Site littérature jeunesse de lille 3

Philippe Corentin

par Julia Bonaccorsi et Manon Peter (Université Lille3, 1998)
 
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    I. Contexte artistique des années 60 : Harlin Quist et les autres...

    Sous l’influence d’une nouvelle génération d’illustrateurs-graphistes venus de la publicité (l’atelier d’art graphique le Push Pin Studio joue un rôle prépondérant), le vent tourne dans les années 60 dans le domaine du livre pour enfants : en France, Robert Delpire édite des albums qui seront le point de départ de cette nouvelle esthétique visuelle. En 1963, Harlin Quist commence à éditer aux États-Unis, en 1967, paraissent en France les dix premiers livres d’Harlin Quist. Par la suite, ils seront publiés à la fois en français et en anglais.

    Il bouleverse les milieux bien pensants par un choix d’auteurs et de dessinateurs particulièrement scandaleux et se fait détester des traditionalistes et des bibliothécaires. Ionesco et Duras sont de ses auteurs, Nicole Claveloux et Philippe Corentin de ses dessinateurs ; mêlant des textes surréalistes à des dessins singulièrement hors-norme....Que l’on se souvienne de l’histoire de Josette, à qui on disait que sa maison s’appelait Jacqueline, son petit pot Jacqueline.....

    Les livres ont d’ailleurs été publiés dans dix pays. La coédition avec François Ruy-Vidal est représentative d’une volonté d’internationalisation de la culture, profiter de la diversité, mélanger, secouer enfants et adultes ; elle est basée sur un rapport particulier des éditeurs et des auteurs, «  une espèce de symbiose affective, un échange permanent »

    Les éditions Quist-Vidal ont une politique éditoriale contestataire non seulement dans le choix des auteurs mais aussi dans la présentation : le noir est la couleur principale des dépliants publicitaires, ce que Jean Perrot nomme une « bannière esthétique ». Bannière d’un combat anticonformiste dans l’esprit des années 1968-1972, cette position provocatrice est significative d’une remise en question des valeurs traditionnelles de la littérature de jeunesse : la niaiserie ronronnante et didactique, récurrente dans beaucoup d’albums, est durement mise à l’épreuve, à la fois par un reniement systématique mais aussi par un réemploi de stéréotypes et de clichés qui sont déformés, triturés et torturés par mots et images. Se débarrasser des tabous qui enferment l’enfant et sont des entraves à la véritable création : l’adulte reste adulte et ne cherche pas à se mettre d’une manière artificielle au niveau de l’enfant. Harlin Quist va à l’encontre de ces personnes « que leurs tendances sentimentales poussent à chercher dans un livre d’enfants l’écho de leur enfance idéalisée par le souvenir et étrangères aux dures réalités de la vie ».

    Trente ans plus tard : revoilà Harlin Quist avec un ancien comparse, Patrick Couratin, directeur artistique au temps des éditions Quist-Vidal. Les éditeurs se présentent ainsi « Pas de provocation pour la provocation. C’est plutôt un espace de liberté pour les créateurs que l’on veut préserver. Il faut leur donner l’oxygène dont ils ont besoin. Qu’ils puissent respirer même si nous, nous prenons le risque de respirer moins bien sur le plan comptable. »

    Le format des livres est nouveau, carré (15 x 15), reconnaissable à la partie noire de la couverture et à l’inscription Les Livres d’Harlin Quist, la collection porte ce sous-titre « des livres pour vos enfants et vous ». François Ruy-Vidal disait qu’un bon livre pour enfant est un bon livre pour tout le monde : « il n’y a pas d’art pour les enfants, il y a l’Art ». En 1998, en dehors des rééditions, sortiront les premiers inédits, dont les auteurs seront aussi éclectiques que Daniel Mermet, David Mac Neil et Patrick Couratin...

    Entre temps, les auteurs Quist-Vidal ont suivi leur chemin...

    Ainsi, Philippe Corentin a fait l’école buissonnière du côté de celle des Loisirs, il s’est promené sur d’autres Rivages.
    -  Date de naissance : « l’a égarée un jour de grand vent »
    -  Écoles : « buissonnières »
    -  Signe particulier : « le loup »
    -  Maîtres : « néant »
    -  Profession définitive : « autodidacte »

    Il a travaillé pour des magazines comme Play Boy, Elle, Marie-Claire... : des publicités, des dessins humoristiques. Un jour il se met à dessiner pour les enfants, des albums et encore des albums parce qu’il cherchait « juste un truc pour habiter la campagne et rester chez moi à peaufiner les souvenirs d’enfance de ma fille. » Qu’il est né en 1936, qu’il est le jumeau d’Alain Le Saux et n’aime pas les interviews, voilà tout ce qu’on peut dire de plus.

