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Alan Mets

 
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    SON HISTOIRE...

    " Le hasard ". Voilà comment tout a commencé. Après des études de philosophie et de cinéma, Alan Mets s’essaie à la photographie. Il fait des " tas de choses, des tas de métiers ". Puis un jour, il invente une histoire, " pour s’amuser ", et en fait un livre. C’est alors qu’une rencontre, hasardeuse, va tout faire basculer. Lors d’une réunion, il fait la connaissance de Tomi Ungerer et lui présente ses dessins. Convaincu de son talent, il lui conseille de les présenter à l’École des loisirs. " Ça a marché tout de suite ". Depuis cette époque, il a publié vingt six albums et un roman, tous édités à l’École des loisirs.

    Il travaille également en collaboration avec d’autres auteurs, pour l’illustration de leurs livres. Des auteurs tels que Christian Oster dit de lui : " J’écris aussi des histoires et quelquefois Alan Mets pose de dessins dessus. Des dessins à lui. Et ils ne sont pas moins bien que lorsqu’il les fait pour lui ". C’est aussi le cas de Valérie Dayne ou encore de Kéthévane Davrichewy " En soulignant un objet, un visage, presque rien, il emmène le texte vers une autre dimension " : tous approuvent son talent.

    Alan Mets est un auteur et un illustrateur. Il aime écrire autant que dessiner, que ce soit pour lui ou pour les autres. Les mots ont une place importante dans son univers, il les choisit avec soin, en invente parfois tel que " la sorcière-grenouillère " (qui transforme en grenouille). Ses dessins représentent une véritable complémentarité avec ses textes. Ils accompagnent le texte, le complètent, le racontent et permettent aussi aux non lecteurs de comprendre l’histoire.

    Lorsqu’il crée un livre, il commence par écrire l’histoire, sur plusieurs mois, voire plusieurs années parfois, " c’est un long processus de réflexion, de maturation ". Puis il travaille le texte en fonction du format et du nombre de pages choisi pour le livre. Ensuite, vient le travail d’illustration et de création des personnages, imaginaires ou inspirés par son entourage, des animaux pour la plupart. Des humains, plus rarement, mais qui font progressivement leur apparition dans ses histoires.

    Entre son premier album, Le chat orange (1991) et le dernier, Jean le téméraire (2004), des univers, des techniques, des styles différents apparaissent. Alan Mets ne veut pas s’enfermer, se répéter et se moque de la traditionnelle fantasmatique du conte, de l’album. Ses personnages, quant à eux, sont précis et récurrents. Ce qui fait le point commun entre toutes ses histoires et qui rythme celles-ci, c’est la rencontre entre des personnages, aux tons et aux personnalités différentes. " L’important c’est qu’un personnage en rencontre un autre. Le héros est celui qui va changer... évoluer, mais l’autre, qui lui fait face, va changer aussi ". C’est cette différence, qui d’abord les oppose ou les confronte, qui les unira pour agir ensemble. " Mais agir ensemble n’est pas perdre sa liberté, au contraire... il y a de la liberté dans l’action ". Voilà bien ce qui définit les histoires d’Alan Mets.

    SES ALBUMS...

    L’album est un ouvrage dans lequel des éléments littéraires et des éléments plastiques s’associent et se complètent pour transmettre un message.

    Son inspiration, il la trouve dans la vie de tous les jours, dans ses souvenirs d’enfance et dans ses rêves. Ce sont des histoires " très personnelles ".

    Tout comme il a été dit précédemment, l’histoire naît souvent de la rencontre entre des personnages, opposés initialement, qui, à la fin agiront ensemble. Comme par exemple dans Étoile où le héros, un petit clown, est renvoyé de son cirque par le directeur. Il part alors pour la ville, mais là, personne n’a de travail pour un clown aussi petit. Il rencontre alors des enfants, auxquels il raconte son histoire et qui l’aideront à chasser le directeur et à retrouver son cirque et ses amis. Ou comme dans Grrick, où le héros, un petit cochon, est enlevé par une espèce de cornichon de l’espace pour devenir le jouet de son petit garçon malade. Après quelques péripéties et malgré la réticence du père, ils deviendront amis et Grrick, le petit cochon pourra rentrer chez lui.

    Dans ses histoires, il aborde des thèmes forts tels que l’amour filial et fraternel, l’amitié, la solidarité, l’espoir, la différence, l’amour...

