversité grandissante d’autres formes de loisirs, toujours plus attrayants et sophistiqués.

    Avec l’arrivée du numérique et l’installation du réseau Web et des cédéroms sur la télévision, un nouveau jouet extraordinairement puissant et séducteur est en train de naître, dont il est difficile aujourd’hui de mesurer les effets sur l’ensemble des publics.

    Il paraît clair qu’il faut favoriser auprès des enfants, par tous les moyens possibles, la fréquentation des bibliothèques publiques et la pratique du livre, spécialement aujourd’hui où l’on assiste au déferlement de technologies nouvelles, plus ou moins virtuelles, apparemment plus " faciles ", quasi instantanées et qui risquent de mettre à mal le support imprimé dans ce qu’il a de plus essentiel. La première chose est de s’adresser aux enfants. S’ils trouvent le chemin de la bibliothèque et des livres, on peut espérer qu’ils en garderont une habitude féconde et que leur vie d’adultes en sera enrichie.

    La littérature d’enfance et de jeunesse, à l’heure d’aujourd’hui, continue à assumer ses fonctions de divertissement et à se situer dans une proximité avec la culture populaire (le livre de divertissement) et dans une relation ludique ou parodique avec l’école. Qui, mieux que les bibliothèques et leur personnel, peut offrir aux plus jeunes un monde, un espace, un endroit où l’imaginaire a sa place légitimée ? Dans les livres qu’elles proposent, bien sûr, mais également de par son secteur jeunesse, décoré et riche en couleurs, des animations qu’elles proposent et des expositions qu’elles organisent.

    Forum de l'article : 4 contribution(s) au forum

    Comment stimuler l’imagination des enfants en bibliothèque, Par : Véronique Bibliothècaire, 29 décembre 2008
    Bonjour j’ai parcouru votre article en vitesse mais je vais me l’imprimer je cherche toujours des animations faciles à mettre en place en petite bib rurale sans grands moyens j’ai d’ailleurs fait un blog pour partager mes idées avec d’autres bibs http://biblavardac.blogspot.com VR
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    Comment stimuler l’imagination des enfants en bibliothèque, Par : Dominique(au féminin) Cartier- Rémond, 7 décembre 2008
    Merci pour vos infos concrètes même pour des non-initiés. J’ai l’intention de créer une petite bib au sein de la structure en milieu rural (crèche et aussi centre de loisirs et périscolaire)où je suis animatrice. Gros travail...
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    Comment stimuler l’imagination des enfants en bibliothèque, Par : Marie, 21 novembre 2008
    Article très intéressant :) j’aime beaucoup
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    Comment stimuler l’imagination des enfants en bibliothèque, Par : teber, 17 octobre 2008
    je suis la bibilohtècaire de la ville de djerba au sud de tunisie je cherche a ameliorer mon travail la mativation a la lecture votre article ma montrer des exemples surtout au nivau de l amenagement de l espace merci est ce possible de m aider encors ?
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