    Qui est Philippe Corentin ? Le dessinateur de Pipioli la terreur, ce gros homme poilu qui peint des souris et finit par prendre pour modèle ses personnages eux-mêmes ? Il veut faire des livres « guili-guili » : une théorie qui s’oppose celle du livre qu’on lit au lit le soir pour endormir les enfants, en effet « il faut les réveiller avec des histoires qui les font rire, les enfants adorent les chatouilles, alors chatouillons-les dès le matin. »

    II. Analyse de l’oeuvre

    1) Les personnages : des loups, des souris, des chiens et des hommes...

    Philippe Corentin oscille entre les personnages humains et les personnages animaux qui se mêlent parfois dans le même album Pipioli la terreur, Mademoiselle sauve-qui-peut ou encore Le père Noël et les fourmis, L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau.

    Les animaux que l’on retrouve le plus fréquemment sont les souris et le loup auquel il redonne une nouvelle identité : vêtu d’une salopette verte, un peu bêta, maladroit ou encore malade (Mademoiselle sauve qui peut) il s’agit d’un loup plutôt vulnérable et en mal d’affection (Patatras !), un loup qui ne ferait pas de mal à une mouche !

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    © L’École des loisirs

    On rencontre aussi des chats, des chiens, des oiseaux et des lapins.. Beaucoup d’animaux sont personnifiés : habillés, ils ont une maison aménagée avec tables et chaises.. Les souris et les lapins sont présentés dans un milieu familial. Dans Le chien qui voulait être chat, le lapin s’habille en rentrant chez lui, après avoir joué son rôle de « lapin chassé » ; l’univers de Corentin est partagé entre deux mondes parallèles, monde humain et monde animal.

    Ses personnages humains sont généralement présentés dans le cadre d’une famille : parents, enfants, grand-mère.... Le grand-père n’apparaît jamais et le père très rarement.

    Les représentations de tous ces personnages sont particulièrement stéréotypées : la mère n’a qu’un rôle d’objet dans le récit, elle semble n’avoir aucune autorité, aucun pouvoir sur les enfants, elle est désarmée ou désabusée face à une petite fille qui collectionne les bêtises dans Mademoiselle sauve-qui-peut. Dans Les deux goinfres, elle joue le rôle type de la mère qui console et qui rassure, celle que l’enfant va voir la nuit dans sa chambre celle qui apporte le petit déjeuner au lit le matin.

    Le père est parfois le roi de la famille du point de vue du fils, parce qu’il a une grosse voiture, un gros bateau,... Corentin décrit dans Papa, maman, ma soeur et moi l’affirmation du père par les biens matériels.

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    © L’École des loisirs

    Les parents du Père Noël et les fourmis réduisent le Père Noël à un marchand de savonnettes ou un cambrioleur de façon particulièrement agressive. Ils ont ici le mauvais rôle en comparaison des animaux qui sont des modèles de tolérance, Mademoiselle tout-à-l’envers, Patatras ! Les parents ne rêvent plus et ne croient plus au père Noël...qu’ils réduisent à un marchand de savonnettes, à un cambrioleur dans Le Père Noël et les fourmis.

    L’image de la grand-mère obéit également à un stéréotype précis : elle correspond à la représentation que l’on trouve dans la plupart des histoires pour enfants : elle est généreuse et porte un bonnet de dentelle. A ce stéréotype là, se mêle celui d’une vision contemporaine, celle de la mamie entourée de chats recueillis Mademoiselle sauve-qui-peut, qui fait des confitures Papa, maman, ma soeur et moi. La particularité de ce personnage est de dégager un certain mystère : la grand-mère est sorcière dans Papa, maman... « ses confitures ont parfois un drôle de goût », fée dans Mademoiselle Sauve-qui-peut puisqu’elle est la seule à obtenir les grâces de l’enfant.