    Des techniques et des supports différents

    Les styles et les techniques dépendent du contexte de l’histoire. Alan Mets ne veut pas s’enfermer dans un style défini ; il n’a pourtant suivi aucune formation dans ce domaine mais il sait jouer de cette multiplicité. Il utilise aussi bien la peinture à l’huile que l’acrylique et passe d’une technique à l’autre. Il manie les plus vifs contrastes aux teintes parfois agressives aussi bien que les camaïeux les plus délicats. Ces couleurs servent à exprimer l’état d’esprit des personnages et définir l’ambiance des lieux et du moment.

    Des personnages

    Les héros d’Alan Mets sont drôles, tendres, graves parfois. Ses personnages, il les revêt de corps animaliers et ses préférés sont les loups, les cochons et les chats. Mais ce qui nous frappe lorsque l’on regarde ses albums pour la première fois, c’est l’esthétique de ses personnages, souvent des visages ronds, de grands yeux ronds et de grandes oreilles, généralement pointues. Une autre de leur particularité concerne leur nez. En effet, dans certains albums, les personnages ont un nez rouge de clown. C’est pour Alan Mets une espèce de marque de fabrique mais aussi un rejet de la beauté, dans le sens décoratif, avec une dimension de dérision, peut-être pour dédramatiser ou apporter un peu de légèreté pour traiter plus facilement des textes dramatiques et des sujets sérieux.

    Récemment, Alan Mets s’est mis à dessiner des personnages humains, comme s’il les libérerait de leur enveloppe animale pour leur permettre d’entrer pleinement dans le monde humain. "... ça n’a l’air de rien, mais le sens de l’image en devient différent, autrement expressif ". Alan Mets vient là de franchir une nouvelle étape.

    Des mots...

    Alan Mets aime jouer avec les mots : les associer, comme dans Grrick, avec l’expression " copain comme cornichon " (surnom qu’il donne à son copain martien) en référence à l’expression " copain comme cochon " (le héros), les inventer, " la reniflette du poulet " dans Chériquiqui. Pour lui, la justesse des mots et le rythme de la phrase rendent compte de l’atmosphère des histoires, qui même si elles paraissent simplistes traitent souvent de sujets sérieux, parfois intimes.

    L’utilisation du langage parlé est également l’une des caractéristiques des écrits d’Alan Mets et l’emploi des jeux de mots participe à cette narration. A travers ces mots et grâce à la dérision qu’il y met parfois, l’auteur aborde des sujets graves qui touchent tous les lecteurs, enfant ou adulte, lecteur ou non-lecteur. Il ne veut pas diriger son vocabulaire en fonction de l’âge du lecteur auquel il pourrait s’adresser, mais il est essentiel pour lui de respecter le lecteur et donc de ne pas raconter n’importe quoi. Tous les mots peuvent être compris à condition qu’ils fassent sens dans un contexte et l’image est là pour aider à cette compréhension.

    ... mais aussi des images

    Le texte et l’image sont complémentaires. Les illustrations aident à la lecture, à la compréhension de l’histoire et sont en lien avec le texte. On trouve des mises en page très différentes, tantôt le texte est en dessous d’une image cadrée (Le bisou magique), puis sur la page de gauche sur un fond blanc et l’illustration à droite (Je suis parti, Igloo), ou encore dans l’image même (Chériquiqui, Grrick).

    L’utilisation des couleurs, dès la couverture, nous met en " appétit ", comme le noir, omniprésent dans Étoile, qui donne un ton triste à l’histoire et renforce le titre du livre, qui est aussi le nom du héros. Les étoiles, on le sait bien, ne brillent que la nuit, quand le ciel est noir. Dans Grrick, c’est le vert qui est dominant, en référence aux martiens et aux cornichons. Ou encore, le jaune dans Brosse et Savon, qui donne un ton léger et drôle à l’histoire. Même dans ce registre, Alan Mets fait encore là preuve de multiplicité et de diversité. Que les tons soient vifs, clairs ou sombres, que les couleurs soient chaudes ou froides, l’intérêt n’est pas simplement d’agrémenter le dessin mais bien de nous transmettre des émotions et nous faire passer un message.

    Les albums d’Alan Mets c’est...

    ... un véritable mélange de techniques, de couleurs, de supports ; des mots, des jeux de mots, des références ; des personnages loufoques et attachants ; des histoires drôles et dramatiques, traités avec simplicité et modestie.

    Sandra PANTENIER (Master SID, 2004