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    Les Malheurs de Sophie, édition Hachette-Jeunesse, 1966

    J’avais environ six ans. Je m’ennuyais, c’étaient les grandes vacances. Je suis entrée dans la chambre de ma sœur et j’ai vu un livre que j’ai trouvé très beau. Je m’en suis emparé et j’ai lu sans trop de difficultés le titre : Les Malheurs de Sophie. Je me suis aussitôt demandée qui était cette Sophie, alors, j’ai ouvert ce livre. Il était empli d’images dont je ne comprenais pas le sens mais que je trouvais jolies. J’ai commencé à lire...

    La porte s’est ouverte avec fracas « Tu pourrais répondre quand je t’appelle ! Je commençais à m’inquiéter ! On va manger » m’a dit ma mère. Moi je n’ai rien trouvé à répliquer, l’histoire de Sophie me passionnait trop pour que je perde ne serait-ce qu’une seule seconde à m’excuser. Et puis j’étais bien trop absorbée pour penser à manger : il y avait plus important comme savoir comment Madame de Réan allait pouvoir réparer la poupée de Sophie. Ma mère s’est assise à mes côtés et m’a prise sur ses genoux. Elle m’a demandé si je voulais qu’elle m’en lise un passage. J’étais tellement fatiguée à force de lire que j’ai accepté tout de suite.

    Quelle belle scène : une mère, sa fille sur ses genoux, assises à terre avec un livre à la main qui les fait rêver. Oui, car à peine le chapitre achevé, ma mère me raconta que lorsqu’elle était petite, elle aussi aimait Les Malheurs de Sophie, et ma grand-mère lui en lisait un passage presque chaque soir.

    Je ne me souviens pas de cette journée dans les moindres détails, mais je sais que j’étais heureuse d’être avec ma maman et j’imagine que ce soir-là, j’ai dû rêver de châteaux, de jardins immenses, d’enterrements de poupées et peut-être même de Paul.

    Durant toute mon enfance, Sophie ne m’a plus jamais quittée ! Elle m’a fait rêver, elle m’a amusée bref elle est devenue une sorte d’amie virtuelle, parce que quoique je fasse comme bêtise, je me disais : « C’est pas bien grave, Sophie aurait fait pire ! »

    Sophie, c’est l’amie de toutes les petites filles : on ne peut que l’aimer même si la perspective de prendre le thé avec elle ne nous réjouit pas forcément. Et puis que dire de Paul ? Comment ne pas tomber amoureuse de lui lorsque l’on a 6 ans ? Que ne donnerait-on pas pour vivre ne serait ce qu’un après-midi avec ces personnages si attachants ? Les Malheurs de Sophie nous conduisent dans un autre monde que l’on aimerait connaître de fond en comble. C’est un livre merveilleux et intemporel.

    Je sais, que quand j’aurai une fille d’environ six ans, un jour où elle s’ennuiera, je lui sortirai ce livre et je suis certaine que quand je l’appellerai pour manger, elle en oubliera de me répondre !

    Lbcd, L1 HSI, Langues et Culture Antiques