    Corentin joue avec les stéréotypes pour s’en éloigner encore plus. Totor et Lili chez les moucheurs de nez est l’exemple parfait de ce détachement, symbolisé par l’emploi des mots « mâle » et « femelle » Elle incarne dans cet album la véritable femme au foyer, infligée de toutes les tâches : « La femelle sait mieux faire la vaisselle. C’est donc elle qui la fait. Le mâle sait mieux lire le journal. C’est donc lui qui le lit. ». Caricature des adultes sur le ton d’une étude animalière... « Le mâle a un plus grand front : signe d’intelligence ! »

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    © Rivages

    L’image des parents correspond d’une certaine manière à la vision des enfants : « l’adulte, il suffit de l’écouter et de l’observer » (Totor et Lili chez les moucheurs de nez). Et les rapports familiaux sont exprimés comme un enfant peut les vivre : des rapports conflictuels entre frère et soeur mais la famille est très unie. Papa, maman, ma soeur et moi constitue une sorte d’album de famille (avec le stéréotype des vacances). Comme pour les personnages animaux, la famille et la maison sont, semble -t-il, pour Corentin d’une importance particulière. C’est l’univers des enfants : Corentin s’adresse bien aux enfants.

    Philippe Corentin nous offre encore d’autres personnages : un ogre, un Père Noël et un dessinateur devant sa bibliothèque...qui pourrait bien être une forme d’autobiographie : on relève d’ailleurs le nom du dessinateur sur une note...

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    © L’École des loisirs

    Dans L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau, Corentin revisite l’histoire du loup, de la chèvre et du chou en un nouveau récit dont la diégèse diffère de l’original puisque l’ogre se trouve le bec dans l’eau à la fin. Cet ogre est par ailleurs pourvu de tous les attributs du colonialiste ! C’est un ogre nouveau : « C’est l’histoire d’un ogre, mais celle là, elle est rigolote ! »

    Corentin s’adresse à l’imaginaire des enfants en tentant notamment dans Le père Noël et les fourmis de leur fournir une explication relativement crédible de l’invisibilité du Père Noël. Des histoires de Père Noël, il en existe beaucoup mais pas des comme ça !

    C’est parce que Corentin change, innove, et ajoute une touche d’originalité que ses personnages même si nous les connaissons déjà, nous surprennent.

    2) les images et les mots de Corentin

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    © L’École des loisirs

    Ses illustrations semblent vivantes et paraissent parfois échapper au contrôle du dessinateur et du lecteur, elles remuent, trifouillent, cafouillent, gigotent, et se dérobent à la page elle-même, à la structure figée du papier. Les lignes courbes, la souplesse du dessin renforcent ce caractère proche du dessin animé : Corentin déroule les illustrations comme le récit, ses albums regorgent de détails qui évoluent d’une page à l’autre. On voit le chat qui fait tomber le pot, le pot qui tombe et le pot qui gît, brisé sur le sol... Mademoiselle sauve-qui-peut est très représentatif de cette composition séquentielle, débordant de petites scènes, riche de ce qu’on pourrait appeler l’art du détail.

    Cette abondance, ce foisonnement est une base du mouvement qui anime les albums ; dans Les deux goinfres l’image bascule à droite et à gauche de manière de plus en plus accentuée au point qu’elle fini par dépasser le cadre de la page, représentative de l’indigestion qui transforme la vision de l’enfant. De quoi donner mal au coeur au lecteur !

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    © L’École des loisirs

    Corentin joue de la même manière avec la perspective, le point de vue : le dessinateur de Pipioli la terreur est vu par des souris, quand son visage apparaît à travers les rayons de la bibliothèque (refuge des petits animaux), il semble presque sortir de la page. Il manie d’ailleurs de façon exquise les expressions de ses personnages, à la limite de la caricature.

    Les angles de vue sont proches des techniques photographiques : par exemple les vues plongeantes de Pipioli la terreur. Les couleurs sont vives, chaudes, parfois absurdes puisque l’on rencontre parfois au détour d’une page un lapin bleu, un escargot vert.

    En écho à cette richesse visuelle, cette profondeur de la page, les mots aussi sont soumis à différents traitements : Corentin les estropie, les tord, les découpe... Il choisit avec la finesse d’un gourmet les mots peu employés, au sens fort de part leur sonorité : « horripiler », « enquiquineuse »... Dans Pipioli et Zigomar, le langage des légumes est figuré par des phrases où les mots sont orthographiés et découpés de façon anarchique : « Hissonr i golo ! Keskon leurf é ? », « Fez onlé envie négrette ! ». Il faut les lire à haute voix pour déchiffrer le message.

    Il n’hésite pas non plus à utiliser les expressions et les fautes français des enfants : « Si je veux, on a fait la bagarre », « mon plus préféré, plus il est gros mieux c’est bien », Les deux goinfres. Quand aux prénoms de ses personnages, ils sont pour la plupart assez ridicules : « Bouboule », « Baballe », « Dédé », « Jeanine », ce qui accentue la force humoristique des ses albums.

    D’autre part Corentin joue avec la typographie puisqu’il n’hésite pas à faire des rajouts manuscrits à l’intérieur du texte comme dans L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau ou bien Pipioli la Terreur.

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    © L’École des loisirs

    Le texte se lit aussi dans le sens de la profondeur ; Corentin semble avoir bien du mal à se détacher des classiques de la littérature de jeunesse dont les auteurs reviennent comme des fantômes dans de nombreux albums, eux aussi ayant subit quelques opérations : pour la famille de Pipioli, ils n’ont d’autre signification que la nourriture, le petit chaperon rouge se transforme en une gamine insupportable qui terrorise le loup, simple SDF en mal d’affection. Plouf ! rappelle le thème du Roman de Renart : un loup, un puits et la lune comme un fromage... mais sans le renard ! Et citons à nouveau aussi l’ogre colonialiste inspiré de l’histoire du loup, de la chèvre et du chou.

    Corentin crée ainsi un nouveau récit pour des personnages qui gardent leur ancienne spécificité : une grand-mère en bonnet de dentelle, des petits pots de beurre, par exemple...

    3) Les thèmes évoqués dans les albums

    Corentin emmène le lecteur dans le monde imaginaire enfantin : il exhibe avec plaisir les habitudes, les tares, les désirs des enfants. Ceux-ci ont des désirs irréalisables : celui de voler par exemple. Ils sont attirés par le monde des adultes, sont gourmands, de mauvaise foi, font des bêtises et évidemment des cauchemars... beaucoup de cauchemars ...bref ce sont des enfants.

    Les petites souris de Pipioli la terreur prennent des risques, sont attirées par l’aventure, elles veulent aller voir de plus près ce mystérieux dessinateur, ce qu’il fait, pourquoi pas goûter ces petites boules dans le bol ou alors prendre ce bout de fromage sur le piège à souris... Evidemment, elles ne savent ce qui les attend !

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    © L’École des loisirs

    La gourmandise est poussée à l’excès dans Les deux goinfres symbolisée par le cauchemar où les deux héros vont être confrontés à d’énormes gâteaux vivants. De même, dans Papa !, l’indigestion est aussi évoquée. Le thème de la nourriture revient très fréquemment chez Corentin, de manière encore plus négative dans Le chien qui voulait être chat : les animaux cherchent tous à devenir autre chose que ce qu’ils sont, le chien se refuse à chasser et les autres (cochon, cheval...) ne veulent pas finir à la casserole. La nourriture est synonyme d’empoisonnement, de maux de coeur, et d’assassinat d’animaux et risque pour soi : Plouf ! et L’ogre, le loup, la petite fille et le gâteau.

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    © L’École des loisirs

    Il cherche d’une certaine manière à culpabiliser le lecteur/mangeur : le capitaine des gâteaux : "Alors comme ça c’est vous qui avez mangé ma petite fille ?". Même processus dans Zigomar n’aime pas les légumes. Dans les cauchemars, les aliments sont personnifiés, pas très sympathiques et parlent parfois un drôle de langage.

    Mais les enfants ne se laissent pas impressionner et ne suivent pas toujours les bons conseils des parents : " il n’est pas né le gâteau qui nous rendra malades". De plus, ils sont de mauvaise foi : "On était pas du tout malades sauf que... sauf qu’on avait un peu le mal de mer." Les deux goinfres.

    Il continue dans l’excès avec Mademoiselle sauve-qui-peut, une petite fille abominablement méchante qui s’amuse à accrocher des casseroles à la queue du chat. Elle ressemble un peu à Marceline le monstre de chez Harlin Quist. Elle fait enrager tout le monde sauf sa grand-mère. Les enfants des albums de Corentin sont agités et rebelles.

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    © L’École des loisirs

    Les désirs des enfants-animaux sont de l’ordre du rêve : changer d’identité (problèmes existentiels ?), savoir voler. Pourquoi un chien ne se transformerait-il pas en oiseau ? Zigomar fait un essai aussi, ainsi que la cousine de la chauve-souris dans Mademoiselle tout-à-l’envers.

    Une des caractéristiques des enfants qui revient dans plusieurs albums est l’exagération : le petit garçon de Papa, maman, ma soeur et moi raconte qu’aux dernières vacances un requin a dévoré sa sœur, près du bateau de cent vingt mètres du papa... !

    Corentin observe, écoute les enfants, décrit les attitudes de ceux-ci. A partir de caractéristiques très réalistes observables par les adultes, il se promène dans l’imaginaire enfantin, rappelant ce que nous avons pu être un peu plus jeunes, ce que nos parents disaient de nous...

    Les albums s’adressent aux enfants comme aux adultes. Son humour, son art du détail, ses observations, ses références aux classiques de la littérature jeunesse ne parlent pas forcément aux plus jeunes enfants. Ce sont des lectures particulièrement savoureuses, alimentées de crises de fous-rires

    Harlin Quist déclarait dans la revue Graphis « c’est ce caractère insaisissable de la vie dont personne ne sait à l’avance ce qu’elle sera, sa beauté, sa douceur, son amertume, qu’il faudrait exprimer dans les livres que nous offrons à nos enfants à travers la conception d’ensemble, le texte et l’image, et l’art et la présentation. » Dans les livres de Philippe Corentin, le mouvement qui anime le texte et l’image, les effets de surprise sur le plan graphique comme dans la mise en page se réunissent pour former un ensemble qui incite le lecteur à réagir, à se poser des questions, un ensemble qui gratouille et chatouille.

    Julia Bonaccorsi et Manon Peter, master, Lille3 1998

    Post-scriptum

    BIBLIOGRAPHIE

    Albums

    Tête à claques, L’École des loisirs, Paris, 1998

    Pie, thon et python. Paris : Hatier, 1988.

    Porc de pêche et autres drôles de bêtes.

    Le chien qui voulait être chat. Paris : L’École des loisirs, 1989.

    Le père Noël et les fourmis. Paris : L’École des loisirs, 1989.

    Pipioli la terreur. Paris : L’École des loisirs, 1990.

    Plouf ! Paris : L’École des loisirs, 1991.

    Zigomar n’aime pas les légumes. Paris : L’École des loisirs, 1992.

    Papa ! Paris : L’École des loisirs, 1995.

    L’Ogre, le loup, la petite fille et le gâteau. Paris : L’École des loisirs, 1995.

    Mademoiselle Sauve-qui-peut. Paris : L’École des loisirs, 1996.

    Mademoiselle tout-à-l’envers. Paris : L’École des loisirs, 1996

    Papa, maman, ma soeur et moi. Paris : L’École des loisirs, 1996

    Les deux goinfres. Paris : L’École des loisirs, 1997.

    Totor et Lili chez les moucheurs de nez. Textes et dessins de Philippe Corentin et Alain Le Saux. Marseille : Rivages, 1982.

    Autres livres

    Images à la page : une histoire de l’image dans les livres pour enfants. Paris : Gallimard, 1984

    Du jeu, des enfants, et des livres, Jean Perrot. Éditions du Cercle de la Librairie

    Ce qu’on en dit...

    À propos de Mademoiselle Sauve-qui-peut : « Philippe Corentin humoriste expert dans l’art de réinventer les mots et de ficeler les situations burlesques (Plouf, Zigomar n’aime pas les légumes, Papa, etc) confirme qu’il a le génie graphique d’un Benjamin Rabier saisi par la grâce du nonsense. » Le Ligueur 20/11/96

    « Un superbe clin d’œil à Charles Perrault » Madame Figaro, janv.1997

    A propos de Plouf ! : « Sur le thème de tel est pris qui croyait prendre, Philippe Corentin renoue avec le conte traditionnel. », Le Monde Diplomatique, juillet 1991

    A propos de Papa, maman, ma sœur et moi : « La première originalité de ce petit album à page s cartonnées, c’est son aspect extérieur, puisque sa découpe épouse le profil du dessin qui figure sur la couverture. La seconde c’est que l’auteur est parvenu avec brio à insérer toutes les illustrations intérieures dans ce cadre obligé. » Madame Figaro, juillet 1996

    « Les petits aimeront manipuler cet objet original et apprécieront le face-à-face avec cette famille comme les autres. » L’enfant d’abord , oct. 1996

    À propos des deux goinfres : « Le malaise des empiffrés se traduit à merveille par des scènes qui tanguent dans l’image à moins que l’image ne se mette en travers de la page !Effet garantisi vous ouvrez l’album après avoir trop mangé ! » Le Ligueur, 30/04/1997